17 juillet 2009

Mea culpa...


Se remettre en question n'est jamais chose facile et occupe d'autant plus l'esprit quand un agenda est assez vide pour laisser tant de place à la réflexion. Je tiens tout d'abord à rectifier une chose, la Belgique est certes un pays différent de la France, mais n'en est aucunement pire ou mieux qu'ailleurs. J'avoue avoir été beaucoup trop regardant à certains points, et surtout, à ne me focaliser que sur ceux-là, en oubliant que je détestais bien des choses en France. Je me retrouve à passer l'été dans ce qui est certes mon pays de naissance, mais où j'arrive pas moment, à ne plus me sentir vraiment chez moi. Par exemple, j'abhorre ce comportement qui consiste à raconter sa vie chez les petits commerçants, à savoir si Tante Yvonne, ou les petits-enfants vont bien, comment va la famille, et compagnie, le tout pendant 10 bonnes minutes alors que bon nombre de personnes attendent aussi derrière vous. De même que ce fleuriste qui se plaint quotidiennement de la perte de chiffre d'affaires due aux travaux du tramway à Reims... Les Français ont une image de râleurs continuels, à manifester et à faire grève à la moindre opportunité - surtout si cela leur permet d'obtenir un jour de congé en plus ou de pouvoir faire le pont. Ce trait de caractère provient sans doute du système scolaire dans lequel nous sommes tous élevés en France. Un système où analyser, comparer, avoir l'esprit critique, remettre en question, pour finalement rendre des dissertations de plusieurs pages, est extrêmement valorisé au niveau de la notation. Même si cette méthode comporte des avantages, elle apporte aussi son flot de points négatifs...


Tout cela pour en venir au fait que j'ai toujours été accueilli chaleureusement par les Belges, même si certains ont croisé ma route avec des mots difficiles à entendre, notamment les personnes âgées. Mais en ce qui concerne celles et ceux que j'ai côtoyées aussi bien d'un point de vue privé, qu'au cours de mes études, elles ont su me considérer tel quel, et ont souvent été mises à rude épreuve par mes critiques acerbes et répétées sur la société belge. Je souhaite donc m'excuser auprès de Logan, Flore, Olivier, Jean-Benoît, Adrien, Frédéric, Grégory, Thomas, Cathleen, Arthur, Elisabeth, Elodie, Adeline, Elsa, Djamila, Esther, Sébastien, Sophie, Alison, Laura, Laurent, Michaël, Djamal, et encore plus auprès de Christopher. M'excuser principalement aujourd'hui pour tous les mots blessants que j'ai pu avoir envers certains, mais aussi pour cet agacement perpétuel que j'ai provoqué de plus en plus fréquemment ces derniers temps... Je peux comprendre qu'il faudra sans doute du temps pour être pardonné, si je dois l'être bien entendu, pour retrouver un climat serein et détendu entre toutes ces personnes et moi... Je serai de retour à Bruxelles dans un mois, et je compte bien faire en sorte d'être plus facile à vivre, et surtout de parler de ce qui me plaît en Belgique. Les nombreux espaces verts de Bruxelles sont par exemple un énorme havre de paix contrairement à bien des endroits en Europe, où le béton armé et le bitume ont envahi les espaces privés et publics. J'aime aussi la richesse architecturale de cette ville, où la brique est abondamment utilisée, et où de nombreux bâtiments sont de purs chefs-d'oeuvre architecturaux. Etc.


Me faire à la vie quotidienne en Belgique n'a pas été chose aisée, notamment au tout début de mon expérience, mais toutes les personnes que j'ai précédemment citées, m'ont apporté à leur manière, par leurs mots, leurs gestes, ou leur affection, la volonté que j'ai aujourd'hui, celle de vouloir rester dans ce "plat pays", sûr d'y apprendre encore beaucoup de choses tant au niveau académique, que personnel, grâce à l'échange avec les autres... Il est peut-être trop tard pour tenir de telles paroles et envisager de telles résolutions. L'erreur est humaine, admettre la sienne est inhumain. Elle permet cependant de faire le point sur ce que l'on souhaite réellement dans sa vie. Tant au niveau des amitiés, de l'amour, des études, mais aussi tout simplement pour soi-même. J'y ai déjà trouvé certaines réponses d'une manière plus que certaine. Je peux vivre en Belgique aussi bien qu'ailleurs, y être pleinement heureux, tant que j'y ai de quoi manger, de quoi étancher ma soif, des amis avec qui partager des moments de rires - et parfois de doutes - même si j'y ai finalement perdu la chose la plus importante à mes yeux : l'amour. Personne ne peut dire de quoi demain sera fait : les vrais problèmes que nous devons affronter au quotidien sont ceux auxquels nous n'aurions jamais pensé une seule seconde. J'espère que vous comprendrez toutes et tous à quel point je souhaite faire d'énormes efforts pour ne plus vous paraître négatif à longueur de journée ou de soirée, et surtout à profiter un peu plus de vous tous. Vous êtes uniques, vous êtes désormais des hommes et des femmes qui me manquent déjà énormément, et j'espère vous revoir tous très vite...