It's just another day...

Aujourd'hui commença comme un jour ordinaire. Le réveil sonna vers 11h30, me tirant d'un sommeil solitaire peu réparateur ponctué de rêves étranges. S'en suivirent un petit-déjeuner rapidement avalé constitué de quelques biscuits avec un chocolat chaud et une douche prise à la va-vite. Quelques pages Internet consultées plus tard, vous vous rendez compte que cette journée sera tout aussi banale que celles qui s'écoulent depuis maintenant trop longtemps. Pas de grandes nouvelles dans votre boîte e-mail à part quelques spams vous vantant les mérites d'un achat à crédit ou encore d'un élargisseur de pénis ! Vous parcourez vos sites habituels, répondez aux sujets qui vous intéressent sur les forums où vous êtes devenu un fervent membre à force d'y passer la majeure partie de votre temps. Sans plus aucune conviction depuis longtemps, vous vous connectez sur le site de rencontres auquel vous êtes inscrit, en espérant que quelqu'un vous remarquera. Vous répondez aux quelques contacts qui daignent vous adresser la parole tout en faisant comme avec votre poubelle : on trie, on jete, on recycle parfois. Qu'allez-vous faire aujourd'hui ? Vous n'avez pas envie de réviser même si vos examens arrivent. Vous n'avez rien de prévu avec vos amis, eux-aussi ont le droit d'avoir leur vie tout de même. Après avoir jeté un oeil à votre compte en banque vous constatez qu'il ne vaut mieux pas que vous traîniez dans les magasins. Il ne vous reste plus qu'une solution : errer chez vous...
La télévision vous propose toujours autant son lot de programmes hautement intellectuels. Alors vous la laissez en fond sonore pour fuir cette solitude qui vous écrase pendant la journée et vous poursuit pendant la nuit. Mais il y a toujours cet ordinateur, trouble illusion de lien social. Vous avez appris à parler à tout le monde et à n'importe qui depuis les trois années où votre mère a souscrit un abonnement illimité à Internet. Ce qui s'était annoncé comme un bonheur s'est retourné contre vous au fil du temps après vous avoir donné l'illusion d'être quelqu'un. Vous avez cru que vous pourriez vous faire des amis plus facilement, et surtout rencontrer le Prince de vos rêves. Rien de tout cela n'est venu à vous. Vous vous êtes fait zappé des centaines de fois, on vous a bloqué et vous avez fait de même, on vous a répété indéfiniment que vous étiez moche mais que vous finiriez par trouver (bah tiens !). Le miracle annoncé par l'ère Internet vous a surtout détruit lentement mais sûrement. Mais vous continuez malgré tout... même si vous avez appris à vivre avec la souffrance que vous vivez plus ou moins bien au quotidien. Une part de vous ne cède pas et espère toujours, peut-être à tort, que le Prince que vous avez croisé une fois sur votre chemin, ne vous a pas totalement oublié...

Au rythme entêtant des échanges de balles de joueurs de Roland-Garros, l'après-midi s'est écoulé. Une journée où vous avez surtout médité, imaginé, rêvé, et espéré. Vous vous êtes laissé bercer par la mélodie d'une partie de l'intégrale de Mozart. Ces notes et cette perfection vous bercent. Ce génie concentré entre les mains d'un seul homme vous submerge et vous interpelle. Vous auriez aimé posséder un don : le chant, la musique, l'intelligence, le charisme ou encore la beauté mais vous n'en avez reçu aucun. Vous n'êtes aucunement différent des autres et vous vous avez finalement compris pourquoi personne ne semble intéressé par vous. Vous l'acceptez : après tout personne n'est indispensable et pourquoi devriez-vous absolument vivre avec quelqu'un ? Juste parce que cet objectif représente le seul véritable but dans votre vie dans toute cette abondance et cette surenchère sur cette planète où vous ne vous sentez pas à votre place, tout simplement. Un être à serrer dans vos bras, un homme qui sache vous protéger et vous réchauffer quand vous frissonnez le soir... Internet était venu à votre secours, accompagné de son lot de rêves, cette "innovation" technologique a occupé vos soirées à renforcer vos espoirs, mais ce qui fit votre bonheur provisoire fait désormais votre malheur. Et pourtant vous n'êtes sans doute pas prêt de passer vos soirées ailleurs que sur votre ordinateur et pendant ce temps, la journée se termine comme elle avait commencé : par des rayons de soleil...
7 commentaires:
C'est peut être le post dans lequel je me suis le plus reconnue... Enthousiaste par moment devant mon ordi, je parle parfois même à des gens que je connais pas plus que ça, ils me parlent aussi, me racontent parfois des morceaux de leur vie,... sorte de défouloir ou de journal intime moderne, aprés tout écrire sur son journal ou parler de ça avec un "inconu" que vous croiserez sans doute jamais... Ca enlève des poids, t'as l'impression de trouver quelqu'un à l'écoute...
Et les moments ou je réalise que finalement tout ça c'est pas grand chose, je prends une claque parce que je me rends compte que je suis déséspérement seule devantùon pc... Et alors je remets tout en question...
