30 mai 2006

French bureaucracy...

La Suède ça sonne bien. Mais la bureaucratie beaucoup moins ! Ainsi depuis lundi je passe mes après-midis à courir entre secrétariat d'anglais, bâtiments modulaires et bureau de la scolarité, pour obtenir un tampon, une signature ou encore juste un formulaire d'admission. Bien évidemment tout ceci pourrait se dérouler assez rapidement. Le problème étant qu'en France, on adore les justificatifs et il faut surtout respecter l'ordre de la-dite procédure : cette signature est indispensable avant ce tampon. Alors ce qui semblait ne vous prendre qu'une heure sur le papier vous en prend en fait quatre. N'oublions pas non plus les multiples coups de téléphone à la Mairie, au Conseil Général, au Conseil Régional, au CROUS ou encore au Bureau des Relations Internationales pour des demandes d'aides financières en tout genre... Sans oublier le Tribunal d'Instance pour effectuer une demande de vote par procuration où l'on vous reçoit "fraîchement" voire même "glacialement" à l'accueil du Palais de Justice. Ajoutez à cela un standard téléphonique où l'on vous fait attendre pendant 10 minutes (à "seulement" 0,22 euro la minute) pour obtenir la carte européeenne d'assurance maladie, et vous comprendrez pourquoi je commence à saturer, que mon oreille droite est en surchauffe et que mes jambes n'arrivent plus à avancer correctement l'une après l'autre...


Et comme si le temps voulait mettre mon corps à l'épreuve du futur temps qui m'attend en Scandinavie, le thermomètre ne dépasse pas les 10 degrés depuis plus d'une semaine. Adieu tee-shirts, chemisettes, pantacourts et bermudas. Bienvenue pulls, polos, écharpes et bientôt manteaux qui sait ! Finalement le grand prévoyant que je suis, a, pour une fois, bien fait de ne pas se ruer sur la jolie paire de tongs repérée depuis plus d'un mois dans la vitrine d'un grand magasin rémois... Et puis commencent les listes inexorablement longues et diverses avec le récapitulatif des abonnements à résilier, des achats à effectuer, des affaires à emmener en Suède et des dossiers à retourner avant la date limite. Et parmi tout ça, il me faut quand même trouver du temps pour réviser et pour obtenir cette seconde année qui m'est si importante. Mais pour le moment, ça sera soirée tranquille devant la rediffusion des épisodes de Desperate Housewives sur M6 et peut-être un film une fois les deux épisodes hebdomadaires quotidiens. Cette série qui dégouline de libéralisme et de progressisme sous ses bonnes apparences mais qui cache une bonne dose de conservatisme le plus acerbe possible...


Vivement que ce marathon de courses entre bureaux soit fini ainsi que ma période d'examens. J'ai besoin de souffler, mais surtout grandement besoin de repos. J'aimerais pouvoir dormir 12 heures par nuit comme il m'en a toujours été nécessaire pour me sentir en forme. Je préfèrerais retrouver quelqu'un dans mon lit plutôt que de le trouver vide et froid, par ce temps glacial. Cette douleur au coeur quand vous vous réveillez en pleine nuit, ressentant de l'air frais sur votre peau et sentez qu'il n'y a aucun moyen de vous blottir contre quelqu'un qui vous protège. Il n'y a pas eu quelqu'un pour vous cette nuit précise plus qu'il n'y en a eu pour vous dans tous les moments de solitude que vous avez vécus. Au fond, votre vie sera probablement un océan de célibat, que vous le vouliez ou non. Tout simplement parce que personne ne semble vous remarquer dans la foule que vous croisez chaque jour et qu'elle vous regarde comme si vous débarquiez d'une planète lointaine. Personne non plus ne semble attiré par vous, alors vous vous faites une raison. Vous souffrez petit à peu par ce feu qui consume les émotions que vous ressentez à l'intérieur. Vous n'avez plus d'illusions sur le monde qui vous entoure. Pas plus que vous avez pu en avoir auparavant... Détruire rime justement avec survivre et ce rapprochement vous le connaissez depuis toujours et tant pis si personne n'est là pour vous, peut-être ne le méritez vous pas vraiment et vous devez faire avec... Est-ce le prix à payer pour obtenir potentiellement un jour, un bonheur que l'on vous refuse depuis toujours ?

