23 avril 2013

Tu aimeras ton prochain comme toi-même...

 
Dépasser l'obscurantisme. Cette affirmation résume en elle-même l'enjeu du débat de société initié il y a quelques mois par le nouveau gouvernement français. S'opposer à la superstition et à l'intolérance était sa finalité. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que nous assistons justement à un jour historique et j'en viens à me rappeler mes cours d'Histoire à l'école primaire, au collège et au lycée. Ces longues heures parfois inintéressantes mais qui insistaient sur la "grandeur" de la France. Son Esprit des Lumières. Sa Révolution de 1789 porteuse d'espoirs et d'idéaux, repris par bon nombre d'organisations internationales dans leurs chartes ou leurs règlements. Le peuple français et ses représentants voulaient assurer l'égalité des citoyens, la liberté de chaque Français à vivre pleinement sa vie dans le respect des autres et de la Loi, la fraternité entre habitants et ceux des autres pays... Je garde toujours à l'esprit le chemin qui a été fait par notre Nation sur le long chemin de l'égalité notamment par le décret d'abolition de l'esclavage en 1848, l'ordonnance accordant le droit de vote et d'éligibilité aux femmes en 1944, la réforme des régimes matrimoniaux en 1965, la loi sur la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse en 1975, la loi sur l'abolition de la peine de mort en 1981, la loi de dépénalisation de l'homosexualité en 1982 ou d'autres encore. La question du mariage pour tous a fait couler beaucoup d'encre dans les journaux comme à la télévision et a alimenté nombre de discussions de comptoirs ou de repas familiaux qui ont pu rapidement dégénérer... Mais au fond, qui sommes-nous réellement pour juger, pour interdire, pour mettre des barrières ou même encore pour condamner l'amour que peuvent se porter deux personnes majeures et responsables ? Et puisqu'il faut aborder la question d'un point de vue théologique, le fondement même de nombreuses religions n'est-il pas un message d'amour et de tolérance vis-à-vis de son prochain ?


La France et ses citoyens qui se plaisent à garder à l'esprit cette image de Patrie des Droits de l'Homme et d'idéal progressiste ont franchi un grand pas dans l'égalité devant la loi. La France que l'on nous conte dans les livres d'Histoire n'est pas celle de certains, dont les propos ont parfois dépassé la pensée. Je pense à tous ses enfants présents dans les manifestations, qui se découvriront peut-être un jour homosexuels. Que leur dira-t-on alors ? Chaque parent, tel qu'il soit, n'a-t-il pas pour satisfaction et bonheur de voir ses enfants heureux ? Regardez le sourire face à un jeune garçon faisant ses premiers pas. Admirez la fierté parentale face à l'obtention d'un diplôme universitaire ou d'une médaille sportive. Contemplez l'émotion et l'embarras face aux larmes d'une fille connaissant son premier chagrin d'amour. Observez finalement l'extrême bien-être face à la signature d'un premier contrat de travail et face à l'annonce d'un mariage ou d'une naissance à venir... Ceci est évidemment la description d'un idéal. Chaque famille ne réagit pas forcément de manière identique à l'homosexualité d'un enfant. Néanmoins, aujourd'hui, la Nation et l'Etat ont choisi de montrer le chemin d'une reconnaissance forte de la société face aussi à certains citoyens démunis, rejetés, confrontés à eux-mêmes face à une orientation sexuelle qu'ils n'ont pas choisie. Chaque enfant de France a sa place dans la société, indépendamment de ses origines, de son âge, de ses qualités, de ses défauts, de ses forces, de ses faiblesses, de son orientation sexuelle. Dans cette société qui place bien trop souvent au centre de ses réflexions, l'individualisme, la surconsommation et l'égocentrisme, il est plaisant de voir qu'enfin, des hommes et des femmes ne se sont pas laissés abattre devant les menaces et les difficultés. Et ce, afin d'assurer l'égalité de tous devant la Loi.

 
Cette égalité représente un rêve inaccessible devenu finalement une possibilité. Chaque citoyen peut effectivement aujourd'hui ouvrir un peu plus son cœur et l'éventail des choix qui s'offre à lui, qu'il s'agisse du concubinage, du PACS ou du mariage. Le choix de vivre. Le choix de trouver l'élu(e) de son cœur. Le choix d'aimer. Le choix d'épouser. La possibilité de fonder une famille et d'élever des enfants. La reconnaissance et la protection juridique de l'Etat face aux éventuels aléas de la vie... Ce rêve d'amour a été exprimé plus en détails dans un écrit daté du 30 juin 2012. Il n'est certes pas toujours évident de garder espoir en lui pour qu'il devienne réalité un jour, idéalement dans les semaines ou les mois à venir... Le bonheur est déjà présent dans la vie quotidienne mais il manque la cerise qui trônerait sur le gâteau, la crème anglaise qui complèterait le fondant au chocolat, l'épaule et non plus la taie d'oreiller contre laquelle se blottir pour s'endormir... Alors gardez toujours à l'idée de ne jamais trop baisser les bras, de vous battre encore et toujours pour y croire mais surtout de profiter de chaque instant avec vos amis et votre famille. Car au-delà de l'idée même de mariage, c'est bel et bien un idéal d'amour et de tolérance qui a réussi à triompher face aux messages de haine et d'injures. Un signal universel pour promouvoir la liberté et l'égalité, tel que celui envoyé en Europe et dans le monde lors de la Révolution française de 1789 ou dans une moindre mesure lors du mois de mai 1968. Espérons qu'aujourd'hui se retrouve rapidement dans les livres d'Histoire des futures générations et que cette date du 23 avril 2013 soit fièrement brandie comme le symbole fort des valeurs qui unissent le peuple français...

30 juin 2012

Ce rêve bleu...


En cette période morose qui n'en finit pas, je continue d'avoir un rêve ancré au fond de moi qui traverse les mois et les années. Ce rêve, il s'écrirait tout d'abord au pluriel. On pourrait d'ailleurs le comparer à un Disney d'une nouvelle génération dont le début serait marqué par l'ouverture inhabituelle d'un livre sur l'histoire de deux princes, pas forcément copiés sur des mannequins, mais ayant leur charme et la tête bien sur les épaules, conscients des réalités de la vie. Ils pourraient aussi bien se promener tranquillement pour aller au restaurant, au cinéma ou à l'opéra, s'affronter sur la qualité de la production ou s'entendre sur la nullité de celle-ci. Faire des courses et affronter le monde infernal des magasins pour finalement préparer sagemment un dîner. Passer un jour férié entier à regarder la télévision sans avoir envie de rien faire. Partir en vacances au soleil au bord de mer ou à la montagne. Et aux jours ensoleillés succèderaient des jours de pluie et d'orage où les disputes éclateraient pour un caleçon, des chaussettes sales qui traînent, un malentendu ou bien encore pour un brin de jalousie... Le plus important serait de pouvoir passer, de temps à autre, des heures à se regarder les yeux dans les yeux, enlacés, à ne plus avoir conscience du temps qui passe, à ne pas parler, juste se sentir bien... Retrouver pour seul bruit les battements entêtants d'un coeur, ressentir la chaleur d'un souffle qui chemine sur la joue ou la nuque, laisser deux mains retrouver la douceur de la peau de l'autre, s'échanger quelques baisers esquimaux, se laisser bercer par la douceur des lèvres, pour finalement revenir à la réalité quand le téléphone sonne...




Du pluriel, l'histoire passerait alors au singulier... Me rappeler tout ce temps que j'ai passé à attendre quelqu'un comme toi. Le moment où je t'ai vu pour la première fois et les jours suivants qui ont fait se lever la brume dans laquelle mon coeur se trouvait. En parler avec toi, constater l'évolution et voir que tu gardes cette même étincelle dans les yeux. Te faire profiter d'un massage aux huiles essentielles avant de se coucher sur toutes ces bonnes paroles. Se rendre finalement compte que je n'arrive pas à trouver le sommeil et pouvoir te regarder dormir lors de mes insomnies. Le dimanche matin, réussir à m'extirper du lit sans que tu n'aies pu l'entendre, filer en douce à la boulangerie pour finalement te réveiller grâce à l'odeur du pain grillé, des croissants encore chauds et du thé. Te laisser le choix entre les 4 miniatures de la confiture au célèbre damier, quitte à te laisser l'exclusivité de celle que je préfère. Garder une part de sale caractère et d'obstination pour finalement revenir avec l'air triste et penaud, auprès de toi, après une dispute. Me creuser la tête pour dénicher ton cadeau d'anniversaire ou de Noël. Te faire gentiment la morale une fois de temps à autre si tu es fumeur en ne pensant qu'à ton bien, même si je risque de passer pour ta mère. Discuter de nos journées de labeur et admirer le plaisir que tu as au travail ou te soutenir dans les difficultés que tu y rencontres. Que tu connaisses où se situe l'endroit le plus chatouilleux de mon corps et te laisser en abuser à outrance, mais pas trop quand même. Ne pas être d'accord quand je joue avec le tien pour te réveiller. Essayer de résister tant bien que mal et finalement terminer cette fausse lutte par la fusion de nos deux corps afin de continuer à écrire l'histoire au pluriel...



D'autres chapitres pourraient s'en suivre même si j'en oublie certainement... Être capable de garder une âme d'enfant, de chanter à tue-tête les génériques des classiques Disney et des dessins-animés que nous avons connus en étant petits. S'adonner à une bataille d'oreillers en plein hiver ou de pistolets à eau quand arrive le mois de juin. Venir me frotter sur toi avec le visage plein de mousse à raser.  Raconter quelques blagues qui ne feront rire que toi et moi. Participer à une soirée, se retrouver soûl et te trouver encore plus beau que jamais. Rester nous-mêmes tout en étant capable d'établir des compromis. Veiller sur l'autre, malade, toute la nuit alors que la fatigue se fait sentir. Profiter de nos familles respectives tant que les membres qui nous sont chers sont encore de ce monde. S'énerver à deux sur les notices de montage des meubles suédois. Rendre visite à nos amis tout proches ou du bout du monde le temps d'un weekend ou d'une semaine. Parler d'histoire, de littérature, d'économie, de tout et de rien, mais surtout ne jamais oublier de faire en sorte que le bonheur soit toujours présent entre nous, chaque jour, à un moment ou à un autre... J'ai souvenir d'une citation qui disait qu'il était plus facile de voler que d'acheter avec un salaire décemment gagné, de se droguer que d'affronter les difficultés de la vie, mais surtout plus facile d'être volontairement seul que de construire une histoire à deux, car elle demande des efforts, des remises en question. Cependant, avec toi, le défi en vaudrait largement la peine... Je terminerai juste sur ces quelques mots : aujourd'hui, j'aimerais pouvoir mettre un nom sur toi...

