21 juillet 2006

Goodbye's the saddest word...


Le temps est venu pour moi de commencer à dire à chacun « au revoir » pour un long moment. J’ai décidé de profiter de cette occasion qui ne se renouvellera probablement pas dans ma vie. J’ai bien décidé d’être libre comme un oiseau et mon regard est parti dans une autre direction. Je rêvais autrefois d’ailleurs, de terres lointaines, d’Etats-Unis, d’Australie, de Scandinavie mais cette fois j’y serai pour de nombreux mois, à braver le froid et les flocons de neige. Sachez juste que rien ni personne ne m’éloignera des gens que j’aime. Depuis de nombreuses années on m’a reproché d’être distant vis-à-vis des gens… Froideur ? Timidité ? Désintérêt ? Hybris démesuré ? Peut-être ai-je du mal à montrer mon attachement mais lorsqu’il est présent, rien ne me permettra de rompre une relation telle qu‘elle soit. Rien non plus ne me fera oublier ce que je suis : un citoyen français, avec une attache particulière à mon pays même si le dénigrer est une chose aisée. Je promets aussi aux gens que j’aime de leur garder toujours ouvert mon cœur, mes bras et mon futur chez-moi.



Julie devra donc patienter pour retrouver les joies de nos virées shopping mensuelles dans le centre-ville rémois qui se finissaient dans un célèbre salon de thé, délicatement accompagnées par un chocolat chaud et une viennoiserie. L’Opéra, le Gaumont, le Grand Théâtre et les Transports Urbains de Reims ne recevront plus le moindre cent de mon compte bancaire. Antoine n’aura plus le loisir de trouver quelqu’un disponible à tout moment pour des soirées courts-métrages à la médiathèque Cathédrale ou des après-midi théâtraux à Saint-Rémi. La Mairie de Reims ne trouvera pas en moi une deuxième fois une âme charitable pour m’occuper d’enfants dans une école primaire. Finies aussi les escapades au Four à bois, rue de Vesle avec Christine après une série de cours ennuyants, à la recherche du précieux sésame que constitue le délicieux pain au chocolat truffé à la frangipane et surmonté d’amandes effilées et de confiture de framboise. Émilie se passera de ma présence pour ses soirées copieusement arrosées à la vodka et à la manzanita « hot comme trois pommes » dans sa maison. Adeline et Amandine ne pourront plus avoir le droit à mes incantations divines pour que l’esprit du Bouddha doré parvienne jusqu’à nous en revenant du restaurant chinois. Peut-être leur manquerai-je ou non mais ils seront tous les bienvenus dans ce qui constituera ma future vie d’étudiant à Paris et dans ce qui sera peut-être dans le foyer d’une vie à deux.



Je laisse donc aussi derrière moi ma petite Maman dans un grand appartement vide en espérant qu’elle ne fasse pas trop de folies les samedis soirs. Ma nièce fêtera ses trois ans en mars mais je ne serai pas là. Ce sera sans doute mon plus grand regret de ne pouvoir être là pour des moments importants comme les anniversaires, Noël ou encore la naissance de mon futur neveu ou de ma future seconde nièce courant décembre. Dans des moments pareils, on réalise que rien ne parviendra à nous éloigner des gens que l’on aime véritablement. Je partirai là-bas mais n’ayez crainte, mon cœur vous reste fidèle. Une fidélité qui ne s’arrêtera pas grâce à tous ces jours passés ensemble, à tous ces rires échangés, à tous ces dons éternels et intemporels aux autres, à toutes ses joies partagées, à tous ces instants d’or inoubliables, à tous ces moments où nous avons apaisé le difficile passage du temps et où le baume de l’amitié a soigné nos peines afin de retrouver la douceur nécessaire au bien-être de chacun. Je n’oublierai pas tout ce passé avec l’espoir et la joie de le retrouver intact en rentrant en France début juin 2007. Au revoir est peut-être le mot le plus triste que l’on puisse prononcer et je ne vous infligerai pas la peine de l’entendre de ma propre voix. Vous avez été le phare qui a guidé mon chemin durant ces nuits noires d’hiver et vous avez aussi été en quelque sorte les frêles ailes qui m’ont aidé à voler alors merci à tous - ils se reconnaîtront même si je ne les ai pas tous cité - merci pour tout…

08 juillet 2006

What if Christmas happened in July ?