25 mai 2006

Oh I wish I could be a princess !


Ah ! Qui n'a jamais été bercé par les films d'animation des studios Walt Disney ? Ces histoires adaptées de contes intemporels où tout est mignon et où les méchants sont punis ! Tout d'abord l'histoire de cette fille un peu cruche nommée Blanche-Neige... Voyez comment un studio cantonne la femme à son rôle de ménagère, tout juste bonne à faire la lessive et à cuisiner. Et par-dessus tout, une naïveté qui en déconcerterait plus d'un ! Diantre, même les enfants de cinq ans savent pertinement qu'il ne faut pas accepter quelque chose provenant des mains d'un inconnu ; quelle gourde cette Blanche-Neige ! Et ensuite que pouvait-elle bien faire, cette mijorée avec sept petits hommes une fois la nuit tombée ? Vous croyez encore innocemment qu'elle dormait à poings fermés, rêvant à son Prince Charmant ? Indubitablement la question se pose : la firme aux grandes oreilles est-elle vraiment si portée que ça à raconter des histoires pour enfants ? Rien n'en est moins sûr... Et que dire de la relation quelque peu rapprochée de Bambi et de Pan Pan ou encore de Jack et Gus Gus ? Et bien entendu que croyez-vous que Pinocchio faisait avec son nez, objet phallique par excellence ! Au fond, nous n'en comprenons que mieux le sourire d'extase que la Fée Bleue arborait quand elle rendait visite à son "petit protégé".


Mais Disney c'est aussi la machine à rêves (et à dollars...) qui nous a fait croire que ce bon vieux Prince Charmant allait nous rejoindre bientôt, qu'avec lui la vie ne serait que macarons à la framboise et crème glacée à la vanille sur fond de barbe à papa ! Vous savez ce gros niais qui apparaît rapidement dans le film, qui ne parle quasiment jamais mais chante toujours avec sa voix mélodieuse, au sourire Email Diamant, mais surtout au goût prononcé pour les combinaisons moulantes, toujours à chevaucher son fidèle destrier... Les Princes Charmants ne seraient-ils finalement pas gays ? Cette piste mérite réflexion : et si Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore allaient être trompées par leur Prince Charmant une fois parvenues dans leur château ? Mais franchement ceci vous étonne-t-il vraiment ? Ces trois femmes que la nature a comblé, ont quelque peu l'esprit candide... Quand une se charge de nettoyer la maisonnette, que l'autre nettoie la demeure de son horrible belle-mère et que la dernière se promène dans la nature pour cueillir des mûres, que font donc les trois autres Princes ? Mais pourtant Disney arrive à éloigner avec panache nos pensées perverses de toute dérive pornographico-érotico-X ! Et bien sûr, le summum est atteint dans l'irréalisme le plus total quand une superbe "belle" brune s'éprend d'une bête hideuse et qu'une gitane éprouve des sentiments pour un Bossu... Seul Disney arrive à nous faire gober tout ceci et pourtant... ça fonctionne !