08 décembre 2011

The place to (have) be(en) !



Il y a encore une décennie, peu d'Européens connaissaient la célèbre marque américaine de café où l'on accompagne sa boisson chaude d'une pâtisserie du pays de l'Oncle Sam, de style muffin, roulé à la cannelle ou encore donut... Aidée par nombre de productions cinématographiques et le flot de touristes revenant des Etats-Unis, "la sirène verte" - reconnaissable entre mille - a battu quelques coups de nageoire dans l'Atlantique pour profiter d'une demande toujours plus forte, afin de trouver quelques rochers où s'implanter, timidement, en Europe. Et je ne parle pas de la représentation qui trône depuis des années à Copenhague... Par la suite, on assista à une véritable déferlante d'ouvertures en France de ce nouveau concept au pari risqué : vendre un café à emporter à un prix relativement élevé, très souvent autour de 6 euros. La marque est la cible rêvée des écologistes qui critiquent le gaspillage de ressources environnementales face aux nombreux emballages jetables et non-recyclables. Sans oublier certaines machines à café qui, pour des raisons d'hygiène, laissent s'écouler un filet d'eau chaude tout au long de la journée... Et pour finir, les nutritionnistes s'alarment de la facilité à vendre des cafés et des chocolats chauds qui atteignent autant de calories qu'un double cheeseburger. Mais aujourd'hui, la tendance générale veut qu'on ne vende plus un produit, ni ses ingrédients. En effet, beaucoup reconnaissent que le café y est de piètre qualité, dissimulé derrière un taux record de sucre et de graisse. La "sirène" vend donc son image, un service et rien d'autre. Et c'est tellement "in" d'appeler les gens par leur prénom, de leur donner l'illusion de l'amitié universelle et de faire partie du "clan" de la marque... et comble du paradoxe, ça fonctionne économiquement parlant !




Dans un autre domaine, on pourrait citer le désormais légendaire "Hey guys ! What's going on ?" lancé à la clientèle d'un tout autre genre de magasin. Une fois de plus, la stratégie marketing fonctionne à la perfection en donnant l'impression au client de faire partie des quelques élus privilégiés, accueillis "personnellement"... Cette semaine, il ne fallait donc pas manquer, sous aucun prétexte, l'ouverture récente d'une marque américaine - une fois encore - de vêtements au 21 Boulevard de Waterloo à Bruxelles. Et comment ne pas en avoir entendu parler ? Tout d'abord, il y eut une immense affiche flottant sur la devanture du magasin pendant un mois. Sans oublier les vendeurs éphèbes, torses nus, qui se dandinèrent au balcon de l'hôtel particulier Wittouck, certes magnifiquement rénové - du moins à l'extérieur - durant une semaine pour attirer l'oeil du passant... Les jeunes adolescentes en fleur en mouillaient leur culotte à l'avance et les parents ne pouvaient que se résigner à l'idée de devoir y aller prochainement avec leur progéniture, laquelle leur vantait les mérites incontournables de l'endroit depuis des semaines, grâce aux souvenirs d'un séjour aux Etats-Unis... Après avoir patienté pendant plus d'une demi-heure sur le trottoir, vous accédez au précieux Graal et pénétrez dans un endroit nommé modestement "flagship store". Et pourtant, la boutique - si l'on peut encore la nommer comme telle, avec plus de 3.000 mètres carrés - baigne dans une pénombre qui rend difficile la distinction des couleurs des vêtements, une musique assourdissante qui donne rapidement mal à la tête et un parfum enivrant. Ici, à l'image du café, on ne vend pas des vêtements, mais une image, un concept : la marque veut vous rendre beau et sexy, en vendant un bout de rêve américain, si celui-ci existe encore...




Mais pour la première fois, les esprits un peu trop bien-pensants remarqueront un petit détail dérangeant : des peintures d'hommes WASP - white anglosaxon protestants - musclés, en débardeur blanc, à plusieurs endroits, qui rappellent certaines périodes très sombres de l'histoire européenne et notamment les oeuvres d'Arno Breker... Mais c'est surtout dans les prix pratiqués, qui trouvent leur origine dans une stratégie marketing risquée, que réside le problème. Les vêtements y sont en effet en moyenne 2 à 3 fois plus chers qu'aux Etats-Unis ou au Canada. Les jeans à 80 dollars se retrouvent à plus de 120 euros... Le consommateur européen n'étant pas non plus un pigeon complet, le concept commence à ne plus faire vraiment rêver, étant donné qu'il devient aussi plus accessible depuis l'accélération des ouvertures en Europe : Londres, Milan, Copenhague, Paris, Madrid, Bruxelles. Même si le coton et la tenue des vêtements après lavage sont d'une excellente qualité, le charme de cette marque résidait précisément dans son caractère exotique : il fallait aller jusqu'à New York ou Miami pour la trouver... Et si Abercrombie & Fitch - puisqu'il faut bien la nommer - s'essouflait rapidement en ne trouvant pas réellement sa place sur un marché européen du vêtement déjà saturé ? Il est évidemment très tentant de penser à l'échec de GAP sur le Vieux Continent, avec des prix une nouvelle fois plus élevés en Europe et qui n'a jamais su trouver sa clientèle... Vendre une image plutôt qu'un produit évite-t-il de passer du "the place to be" à "the place to have been" ? Pas si sûr quand on voit que même la "sirène verte" semble peiner aujourd'hui, alors même que l'avenir s'annonce hasardeux pour la "République bananière" qui vient d'ouvrir ses portes à Paris...

16 novembre 2011

Au pays de la vache Milka...


C'est avec l'envie de découvrir une nouvelle contrée que je me suis envolé récemment à destination d'un pays dont la réputation n'est pourtant pas des plus flatteuses... Le secret bancaire, l'importance du secteur financier et sa place dans l'évasion fiscale ont contribué à l'image vraiment négative du plus bel exemple de confédération au monde. Vous l'aurez compris, j'ai pris place dans un avion à destination de la Suisse et plus exactement au bord du lac Léman. Tout d'abord, ce qui frappe c'est la rapidité du transport aérien qui a mis à peine 50 minutes pour relier Roissy Charles-de-Gaulle à l'aéroport de Genève, ce qui représente autant de temps que pour faire un aller en TGV entre Reims et Paris... Une fois arrivé à destination, rien ne laisse présager que l'on ne se trouve plus en France. Les panneaux d'information sont rédigés uniquement en français, les étiquettes des magasins de l'aéroport le sont également. Mais la réalité s'impose quand il s'agit de régler des achats, en francs suisses évidemment ! Une certaine nostalgie s'empare alors du jeune voyageur français qui se rappelle alors le bon vieux temps où il payait son pain au chocolat ou son ticket de bus en franc français... Un autre élément attire l'attention du visiteur : la diversité des coupures proposées dans les distributeurs automatiques : 20, 50, 100, 200, 500 et surtout 1.000 francs, ce qui correspond grossièrement à près de 800 euros ! Premier indice semé sur la route de la découverte d'une autre culture, dans le pays d'Europe réputé pour son oppulence et la chèreté de sa vie quotidienne...


Après avoir fait une escapade d'un jour à Evian-les-Bains et Thonon-les-Bains de l'autre côté du lac Léman, le soleil s'est enfin levé et le paysage s'est dévoilé à mes yeux... Un constat s'impose rapidement : la nature a créé un espace fantastique en conjuguant le calme et la beauté d'un lac paisible à des montagnes abruptes, parfois enneigées, dont les sommets donnent l'impression de chatouiller les rares nuages dans le ciel. Pour le visiteur habitué à l'absence de relief évident de la plaine de Champagne ou du "plat pays" belge, le contraste est saisissant... Encore plus quand les rares souvenirs de véritables montagnes - à savoir ces mêmes Alpes - remontent à plus de dix ans et étaient restés vagues dans l'esprit d'un enfant à l'époque. Dans un tout autre domaine et sous un aspect relativement choquant pour un étranger, la Suisse est un pays où règne en maître la délation. Tout voyageur d'un train, d'un bus ou d'une rame de métro, non-muni d'un titre de transport valable, peut être "dénoncé" par un autre et se voir infliger une amende. De même, il existe en Suisse un système de distributeurs de journaux similaires à celui des USA mais dont l'accès est libre. Le citoyen doit introduire quelques francs pour "obtenir" le droit d'en prendre un. En cas de fraude, l'amende peut s'élever à une centaine d'euros, souvent sur dénonciation d'un voisin ou d'un passant ! Et le système semble fonctionner à merveille, à croire que personne ne fraude dans la confédération helvétique. Cet aspect me rappelle avec nostalgie, la mentalité des pays scandinaves où les passants attendent gentiment le passage du feu tricolore au vert pour s'engager sur le passage piéton, alors qu'aucun véhicule n'est visible à l'horizon...


La partie la plus plaisante d'un voyage à l'étranger réside sans aucun doute possible dans la visite d'un supermarché local, à la recherche des produits inconnus, de marques jamais aperçues auparavant, d'associations d'aliments assez peu fréquentes dans nos contrées, etc. D'ailleurs, la Suisse constitue véritablement un paradis sur Terre pour tout amateur de chocolat au lait : les rayons y débordent de Frey, Lindt, Cailler, Toblerone et autres qui rivalisent d'ingéniosité pour vendre leur précieuse production cacaotée... Laquelle finit rapidement dans votre panier ! Il fallait bien ça pour se réconforter du dénivelé très important que proposent toutes les villes placées au bord du lac Léman. Une semaine en Suisse vous assure un dérouillement complet de vos cuisses et fessiers sans aucun abonnement dans une salle de fitness ! Et si la fatigue vous guette, vous pourriez même dormir à même les trottoirs de Lausanne ou de Montreux, tant les rues sont propres et bien entretenues, sans aucune déjection canine si chère aux trottoirs français ou sans papiers gras si chers aux trottoirs belges. La propreté des voies publiques et des trains est époustouflante même si je n'ai pas réussi à savoir si elle provenait d'un réel civisme de la population ou bien de services communaux très compétents... Peut-être qu'un certain parti politique français aurait à apprendre d'un pays dont la balance commerciale est excédentaire, même avec la Chine et où près de 22 % d'immigrés contribuent à faire de ce pays l'un des plus riches et les plus développés au monde ?