Parfois il vous prend l'envie irrésistible de vouloir accélérer le temps... Vous aimeriez que le temps lourd et la chaleur écrasante de l'été se transforment en températures glaciales avec un magnifique ciel bleu. Que les orages et le tonnerre laissent place à la neige et au verglas. Cette saison que vous appréciez tant se nomme l'hiver ; celle qui inclut la fête qui vous plaît le plus, à savoir Noël ! Mais malheureusement, la planète se réchauffe et l'hiver, le vrai, se fait de plus en plus rare. A croire que le climat aurait conclu un pacte pour être le précieux complice du gouvernement afin de diminuer le poids fiscal que représentent les retraites de plus en plus nombreuses à payer... Et pourtant la liste des phénomènes d'une ampleur exceptionnelle s'allonge. Pendant que les Américains pleuraient leurs proches décédés après le passage du cyclone Katrina sur la ville de la Nouvelle-Orléans, l'Asie du Sud-Est se remettait à peine d'un raz-de-marée meurtrier. L'homme a cru dominer la Nature pendant des siècles. Il a asséché les marécages, comblé les marais, arraché les haies et drainé la terre mais à croire que sa toute-puissance ne connaîtrait aucun obstacle, l'homme, tel Icare, s'est brûlé les ailes à de nombreuses reprises. Dame Nature s'est chargée de lui faire savoir que c'est elle et bien elle seule, qui reste la maîtresse des humeurs de la planète...



Alors que devons-nous faire lorsque le taux de CO² atteint des sommets jamais atteints dans notre atmosphère et que la couche d'ozone ne s'est jamais autant mal portée ? Renoncer à notre confort serait bien trop brutal... Et les messages de notre cher gouvernement sont réellement inefficaces ! En effet, qui renonçerait à utiliser l'air conditionné de sa voiture ou de son bureau en plein été ? Qui serait capable d'utiliser uniquement les transports en commun pour se déplacer et ne manger de la viande ou du poisson que deux ou trois fois par semaine ? Personne, c'est certain, ne soyons pas hypocrites.Mais n'y a-t-il pas paradoxe quand les pays riches et industrialisés sont les nations plus pollueuses mais les moins touchées par les dérèglements climatiques alors que les pays pauvres n'ont déjà pas d'argent à consacrer au développement ? Et pourtant aucune solution ne semble être la clé du problème. Les pays industrialisés rechignent à remettre en cause leur domination sur le monde et les négociations sur le climat traînent en longueur... Le protocole de Kyoto n'est qu'une vaste foutaise visant à donner un semblant de conscience écologique à ces mêmes pays qui ont pollué pendant des siècles sans aucun scrupule et qui voudraient désormais imposer une nouvelle fois leur propre loi à des pays dits "sous-developpés"... Problème étant que ces ex-pays colonisés ont pris du poil de la bête et n'hésitent plus à tenir tête à leurs "ex-colonisateurs" !



Et pendant ce temps, le CO² s'accumule, les catastrophes se déchaînent... Mais après qu'est-ce qu'on en a à foutre des petits Asiatiques qui croupissent dans la misère à fabriquer des chaussures pour Nike. Après tout on ne peut pas subvenir aux besoins de toute la misère du monde ! Dans la vie, c'est comme au lit, il y a des dominateurs et des dominés et depuis longtemps l'ordre mondial n'a pas beaucoup changé ! Le monde occidental a su résister et faire face à tout développement de la part de pays considérés comme inférieurs... Mais les géants de ce que nous appelions autrefois Tiers-Monde est en fait constitué de gigantesques pays au poids démographique important... Et finalement les dominateurs se retrouvent vite piégés car leur recherche du profit à tout prix les forcent à s'installer dans ses pays pour accéder de nouveaux consommateurs. La Chine et l'Inde avec leur milliard d'habitants attisent les convoitises... Désormais, les Etats-Unis et l'Union Européenne craignent la croissance grandissante de la Chine qui avoisine les 10 % annuels alors que leurs économies n'affichent que 3 % péniblement. En attendant, que vous achetiez un ordinateur, une peluche ou une console de jeux vidéos, le Made in China est inévitable et se rencontre à tout bout de champ ! Vous contribuez donc au réchauffement de la planète et faites courir sa perte au monde occidental mais ça vous n'y pouvez rien...