Et enfin Disney, ce sont aussi des animateurs qui castrent volontairement tous les animaux mâles dans leurs productions. C'est aussi une maison sur la pente descendante qui a testé un peu tous les scénarios possibles et inimaginables et malgré tout, qui a du mal à se renouveler... Mais qui ne possède pas un DVD, une VHS ou encore un livre avec les célèbres héros qui ont bercé notre enfance ? Aladdin se sauvant des griffes du méchant Jafar, Peter Pan triomphant du crochet du non-moins célèbre Capitaine, Pocahontas repoussant les frontières de l'amour et de la haine avec le vaillant John Smith, et même Mulan transgressant les fondements même de la société afin de sauver son peuple. Alors finalement pourquoi aimons-nous tant ces histoires décousues de toute réalité ? Et bien justement parce qu'elles nous permettent de nous éloigner de nos tracas quotidiens, de maintenir notre espoir qu'un jour l'amour - le vrai, le bon - sonnera à notre porte, que tous les honnêtes gens seront un jour récompensés pour leurs bonnes actions et surtout de nous faire rêver ! Alors on pourra toujours critiquer les productions Disney pour leurs inévitables happy ends, ou encore pour le côté comédie musicale prononcé de certaines productions, ou encore leur aspect répétitif au fil du temps, mais le but premier de Walt Disney, était avant tout de nous faire rêver et de nous divertir. Et l'on peut clamer haut et fort, qu'il a bel et bien réussi son pari... Plus de 75 ans ont passé et Blanche-Neige et les sept nains n'a pas pris une ride mais surtout passionne toujours autant les jeunes générations ! Alors pour cet émerveillement continu de décennies en décennies : un grand merci au créateur d'une petite souris nommée Steamboat Willie... Alors construisez vos rêves de Prince Charmant, peut-être viendra-t-il vraiment un jour...

18 mai 2006

America the beautiful...


Il y a un peu moins d'an, je me suis rendu chez une amie américaine en Floride. Mon expérience de l'American way of life ne fera pas l'objet de cet article, aussi intéressante pourrait-elle l'être. J'entends déjà les commentaires qui hurlent de toute part, scandant que les Américains ne savent rien sur le monde extérieur, qu'ils ne prennent pas la peine de cuisiner et gobent leur nourriture pré-mâchée remplie d'O.G.M et d'hormones, qu'ils profitent de leur puissance économique pour étendre leur emprise capitaliste sur la planète ou encore que leur pays est jonché d'armes, and so on, and so on... Tellement de clichés pathétiques qui ont la peau dure. Certaines personnes vont même jusqu'à crier au boycott de tout ce qui peut provenir directement ou indirectement des Etats-Unis. Sachez juste que Coca Cola par exemple, emploie des ouvriers français dans une usine bien française ! Il me reste à ajouter certains clichés que les Américains portent sur les Français : nous ne nous lavons qu'une fois par mois, les femmes françaises ne s'épilent pas les aisselles, nous sommes vulgaires et mal-élevés et par-dessus tout nous finissons tous nos soirées complètement ivres sur la voie publique... Alors bien évidemment ces clichés correspondent à une infime minorité de la population, le reste est comme vous et moi, et ne demandent qu'à être amis. On ne manque pas l'occasion de tirer à bout portant sur les défauts de la société américaine avant même de voir que cette société est parfois bien plus avancée que nous sur certains sujets. Alors au fond, la France et les Etats-Unis, est-ce une histoire d'amour ponctuée d'une pointe de sadomasochisme où l'on se lance des Je t'aime moi non plus ?


Tout a commencé il y a bien longtemps lors de la guerre d'indépendance américaine. Louis XVI, aussi brave homme pouvait-il être, n'envoya des soldats et des armes aux treize colonies rebelles dans un seul et unique but : prendre sa revanche sur les Britanniques qui avaient battu la France quelques années auparavant durant la Guerre de Sept Ans. Grâce à l'aide du Marquis de La Fayette, les Etats-Unis d'Amérique ont bel et bien été, la première nation indépendante du monde, un pays où chaque homme était libre dans une société dénuée de système féodal. Finalement la France est-elle vraiment le pays de la liberté ? Ce pays où la Révolution fut ensanglantée et où l'hymne national appelle à la guerre et aux meurtres sanguinaires, est-il si égalitaire et fraternel que ça ? S'en sont suivies de nombreuses querelles et réconciliations, mais au final, la France et les Etats-Unis ne peuvent se passer l'une de l'autre : une cargaison de cosmétiques l'Oréal contre un Boeing, une caisse d'eau minérale Evian contre six bouteilles de vin californien ; l'argument économique reprend vite le dessus... Les Etats-Unis restent associés dans l'esprit des Français au cinéma, à la puissance économique : à Nike, à Mac Donald's, à Microsoft, à IBM, à Apple, à Starbucks Coffee, à Motorola ; aux villes qui véhiculent l'image de l'American dream comme New York City, Los Angeles, San Francisco, Miami, La Nouvelle-Orléans, Chicago. De l'autre côté de l'Atlantique, la France est perçue comme le pays de la richesse gastronomique, du vin, de la haute-couture et du luxe : Dior, Chanel, Louis Vuitton, Cartier, Hermès ; des parfums, de l'abondance de monuments historiques et d'un passé glorieux, le pays qui abrite Paris "the romantic city par excellence" et surtout comme un pays possédant une grande diversité de paysages pour un si petit territoire comparativement aux Etats-Unis.