03 août 2011

Larmes d'un filleul...


Il existe des nuits où le temps semble paraître une éternité. Des longues nuits où toutes nos pensées convergent vers un être que l'on a aimé, que l'on aime et que l'on aimera toujours. Des nuits interminables où l'on réalise combien la vie est courte et fragile... Surtout quand elle ne tient plus qu'à quelques heures, quelques jours tout au plus. Je viens d'en faire à nouveau la douloureuse expérience. Il est surtout difficile de réaliser qu'un homme qui a toujours veillé à entretenir une forme physique extraordinaire, même à plus de 70 ans, puisse être terrassé si rapidement par la maladie. Ce mal qui réussit à venir à bout d'une vie en l'espace de trois mois à peine est celui que l'on appelle le cancer. Trois mois où il a fallu lutter, subir des traitements et des examens lourds qui n'ont finalement rien donné. Des semaines où ses proches et ses amis pensent à lui, même s'il est parfois difficile de ne pas avoir la force morale de venir à ses côtés. Quand arrive le jour fatidique où les médecins apprennent une terrible nouvelle, celle à laquelle la famille a refusé de penser durant ces quelques mois, celle qu'elle doit affronter uniquement lorsque l'inévitable se heurte à ses yeux... Ce combat contre la maladie est perdu certes, mais ses proches n'oublieront jamais quel homme il a été, tant pour sa femme que pour ses proches, dont je fais partie. J'étais, je suis et demeurerai le filleul d'un homme formidable qui a toujours défendu les valeurs auxquelles il croyait et qui a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd'hui, et ce malgré cette fin de vie tragique. Ce n'est heureusement pas cette fin que je retiendrai de toi...


Toi, c'est Aristide. Toi, tu es cet homme dont je parle aujourd'hui et que j'ai appris à appeler "Parrain" au tout début de ma vie... Tu es né en Martinique le 31 août 1939, sur ce merveilleux petit bout de France, situé dans la douceur tropicale des Antilles, de l'autre côté de l'Océan Atlantique. Tu as fait ton petit bout de chemin grâce à une carrière dans l'armée où tu as atteint le grade d'adjudant-chef, puis à la Poste, alors que je n'existais pas encore. Et un jour, tu as été choisi par mes parents pour être la personne qui veillerait sur moi en cas de malheur. Ma mère a même puisé son inspiration en toi pour me nommer. Et pendant près de 24 ans, tu as rempli à merveille ce travail de longue haleine que confère le rôle de "parrain". Tu n'as jamais manqué un anniversaire, ni une fête de Noël ou tout simplement une occasion pour démontrer les nombreuses qualités humaines que tu avais. Ta gentillesse, ta générosité, ton optimisme permanent et surtout cette douceur créole qui émanait de toi de manière quasi continue ne seront jamais oubliés. Pas plus que ta voix, que ton sourire et que ton rire communicatif. Ni même ta passion pour le tennis - sport que nous avons pratiqué ensemble lorsque j'étais encore lycéen - et plus particulièrement le tournoi de Roland-Garros que tu m'as fait découvrir et apprécier. Plus récemment, tu t'épanouissais dans un autre sport que tu adorais : le golf. Mais aussi et surtout, je n'oublierai pas ces fabuleuses vacances passées en ta compagnie durant l'été de l'an 2000, où tu m'as fait découvrir l'île dont tu es originaire et ce, comme nulle autre personne n'aurait pu le faire. Tu m'as vraiment donné tout ce qu'un parrain peut offrir et tout ce qu'un filleul peut espérer recevoir : de l'amour et de l'attention.


Tu m'as fait particulièrement rire en me disant qu'un trigonocéphale risquait de surgir à tout moment des champs de canne à sucre alors que je devais soulager une envie pressante de ma vessie. Tu as été là pour m'inviter à déjeuner quand j'étais collégien ou encore plus récemment à participer à des barbecues estivaux. Tu n'as jamais manqué l'occasion de faire zouker une soirée d'anniversaire, de Nouvel An ou de retraite durant toutes ces années. C'est encore toi qui était là pour me soutenir et me réconforter lors du décès de ma grand-mère maternelle que tu connaissais si bien... La vie a pourtant décidé que nos chemins devaient se séparer ce jeudi 28 juillet à minuit passé de douze minutes. C'est avec le coeur lourd et les yeux remplis de larmes qu'il faut accepter la réalité. Cependant, c'est aussi avec un flot de fabuleux souvenirs que je trouve aujourd'hui la force de sourire en pensant à tous ces heureux moments que nous avons partagés... Les derniers mots que je t'ai adressés n'ont été que des mots mis bout à bout et envoyés de l'étranger mais je sais que recevoir ces quelques phrases t'a empli le coeur d'une profonde émotion... Le soleil s'est couché sur le rocher du Diamant comme chaque soir en Martinique. Le diamant que tu étais à mes yeux a cessé de briller... Mais je me plais à imaginer que tu as rejoint le monde des anges, aux côtés de mes deux grands-mères, et qu'à vous trois, vous veillez sur moi et sur les gens que vous aimez, où que vous soyez. Je suis fier d'avoir été ton filleul mais aussi et surtout de porter ton prénom ; je ne pouvais rêver de parrain plus extraordinaire. Je pense très fort à toi, je ne t'oublierai pas, ni tout ce que tu as fait pour moi...

22 juin 2011

La mort au bout d'une fourchette...


La plupart d'entre nous ont déjà expérimenté la fâcheuse aventure qui consiste à découvrir un aliment quelque peu en état de décomposition dans leur réfrigérateur... Mais le fait est qu'il s'agit d'une épreuve encore plus désagréable quand on le constate dans les rayons de son supermarché habituel. Le fromage râpé encore consommable pendant 25 jours qui affiche déjà une jolie couleur bleue ou verte, la viande qui semble partager un point commun avec le nom de la Première dame de France, ou encore certains fruits qui affichent une qualité inversement proportionnelle à leur prix de vente qui frise actuellement des records sur les étals... Loin de moi l'envie de stigmatiser une enseigne en particulier je dois quand même bien avouer que les problèmes de rupture de chaîne du froid me semblent de plus en plus fréquents. A vrai dire que savons-nous réellement sur ce que nous mangeons ? Le débat semble relancé après une certaine accalmie qui avait suivi des années de méfiance, suite aux scandales alimentaires comme celui de la vache folle, du poulet à la dioxine ou encore du poisson contaminé au mercure dans certaines régions du globe. Et voila qu'on nous bassine à longueur de journée depuis plus de 15 jours sur la récente bactérie Escherichia Coli retrouvée dans des germes de soja, puis dans des steaks hachés surgelés. Résultat : des pertes économiques quasiment impossibles à chiffrer, des agriculteurs et éleveurs en plein désarroi devant des consommateurs devenus paranoïaques face aux informations et contre-informations, et des tensions communautaires exacerbées entre les différents États membres, de plus en plus suspicieux sur les importations provenant des pays voisins...


Le problème est que l'Histoire abonde d'anecdotes liées à notre alimentation. Tout d'abord, lors des guerres du Péloponnèse, Sparte aurait réussi à vaincre Athènes car ses citoyens et soldats auraient été contaminés par des stocks de céréales avariées. Sans oublier l'empoisonnement du pain des Occidentaux à l'arsenic, à Hong Kong lors de la seconde guerre de l'opium en 1857. Ou encore l'issue de la bataille de Valmy, favorable aux forces révolutionnaires, durant laquelle les soldats prussiens et autrichiens auraient abusé des raisins de Champagne encore trop verts pour la saison. Ils se seraient alors vu dans l'incapacité de combattre, de part des troubles gastro-intestinaux assez sévères - je vous passe aisément les détails. Au final, le constat est pourtant simple. Manger est un acte qui représente des risques depuis la nuit des temps... L'homme a pourtant perdu en qualité ce qu'il a gagné en quantité. La famine n'est plus qu'un lointain mal dans le monde occidental mais la liste des contaminations alimentaires, voulues ou involontaires, est longue. Les progrès effectués dans les techniques de production ont permis d'arriver à l'autosuffisance dans beaucoup de pays, mais l'augmentation continue du nombre d'intermédiaires et l'industrialisation constante ont augmenté considérablement les risques que nous encourrons dans cet acte aussi banal que vital : manger. Qui n'a jamais fait l'expérience d'un bon repas au restaurant qui s'est pourtant terminé en tête-à-tête avec la cuvette des toilettes quelques heures plus tard, la faute à une cuisine pas vraiment respectueuse des normes d'hygiène toujours plus draconiennes ?


Faut-il pour autant fuir les restaurants, les fast-foods et les supermarchés ? Difficile de se prononcer. Encore plus quand on sait que certains réfrigérateurs de particuliers sont de véritables nids à germes ou que la plupart du temps la rupture de chaîne du froid a lieu entre le lieu d'achat et le domicile du consommateur... Il y a pourtant des gestes essentiels qui consistent à rincer et laver scrupuleusement les fruits et légumes, à respecter les dates limites de consommation surtout sur les produits sensibles comme le poisson, la charcuterie ou les oeufs et à faire cuire la viande à coeur ou bien encore à consommer rapidement après leur achat, les tartares et carpaccios. Même si nous avons perdu la plupart de nos vieux réflexes d'hommes préhistoriques, devant sans cesse chasser ou cueillir pour nous alimenter, nous n'en avons pas moins perdu notre vue et notre odorat. Et au moindre doute, il vaut parfois mieux jeter un aliment dont l'aspect ou l'odeur semblent suspects... La récente crise démontre une fois de plus la cacophonie qui règne face au temps et aux analyses nécessaires pour trouver la source de la contamination. Elle a mis à jour de sérieux travers de notre société, comme le manque de coopération entre pays européens et les profondes rancoeurs nationalistes, qui ont abouti à la situation actuelle. Au final, des centaines de milliers de fruits et légumes ont dû être jetés à la poubelle ou transformés en compost face à la "peur" - infondée - de millions de consommateurs européens face à un évènement local, qui n'a pas dépassé les frontières d'un länder allemand. Et dire que dans beaucoup d'autres pays sur la planète il n'est pas question de qualité de l'alimentation, mais tout simplement de son accès...