01 juillet 2006

- 30 %, - 50 % et plus encore ?


Ah cette grande période des soldes... Toujours ces grandes (ou petites) greluches qui se ruent dès l'ouverture des portes des boutiques, soit à 10 heures du matin ou à minuit, et qui sont prêtes à se faire piétiner, à s'étriper entre elles ou même à vider un compte en banque déjà peu fourni pour un vêtement qu'elles ne porteront finalement peut-être jamais et qui finira en cendres dans le brasier de l'incinérateur des ordures ménagères. Toujours les mêmes images que l'on peut voir à la télévision, deux fois par an, hiver comme été, janvier comme juillet. Et si vous avez une assez bonne mémoire, vous pourrez peut-être reconnaître la même brune du dernier reportage, lèvres collées contre la porte du magasin, bousculée par ses consoeurs et qui finit lamentablement écrasée à l'ouverture des portes... Nos soldes magnifiques affichant des réductions mirobolantes semblent donc désormais attirer surtout la clientèle britannique grâce aux "Summer sales" affichés partout. Parler de clientèle américaine à Reims serait risible. Mais n'oublions pas, le consommateur est roi en cette période de marasme économique, alors on affiche dès l'ouverture - 50 %, histoire de donner l'impression à ce même con-sommateur que les vendeurs ne sont pas de si gros arnaqueurs que ça... En même temps à - 50 %, un débardeur fabriqué à Taïwan reste un débardeur produit à bas prix et la marge engrangée doit rester somme toute... "confortable" !



Mais le vieux français rechigne à donner son modeste pécule accumulé pendant 2 ans sur son livret A affichant 2 % d'intérêts annuels, alors il faut bien le forcer à sortir cet argent de sa banque et surtout, à le dépenser ! Le français est certainement la nationalité qui rechigne le plus à payer avec toujours cette même impression qu'un oppresseur masqué est prêt à bondir sur le moindre denier provenant de son porte-feuille : même à - 50 % il souhaiterait voir l'apparition des étiquettes - 70 % dès le début... Et pourquoi pas offrir le contenu des magasins tant qu'on y est ! L'argent est fait pour être dépensé, bon sang ! Monsieur Nicolas Sarkozy le disait lui-même du temps où il était Ministre de l'Economie et des Finances : Arrêtez d'épargner, consommez, soutenez la croissance française... qui va si mal ! Enfin permettez moi de corriger les propos de Monsieur Sarkozy : soutenez plutôt la croissance chinoise... L'Empire du Milieu devient l'artisan du monde. On y fabrique des téléviseurs, des téléphones, des jouets, du textile, des médicaments, et même des voitures. Le pays nargue ses partenaires européens en affichant une croissance frôlant les 10 % chaque année. Mais la Chine et son milliard de consommateurs ne peuvent être trop critiqués de peur de se voir imposer un embargo commercial qui serait redoutable pour les pauvres économies occidentales déjà à la traîne. L'Oréal réalise déjà un chiffre d'affaires plus important en Chine qu'en France alors que la compagnie n'en est qu'à ses débuts d'implantation... Alors consommateur européen, sors tes billets verts, achète chinois et tais-toi donc !



Les soldes sont aussi l'occasion d'acheter des vêtements alors que vous aviez prévu de ne rien acheter. La pauvre tata du Marais craque une nouvelle fois pour un petit débardeur à "seulement" 90 € avec une réduction de 50 % déjà déduite. Une affaire en or nous rapportera-t-elle ! Et tant pis si elle devra manger des pâtes tous les jours vu l'état de son compte en banque. Point de remord, il faut être belle et surtout avoir le dernier accessoire à la mode ! Malheureusement pour certain(e)s les maisons Chanel, Louis Vuitton, Dior et Prada ne font pas de soldes... Alors pour la tata pauvre en manque de "marques", il existe toujours un merveilleux site d'enchères en ligne qui vous donne l'illusion que les lunettes Gucci et les sacs à main Sonia Rykiel seraient authentiques tout en étant vendus à un prix situé autour de 10 €. Et pourtant personne ne s'inquiète que ces produits soient expédiés d'Asie alors que toutes ces maisons restent les dernières industries textiles à faire confectionner leurs créations en France et ne se privent pas de le répéter à de nombreuses reprises. En attendant, il vous faut traîner les pieds dans des magasins populaires pour essayer de dénicher ce qui pourrait être la perle rare... Mais il fait chaud et des harpies s'égorgent entre elles pour un débardeur qui semble tout à fait commun. Très vite les soldes d'été ne sont toujours pas ce que vous en aviez espéré. Vous êtes nettement mieux chez vous, au calme et au frais. Après tout, les vêtements soldés ne vous intéressent jamais car vos yeux se rivent immédiatement sur la nouvelle collection, non soldée évidemment. Alors quitte à payer vos vêtements au prix fort, autant attendre la fin de la période des soldes ; la traque obsessionnelle des étiquettes affichant - 30 % ou - 50 % n'est définitivement pas pour vous...

