Il y a des jours comme ça...

Aujourd'hui est donc une journée qui a commencé par la pluie et qui se finira probablement avec. Il faut donc partir avec un parapluie pour ne pas tremper sa veste et encore moins détruire la coupe hyper-structurée que vous avez mis 10 minutes à réaliser devant votre miroir ce matin et surtout pour montrer que l'on prend soin de soi, bref que l'on est gay, après un passage de trente minutes minimum dans la salle de bain, et ce, même si vous êtes retard ! Alors on réalise que l'on est aussi le seul "homme" qui a un parapluie une fois dans le bus. Un parapluie est-il si féminisant que ça ? Suivent quelques cours de phonétique et de littérature dans une université glaciale : on apprend à prononcer correctement des mots imprononçables, on dissèque la vie d'Oscar Wilde pour comprendre ce qui se reflète de sa vie dans le non moins célèbre Portrait de Dorian Gray et finalement on rentre chez soi. On remarque ce joli garçon dans le bus mais qui lui, ne vous donne aucun signe d'attention ou de "gayté" quelconque. Et puis au fond, on se rend compte que l'on a raison quand on tend l'oreille et qu'on entend ce jeune homme parler de football (qu'est-ce donc que ce mot ?) avec un langage pour le moins fleuri. Certains devraient garder la bouche fermée à tout jamais, ils n'en resteraient que plus mignons.
Et puis on n'a pas vraiment envie de rentrer directement chez soi, pas envie de retrouver son cher ordinateur portable et le logiciel miracle de messagerie instantané qui nous fait passer le temps. On effectue donc un petit tour habituel dans les rares magasins du centre-ville, histoire de tuer un peu le temps. On se dit qu'on doit tous en être réduit au même point, à errer sans trop savoir quoi faire ou aller et on se secoue un peu pour arriver à la conclusion que c'est le problème de notre génération : on fait le tour du monde en vingt-quatre heures, on peut acheter tout ce que l'on veut et se le faire livrer en trois jours grâce à Internet, mais au fond est-ce que tout cela a révolutionné notre vie et fait de nous des stars de la télé ou de la chanson ? La société nous a fait croire que l'on pourrait obtenir célébrité, argent et pouvoir tout en partant de rien. Vous rêvez ou quoi ? Les Etats-Unis sont de l'autre côté de l'Atlantique ! Et pendant ce temps là, au détour d'une rue, on s'entraperçoit dans une flaque tel Narcisse troublé par la beauté de son reflet - court moment d'orgueil et d'exaspération - et on se laisse espérer qu'il finira peut-être bien par y avoir quelqu'un qui saura vous apprécier à votre juste valeur...

6 commentaires:
Tu as l'art de raconter tes journées ou des gestes communs avec virtuosité , et c'est vraiment un plaisir delire un article comme celui là ^^ Juste pou la tounure des phrases ... On ressent un assez grande méalancolie en te lisant quand même ... Enfin après la pluie , le beau temps , dit l'adage , nan ?
MDrrrrr.... hier, j'avais mon parapluie Esprit offert par ma véro adoorée,je n'aime pas le football et j'ai regardé autant en emporte le vent avant de m'endormir... Serais-je gay selon ta définition ??? Beh je sais pas mais il faut aussi apprendre à ne pas faire attention aux apparences... on vit plus libéré ! L'habit ne fait pas le moine comme on dit (c'est pas moi qui ai lancé la mode des citations !).
Bon beh j'espère que demain il fera beau !
Bizzz
Antoine
Tout simplement simple ! C'est tout c'est assez faile a lire c'est toujours un plair de lire tes textes ! Voila et c moi qui a fé la foto noir et blanc lol allé kissss
paroxysme (ou non) d'une société qui ne sait plus quoi désirer. Abondance de biens mais perte de valeur. Pensées mesurées dans un monde de démesure. Autant de sujets que tu dépeints simplement et avec justesse. Merci
Je confirme : c'est bien sympa à lire.
hummmm Narcisse, si seulement il était encore de ce monde, je le violerais sur place...
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