12 mars 2011

Hymne à l'amour...


De par l'actualité, je me suis récemment demandé ce que représentait le fait d'être français, c'est-à-dire d'être lié juridiquement par la même nationalité que Molière, Voltaire et tant d'autres encore. Ce qui me frappe dans l'inutile débat que certains partis politiques ont lancé, c'est tout d'abord cette façon de chercher (délibéremment ?) une mauvaise origine à tous les malheurs qui sont sensés accabler le pays... Alors que le pessimisme règne sur la France, ses femmes n'ont jamais donné naissance à autant d'enfants qu'aujourd'hui. Etrange paradoxe. C'est sans doute ce trait de caractère si particulier à notre pays qui fait sa singularité cartésienne. Malgré cette facilité à peindre de noir l'avenir, nous l'envisageons avec dignité et discernement. Par ailleurs, c'est également dans ce refus de l'adversité que les Français trouvent sans relâche la force de s'investir et se battre pour des causes que beaucoup d'autres Européens jugeraient désespérées. Le Français de base peut perdre une bataille certes, mais il se refuse tout simplement à perdre la guerre, qu'elle soit contre l'oppression d'un gouvernement, de droite comme de gauche, ou encore contre l'invasion par une nation ennemie. L'Histoire de notre pays est ponctuée de dates qui commémorent cette capacité de se mobiliser : 1789, 1792, 1830, 1848, etc. Jusqu'à nos jours, la liste est longue. Cette attitude est souvent interprétée, à tort, par nos voisins comme une forme d'attitude hautaine et présomptueuse. Qui plus est, l'attachement que nous avons pour les valeurs, les symboles et le drapeau de notre République témoigne bien souvent de cet Amour sacré de la Patrie souvent mal compris au-delà de nos frontières...



Oui, nous aimons longuement nous attabler, même pendant le déjeuner, pour partager un repas entre amis, collègues, ou bien avec notre famille. Cette tradition constitue le charme unique au monde et typiquement français des brasseries et cafés qui pullulent à Paris et aux quatre coins de l'Hexagone. Oui, nous faisons grève assez souvent mais nous obtenons le soutien de nos compatriotes dans la majorité des cas, même si ceux-ci peuvent être extrêmement gênés par la fermeture des écoles ou l'absence de trains et de métros. Oui, nous voulons défendre coûte que coûte l'égalité entre nos citoyens fortement épris de justice sociale, même si la plupart d'entre nous cherche à obtenir ses propres petits avantages par le biais de ses relations. Oui, notre sport national consiste à râler contre tout et n'importe quoi, en particulier contre la lenteur de l'administration et celle des services publics, mais nous restons bien souvent attachés au symbole d'un Etat fort et centralisé. Oui, nous penchons parfois vers l'irrésistible mouvement libéral qui prône un abaissement de la fiscalité et de nos impôts, qu'ils soient sur le revenu, le patrimoine ou les capitaux, tout en voulant plus de crédits et de subventions pour notre système de santé, pour l'éducation de nos enfants et pour le développement durable. Oui, vous l'aurez compris, nous Français, sommes des êtres remplis de paradoxes et de contradictions. Néanmoins, à l'image du célèbre cogito ergo sum, nous aimons à penser et à remettre perpétuellement en question les choses. Et de manière plus générale, nous ne supportons pas non plus de nous sentir privés de notre Liberté, liberté chérie et de notre esprit critique...


Depuis toujours, cette France est notre France. A tous, que vous soyiez Français de nationalité, Français de coeur ou Français de langue ou de culture. Notre héritage est inouï. De par la vie intellectuelle qui a vue le jour sur nos terres, de par la gastronomie qui s'éveille à chaque coin de rue, de par l'histoire qui s'échappe de monuments parfois plus que millénaires. Cet héritage est aussi immatériel par notre manière d'être, de manger, de boire, d'échanger, de partager, et tout simplement de vivre. C'est ici, par exemple, dans notre pays, que les femmes ne prennent pas de poids. C'est aussi ici que le monde entier tourne ses les yeux vers Paris lors d'expositions, de sommets ou de semaines consacrées à la mode. Et c'est encore et toujours ici dans les campagnes, provinces et terroirs que les touristes, mais aussi et d'abord les Français, aiment flâner et admirer les beautés d'un paysage qui s'étend sur les cinq continents, réunissant aussi bien une jungle tropicale que des barrières de corail. Qu'il s'agisse de la métropole ou de l'outre-mer, de l'hémisphère boréal ou de l'hémisphère austral, les Français sont à l'image de ces paysages : riches de leur diversité, généreux dans leurs origines, singuliers dans leur caractère et uniques dans leur apparence... Au final, point besoin de débat pour s'approprier la réelle signification de la nationalité française. Gageons que nos politiciens comprennent le message et se rendent compte qu'il existe des sujets plus urgents à traiter et des débats qui requièrent plus d'énergie. Car tout simplement, la France ne peut pas réellement s'expliquer. Et encore moins se débattre. Et c'est dans cet aspect que repose toute sa force et sa singularité...

27 février 2011

Hé Carla, t'as vu ma nouvelle Rolex ?


Notre "cher" président et sa clique gouvernementale ne passent généralement pas une seule semaine sans commettre un impair majeur dans leurs actions. Déjà sous la présidence de Jacques Chirac, un certain Hervé Gaymard avait été épinglé pour la coquette somme dépensée dans la location d'un somptueux appartement de 600 m² au coeur de Paris, aux frais de l'Etat, bien entendu. Suite à l'élection de Nicolas Sarkozy, le ton avait été donné dès l'annonce des résultats. Un dîner sur les Champs-Elysées en compagnie d'une jolie collection des plus grandes fortunes du CAC40, parmi lesquelles apparaissaient Bernard Arnault, Martin Bouygues, Serge Dassault, Vincent Bolloré, Jean-Claude Decaux et beaucoup d'autres... Et puis les années passant, les scandales se sont accumulés, faisant grand bruit dans la presse, à la télévision mais aussi et surtout sur Internet. Les relations entre un ministre et sa femme - et plus largement d'un parti politique - avec l'héritière du groupe L'Oréal, l'achat de cigares par Christian Blanc grâce aux impôts des contribuables, ou plus récemment encore l'utilisation de deux avions de ligne présidentiels pour rallier Paris à... Bruxelles, qui ne sont séparées que par quatre-vingt-dix minutes de train à grande vitesse, ou même un peu moins de trois heures par la route. C'est à se demander si le gouvernement comprend réellement les raisons de l'agacement des Françaises et des Français face à tels agissements, lesquel repousse sans arrêt les limites du conçevable et de l'imaginable...


Encore un peu plus d'un an pour espérer un changement dont la France a besoin tant elle est à bout de souffle et lasse d'une gouvernance qui ne rechigne devant rien, pas même à la contradiction entre la rigueur budgétaire d'un côté et les dépenses ostentatoires d'une démocratie de façade de l'autre. Plus rien ne choque, pas même les inquiétants voyages de la ministre des Affaires étrangères, profitant de sa fonction et de son statut pour obtenir des faveurs du gouvernement d'une Tunisie en proie à la révolte. Ni même les étranges liens du Premier Ministre avec le régime égyptien. Plus aucun scandale ne semble offusquer effectivement. Au fond c'est surtout l'exaspération qui caractérise le mieux le sentiment des électeurs devant la répétition de ces "bavures" diplomatiques et financières. Sans parler d'un programme de lois voté et appliqué presque manu militari, sans concercation entre différents bords politiques, grâce à un Parlement tout acquis à la solde du parti présidentiel. Et que dire d'une opposition toujours en lambeaux depuis un terrible jour d'avril 2002. Ses principaux leaders ne cessent de mettre des bâtons dans les roues d'une classe politique qui ne sait pas où aller, tiraillée entre différentes orientations, oscillant entre une sorte de néo-libéralisme économique et social, incarnée par le président actuel du Fonds monétaire international et une forme de protectionnisme européen raisonnable et un besoin pressant de politique sociale, symbolisée par l'actuelle maire de Lille...


Les scandales ne s'arrêteront vraisemblablement pas. Pas plus que ne s'arrêteront les innombrables remaniements ministériels effectués par le passé et ceux à venir. Malgré le précieux soutien de certains médias gérés directement ou indirectement par des amis proches du chef de l'Etat, il reste salutaire de voir qu'il existe toujours une presse d'opposition - principalement conduite par le journal Le Canard Enchaîné et le magazine Marianne -prête à insister, parfois lourdement certes, sur les excès de conduite du pouvoir actuel. Il existe pourtant un danger grandissement que beaucoup de Français voient se profiler sous la figure de Marine Le Pen, qui par ses interventions et ses démarches populistes, surfe sur la vague de mécontentement du pays et de ses électeurs. Imiter son père et parvenir au 2ème tour d'une élection présidentielle serait pour elle une forme de consécration suprême... Quoiqu'on en dise, la marche pour le poste de l'Elysée a déjà commencé. Reste à savoir si les Français sauront suffisamment voir clair dans le jeu des hommes et femmes candidat(e)s pour ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé. Il est grand temps de renouveller le paysage politique français et de donner de longs congés à une équipe de personnes incompétentes qui gouverne la France depuis trop longtemps déjà, tout en montant les différentes classes sociales les unes contre les autres. Y aura-t-il bientôt un(e) président(e) qui incarne dignement sa fonction et ne cherche plus à éloigner ses citoyens mais à les rapprocher ? Réponse en avril 2012...

10 janvier 2011

Tout a commencé par une souris...