26 juin 2006

Et les femmes alors ?


Etre humain caractérisé par deux montagnes ou Smarties (selon les différentes possibilités) sur la poitrine à la place d'avoir une service trois pièces, la femme serait arrivée par la première de toute, envoyée par Zeus pour punir les hommes : Pandore. Et depuis la civilisation serait décadente et regrettera qui veut l'âge d'or qui déclina en âge de bronze puis en âge de pierre et en âge de feu. Eh oui, il existait un temps où seuls des hommes règnaient sur la planète... Des corps nus luissants de sueur, des banquets et surtout un paradis orgiaque nous dirons certains, mais la femme, dans nos sociétés occidentales, s'est désormais émancipée et voudrait conquérir la place qu'elle n'a jamais eûe : celle de dominatrice de cette vie gouvernée par les mâles. Subdivisée en de nombreuses catégories, de la pouffe à la rebelle, en passant par la vieille fille et la bonne mère de famille, la femme veut conquérir les places fortes et combattre le machisme haut-la-main. Voici que les femmes deviennent P.D.G et que l'une d'entre elles clame même le poste de présidente de la République ! Mais où va le monde ? Et pourtant, les femmes semblent avoir raison et les hommes tremblent de devoir toucher pour la première fois de leur vie à un flacon de liquide vaisselle ou encore une bassine de linge pleine avec son fer à repasser...

En parlant de ménage, une dédicace à une femme pas comme les autres... Non je ne parle même pas de Marilyn Monroe ou de Julia Roberts mais de la femme de ménage de l'école primaire Voltaire. Cette merveilleuse création de la nature, sabots aux pieds, lunettes aux verres en plastique et chewing-gum au bec avec mastication made in Cowland, démarche beauf assurée et qui ne rate pas l'occassion de copiner avec les parents d'élèves au lieu de faire son travail... Eh oui à partir de 16h45, celle-ci décide de fermer les toilettes après les avoir nettoyées. S'en suivent des prises de tête mémorables où elle vous explique qu'elle est toute seule dans cette école pour faire le ménage et qu'elle ne va pas laver les toilettes trois fois par jour. Soit, mais je tiens à vous préciser Madame, que la Mairie stipule que les toilettes doivent être ouvertes jusque 17h45 car on ne force pas un enfant à se retenir et encore moins à le priver d'eau après une séance de sport s'il a soif. Imaginez ce qui arriverait si un enfant avait envie de vomir... C'est ainsi que lorsque je soigne un enfant saignant assez fort du nez, arrive mon groupe dans le restaurant scolaire pour se désaltérer, les toilettes étant fermées. Et "Madame" trouve encore à me faire signaler que les enfants "n'ont qu'à avoir leurs bouteilles" ou doivent remonter dans leur classe pour boire... On nage tout de même en plein délire. Et quand, au moment le plus important, sous ses yeux, une enfant vient me voir disant qu'elle a soif, je l'accompagne volontairement - explosion de joie intérieure - dans le restaurant scolaire, n'ayant que faire des remontrances de cette femme vulgaire. Elle a déclenché une bataille avec une histoire de raquettes mal rangées vendredi 16 juin dans une armoire, elle a obtenu une guerre... ouverte ! Problème étant qu'elle a tort sur toute la ligne et que j'ai très forte tête quand je m'y mets - les gens me connaissant le savent bien...