Heureusement que mes amis de chairs et d'os existent... Pas facile de parler de tout à ceux qu'on connait et qui nous connaissent le mieux, on en a fait l'amère expérience. Mais l'amitié c'est ça aussi et je suis heureuse de voir qu'on a su surmonter tous les obstacles en chemin :) Mais finalement vive internet illimité parce que c'est tout ce qu'on aura pendant une année ^^
Internet: un mirage ou un miracle ? ça pourrait être un beau sujet de dissert ça ! Evidemment, je pourrai jamais critiquer internet, je l'utilise trop et l'aime trop ! En revanche, je reconnais que l'entraineur+msn ont gaché une partie de ma vie, une partie de ma vie où je sortais pas forcément suffisamment, une partie de ma vie où je bossais pas suffisamment... Aujourd'hui, j'ai remplacé l'entraineur et msn par une quantité astronomique de films... est-ce mieux ? aucune idée !
En revanche, rassure toi, je préfère encore passer ta journée que celle que je viens de passer ! Je me suis emmerdé toute la journée chez ma tante ! J'aime pas la campagne, j'aime pas les bêtes, j'aime pas les campagnards... Reste l'alcool qui coulait à flot !
Bizzzz virtuelles (la magie d'internet aussi les bizoux partout à tout le monde)
Antoine
Bravo pour cet article! Il me parle énormément et m'a donné envie de réagir, d'éteindre mon ordi et de me forcer à aller dehors et réviser. Merci
Manifestement et quoiqu'il en soit, si tu écris ainsi c'est que:
- de 1 tu ne manque nullement d'intelligence;
- de 2 tu ne manques pas de talent littéraire;
- et de 3 - ensuite je m'arrêterai là, j'aurais trop peur de voir ton égo en prendre un coup (clin d'oeil) - d'esprit d'analyse et d'observation de la société dans laquelle nous vivons...
Alors qui est réellement le dieu et qui sont les humains?
Coucou mon petit Ani. les zzordinateurs, ces petits animaux de compagnies, hum je ne m'en passerai pas mais helas il sont parfois heu trop attachant !! Mais il me permette d'avoir la BO de Marie alors je les aime oops c'est grace à toi anni bah alors bisous !!
Anaël,
Spleen... qui n'en éprouve pas ?
Il est des jours où rien d'exceptionnel n'arrive - ou rien n'arrive du tout - de ces journées fades et mornes qui ne servent à rien sinon à nous faire re-sentir la fatuité, l'insignifiance de notre être, son humaine condition, et ce Sens qui ne brille que par son absence...
Que faire ? Dans quelle mesure l'angoisse existentielle doit-être s'imposer ? Faut il courir acheter un lot de cordes de jute en promotion, en donner gracieusement quelques unes à tous les (autres) bloggeurs ou desperate gay housemen, puis en finir, vite ?
Plaisanterie mise à part, j'ai eu l'occasion de rencontrer par internet quelques personnes remarquables, intéressantes, des individualités pensantes aussi, et j'en suis heureux, sans internet, je pense que j'aurais (vraiment) (beaucoup) moins bien vécu mon orientation sexuelle. Avec ces êtres rencontrées - des hommes, avouons-le ! - j'ai tissé des liens étranges et nouveaux, de ceux qui commencent par un protocole de transfert de données,
se composent d'ignorance réciproque, de différences, et de confidences incongrues... et parfois débouchent sur des instants de vie.
Mais pour un être intéressant rencontré, combien de défections,de déceptions, est-ce rentable, sain ? C'est une question de tempérance et de proportion. Pas d'abus, disent les gens raisonnables.
Je me suis un peu reconnu dans ton texte. J'aime bien ta prose.
ans prétention aucune, quelques idées pour sortir de soi :
- lire un bon bouquin, un gros roman
- lire un essai politico-économique, prendre des positions un peu tranchées pour secouer le mol oreiller de la démocratie afin qu'on ne s'endorme pas dessus
- aller se préoccuper du sort des enfants d'Afrique, et se demander 3 secondes ce que soi-même, on peut faire pour un monde plus juste - car on peut faire des choses.
Euh, voilà. Pensées confuses du matin...
Bonne journée.
Jer.
Une fois encore, Anael, tu as raison sur le fond de tes constatations, et sur la forme, ton écriture est belle, d'autant plus belle et habile qu'elle en finit par devenir convaincante.
Mais là où je ne te suis pas, comme d'habitude, c'est sur les conclusions que tu en tires.
Tu as une telle soif d'aboslu que cela te dissimule toutes ces petites choses extra que l'on trouve ou que l'on picore de ci de là, et notamment grace au net ; la preuve : les commentaires que postent avec bcp d'amitié ou de sympathie les gens qui te lisent.
Mais sur le net comme dans la "real life", il y a du bon et du moins bon. Faire le tri ? Oui, toujours, partout ; nécessairement.
Mais une fois le tri fait, il en reste toujours quelque chose de bon ; le preuve encore une fois, ceux qui ici aiment te lire et te répondre, et pour ceux qui ne te connaissent pas, ou pas encore, l'envie d'approcher bien réellement un être aussi délicieusement troublant que toi.
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