En ce début d'année 2011, je dois avouer qu'il y a bien longtemps que je n'avais pas éprouvé un sentiment de reconnaissance envers les studios d'animation Disney... Comme tout bon petit garçon né à la fin des années 80, j'ai grandi avec les énormes succès dans les salles obscures de la Petite Sirène, de la Belle et la Bête, d'Aladdin et surtout du Roi Lion. Toute ma génération a été bercée par des musiques et chansons inoubliables. En témoignent les VHS - oui, vous savez cet ancêtre du DVD qui fera de nous tous des dinosaures, aux yeux des jeunes, d'ici quelques années - qui ont tourné en boucle des après-midis et des dimanches entiers. Puis il y a eu quelques contre-performances, parfois même de cuisants échecs ; Pixar volant petit à petit la vedette aux studios de la souris aux grandes oreilles. Mis à part quelques productions rapidement passées dans l'oubli quasi général, il était difficile de renouer avec le nouvel âge d'or que venait de vivre Disney dans les années 90. Empêtré dans une logique d'argent facile à tout-va en ayant principalement mis en chantier de multiples suites de qualité médiocre les unes après les autres, son image a été fortement ternie. Paradoxe d'une maison qui arrivait pourtant à imaginer, à créer, mais surtout, à se renouveller perpétuellement depuis sa toute première création, à savoir Blanche-neige ! La surprise est arrivée début 2010 : pour la première fois un cinéma m'accueillait pour assister à la projection d'un Disney, à savoir la Princesse et la grenouille, ce qui n'était pas arrivé depuis la sortie d'Hercule en 1997 !


Le retour à une animation classique en 2D m'avait mis la puce à l'oreille. Face à une déferlante de films réalisés en 3D depuis une dizaine d'années, ce petit "retour en arrière" avait fortement retenu mon attention. Qui plus est, Disney s'attaquait pour la première fois aux histoires de bayou et de vaudou, en Louisiane - deux thèmes bien éloignés des classiques châteaux de princesses auxquels le studio nous avait habitué. Et pour la première fois depuis bien longtemps, je me suis surpris à apprécier une histoire de princesse, certes moderne, et pour la première fois noire -effet Obama quand tu nous tiens - face aux nombreuses qualités de cette production, depuis l'animation jusqu'aux rythmes jazz qu'oblige le décor de la Nouvelle-Orléans... Restait à Disney à confirmer ce très bon retour à des histoires plus classiques, et à un rythme de production et de mise sur le marché beaucoup moins intensif que dans les années précédentes ! En effet, depuis une dizaine d'années, le choix du public semblait se porter de plus en plus vers les productions américaines des studios Fox et leur fameux Scrat ou bien encore celles de Dreamworks, dont le célèbre ogre vert faisait fi des conventions habituelles. Mention spéciale aux histoires japonaises merveilleusement mises en scène par la maison Ghibli... Au final, beaucoup de spectateurs éprouveront sans doute le même sentiment : Disney avait perdu la main pour donner vie à des histoires surpassant le rêve, certes utopique, d'un monde idéalisé grâce à une pincée de poussière de fée !


C'est désormais chose faite depuis la sortie du très prometteur Raiponce. Ce projet avait été maintes fois manié et remanié par le passé, et je me souviens encore avoir entendu les premiers échos de cette histoire alors que je n'étais encore qu'au collège, c'est-à-dire il y a presque 15 ans. La princesse aux cheveux longs est enfin sortie sur les écrans fin novembre... Et Disney prouve là tout son savoir-faire au niveau de l'utilisation de la technologie 3D, technique avec laquelle ses productions manquaient cruellement de réalisme et de maîtrise par le passé, contrairement aux Toy Story, Ratatouille, et autres de chez Pixar. Les décors sont à faire pâlir plus d'une production 2D, la fluidité de l'animation est elle-aussi remarquable, notamment par le défi que représentait la mise en animation des quelques 23 mètres de cheveux de l'héroïne. Cependant, il persiste un seul petit bémol qui se situe au niveau de chansons et de musique, décevantes malgré l'intervention du compositeur de certains grands succès des années 90... Dans un tout autre registre, j'ai pu profiter d'un passeport annuel pour le parc Disneyland Paris. Je me suis surpris à adorer me plonger pendant quelques heures dans cet univers où rien de mal n'arrive jamais. Cet endroit où les mots chômage, argent, misère, malheur, guerre, maladie, et autres n'existent tout simplement pas. Ce parc qui permet de s'évader le temps d'une journée, bien loin des considérations d'une vie de jeune adulte... Et pour tout ce rêve que Disney offre - moyennant quelques deniers bien entendu - je tenais à dire merci pour ces moments magiques !

23 décembre 2010

On dirait qu'il neige...


Il est tout simplement navrant de voir la capacité des citoyens à s'en prendre à leur gouvernement face à des facteurs météorologiques normaux pour un mois de décembre. La neige, le verglas, le grésil et les températures négatives qui vont avec, sont des phénomènes normaux. N'en déplaise à certains qui avaient oublié la rigueur que l'hiver peut revêtir. Il n'y a pas encore si longtemps, un Noël à Reims s'était déroulé avec pas loin de 15°C et sous la pluie. Ce redoux a été caractéristique des dix dernières années alors que les années que j'ai passées au collège sont empreintes de batailles de boules de neige, d'épais anoraks, et de visages emmitouflés dans les chaudes écharpes... Et sous prétexte que le froid refait quelque peu son apparition, il faudrait rendre obligatoire les pneus hiver, répandre tout le sel de la Mer Morte sur les autoroutes et routes de France et de Navarre. La situation est encore plus navrante en Belgique où la culture de "la voiture à tout prix" est mise à rude épreuve par des citoyens bien trop peu indisposés à modifier leurs habitudes face au climat. Est-ce si difficile de ne pas prendre la route quand on risque de finir dans un fossé ou de passer toute une nuit coincé dans sa voiture au milieu de nulle part, dans le froid et la neige ? Et que dire de ses petits Fangio qui se prennent pour les rois de la route, dans leurs 4x4 ou grosses berlines allemandes, équipées - ou non - de pneus hiver, et se permettent de mettre leur vie en danger ainsi que celles des autres, en pensant être les rois du monde sur les bandes de circulation complètement enneigées à plus de 50 kilomètres par heure ?


Les pneus hiver ne permettent qu'une meilleur adhérence à la chaussée, et donc une distance de freinage plus courte, mais n'offrent en aucun cas la parade absolue pour conduire à une vitesse totalement inadaptée sur la neige ou le verglas. En témoignent les images capturées par les journalistes, nous montrant de nombreux automobilistes pris au piège d'une côte à gravir et dont les pneus hiver n'offrent aucune aide. Et pour finir ces pneus offrent une plus grande sécurité mais non pas la nécessité d'une prise de risque inutile. Il serait de bon ton que certains inconscients deviennent quelque peu responsables sur les routes de France et de Belgique... Il avait fallu attendre de vivre en Suède et mes dix-neuvièmes bougies pour avoir un anniversaire "blanc" en janvier. Cette fois, c'est pour Noël, en 2010, que celui-ci sera blanc, pour la première fois depuis 23 ans. De plus, il y a quelque chose d'intéressant à voir les gens retrouver la peine de prendre le temps, de vivre quelque peu au ralenti, de renouer le contact social avec leurs voisins ou leurs collègues. A ne voir que la neige sur les routes et les paysages de campagne, on en oublierait presque que les trains et les TGV circulent toujours - certes à une vitesse réduite - que l'électricité, le chauffage, le téléphone et Internet ne connaissent pas de véritables problèmes de coupures, ou bien encore que les magasins ne connaissent pas de réels problèmes d'approvisionnement. Et si Noël correspondait finalement à ce qui se déroule en ce moment ? Un peu moins de rush des derniers jours dans les boutiques, un peu moins de consommation à outrance, un peu plus d'humanisme, et au final une sorte de retour aux vraies valeurs de Noël...


Ce qu'il y a de drôle dans cet épisode hivernal, c'est qu'une fois de plus, il faut trouver un coupable à la pagaille qu'il a semée. Après nous avoir précédemment joué la carte du "Météo France ne l'avait pas prévu", comme lors de la tempête de 1999, il fallait bien trouver d'autres responsables... La pénurie de sel, la mauvaise gestion des conseils généraux et régionaux, l'imprudence des gens, la rupture de stock en glycol dans les aéroports français et belges... Et on ose encore parler de pertes économiques pour les transporteurs routiers, la Poste et d'autres, sans même penser une seconde aux gens qui se sont parfois retrouvés piégés dans leur voiture ou leur train des dizaines d'heures durant. Malgré cela et pour faire simple : Dame Nature nous a juste rappelé une fois de plus, qu'elle reste la maîtresse sur la planète Terre. Même les villes d'Amérique du Nord cessent de vivre face à la virulence du blizzard et des tempêtes de neige qu'elles affrontent chaque année. Qu'y a-t-il à faire ? Attendre que l'évènement passe, ce qui n'est que l'affaire de quelques heures... En cette veille du Réveillon, il y a pourtant fort à parier que malgré les conditions climatiques, la plupart des tables seront tout de même bien approvisionnées de saumon fumé, de champagne frappé, de dinde et chapon farcis, de bûche pâtissière ou glacée. Les cadeaux seront aussi de la fête, sagemment disposés au pied du sapin, mais le plus important ; Noël se célèbre en compagnie des êtres qui nous sont proches, qu'ils aient pu se déplacer, qu'ils soient présents, ou simplement, par la pensée...

27 octobre 2010

Ecrits, ouvrages et autres publications...

Aujourd'hui, le papier semble faire les frais de notre ère du "tout numérique". Difficile de trouver une bibliothèque qui respire la cellulose et l'encre d'imprimerie chez la plupart des jeunes. On y trouve plutôt des jeux vidéo, des bandes dessinées belges, des mangas japonais, et parfois quelques romans d’auteurs contemporains. Dans la rue et les transports en commun, le baladeur MP3 a remplacé la lecture. Moins contraignant, moins fatiguant, et demandant probablement moins d'attention et de réflexion. Ce constat s'impose de plus en plus à moi : beaucoup de mes amis et des gens que je fréquente ont perdu le goût de lire, ou même plus radicalement, n'en ont jamais éprouvé le plaisir. A leur décharge, on pourrait se rappeler du nombre gigantesque d'œuvres à lire pour l'épreuve de français du baccalauréat. Et non pas des moindres, des poids-lourds de la culture française, et même de la France avec un grand F comme Charles De Gaulle se plaisait à prononcer. Montesquieu, La Bruyère, Voltaire, Rousseau, Châteaubriand, Stendhal, Zola, Rimbaud, et d'autres dont les noms résonnent encore péniblement dans la tête des anciens lycéens des quatre coins de France et de Navarre, autrefois assommés par le programme de lecture obligatoire.