Et c'est cette même femme qui vient vous dire que les étudiants inscrits au service municipal d'accueil forment une bonne équipe... "Madame" est aussi hypocrite au maximum et toujours à vous répéter que les gamins sont de pire en pire et qu'elle a hâte d'être à la retraite. En même temps vu le peu de considération à leur égard, il est certain que ça ne peut pas bien se passer... Certains n'hésitent même pas à révéler ma pensée à haut voix quand ils affirment qu'elle est saoûlante. Et hônnetement je n'ai jamais vu une couche de poussière aussi épaisse dans une école sur des livres de bibliothèque. Madame est aussi du genre à laisser un tas de sel au milieu de la cour partant du principe que les enfants joueront avec et l'éparpilleront à sa place pour éliminer le verglas inévitable en hiver à Reims. Cette même personne vous tiendra un discours très extrémiste lorsqu'elle vous affirmera en face d'enfants qu'il y a trop d'étrangers en France et que les pédés font ce qu'ils vont de leur cul, mais que son fils à elle en est pas "une", alors qu'on n'a pas intérêt à toucher à son cul. Que les pédés peuvent se "mettre" entre eux mais que son fils ne s'abaissera pas à ce "genre" de pratiques. Si seulement son fils pouvait revenir chez elle avec l'envie de faire son bonheur avec un homme... Alors des femmes comme ça, il en existe beaucoup et on ne peut pas dire qu'elle redore le blason féministe. Bien sûr il existe aussi des femmes dites "perles" qui se démarquent par leur aisance, leur beauté et leur ouverture d'esprit. Mais il faut bien l'avouer, on vient s'étonner que certains hommes soient gays mais quand on croise des spécimens pareils, y a-t-il vraiment quelque chose d'étonnant ?

Frozen heart...


Il y a des moments dans une vie où on ne voit que ce que l'on veut bien voir. Mais comment la vie pourrait-elle être ce que vous avez toujours rêvé quand votre coeur est gelé, insensible à tout ce qui vous entoure ? Les cadeaux vous ont consumé à petit feu. Vous n'avez plus besoin de rien tellement vos parents ont pensé à vous combler de tout ce qui aurait pu créer votre épanouissement. Mais au contraire, on vous a indirectement étouffé. On a voulu vous éloigner des images de violence et de pornographie que diffusaient les chaînes télévisées tout au long de votre enfance. La vue du sang vous a d'abord effrayé puis à force de le voir couler au journal de 20 h, vous vous y êtes habitué. Un peu comme si le monde devait inévitablement verser le sang des hommes pour pouvoir fonctionner correctement. Les films X ont bousculé votre vision de l'amour et de la tendresse. Désormais, votre sourire dissimule l'inquiétude et votre force de caractère dévoile votre faiblesse. Vous êtes fatigué d'être constamment tourmenté par vos questions infantines. Vous n'arrivez plus à supporter leur poids et les interrogations qu'elles font naître dans votre esprit. Vous avez beau essayer de les laisser de côté, elles reviennent inlassablement. Pourtant vous ne voulez blâmer ni blesser personne car vous savez pertinemment que si votre enfance avait été différente, votre vie quotidienne aurait peut-être été toujours la même...



Y a-t-il pour autant une solution quand vos sentiments ne veulent plus s'exprimer et que votre coeur ressemble à un Tupperware que l'on a placé accidentellement au four pendant 10 minutes et qui en devient plus qu'hermétique ? Quelqu'un détient-il réellement la clé de votre bonheur et vous l'offrira-t-il ? Chaque semaine, vous entendez que quelqu'un a trouvé l'amour, qu'une autre personne s'est mariée, et qu'un dernier a récemment conclu un PACS. Peut-être que l'infime chance que vous aviez pour obtenir une histoire d'amour était comparable à une porte d'embarquement à l'aéroport et que vous vous êtes présenté trop tard à l'enregistrement ou que vous avez tout simplement oublié votre passeport pour le pays de la vie à deux... Mais vous ne voulez pas "essayer" avec le premier venu et vous ne voulez pas non plus être deux pour ne pas être seul. Vous ne souhaitez pas non plus vous abaisser à considérer chaque homme comme un morceau de chair ou à fréquenter ses endroits glauques où l'on consomme le plaisir comme un Diabolo à la cerise à la terrasse de l'Apostrophe, place d'Erlon. Vous ne demandez pas le Prince Charmant pour autant, tout simplement le juste milieu car vous avez au moins l'avantage de savoir ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas.


