06 janvier 2008

Ère de changements...


Réforme sur réforme, la nouvelle présidence et son gouvernement enchaînent les lois votées à l'Assemblée Nationale et au Sénat depuis le printemps dernier. Qu'elles modifient visiblement ou non notre vie de tous les jours, certaines étaient vitales notamment vis-à-vis des retraites et de l'assurance maladie, véritables gouffres financiers qui ne finiront jamais de se creuser toujours un peu plus... Si les modalités de ces réformes sont discutables, il n'en demeure pas moi que la France ne semble pas aller mieux. La faute du gouvernement ou la faute des gouvernements précédents ? L'une des choses qui me frappe le plus reste la pauvreté qui me donne l'impression de grandir dans notre pays. Reste à savoir si étant plus jeune, je ne la voyais pas ou ne la perçevais pas, ou bien si celle-ci était vraiment beaucoup moins visible. Par ailleurs, les Français ont de plus en plus de mal à boucler un budget qui semblait pourtant encore extensible il y a quelques années. La faute à l'euro, à la flambée des cours du pétrole et du gaz, à la hausse du prix des matières premières agricoles, à la stagnation des salaires, ou que sais-je encore ! Le constat est pourtant tout aussi difficile à dresser : les années où consommer était signe de progrès, où le crédit était aisément contractable auprès des banques, où faire ses courses au supermarché ne constituait pas une ruine hebdomadaire, tout ceci semble désormais bien derrière nous...



Mais j'irai jusqu'à dire que l'homme s'est retrouvé pris à son piège de la société de consommation qu'il a lui même créé. Certes le côté pratique de nombre de produits a été totalement repensé. Bouteilles de 33 cL d'eau minérale, biscuits emballés individuellement dans un film plastique, tube de dentifrice prisonnier de sa boîte en carton, et toute la série de plats cuisinés, gâteaux, surgelés, viennoiseries, destinés à une seule personne et nécessitant toujours plus d'emballages... Sans oublier les multiples innovations nutritives et nutritionnelles rendues possibles par les laboratoires de recherche-développement des firmes multinationales... Viennent donc les yaourts enrichis pour lutter contre le cholestérol, les jus de fruits frais mélangeant cerises du Chili, litchis de Madagascar, et goyaves du Kenya. Certes ces opérations ont été le fruit d'une demande des consommateurs mais leur coût financier s'est inévitablement répercuté sur le prix du produit fini, sans compter sur l'impact écologique sur la planète. Pour se donner un soupçon de bonne conscience, le recyclage d'une partie des ordures ménagères a vu le jour, avec l'apparition de poubelles jaunes sur nos trottoirs. Quant à l'individualisation galopante des portions alimentaires, il existe toujours dans ma mémoire un temps, dans mon enfance, où la crème dessert Danette était vendue dans un pot de 1 kilogramme... Certes le côté pratique n'existait pas vraiment. Pourtant ce conditionnement reste d'actualité et demeure le seul disponible dans les pays scandinaves.


Il me semble pourtant possible de limiter au maximum l'impact de notre consommation sur les ressources de notre planète sans pour autant retourner à l'âge de pierre... La prise de conscience a été longue à se mettre en place et à être reconnue. Est-il déjà trop tard ? La Chine, l'Inde et le Brésil, ont adopté notre modèle de consommation et l'augmentation de leurs classes moyennes accroît un peu plus la pression qui règne sur la répartition des ressources mondiales. Récemment le baril de pétrole a atteint les cent dollars à la bourse de New York : l'ère de l'énergie chère semble commencer... Deviendra-t-elle aussi rare comme sont en train de le devenir certaines commodités comme l'eau potable ? Et pendant ce temps là, dans les bureaux des ministères français, on se préoccupe de savoir s'il faut ouvrir les magasins le dimanche ou encore s'il est nécessaire de supprimer les périodes légales des soldes d'hiver et d'été pour qu'elles puissent avoir lieu tout au long de l'année... Je ne dirais pas que ces questions ne sont pas importantes et qu'elles ne m'intéressent pas mais n'y a-t-il pas plus urgent en la matière à traiter en ce moment précis ? Récemment, on m'a complimenté sur le fait que je refusais d'être terre à terre et que je faisais de ma vie un rêve, toujours un peu perdu sur mon nuage. Et je dois dire que s'il fallait redescendre des hauteurs où je me suis installé, le quotidien serait encore plus sombre en voyant le monde tel qu'il est, sans ces yeux d'enfants que tout idéalise et adoucit ; ces yeux que nous avons tous eu un jour, et qu'un beau matin, nous avons perdus...

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Toujours un réel plaisir de te lire, depuis maintenant plus d'un an... c'est donc pour moi un rendez vous que de venir sur ce blog ! Tu m'as parfois ému jusqu'aux larmes, probablement car nous sommes dans le même univers !
J'espère que tu nous fera partager encore longtemps tes états d'âmes.
A bientôt.
Benoît
benoitkest@hotamil.com

Martin Lucas a dit…

C'est drôle, j'ai l'impression qu'on vit la même chose que lors du premier choc pétrolier, en 1973.
Seulement, à cette époque, la France n'avait pas le gouvernement le plus nul depuis Pétain.
Restons néanmoins positifs, de moins en moins de gens sont dupes, et de plus en plus de gens cherchent à éviter les antagonismes.

Paradoxe:
L'explosion des portions et des quantités individuelles va de pair avec une expansion sans précédent des plats préparés.

Or, on sait que la préparation industrielle des plats dépense beaucoup moins d'énergie qu'une cuisine individuelle.

Ne sommes nous pas tout simplement au tournant d'une nouvelle distribution des ressources? Ne faut-il pas garder avant tout l'oeil sur le secteur des traiteurs et de la restauration, afin d'améliorer la qualité des plats?

ombres et lumière a dit…

Avant toute choses les consommteurs c'est chacun de nous. Il est souvent trés facile de demander que les gouvernements prennent des mesures celà nous disculpes de nos propres manquements envers l'environnement.
N'attendons rien des politiques et soyons citoyens éco-actifs.

Anonyme a dit…

C'est la première fois que je laisse un message sur un Blog et je ne sais si ce que je vais écrire correspond réellement à cette fonction - j'en suis désolé si ce n'est pas le cas.

Je suis tombé par hasard sur ce blog alors que je faisais des recherches pour mon travail - et cela n'avait rien à voir avec le contenu de ces pages, étrange!

Bref, j'ai commencé à lire certains des articles d'Anaël, et je tiens à dire que j'apprécie beaucoup son écriture et ses commentaires sur la vie française et gay. J'ai eu un parcours plus ou moins similaire, mais avec l'Angleterre où je suis resté après mon année Erasmus.

Cela me fait donc plaisir de lire des commentaires de quelqu'un qui est retourné en France, même si je ne le connais pas.

Peut-être à bientôt,
Xav'

Anonyme a dit…

J'adore vraiment tout tes articles chaque fois que je me rend sur ce site tout ce que tu dit et tellement vrai et je suis d'accord a 100% avec toi. Tu as vraiment du talent en écriture :)
Bonne continuation

Nicolas

Anonyme a dit…

Je viens de lire ton post et je le trouve malheureusement réel..., et me reconnait dans chacune de tes phrases..et cela m'a aidé ce soir à percevoir que comme toi Paris allait me perdre pour aller ailleurs...
En tout cas ton écriture a un beau rythme ...continue à l'exercer...