Pourtant, il s'agit juste de trouver le style d'écriture ou le thème qui plaira à son lecteur. Des phrases de Proust dont les subordonnées complètement enchâssées les unes dans les autres, font perdre le fil de l'histoire et encore plus simplement le sujet principal de l’action, jusqu'aux écrits de Choderlos de Laclos, mêlant avec tact, ambiguïté et discernement, les rapports machiavéliques entre deux libertins face à leurs victimes innocentes, le fossé est grand - très grand. La première œuvre comporte moins de pages que la deuxième, mais constitue purement un supplice pour bon nombre de lecteurs. Par conséquent, il serait faux de penser que tout lecteur peut lire comprendre, et apprécier chaque œuvre. De même, la presse écrite, selon les articles qu'elle consacre et les thèmes qu'elle aborde, ne touche pas de la même manière ses différents lecteurs. Et si vous faisiez le pari de trouver une œuvre qui vous correspond ? Peu importe le nombre de pages et l'auteur, intéressez-vous à l’intrigue, au sujet qu'elle aborde. Aujourd’hui, on a beaucoup trop tendance à dénigrer la littérature, et encore plus la littérature classique. Celui qui arbore fièrement quelques pages de papier signées Dumas, tranquillement installé sur son strapontin dans le métro, récoltera facilement un tas de regards dubitatifs, parfois même inquisiteurs. Il sera facilement classé comme l'intello bobo par excellence. Pourtant, bien des personnes qui ont perdu l'envie et/ou le temps de lire s'accordent sur un élément : seul un livre est capable de faire rêver, de transmettre des émotions par l'écrit, sans vous imposer un visuel obligé. Et surtout, un livre peut vous empêcher d’éteindre la lumière le soir. Qui n'a jamais eu cette pensée "Encore juste une page…" et s'est retrouvé encore plongé dans son livre une demi-heure plus tard ?



Loin de moi l'idée de vilipender les autres formes d'expression que sont la sculpture, la peinture, la presse écrite, le cinéma, le théâtre, ou encore l'opéra, il me semble tout de même dommage que les jeunes générations collégiennes et lycéennes soient de moins en moins séduites par des textes que des générations entières ont parcourus par le passé. Il s'agit de trouver le sage équilibre dans la profusion de loisirs qui s'offre aujourd'hui à nous. Entre la télévision, les salles obscures, les expositions, les musées, les discothèques, les bars, les restaurants et autres, où est véritablement passé le calme de la lecture à domicile ou bien à l'ombre d'un tilleul des Tuileries, ou encore d'un hêtre du Bois de la Cambre ? Et si l'on avait tout simplement oublié de trouver le temps pour prendre le temps ? Omis d'apprendre à se laisser surprendre par le pouvoir de mots subtilement associés les uns avec les autres ? Même si l'hiver approche à grand pas et que l'automne ne semble pas vraiment clément du côté des températures, gageons que le printemps et l'été à venir nous réservent de belles opportunités pour flâner par un bel après-midi ensoleillé, sans rien d'autre qu'un livre en poche, pour finalement trouver refuge sur un banc public ou un carré de pelouse. Disons adieu à Internet et à notre téléphone portable pendant quelques heures. Passons-nous de ces "progrès" technologiques qui nuisent finalement à une part de notre tranquillité. Et finalement, rêvons au détour de quelques pages...

23 septembre 2010

Amour. Éternité. Chagrin.


Il est des évènements qui surviennent bien souvent aux mêmes périodes. Lorsque le printemps et l'automne pointent le bout de leur nez ; lorsque les bourgeons gorgés de sève éclosent et quelques mois plus tard lorsque les feuilles roussies par le soleil de toute la chaleur estivale, finissent par se détacher des arbres... L'être humain peut se préparer dignement à la perte d'un de ses proches quand les diagnostics médicaux et les avis familiaux se rejoignent. Pourtant, quand ce moment fatidique arrive, il est difficile d'accepter la dure réalité qui se heurte à notre quotidien, par une fraîche soirée dominicale d'un 19 septembre. Pourquoi la vie est-elle faite de moments si heureux mais d'instants aussi difficiles à surmonter ? On essaye alors de trouver tant bien que mal un coupable, quelqu'un de responsable, tout en se demandant : Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette personne ? Aucune réponse ne peut pourtant être apportée à ces questions... Les croyances religieuses apporteront sans doute un peu de réconfort aux personnes endeuillées. Les athées se trouveront face un afflux de questions existencielles... 88 ans est un bel âge pour décider de s'endormir non pas pour une sieste, ni même pour une nuit, mais dans un sommeil éternel. Encore plus belle est cette fin, après des années passées à lutter en vain contre un mal qui a détruit peu à peu vos souvenirs et votre mémoire, petit à petit, lentement, mais sûrement... Au point de ne plus reconnaître vos petits-enfants, ni même vos propres enfants. La peine se mélange curieusement à un sentiment de soulagement...


Les dernières années et un dernier battement de coeur ; ce n'est pas ce que l'on retient de la vie d'une personne. Encore moins quand cette "personne" est une de vos grands-mères, et surtout votre dernier grand-parent. Bien qu'un vide existe désormais d'une certaine manière, il reste des souvenirs, des évènements et des détails, que même la mémoire d'un très jeune garçon à l'époque a réussi à fixer dans son esprit pour longtemps... Je n'étais pas aussi proche de ma grand-mère paternelle que j'ai pu l'être de ma grand-mère maternelle, mais la tristesse envahit mes pensées depuis quelques jours déjà. Il est difficile de coucher par écrit tous les sentiments éprouvés à l'instant précis où j'écris ces quelques lignes... Qu'advient-on une fois que la vie s'est arrêtée ? Je me plais à penser que mes grands-mères veillent désormais sur moi, chacune à leur manière, et qu'elles ont pu trouver un repos éternel... Deux anges qui se promènent quelque part, sous la forme d'une étoile ou d'un nuage dans le ciel, qui peuvent aussi se matérialiser dans le rire d'un nouveau-né que je peux croiser dans mon quotidien. Elles vivent probablement dans un endroit paisible où le mal et la souffrance n'existent plus, où les craintes sont dissipées, et où elles peuvent garder de temps à autre un oeil sur moi pendant mon sommeil et sur les personnes qu'elles aiment... Ce soir, il me suffit de fermer les yeux quelques secondes pour revoir leur visage et leur sourire. Elles ont eu des vies ordinaires comme beaucoup d'entre nous, mais elles étaient et resteront dans mon coeur et à mes yeux des femmes extraordinaires...



Il est bouleversant de voir à quel point ces deux pertes ont modifié profondément beaucoup de choses dans ma vision de la vie, et me rapprochent aussi énormément de ma famille. Par exemple, je pense ne plus rester très longtemps à Bruxelles, juste encore pour quelques mois le temps de réussir ma dernière année d'études, pour me rapprocher de ceux que j'aime. Je m'en veux assez souvent de ne pas voir mes parents et ma famille aussi souvent que je le voudrais... Je n'ai surtout pas envie de devenir le fils, l'oncle, ou le cousin que l'on ne voit qu'une fois par an à Noël. J'aime ma famille plus que tout autre chose au monde. Elle n'est certes pas très grande et s'est réduite rapidement à peau de chagrin en l'espace de deux ans, mais j'ai bien l'intention de profiter pleinement des membres qui la composent... Beaucoup de gens oublient trop rapidement d'où ils viennent et que leur famille, bien loin d'être une source de problèmes ou de conflits, s'avère être une épaule sur laquelle il est bon de se reposer pour faire face aux difficultés et obstacles que la vie place sur notre chemin. Et bien entendu pour partager les moments de joie et de bonheur... En grandissant, on prend malheureusement conscience que rien n'est éternel, mais qu'y a-t-il à faire aujourd'hui à part prendre le temps de faire son deuil, et d'apprendre petit à petit à profiter à nouveau de la vie ? Mes grands-mères n'aimeraient sans doute pas me voir triste, mais il me faudra un peu de temps pour parvenir à surmonter ce chagrin... Je pense à toi Rolande. Je pense à toi Marguerite. J'aurais toujours une pensée pour chacune d'entre vous, d'une façon ou d'une autre. Je ne vous oublierai pas...

15 août 2010

Comme un poisson dans l'eau...


On attendait - certains fans tout du moins - grandement les performances de l'équipe de France de football lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud... Avec l'été qui touche bientôt à sa fin, force est de constater que les sportifs à féliciter se situent plus du côté d'un stade d'athlétisme ou d'un bassin de natation. Et bien plus près que Johannesburg : à Barcelone tout d'abord, puis à Budapest. Et c'est souvent là où la presse n'était pas encore présente au grand complet qu'a eu lieu un défilé de médailles qui a accompagné les pas des athlètes français, qu'ils soient d'or, d'argent, ou encore de bronze. Pas moins de huit titres européens et dix-huit médailles au total pour les Championnats d'Europe d'athlétisme, et également huit titres européens pour vingt-trois médailles en ce qui concerne les nageurs et nageuses françaises. Leur mérite est d'autant plus grand, que la plupart étaient de parfaits anonymes avant leurs performances. Point de contrats mirobolants déjà acquis ; certaines et certains avaient même dû batailler ferme pour trouver des sponsors. La seule perspective de donner tout ce qui était possible, d'inscrire simplement leur nom dans la légende du sport, ou de revenir avec la fierté d'avoir participé à ces Jeux réussissaient à les motiver... A l'opposé d'une équipe nationale de football qui a été la risée de toute une planète, et dont les joueurs avaient été bien trop gâtés avant même de prouver leur niveau de jeu - niveau que tout le monde espérait être à la hauteur de l'évènement, mais qui était pourtant bien faible et réellement décevant dès le départ...


