13 mars 2007

Peace regained...

Le soleil et le ciel bleu reviennent sur la Suède ; bien que le thermomètre affiche difficilement 5°C, la lumière est revenue après tant de mois d'obscurité où l'astre roi se couchait à 14 heures... Les fenêtes grandes ouvertes, le ménage de printemps a eu lieu. Les meubles ont changé de place, l'ordinateur s'est retrouvé face à la fenêtre, symbole de cette clarté devenue presque inhabituelle et étrangère. Une comparaison s'installe dans l'esprit : les saisons suédoises ressemblent à ce qui s'est passé dans ma vie depuis quelques années. Petit à petit, en grandissant, le pessimisme s'est évacué pour faire place à une relative lumière. Le grand épisode noir est laissé derrière pour acquérir une plus grande sérénité, une plus grande confiance en moi, des nouveaux projets, des envies, des sourires, des rires, qui ont transformé ma vision de la vie et peut-être aussi la façon dont les gens me perçoivent... Le proverbe français dit que les voyages forment la jeunesse. Les idées de nos ancêtres ayant traversé les années ne sont pas de vulgaires paroles dénuées de sens, elles en ont un justement. En partant à l'étranger, on apprend à se débrouiller par soi-même, à se connaître un peu plus, à réaliser ce que l'on souhaite dans sa vie dans des domaines divers et variés, et surtout on découvre le monde qui nous entoure. Notre planète est riche par sa diversité, par sa multiplicité de peuples, mais aussi par la capacité qu'elle nous offre à comprendre que nous sommes avant tous des êtres humains ayant tous les mêmes aspirations futures...


Pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir véritablement changé, je suis toujours le même garçon aux yeux bleus qui essaye de donner un sens à sa vie. J'ai trop souvent oublié que certaines personnes m'aimaient d'amitié sincère, d'amour véritable, de sentiments vrais. Aujourd'hui, loin du pays où je suis né il a plus de 20 ans, je réalise à quel point certaines personnes me manquent véritablement... Bien décidé à profiter du peu de temps qu'il me reste ici, j'ai pourtant dû acheter mon billet d'avion pour revenir en France, le 17 juin. Ce soleil qui revient annonce la renaissance de la vie mais accentue aussi le fait que mon expérience suédoise touche bientôt à sa fin. D'une certaine façon, je sais déjà que lors de mon retour, je passerai un temps énorme à jouer avec ma plus grande nièce et à découvrir sa petite soeur, à raconter longuement toutes mes histoires à ma maman, à enlacer pendant de longues minutes le garçon que j'aime pour lui faire sentir à quel point je suis heureux de le retrouver. Je me précipiterai dans une boulangerie pour engloutir les viennoiseries qui manquent à ma vie. Résumons plus simplement : je me jetterai sur tout ce qui m'a manqué pendant ces longs mois à l'étranger... Nourriture ou personnes physiques, préparez-vous grandement à assouvir mon appétit féroce et ma soif d'amour !


Cependant, je n'ai pas grandi. La petite plante fragile et frêle a juste poussé un petit peu en l'espace de quelques mois. Juste le temps de réussir à ancrer plus solidement ses nouvelles racines dans le sol de cette planète que l'on appelle Terre. Les plus belles feuilles se sont agrandies ; elle n'a pas délaissé les valeurs premières en lesquelles elle croyait auparavant. Quand aux autres feuilles brûnies, celles qui asphyxiaient la plante et l'empêchaient de respirer, elles sont presque toutes tombées au fil des saisons... Cette plante a traversé des mers et des océans, elle sait les hivers et le froid, elle connait les tropiques et la chaleur, et elle sait désormais se défendre. Elle a appris que certains êtres humains pouvaient ne pas être tendres et elle s'est dotée d'épines. Malgré tout, même sans tuteur, cette plante garde à l'esprit qu'elle reste différente des gens qui l'entourent, en grande partie à cause d'une sensibilité particulière et de preuves d'amour véritable... Ce qui m'apparaissait auparavant comme une faiblesse est aujourd'hui l'occasion d'en faire une force de caractère afin de me battre. Faire le bonheur du garçon que j'aime, produire et admirer le sourire sur le visage des personnes de ma famille, et pouvoir partager de précieux moments avec mes amis sont désormais les choses qui comptent le plus dans ma vie quotidienne...

01 mars 2007

C'est pas moi, c'est lui... ou elle !