La Floride elle, est remplie d'hommes et de femmes préoccupés par l'image de leur corps et l'on ne peut pas vraiment dire qu'elle soit conservatrice dans sa partie Sud contrairement à sa partie Nord plus ancrée dans le "Vieux Sud" beaucoup plus raciste et conservateur. Toutes les ethnies y sont brasées : Blancs , Noirs, Latinos, Asiatiques et l'impression que le melting-pot fonctionne à merveille pourrait être trompeuse. La société floridienne est sectaire, pas forcément raciste, mais libérale : les individus se mêlent de ce qui les regardent. Chacun a sa vie et l'on ne s'immisce pas dans celle de son voisin sans y avoir été convié. C'est ainsi que les clubs privés, les discothèques, les restaurants, les bars et les boutiques qui arborent le fameux rainbow flag abondent sur les plages de Miami Beach jusqu'à Key West... tout en restant discrets. L'Amérique autorise grâce à la mentalité libérale de la moitié du pays certes, mais tout en maintenant un équilibre précaire et difficile avec les remontrances et protestations de sa partie conservatrice, profondément accrochée à des valeurs religieuses pour le moins contestables. Au fond, il y a toujours le même problème entre les gens qui acceptent la différence d'orientation sexuelle telle qu'elle soit et ceux qui la rejettent, et ce quelque soit le pays...

13 mai 2006

Il y a un an...

Abandonnons l'espace d'un instant nos réflexions sur le monde gay... Aujourd'hui il n'a pas fait très beau puis il s'est mis à pleuvoir mais aujourd'hui n'est pas un jour de pluie, d'orage et d'éclairs comme un autre. Un jour sur lequel j'aurais pu écrire comme il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui est un jour particulier. Il y a tout juste un an, un certain vendredi 13 mai 2005 à 19h04, j'entrais en gare de l'Est à Paris, après avoir pris mon courage à deux mains. J'y ai fait la connaissance d'un homme qui m'est toujours très cher et à qui je porte beaucoup d'amour et d'estime. J'ai re-découvert la capitale française, ses rues, ses avenues, ses monuments - ville où je n'avais pas mis les pieds depuis presque 10 ans. Qui aurait pu rêver mieux que de découvrir l'amour dans ce que les étrangers surnomment "the city of Love" ?

Il n'a fallu que l'espace d'une soirée, le temps d'une invitation dans un restaurant du 1er arrondissement, pour que les coeurs battent à l'unisson, pour que les yeux se croisent, et que Cupidon décoche ses flèches. Damien, un prénom pourtant ordinaire, cachait des qualités énormes derrière une personnalité fragile et un coeur trahi. Il a su prendre soin de moi comme personne ne l'avait fait auparavant, me faisant découvrir des lieux inconnus - Montorgueil, Centre Pompidou, Marais, Halles, Tour Eiffel, Trocadéro, Palais Royal, Champs Elysées et tant d'autres. Ironie du sort ou pas, ce soir, un an plus tard, le temps est le même : frais et humide. Je pense souvent à lui et je dois bien l'avouer. Peut-être parce que les nuits me paraissent longues quand je rêve de lui et que chaque jour, un détail, un film, une chanson ou même un moment de solitude, me rappelle à lui.