On pourra longtemps revenir sur les performances de Camille Lacourt sur 50 mètres et 100 mètres dos ainsi que lors du relais 4 x 100 mètres 4 nages ; sportif dont le physique et le visage d'ange dissimulé par quelques mèches blondes, donneront l'envie à plus d'un de se remettre à la natation pour plonger dans le grand bassin, avec l'idée à peine dissimulée de ne jamais en sortir. Ou encore de solliciter ses bons soins pour prendre quelques (dizaines) d'heures de cours privés afin d'apprendre à nager en ce qui me concerne... L'espoir est permis quand on sait qu'à la sortie du bassin, un nageur du relais français, Fabien Gilot, interrogé par Nelson Montfort, a voulu faire passer un message pour le moins original : "A toutes les filles qui ont craqué sur Camille, sachez qu'il est gay...". Le principal intéressé semblait pour le moins embarrassé et a répliqué après de longues secondes qu'il prouverait le contraire au monde entier... Gageons que bon nombre de téléspectateurs seront à l'affût pour démêler le vrai du faux suite à cette interview, réalisée en direct sur France Télévisions, et pour le moins inhabituelle juste avant une remise de médailles. Il serait quand même tout simplement agréable qu'un triple médaillé d'or de Championnats européens ait un physique de rêve, réalise des performances sportives extraordinaires, et soit pleinement épanoui dans sa vie de tous les jours aux côtés d'un autre homme. Simplement pour ouvrir un peu les mentalités de quelques mamies un peu trop casanières et étroites d'esprit, qui résident au fin fond du Cantal...


Cependant, gare à l'effet médiatique et à la pression considérable qui vont s'installer sur ces sportifs lors des prochains Championnats du monde de natation à Shanghaï en 2011 ou encore des Jeux Olympiques à Londres en 2012. Le temps n'est pas loin où une célèbre nageuse, couverte d'or au niveau européen, et également sacrée à Athènes, avait finalement complètement raté son entrée et sa compétition à Pékin... Dégoût et démotivation face aux concessions nécessaires pour rester dans l'élite mondiale de la natation ? Stress imposé par les journalistes et intrusion dans sa vie privée par la presse people ? Même si le constat peut paraître incompréhensible pour bien des Français, certaines raisons d'un échec sont, elles, bien simplistes : comme chaque année, et bien souvent lors du tournoi de tennis de Roland-Garros, un peu moins de pression sur les épaules des sportifs français éviterait probablement de grandes déceptions. La consécration, les médailles et les Marseillaises jouées en l'honneur de performances inouïes ne sont-elles d'ailleurs pas venues de sportifs que personne n'attendait vraiment ? Mais pour le moment, réjouissons-nous. En ces temps de crises et de temps durs, ces quelques femmes et hommes ont voulu donner le meilleur d'eux-mêmes. Pour eux-même tout d'abord, mais aussi et sans aucun doute pour leur famille et leurs proches, et seulement par la suite pour offrir un spectacle à un pays tout entier. Par leurs exploits, l'athlétisme et la natation nous ont offert de beaux moments... Des moments qu'on aimerait vivre en continu tout au cours de l'année, et pas uniquement pour le charme du regard azurin et le sourire éclatant de Camille Lacourt...

08 août 2010

Pauvre monde...


Récemment le monde et l'humanité nous ont montré jusqu'à quel point la cupidité et l'égoïsme menacent réellement la société aujourd'hui : de la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique qui n'en finit plus de souiller les côtes de Louisiane jusqu'au scandale de fraude fiscale et de trafic d'influence auquel est confronté Madame Bettencourt... Une parure de diamants offerte à la Reine de Belgique pour l'indépendance de la République démocratique du Congo fait aussi couler des litres d'encre, tout comme la chute spectaculaire de popularité du Président de la République française : le mirage provoqué par son élection n'a duré que la moitié d'un mandat. Rien d'étonnant quand on demande de plus en plus de sacrifices à la population de nombreux pays, pour ne citer que la Grèce en exemple, alors que le sommet continue de vivre avec faste et oppulence. Sommes-nous revenus à l'Ancien Régime ? Un tableau vient à l'esprit, celui du Déjeuner d'huîtres de Jean-François de Troy. Nantis attablés, se gavant d'huîtres, pendant que le champagne coule à flot, et oeuvre où la plupart des convives n'ont comme unique et seul intérêt que de regarder voler un bouchon tout juste expulsé par les bulles d'un précieux breuvage... Pendant ce temps là, on dépense sans compter l'argent des caisses de l'Etat, sans se soucier véritablement de l'état des comptes publics et de la dégradation considérable des finances ainsi que l'augmentation scandaleuse de la dette. Jusqu'au jour où apparaît la menace de ne plus pouvoir emprunter. Heureusement les boulangeries ont encore du pain - et de la brioche - à proposer au petit peuple d'aujourd'hui...


La situation ne semble guère plus favorable en Russie, et notamment à Moscou, où une canicule sans précédent et des incendies de forêts d'une ampleur incroyable noient la capitale sous un nuage de fumées d'une toxicité certaine. Difficile alors d'imaginer que ces nombreux évènements climatiques ne mènent pas à une plus grande prise de conscience face à l'urgence qu'il y a à changer radicalement notre mode de vie et notre manière de consommer... Leur caractère autrefois "extraordinaire", devient pourtant de plus en plus "ordinaire", et on assiste à une dangereuse banalisation de ceux-ci : inondations, tempêtes, orages, grêle, neige, vagues de chaleur, et autres, font toujours plus souvent la une des journaux de télévision ou des unes de la presse écrite. Cependant, certains signes semblent être encourageants. Les lampes à basse consommation se banalisent, l'agriculture biologique entre dans les moeurs, les cosmétiques plus respectueux de la peau et de l'environnement sont en vogue, le recyclage s'implante de plus en plus dans les esprits, y compris dans les couloirs du métro parisien ou new-yorkais... Les plastiques d'origine végétale, à base d'amidon de maïs et entièrement compostables et biodégradables, arrivent également sur le marché. Les panneaux photovoltaïques et les éoliennes deviennent part entière de nos paysages, qu'ils soient urbains ou ruraux. Nous sommes pourtant en droit de nous demander si ce fléchissement des mentalités n'arrive pas trop tard et si le processus de changement de nos modes de consommation ne devrait pas se dérouler plus rapidement...



Dans un autre domaine, mes études de traduction et d'interprétation à Bruxelles vont bientôt s'achever, et il sera venu le temps de dire au revoir à cette capitale où je ne me suis jamais véritablement senti chez moi et à ce pays que je n'ai jamais vraiment compris, même si j'y ai fait la connaissance d'amis précieux et de camarades merveilleux tant par leur personnalité, que par leur richesse d'idées, et leur esprit de tolérance. Une fois diplômé, il sera tant de trouver un travail et de commencer le long chemin de la vie active... En attendant, le temps d'un été, je redécouvre à nouveau les avantages et les inconvénients de vivre "à la française". Tout cela s'opère avec un regard différent sur bien des choses, après avoir vécu pendant un an en Suède et bientôt deux ans en Belgique. La plus belle expérience qu'un être humain puisse réaliser dans sa vie réside dans le fait de voyager - à 10 kilomètres ou à 5 000 kilomètres de chez soi - de ne jamais perdre l'envie d'être émerveillé, ni la soif de connaissances. Pour tenter de comprendre les autres, pour mieux découvrir le monde, pour s'ouvrir à d'autres cultures, ne jamais s'arrêter dans ce processus infini d'apprentissage, même si rien au fond ne pourra changer ce que nous sommes depuis notre naissance. Il est impossible d'oublier d'où nous venons, ce qui nous a construit, ce qui a fait ce que nous sommes, et ce que nous deviendrons...

17 avril 2010

I was a part of it...


Il y a juste quelque chose d'indescriptible à propos de New York. Cette impression de connaître cette ville par coeur même si l'on vient juste d'y arriver, tellement ses moindres recoins ont été filmés et mis en scène un nombre incalculable de fois, dans des films, des séries télévisées, ou des documentaires... En une semaine passée à New York, on croise facilement une dizaine de tournages dans les rues, et quelques célébrités qui essaient de mener une vie paisible parmi le brouhaha ininterrompu de la ville. On se dit que l'on connaît cette ville de A à Z, et il n'y a vraiment pas besoin d'avoir le nez constamment rivé sur un plan. Ceci est encore plus vraie sur l'île de Manhattan où l'Empire State Building, le Chrysler Building, Broadway, ou la 5ème Avenue, deviennent "juste" réalités lorsqu'ils se retrouvent dans notre champ de vision. La ville de New York est aussi la ville où règne le désir de vivre à l'européenne, en témoignent les nombreuses épiceries fines qui proposent madeleines de Commercy, parmesan, ricotta, ou beurre d'Isigny, à des prix certes peu démocratiques... New York est définitivement tournée vers l'Europe, impression que l'on retrouve en croisant certaines femmes qui, probablement influencées par Sex and the City ou Le diable s'habille en Prada, arborent des tenues dignes de défilés de mode, où chaque vêtement ou accessoire est griffé d'une célèbre marque, bien souvent française ou italienne...



New York c'est la ville où l'argent coule à flots, les dollars s'accumulent dans les portefeuilles ou les tiroirs de caisses, les cartes de crédit sont swippées à vitesse grand V, les comptes en banque débités aussi vite qu'ils ont été approvisionnés. Il est impossible de ne rien acheter pendant une journée dans cette ville, symbole des Etats-Unis, mais aussi de la consommation à outrance à l'américaine... Après avoir quitté la partie moderne de la ville et ses interminables gratte-ciel, le contraste est de taille lorsque l'on pénètre dans les quartiers plus calmes et plus anciens de Greenwich Village ou de SoHo, aux fausses allures de banlieue britannique paisible et cossue. Malgré ces différences, on comprend aisément pourquoi New York a tellement fait rêver des générations entières et continue à être le lieu où l'on imagine que tout est possible. Il n'y a pas un seul endroit de la ville qui s'arrête de vivre, on croise constamment quelqu'un, qu'il soit 2 heures de l'après-midi ou 3 heures du matin, un magasin ou une pharmacie est toujours ouverte à un coin de rue... Dès lors, on peut aisément comprendre le choc et le retentissement qu'a pu constituer l'effondrement des Twin Towers du World Trade Center, et l'on ne peut surtout pas s'empêcher d'avoir une pensée pour tous les gens qui ont tragiquement perdu la vie, quand on se retrouve face à Ground Zero, même si les travaux de reconstruction ont d'ores et déjà bien avancé...


