Goodbye's the saddest word...


Julie devra donc patienter pour retrouver les joies de nos virées shopping mensuelles dans le centre-ville rémois qui se finissaient dans un célèbre salon de thé, délicatement accompagnées par un chocolat chaud et une viennoiserie. L’Opéra, le Gaumont, le Grand Théâtre et les Transports Urbains de Reims ne recevront plus le moindre cent de mon compte bancaire. Antoine n’aura plus le loisir de trouver quelqu’un disponible à tout moment pour des soirées courts-métrages à la médiathèque Cathédrale ou des après-midi théâtraux à Saint-Rémi. La Mairie de Reims ne trouvera pas en moi une deuxième fois une âme charitable pour m’occuper d’enfants dans une école primaire. Finies aussi les escapades au Four à bois, rue de Vesle avec Christine après une série de cours ennuyants, à la recherche du précieux sésame que constitue le délicieux pain au chocolat truffé à la frangipane et surmonté d’amandes effilées et de confiture de framboise. Émilie se passera de ma présence pour ses soirées copieusement arrosées à la vodka et à la manzanita « hot comme trois pommes » dans sa maison. Adeline et Amandine ne pourront plus avoir le droit à mes incantations divines pour que l’esprit du Bouddha doré parvienne jusqu’à nous en revenant du restaurant chinois. Peut-être leur manquerai-je ou non mais ils seront tous les bienvenus dans ce qui constituera ma future vie d’étudiant à Paris et dans ce qui sera peut-être dans le foyer d’une vie à deux.

Je laisse donc aussi derrière moi ma petite Maman dans un grand appartement vide en espérant qu’elle ne fasse pas trop de folies les samedis soirs. Ma nièce fêtera ses trois ans en mars mais je ne serai pas là. Ce sera sans doute mon plus grand regret de ne pouvoir être là pour des moments importants comme les anniversaires, Noël ou encore la naissance de mon futur neveu ou de ma future seconde nièce courant décembre. Dans des moments pareils, on réalise que rien ne parviendra à nous éloigner des gens que l’on aime véritablement. Je partirai là-bas mais n’ayez crainte, mon cœur vous reste fidèle. Une fidélité qui ne s’arrêtera pas grâce à tous ces jours passés ensemble, à tous ces rires échangés, à tous ces dons éternels et intemporels aux autres, à toutes ses joies partagées, à tous ces instants d’or inoubliables, à tous ces moments où nous avons apaisé le difficile passage du temps et où le baume de l’amitié a soigné nos peines afin de retrouver la douceur nécessaire au bien-être de chacun. Je n’oublierai pas tout ce passé avec l’espoir et la joie de le retrouver intact en rentrant en France début juin 2007. Au revoir est peut-être le mot le plus triste que l’on puisse prononcer et je ne vous infligerai pas la peine de l’entendre de ma propre voix. Vous avez été le phare qui a guidé mon chemin durant ces nuits noires d’hiver et vous avez aussi été en quelque sorte les frêles ailes qui m’ont aidé à voler alors merci à tous - ils se reconnaîtront même si je ne les ai pas tous cité - merci pour tout…




