08 août 2010

Pauvre monde...


Récemment le monde et l'humanité nous ont montré jusqu'à quel point la cupidité et l'égoïsme menacent réellement la société aujourd'hui : de la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique qui n'en finit plus de souiller les côtes de Louisiane jusqu'au scandale de fraude fiscale et de trafic d'influence auquel est confronté Madame Bettencourt... Une parure de diamants offerte à la Reine de Belgique pour l'indépendance de la République démocratique du Congo fait aussi couler des litres d'encre, tout comme la chute spectaculaire de popularité du Président de la République française : le mirage provoqué par son élection n'a duré que la moitié d'un mandat. Rien d'étonnant quand on demande de plus en plus de sacrifices à la population de nombreux pays, pour ne citer que la Grèce en exemple, alors que le sommet continue de vivre avec faste et oppulence. Sommes-nous revenus à l'Ancien Régime ? Un tableau vient à l'esprit, celui du Déjeuner d'huîtres de Jean-François de Troy. Nantis attablés, se gavant d'huîtres, pendant que le champagne coule à flot, et oeuvre où la plupart des convives n'ont comme unique et seul intérêt que de regarder voler un bouchon tout juste expulsé par les bulles d'un précieux breuvage... Pendant ce temps là, on dépense sans compter l'argent des caisses de l'Etat, sans se soucier véritablement de l'état des comptes publics et de la dégradation considérable des finances ainsi que l'augmentation scandaleuse de la dette. Jusqu'au jour où apparaît la menace de ne plus pouvoir emprunter. Heureusement les boulangeries ont encore du pain - et de la brioche - à proposer au petit peuple d'aujourd'hui...


La situation ne semble guère plus favorable en Russie, et notamment à Moscou, où une canicule sans précédent et des incendies de forêts d'une ampleur incroyable noient la capitale sous un nuage de fumées d'une toxicité certaine. Difficile alors d'imaginer que ces nombreux évènements climatiques ne mènent pas à une plus grande prise de conscience face à l'urgence qu'il y a à changer radicalement notre mode de vie et notre manière de consommer... Leur caractère autrefois "extraordinaire", devient pourtant de plus en plus "ordinaire", et on assiste à une dangereuse banalisation de ceux-ci : inondations, tempêtes, orages, grêle, neige, vagues de chaleur, et autres, font toujours plus souvent la une des journaux de télévision ou des unes de la presse écrite. Cependant, certains signes semblent être encourageants. Les lampes à basse consommation se banalisent, l'agriculture biologique entre dans les moeurs, les cosmétiques plus respectueux de la peau et de l'environnement sont en vogue, le recyclage s'implante de plus en plus dans les esprits, y compris dans les couloirs du métro parisien ou new-yorkais... Les plastiques d'origine végétale, à base d'amidon de maïs et entièrement compostables et biodégradables, arrivent également sur le marché. Les panneaux photovoltaïques et les éoliennes deviennent part entière de nos paysages, qu'ils soient urbains ou ruraux. Nous sommes pourtant en droit de nous demander si ce fléchissement des mentalités n'arrive pas trop tard et si le processus de changement de nos modes de consommation ne devrait pas se dérouler plus rapidement...



Dans un autre domaine, mes études de traduction et d'interprétation à Bruxelles vont bientôt s'achever, et il sera venu le temps de dire au revoir à cette capitale où je ne me suis jamais véritablement senti chez moi et à ce pays que je n'ai jamais vraiment compris, même si j'y ai fait la connaissance d'amis précieux et de camarades merveilleux tant par leur personnalité, que par leur richesse d'idées, et leur esprit de tolérance. Une fois diplômé, il sera tant de trouver un travail et de commencer le long chemin de la vie active... En attendant, le temps d'un été, je redécouvre à nouveau les avantages et les inconvénients de vivre "à la française". Tout cela s'opère avec un regard différent sur bien des choses, après avoir vécu pendant un an en Suède et bientôt deux ans en Belgique. La plus belle expérience qu'un être humain puisse réaliser dans sa vie réside dans le fait de voyager - à 10 kilomètres ou à 5 000 kilomètres de chez soi - de ne jamais perdre l'envie d'être émerveillé, ni la soif de connaissances. Pour tenter de comprendre les autres, pour mieux découvrir le monde, pour s'ouvrir à d'autres cultures, ne jamais s'arrêter dans ce processus infini d'apprentissage, même si rien au fond ne pourra changer ce que nous sommes depuis notre naissance. Il est impossible d'oublier d'où nous venons, ce qui nous a construit, ce qui a fait ce que nous sommes, et ce que nous deviendrons...

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