Bien que New York possède d'énormes avantages, comme toute métropole de rang international telle que Paris, Londres, ou Moscou, les gens semblent obnubilés par leur travail et par le temps qui passe sans qu'ils ne puissent l'arrêter... Résultat, cette ville donne aussi l'impression d'être vide. Vide de sens, vide de réflexions. Les êtres humains y affluent des quatre coins du monde, s'engouffrent dans les bouches de métro, hèlent des taxis, prennent un café à la va-vite sur un coin de table, avalent leur sandwich en un quart d'heure lors de leur pause-déjeuner, et finissent leur journée comme ils l'ont commencé... c'est-à-dire, seul. Une fois que la musique assourdissante d'un célèbre magasin de la 5ème Avenue s'est éteinte et que les portes du magasin ont été bouclées, que reste-t-il, si ce n'est la solitude pour flâner sur les trottoirs d'une ville qui ne s'arrête jamais de vivre ? New York vit, bouge, chante, respire, exhalte. Elle ne s'arrête jamais, contrairement à un corps humain, qui a besoin de repos tôt ou tard... Il n'en reste pas moins que New York est une ville riche, économiquement, culturellement, et historiquement. Sa place sur la scène internationale n'a jamais été inquiétée et ne le sera probablement jamais, même avec le développement de nouveaux géants comme la Chine ou le Brésil. Après de sombres heures, la ville qui symbolise le mieux "la capitale du monde" a pansé ses plaies, et rayonne incontestablemment plus que jamais...

14 février 2010

Happy Valentine's Day !


Chaque année le même refrain réapparaît. Les célibataires dépriment à l'approche de la date fatidique du 14 février, les couples eux, n'en n'ont rien à faire, ou presque... On s'offre - ou non - la panoplie de cadeaux pré-conçus par le système capitaliste pour cette date spécifique, à savoir la traditionnelle boîte de chocolats en forme de coeur, les bouquets de fleurs, la lingerie, et autres objets rappelant soi-disant l'amour, et dans bien des cas, de couleur rouge. Faut-il nécessairement rentrer dans ce jeu consumériste ? La réponse est sûrement non ; quand bien même on aime quelqu'un, y aurait-il vraiment besoin d'y consacrer un jour défini dans le calendrier pour se le rappeler ? A lire certains articles récemment publiés sur la Toile, on s'aperçoit que désormais, certains facteurs sont pris en compte, alors qu'ils étaient bien oubliés auparavant. Par exemple, on déchiffre l'origine et le bilan carbone des roses qui affluent chez les fleuristes : Colombie, Kenya, Pays-Bas. Lesquelles sont les plus respectueuses de l'environnement ? Lesquelles sont le plus synonymes de respect des ouvriers agricoles et de progrès social ? Bizarrement, il semblerait que les roses du Kenya, labellisées par un célèbre logo du commerce équitable, soient le cadeau le plus éthique possible, contrairement aux immenses dépenses énergétiques que nécessitent le chauffage des serres néerlandaises... surtout en cet hiver qui n'en finit pas de nous gâter par ses vagues de froid, de neige, et de températures qui remontent difficilement la barre des zéro degré...


Mais à vrai dire, que reste-t-il d'une seule chose aujourd'hui ? Cette "chose" que le Moyen-Âge avait qualifié de courtois, que le siècle des Lumières avait affublé du terme libertin., que Théophile Gautier ou Alphonse de Lamartine auraient très certainement fait rimer avec romantique. Cette chose, c'est l'amour tout simplement... Après des siècles de littérature, d'histoires tragiques qui ont parfois inspiré les plus grands opéras, depuis Tristan et Iseut, puis Roméo et Juliette, ou encore Armand et Marguerite, il ne nous reste plus qu'une vague fête commerciale pour essayer de nous vanter les mérites et les bienfaits d'un sentiment que chacun d'entre nous a éprouvé au moins une fois dans sa vie, et que chacun cherche à retrouver à tout prix, une fois qu'il est parti. Nous avons bien évidemment notre propre définition de ce que l'amour signifie à nos yeux, des concessions et des compromis possibles, et de ce que nous en attendons en retour... Quand j'étais petit, beaucoup d'adultes m'ont donné de précieux conseils, et l'un des plus prodigieux, qui fait partie de ceux qui sont restés gravés dans ma mémoire, se résumait à ces quelques mots : "Si ta petite amie est une fille que tu juges comme étant trop parfaite pour toi, épouse-la !". A l'époque, je ne comprenais pas vraiment le sens de cette phrase, face à la relative naïveté et l'ignorance certaine dont fait preuve tout enfant, puis adolescent. Certaines expériences de la vie et de grosses déceptions de la part de certaines personnes m'ont rendu fortement amer en de certaines occasions, et m'ont contraint à réaliser que peu de gens frôlent la perfection dans les relations amicales, et surtout amoureuses...


Et par-dessus tout, il est complètement ironique d'assister au défilé de couples qui apparaissent solidement accrochés l'un à l'autre à l'approche de cette date fatidique qu'est le quatorze février. Le calendrier aurait au moins pu faire correctement les choses et placer cet évènement en plein été, plutôt qu'à une époque où les rhumes, gastro-entérites, et grippe sont légions. Et où les pâles visages se retrouvent emmitouflés dans des vestes, des bonnets, des écharpes, et des couches de vêtements à n'en plus finir... Cet hiver, bien que "normal" dans ses températures, semble bien long et bien froid. Sans doute parce que nous n'en avions plus eu de cet acabit depuis un petit temps, et qu'il épuise certains organismes qui se sentent véritablement usés à l'approche du mois de mars et d'un printemps que tout le monde espère comme doux et ensoleillés. Quant à cette nouvelle Saint-Valentin, elle ne devrait pas faire oublier qu'être amoureux, ne correspond pas à aimer seulement les bons côtés de la personne qu'on aime, mais aussi à aimer ce qui ne nous plaît pas chez elle. L'amour est un bon rappel pour souligner l'importance de l'engagement et des responsabilités dans un monde qui considère très souvent l'amour comme des liaisons brèves, quand il ne s'agit pas de le confondre pûrement et simplement avec des relations sexuelles. Bien que tout le monde s'accorde à établir le même constat de tristesse, de déception, et d'un certain gâchis, personne ne bouge pour autant...

10 janvier 2010

Amours particulières...


Il y a des amis qui nous suivent toute une vie. Peu importe qu'ils soient loin de nous - à Québec, Paris, ou Stockholm - ou qu'ils soient nos proches voisins. Même s'il vient assez facilement à l'esprit de quiconque de nommer ses principaux meilleurs amis, la véritable amitié est pourtant difficile à obtenir entre soi-même et les autres. A combien d'entre eux confierions-nous les clés de notre appartement s'ils en avaient besoin alors que nous ne sommes pas là ? Certainement à un nombre qui tient sur les doigts de deux mains, peut-être même d'une seule... En fin de compte, qui n'a jamais été déçu(e) de la part d'un(e) prétendu(e) ami(e) ? Cette amitié que l'on croyait à l'épreuve de tout, qui a finalement été meurtrie par une tromperie, un mensonge, une dispute, ou pire encore... Il n'est pas chose aisée de savoir sur qui nous pouvons réellement compter. Sincérité et honnêteté sont sans doute des règles clés en ce qui concerne l'amitié. Pourtant, certaines personnes se retrouvent aveuglées, par peur principale d'être seules, et préfèrent à être mal entourées, encerclées d'amitiés profiteuses et hypocrites, plutôt que d'ouvrir les yeux sur la réalité. Qu'il est complaisant de jouir de l'extrême gentillesse d'une personne quelque peu dépendante affectivement. Qu'il est fourbe et sournois de lui faire croire que nous serons toujours là pour lui ou pour elle, alors que l'aisance financière est la seule chose dont nous profitons pour oublier notre médiocre existence...


Il est des hommes et des femmes qu'il vaut mieux tout simplement oublier, dont une prétendue amitié a pu créer une relation malsaine, et qui, au final, nous détruisent plus qu'ils ne nous apportent... Toute aussi pernicieux est le rapport entre deux amants qui ne veulent pas d'engagement plus fort, mais qui, pour autant, ne voudraient pour rien au monde, que l'un d'entre eux ne trouve un véritable petit ami. Beaucoup aiment à sortir leurs plus beaux Stradivarius et leurs mouchoirs blancs lorsqu'il s'agit de parler du grand amour, mais peu sont enclins à réaliser les compromis, les concessions, et les renoncements, pour s'investir pleinement dans une relation amoureuse... Si l'on veut se donner toutes les chances de réussir, cela nécessite du temps, de la patience, de la diplomatie, du dialogue, de la confiance, et encore tout une liste d'autres éléments, indispensables à la création d'une relative harmonie entre deux êtres. Il en est de même pour l'amitié. On ne peut pas s'étonner de ne pas avoir de nouvelles d'un "ami" quand on ne s'inquiète pour lui que dans des moments où l'on se retrouve seul. Il y a peut-être plus à faire que de considérer ce dernier comme une personne qui nous aide à passer le temps... Il existe tellement de sujets de conversation, d'échanges d'idées possibles, en évitant les thèmes très rébarbatifs de la météo ou du sexe. Les frasques sexuelles des uns ou des autres sont au final, bien ennuyeuses, bien loin d'aider à construire quelque chose, qu'il s'agisse de son avenir propre ou d'un avenir commun à deux...


Le temps passe, les amis aussi. L'amitié repose elle-aussi sur une transformation. Néanmoins, certaines personnes changent ou évoluent, alors que d'autres refusent de se remettre en question sur des aspects pourtant essentiels de leurs relations, qu'elles soient amoureuses ou amicales. On ne pourrait être catégorique sur la vision des choses tant il existe de cas différents, mais le risque principal est de perdre les amis les plus précieux que l'on peut avoir, et d'y perdre également l'amour. On préfère alors laisser de côté un ami pourtant cher, car nous ne voyons pas ce que nous pouvons lui apporter par le moment. Quel gâchis certes, même si la part des choses fait que nous serons quand même là pour cette personne, si elle venait à réaliser les erreurs de jugement et d'appréciation qu'elle a pu commettre... Nous sommes tous humains, l'erreur est humaine, et la reconnaître, pour finalement la pardonner l'est tout autant. La définition même de l'amitié et des relations amoureuses reposent dans cet aspect si particulier que peu parmi nous concèdent à 100 % : être là pour partager les moments de rire et de bonheur, mais être tout aussi présent pour tendre la main, apporter son soutien, et compatir aux chagrins et aux doutes que la vie peut amener sur le chemin de tout individu... On peut ne se poser aucune question, on peut tout autant s'en poser trop, mais il est parfois bon de réfléchir à tout cela, pour éviter de tomber dans les pièges d'un entourage nombreux mais ephémère, contrairement à la richesse d'un entourage réduit mais dévoué...