Le constat est inévitable : en pleine période de campagne électorale, la politique inonde les médias français. Et même depuis les contrées lointaines où je me situe, on nous parle d'une femme, puis d'un homme, mais surtout de ce "couple" mythique qui incarne une sorte de renouveau dans le paysage politique français. Pour la première fois, ce ne sont pas des hommes septuagénaires souhaitant finir leur carrière dans une petite maison accommodée de sa vaste "prairie" située rue du Faubourg Saint-Honoré dans le VIIIème arrondissement mais bel et bien deux personnes dont l'âge se situe autour de la cinquantaine... Et ce qui surprend, c'est surtout que la France, vantant tellement les droits de l'Homme comme son fer de lance - sous-entendu qui en a oublié les droits de la Femme - soit le théâtre d'une éventuelle élection menant à l'accession d'une femme au prestigieux poste de Président de la République française ! Le sujet intéresse, fait parler de lui, mais ce qui ressort surtout des médias suédois est le besoin urgent de réformes nécessaires à débloquer la machine française, paralysée par sa bureaucratie... Un code du travail trop strict et incompréhensible, des universités délabrées formant des futurs chômeurs, un Etat englué par trop de fonctionnaires, et tant d'autres difficultés font partie des nombreux problèmes qui retiennent l'attention des journalistes et des rédacteurs...


Mais l'incompréhension règne quand ces deux mêmes opposants passent la majeure partie de leur temps à chercher la révélation scandaleuse qui fera couler l'autre, depuis un éventuel patrimoine trop important jusqu'à des travaux personnels facturés aux frais d'un Ministère... Où est donc l'intérêt du pays dans cette véritable cour de récréation où le garçon agresse la fille en lui tirant les cheveux et lorsque la fille réplique en griffant son attaquant ? Pathétique est le premier mot qui vient à l'esprit... Dans ce pays nordique où chaque couronne suédoise qui sort des poches de l'Etat doit être justifiée et où chaque Ministère doit rendre compte de chacune de ses dépenses, on ne comprend pas vraiment l'engouement des Français(es) pour élire des dirigeants qui finalement seraient les dignes successeurs de leurs prédécesseurs. Sous des façades différentes, arborant sourire éclatant, tailleur ou costume, les deux prétendants s'affrontent inlassablement entre eux. Mais s'ils n'ont pas réussi à se lasser eux-mêmes de leurs querelles et de leurs coups bas répétitifs, ils ont du moins réussi à fatiguer une personne voire même un certain nombre de Français(es)... A regarder les journaux télévisés du 20 heures sur trois chaînes différentes, l'actualité internationale depuis Los Angeles jusqu'à Tokyo passe à la trappe, le plus "important" reste soi-disant cette campagne présidentielle. Alors on assiste aux demandes des pauvres petits retraités lors de la visite d'un candidat, et le lendemain à l'appel à l'aide des banlieues lorsque débarque la candidate... Une chose est sûre, si la chasse aux parrainages est ouverte depuis un moment, celle aux voix est déjà bien lancée !



On a souvent critiqué l'élection du président américain comme étant une véritable compétition se résumant à un affrontement féroce entre deux candidats, un Républicain et un Démocrate, débattant longuement lors de duels télévisés sur les problèmes de politique intérieure ou extérieure. Et que se passe-t-il actuellement en France ? Chaque candidat se voit désormais confronté à un panel de cent Français représentant soi-disant les différentes opinions du pays... Alors évidemment on nous sort les grands moyens : plateau de télévision à l'américaine avec l'invité du jour en position d'accusé face à son jury, enfin surtout face à la caméra, diffusion en LIVE pendant près de deux heures... En LIVE, parce que "en direct" sonne bien trop français vous comprenez. Ainsi, on a remanié la forme - mais pas le fond - pour faire passer l'idée d'une politique d'jeuns... Et pour essayer de ne pas trop lasser les Français d'ici le mois de mai, les instituts de sondages créent des rebondissements, le candidat dépasse la candidate, qui reprend elle-même l'avantage deux semaines plus tard... Ah et attention au troisième candidat qui vient semer la panique parmi les deux premiers ! Bref, les Français ont devant eux un véritable show à l'américaine qu'ils le veulent ou non... Espérons qu'ils ne soient pas trop déçus si un(e) George(tte) W. Bush national(e) venait à être élu(e) !