Depuis ce vendredi de mai 2005, les choses ont évolué, peut-être dans un sens que je n'imaginais pas, mais même si le temps passe et si je m'occupe le plus possible, je pense toujours à lui. Il a posé ses mains sur mon corps et touché mon coeur, il a changé ma vie et m'a donné des rêves. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai caressé sa peau, j'ai partagé son lit et me suis endormi au creux de ses bras. Je connais la douceur et l'odeur de son corps et le parfum qu'il porte. Il pense à moi ; je le sais. Il est venu me reparler récemment même si je ne sais où je suis quelque part dans sa vie. Est-ce que je compte vraiment pour lui et quelle place tiens-je dans son coeur ? Je dois aussi reconnaître une faiblesse de ma part : je n'ai pas appris à me passer de lui ; chose que vous avez dû percevoir au cours de ces quelques lignes. Mais il ne semble pas savoir m'oublier lui aussi. Peut-être que deux personnes qui ne savent pas se passer l'une de l'autre, sont au final faites pour vivre quelque chose ensemble. L'amour ou l'amitié ? L'avenir nous le dira. En attendant j'aimerais juste écrire quelques derniers mots empruntés à une chanson d'un célèbre compositeur francophone : Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai... Et ce, peu importe la place que tu auras dans ma vie, tu auras toujours la plus belle place dans mon coeur, quoiqu'il arrive.

10 mai 2006

Les rencontres...

Pour les rares personnes qui croient encore pouvoir rencontrer l'âme-soeur (ou plutôt âme-frère) et non pas le plan fesse d'un soir, il existe des méthodes dont certaines sont aussi vieilles que le monde : se rendre dans un bar et constater que quelqu'un vous fixe d'une manière plus ou moins prononcée puis engager la conversation, ensuite il y a des prétendus lieux de drague gay comme des parcs ou des quartiers gay dans certaines villes - citons ici le non-moins célèbre quartier du Marais dans le 4ème arrondissement de Paris - mais surtout est apparue la technologie avec d'abord le téléphone, le Minitel puis enfin Internet. Même si ces trois derniers moyens de communications sont assez différents, ils ont tous un point commun qui peut fonctionner selon l'occasion : vous soustraire de multiples euros de votre compte bancaire en vous faisant miroiter la rencontre inévitable de l'âme-frère. On ne va pas vous faire rencontrer votre futur gratuitement non mais !


On se retrouve donc à errer sur un site gay de rencontres qui dissimule aussi une partie pour trouver son coup du soir, ne le cachons pas. On remplit son profil : aspect physique, âge, taille, poids, pilosité, look général, couleur des cheveux, couleur des yeux, profession, revenus, etc. et on se rend bien compte de la beauté du milieu gay quand arrivent les questions : taille du sexe, largeur du sexe, particularités, trips et fantasmes. Bah oui que voulez-vous déjà un homme hétérosexuel n'est pas réputé pour être fidèle et pense toujours au sexe alors imaginez ce que donnent deux hommes ensemble ! Alors bien sûr, il y a des exceptions à la règle, ne mettons pas tout le monde dans le même panier s'il vous plaît ! Ensuite le moment du supplice, il faut ajouter deux ou trois photos et accepter que l'on vous juge sur votre physique. Vous essayez de sympathiser avec quelques charmants jeunes hommes et la nouvelle tombe : on vous zappe illico-presto par le message "X est trop occupé pour vous répondre" à interpréter par "X ne vous trouve pas du tout assez bien pour lui". En fait, ce site constitue un peu le supermarché de la chair fraîche (ou avariée dans certains cas extrêmes) où des centaines d'hommes attendent désespérement un message, un geste, une marque d'intérêt quelconque. Finalement on ne sait pas trop pourquoi on continue à venir sur ce site où tout ou presque est insipide, où on se fait zapper et où on zappe autant, où les conversations meurent rapidement. Tout simplement pour la phrase : "Et si jamais..."


