23 décembre 2010

On dirait qu'il neige...


Il est tout simplement navrant de voir la capacité des citoyens à s'en prendre à leur gouvernement face à des facteurs météorologiques normaux pour un mois de décembre. La neige, le verglas, le grésil et les températures négatives qui vont avec, sont des phénomènes normaux. N'en déplaise à certains qui avaient oublié la rigueur que l'hiver peut revêtir. Il n'y a pas encore si longtemps, un Noël à Reims s'était déroulé avec pas loin de 15°C et sous la pluie. Ce redoux a été caractéristique des dix dernières années alors que les années que j'ai passées au collège sont empreintes de batailles de boules de neige, d'épais anoraks, et de visages emmitouflés dans les chaudes écharpes... Et sous prétexte que le froid refait quelque peu son apparition, il faudrait rendre obligatoire les pneus hiver, répandre tout le sel de la Mer Morte sur les autoroutes et routes de France et de Navarre. La situation est encore plus navrante en Belgique où la culture de "la voiture à tout prix" est mise à rude épreuve par des citoyens bien trop peu indisposés à modifier leurs habitudes face au climat. Est-ce si difficile de ne pas prendre la route quand on risque de finir dans un fossé ou de passer toute une nuit coincé dans sa voiture au milieu de nulle part, dans le froid et la neige ? Et que dire de ses petits Fangio qui se prennent pour les rois de la route, dans leurs 4x4 ou grosses berlines allemandes, équipées - ou non - de pneus hiver, et se permettent de mettre leur vie en danger ainsi que celles des autres, en pensant être les rois du monde sur les bandes de circulation complètement enneigées à plus de 50 kilomètres par heure ?


Les pneus hiver ne permettent qu'une meilleur adhérence à la chaussée, et donc une distance de freinage plus courte, mais n'offrent en aucun cas la parade absolue pour conduire à une vitesse totalement inadaptée sur la neige ou le verglas. En témoignent les images capturées par les journalistes, nous montrant de nombreux automobilistes pris au piège d'une côte à gravir et dont les pneus hiver n'offrent aucune aide. Et pour finir ces pneus offrent une plus grande sécurité mais non pas la nécessité d'une prise de risque inutile. Il serait de bon ton que certains inconscients deviennent quelque peu responsables sur les routes de France et de Belgique... Il avait fallu attendre de vivre en Suède et mes dix-neuvièmes bougies pour avoir un anniversaire "blanc" en janvier. Cette fois, c'est pour Noël, en 2010, que celui-ci sera blanc, pour la première fois depuis 23 ans. De plus, il y a quelque chose d'intéressant à voir les gens retrouver la peine de prendre le temps, de vivre quelque peu au ralenti, de renouer le contact social avec leurs voisins ou leurs collègues. A ne voir que la neige sur les routes et les paysages de campagne, on en oublierait presque que les trains et les TGV circulent toujours - certes à une vitesse réduite - que l'électricité, le chauffage, le téléphone et Internet ne connaissent pas de véritables problèmes de coupures, ou bien encore que les magasins ne connaissent pas de réels problèmes d'approvisionnement. Et si Noël correspondait finalement à ce qui se déroule en ce moment ? Un peu moins de rush des derniers jours dans les boutiques, un peu moins de consommation à outrance, un peu plus d'humanisme, et au final une sorte de retour aux vraies valeurs de Noël...


Ce qu'il y a de drôle dans cet épisode hivernal, c'est qu'une fois de plus, il faut trouver un coupable à la pagaille qu'il a semée. Après nous avoir précédemment joué la carte du "Météo France ne l'avait pas prévu", comme lors de la tempête de 1999, il fallait bien trouver d'autres responsables... La pénurie de sel, la mauvaise gestion des conseils généraux et régionaux, l'imprudence des gens, la rupture de stock en glycol dans les aéroports français et belges... Et on ose encore parler de pertes économiques pour les transporteurs routiers, la Poste et d'autres, sans même penser une seconde aux gens qui se sont parfois retrouvés piégés dans leur voiture ou leur train des dizaines d'heures durant. Malgré cela et pour faire simple : Dame Nature nous a juste rappelé une fois de plus, qu'elle reste la maîtresse sur la planète Terre. Même les villes d'Amérique du Nord cessent de vivre face à la virulence du blizzard et des tempêtes de neige qu'elles affrontent chaque année. Qu'y a-t-il à faire ? Attendre que l'évènement passe, ce qui n'est que l'affaire de quelques heures... En cette veille du Réveillon, il y a pourtant fort à parier que malgré les conditions climatiques, la plupart des tables seront tout de même bien approvisionnées de saumon fumé, de champagne frappé, de dinde et chapon farcis, de bûche pâtissière ou glacée. Les cadeaux seront aussi de la fête, sagemment disposés au pied du sapin, mais le plus important ; Noël se célèbre en compagnie des êtres qui nous sont proches, qu'ils aient pu se déplacer, qu'ils soient présents, ou simplement, par la pensée...

1 commentaire:

lilie a dit…

Ah les caprices de la nature, on n'y peut rien, ce ne sont pas les derniers, il faut les accepter, comme ailleurs dans le monde!