En fait, on pourrait résumer ces sites à un casting d'émission de télé-réalité. Parmi les allées de ces supermarchés de la viande gay vous retrouverez les stéréotypes : la pétasse fashion superficielle au plus au point qui passe ses soirées dans le monde VIP des boîtes gays de la capitale, le mari homosexuel refoulé et insatisfait en quête d'un amant discret mais disponible pour tromper sa pauvre femme à la moindre ocassion, le psycho-dépressif qui n'arrive pas à assumer son orientation sexuelle, le petit minet dont les hormones monte un peu trop à la tête et qui vous propose de faire par l'amour par webcam (je sais bien que la technologie progresse chaque jour, mais j'ai du mal à concevoir comment faire l'amour au travers d'une webcam...), le membre du troisième âge en quête d'un peu de chair fraîche, le mec en couple libre à cause de sa libido démesurée - incontrôlée plutôt - prêt à sauter sur le premier qui s'offre à lui, l'organisateur de partouzes hebdomadaires chaque samedi soir dans son hôtel particulier parisien, l'inconnu qui ne remplit pas son profil et n'affiche aucune photo, etc. Ah oui j'allais oublier de rajouter les mecs surnommés boulets qui reviennent régulièrement à la charge même si on s'en débarasse rapidement. Il y a aussi les mecs amateurs de sadomasochisme ou de plans cam qui vous emmerdent à intervalles précis. Ah qu'est-ce que c'est beau Internet n'est-ce pas ? Heureusement l'hypocrisie règnait déjà dans l'esprit du webmaster du site qui a même prévu une option de blocage des profils insistants. Eh oui ! C'est comme ça sur ce genre de site, on ne dit rien, on bloque et c'est comme ça. Encore une fois le proverbe : Sois belle et ferme ta gueule s'applique à merveille. On pourrait continuer la liste des phénomènes rencontrés tellement elle est longue et diversifiée ; sachez juste qu'au milieu de tous ces clichés, il y a beaucoup plus d'individus normaux à la recherche de stabilité, de protection, de fidélité, de tendresse et d'une vie paisible ; des hommes qui souhaiteraient que la passion de l'amour les transportent dans d'autres mondes. Des hommes un peu comme moi au fond à vrai dire...

09 mai 2006

Il y a des jours comme ça...

On approche de la fin de l'année universitaire qui rime obligatoirement avec examens et on se rapproche à petits pas de la période estivale ; l'été n'est pas si loin et pourtant, il pleut. Les gouttes tombent une à une, s'éclatant sur le sol pour former des flaques. Pourtant il ne pleut pas plus à Reims qu'à Marseille. Il n'en reste pas moins que le climat rémois laisse parfois à désirer. Ainsi il peut pleuvoir pendant toute une journée de manière ininterrompue, des filets d'eau qui s'écoulent sur les vitres, des ruissellements sur les pavés, des nuages gris et des températures ne dépassant guère les quinze degrés. Tous ces éléments sont propices à une certaine mélancolie, un temps qui correspond aux flots de pensées qui envahissent mon esprit et aux sentiments présents dans mon coeur.


Aujourd'hui est donc une journée qui a commencé par la pluie et qui se finira probablement avec. Il faut donc partir avec un parapluie pour ne pas tremper sa veste et encore moins détruire la coupe hyper-structurée que vous avez mis 10 minutes à réaliser devant votre miroir ce matin et surtout pour montrer que l'on prend soin de soi, bref que l'on est gay, après un passage de trente minutes minimum dans la salle de bain, et ce, même si vous êtes retard ! Alors on réalise que l'on est aussi le seul "homme" qui a un parapluie une fois dans le bus. Un parapluie est-il si féminisant que ça ? Suivent quelques cours de phonétique et de littérature dans une université glaciale : on apprend à prononcer correctement des mots imprononçables, on dissèque la vie d'Oscar Wilde pour comprendre ce qui se reflète de sa vie dans le non moins célèbre Portrait de Dorian Gray et finalement on rentre chez soi. On remarque ce joli garçon dans le bus mais qui lui, ne vous donne aucun signe d'attention ou de "gayté" quelconque. Et puis au fond, on se rend compte que l'on a raison quand on tend l'oreille et qu'on entend ce jeune homme parler de football (qu'est-ce donc que ce mot ?) avec un langage pour le moins fleuri. Certains devraient garder la bouche fermée à tout jamais, ils n'en resteraient que plus mignons.


Et puis on n'a pas vraiment envie de rentrer directement chez soi, pas envie de retrouver son cher ordinateur portable et le logiciel miracle de messagerie instantané qui nous fait passer le temps. On effectue donc un petit tour habituel dans les rares magasins du centre-ville, histoire de tuer un peu le temps. On se dit qu'on doit tous en être réduit au même point, à errer sans trop savoir quoi faire ou aller et on se secoue un peu pour arriver à la conclusion que c'est le problème de notre génération : on fait le tour du monde en vingt-quatre heures, on peut acheter tout ce que l'on veut et se le faire livrer en trois jours grâce à Internet, mais au fond est-ce que tout cela a révolutionné notre vie et fait de nous des stars de la télé ou de la chanson ? La société nous a fait croire que l'on pourrait obtenir célébrité, argent et pouvoir tout en partant de rien. Vous rêvez ou quoi ? Les Etats-Unis sont de l'autre côté de l'Atlantique ! Et pendant ce temps là, au détour d'une rue, on s'entraperçoit dans une flaque tel Narcisse troublé par la beauté de son reflet - court moment d'orgueil et d'exaspération - et on se laisse espérer qu'il finira peut-être bien par y avoir quelqu'un qui saura vous apprécier à votre juste valeur...


08 mai 2006

Superficialité quand tu nous tiens...

Alors oui j'aime être superficiel par moment, me dire que plus je possède des choses chères, mieux c'est ! Ne vous inquiétez pas, il m'arrive d'avoir des remords parfois. Enfin pas très souvent je dois bien l'avouer. Alors ça passe de l'achat compulsif de cosmétiques en tout genre à l'achat de bouteilles de champagne ou encore se balader avec un Ipod même si je n'ai pas rechargé la batterie, tout simplement parce que c'est tendance ! Eh oui, il faut bien survivre dans ce monde hostile alors on essaye de ne pas être trop moche, de se balader avec un brin de luxe sur le dos (même s'il ne sert à rien) et de posséder la dernière technologie à la maison... Et tant pis pour la pauvresse qui trime dix heures par jour pour se payer une place de cinéma une fois par mois et qui mange des pâtes tous les soirs ou la racaille qui ne peut que lécher les vitrines à défaut d'acheter ce qu'il y a dans les magasins. On ne choisit pas sa famille et les moyens qu'on a, tant pis pour les autres, c'est ça la gay-attitude ! Sois belle, sois pouffe, et tais-toi...



Alors le jeu consiste à être entouré des bonnes personnes (à comprendre celles que tout le monde veut se taper), d'avoir été dans "ZE" dernière destination à la mode (en général Key West ou Ibiza), d'être bronzé comme un toast qui sort du grille-pain, de porter du Dior ou du Chanel parce qu'on s'en fout de ce qu'il y a dans la tête des gens : comme dirait l'autre ce n'est pas la tête qu'on suce ! Ensuite il faut avoir le loft redécoré tous les ans par le designer en vue de la capitale, avoir le mobilier moderne et le IMac 20" parce qu'on sait tous que Microsoft est une grosse merde. Le must consiste à inviter régulièrement le tout Paris gay dans des fêtes où musiques house et techno pulsent à 100 mètres, où le fond de teint se retrouve sur toutes les faces et le gel dans tous les cheveux - ou même ailleurs - où tout le monde embrasse tout le monde, où le champagne coule à flots, voire même d'autres substances plus ou moins liquides... Ah qu'il est beau le monde gay !



Au final, on se demande s'il faut nécessairement baiser avec le premier venu et dépenser sans compter pour être heureux. Et enfin en étant un petit brun aux yeux bleus et au teint diaphane, suis-je véritablement un gay comme les autres ? M'est-il nécessaire d'avoir le must de chaque chose pour être en phase avec moi-même ? D'un côté, la tentation de répondre oui serait évidente : j'aime le superflu, j'aime le luxe, j'aime la gastronomie (surtout les plats sucrés), j'aime les choses chères mais au fond qui n'aime pas ça ? Tout compte fait, je ne suis pas aussi superficiel que certains car je possède quelque chose qui se fait rare et que d'autres ont oublié : un coeur et des sentiments. Alors je terminerai juste sur une question, l'homme qui cumule le must dans tous les domaines et qui est adulé par la capitale toute entière, tout en disposant de ce que j'ai énuméré précédemment ; lui, est-il vraiment heureux au fond, s'il n'a pas trouvé l'amour et se contente d'aventures sans lendemain ?

Etre gay...


Alors on pourra toujours argumenter sur le fait que je ne suis pas la personne la plus malheureuse sur Terre. Je suis tout à fait d'accord sur ce point. J'aimerais juste dire des choses que je n'ai jamais dites auparavant. Même si ceci semble tout à fait normal aujourd'hui, je suis un enfant né hors-mariage, chose qui était quasiment impensable il y a une vingtaine d'années et mes grand-parents maternels n'ont jamais accepté. Ensuite, mes parents se sont séparés alors que je n'avais que 8 mois, évènement qui dans un sens ne m'a pas fait souffrir vu qu'il ne m'en reste aucun souvenir, mais qui m'a fait passé pour un anormal quand je racontais que mes parents ne vivaient pas ensemble... Ajouter à celà, un père qui ne m'a jamais vraiment parlé, qui ne m'a jamais pris dans ses bras, et bien vous aurez un joli cocktail explosif de "gayté"...


Alors certes la société évolue mais elle ne m'a pas épargné. Peu de temps après, j'ai découvert l'école et son flot de bonheurs : apprendre à écrire, à lire, à compter, découvrir le monde, une soif de connaissance qui a perduré jusqu'en classe de 4ème. Je suis aussi gaucher, ce qui laissait présager à ma grand-mère que j'étais un suppot de Satan, et encore moins de chance pour elle, je suis gay. Eh oui, j'aime les garçons. Ce qui m'a valu un flot d'insultes plus ou moins continues contre lesquelles je suis désormais immunisé, de "sale pédé" à "espèce de tapette"... Heureusement pour moi, il y a eu des gens qui ont su m'apprécier plus ou moins tel que je suis, il y a eu Pierre en CM2, Pauline en CM2, en 4ème, en 3ème et avec qui je suis resté en contact, Amandine du CM2 à la 5ème. Entre temps il y a eu le collège et son flot de répulsions de la part des garçons, même si Bérénice, Claire et Stéphanie ont été là. Et depuis le lycée, il y a les amis de toujours à savoir Julie, Antoine, Emilie, Amandine, Adeline, et enfin à l'université où il y a Christine. Alors je voudrais leur dire "merci", juste une fois pour avoir été / être toujours là.


Alors au fond, moi qui aurait été considéré comme un malade mental et qu'il aurait fallu enfermer à tout prix il y a une vingtaine d'années, je ne suis pas un pédophile, je ne pense pas être une folle, je ne suis pas responsable de l'épidémie de SIDA qui touche la planète, je ne suis pas un pervers sexuel adepte des orgies de sexe chaque samedi soir. A bon entendeur hein ! Qu'est-ce que je suis ? Un garçon, qui fait jeune voire très jeune, paraît-il, aux yeux bleus, aux cheveux châtains, d'un mètre soizante-quatorze, en quête d'amour, de bonheur, d'une vie paisible à Paris, d'un avenir qui me sourit, de week-ends en amoureux...