Votre coeur ne passera pas pour autant si facilement au micro-ondes ni même au grill. Vous êtes comparable à un énorme bloc de glace dont même le soleil ne vient à bout. Le froid suédois a déjà atteint votre personne avant même d'avoir posé le moindre petit bout de votre pied en Scandinavie. Vous savez qu'un homme reste un prédateur insatiable, toujours prêt à sauter sur ce qu'il n'a pas et dont il faut se méfier. Un être qui peut tout aussi bien vous jurer fidélité et vous couvrir de jalousie lorsqu'un autre vous regarde mais aussi quelqu'un qui peut vous tromper dès que vous avez passé la porte. Cupidon a perdu les flèches qui vous étaient destinées, Eros a abandonné votre libido et Vénus n'a toujours pas réussi à faire revivre votre coeur. En attendant vous devez continuer à vivre ou plutôt à survivre jour après jour, soir après soir. La vie et son cycle de répétitions interminables. Une fois de plus, vous allez vous envoler pour une destination inconnue. Votre billet d'avion est désormais réservé pour la date fatidique du 19 août. Vous profitez toujours autant de la bureaucratie française et vous croulez encore sous les formulaires et dossiers à remplir avant des dates butoirs précises. Vous êtes fidèle à votre réputation de vrai panier percé, toujours en quête de quelque chose "indispensable" à acheter et votre compte bancaise frôle le zéro absolu. Et pour couronner le tout, on vous dit de sourire à une vie morne sous tout rapport, mais bien sûr...

23 juin 2006

Juste quelques rayons...


Vous avez sans doute remarqué qu'après un printemps quelque peu pluvieux, l'été semble avoir réellement pointé le bout de son nez par des températures un peu plus élevées et un soleil qui n'en finit plus de rayonner. Ah soleil ! Tu nous donnes envie de partir loin, la chaleur que tu apportes respire les vacances et la nonchalance... La ville de Reims a elle-même annoncé l'été et ressorti les caisses d'orangers, de bananiers, de palmiers et de rhododendrons qui oxygènent le centre-ville. Et pourtant sous ses aspects de bienfaiteur, le soleil menace... Tout d'abord l'été est une période charnière pour le corps. Votre peau est agressée par les UV qui, à dose inadaptée, feront apparaître rides -voire cratères pour certains - dès la trentaine arrivée. Vient ensuite le plaisir d'emprunter les transports en commun où tout le monde étouffe même si les vitres sont toutes ouvertes. Les fronts ruissellent, les mains sont moites, les chaussures à l'odeur si délicate embaument l'air ambiant, les aisselles nauséabondes sont légion, l'asphyxie règne... et pourtant, personne ne semble gêné par cette situation propice au développement de bactéries en tout genre ! L'été c'est aussi le plaisir de rentrer dans les magasins et bureaux climatisés pour échapper à la fournaise extérieure. Remercions un illustre américain d'avoir inventé le système de climatisation pour nous permettre de survivre à cette saison si hostile !


L'été rime aussi avec terrasses de café bondées. Endroit où l'on adore se prélasser et jacasser mais endroit que l'on déteste traverser, afin d'éviter d'être le point de mire de quelques regards indiscrets prêts à évaluer et à commenter le moindre défaut physique... Et enfin à bien y regarder, vous voyez souvent des couples heureux, certains qui se tiennent la main, d'autres qui s'embrassent, et quelques autres qui font les magasins ensemble. Et les mêmes questions réapparaissent une fois de plus dans votre esprit même si elles ne vous ont jamais quitté. Les saisons se suivent, les fleurs s'épanouissent et dépérissent, les bourgeons éclosent puis les feuilles tombent mais au fond qu'est-ce qui change chaque jour ? Votre carte bleue VISA a été votre meilleur moyen de soigner votre morosité ambiante mais au final vous avez réalisé que la compensation matérielle ne vous apportait rien de plus... Et toujours ce soleil surplombant la ville qui vous nargue. Aimer ce n'est pourtant pas avoir le droit au soleil dont tout le monde profite : c'est justement avoir son soleil unique, auprès de soi. Il ne s'agit pas d'un soleil à des années-lumières mais d'un soleil à portée de main et même dans votre main...


La période estivale laisse place à des villes dans un état de somnolence plus ou moins important. La plupart des ménages partent heureux en s'entassant dans une voiture familiale et prennent l'autoroute encombrée de véhicules, à destination de la mer ou de la montagne afin d'y passer quelques semaines de repos. Les enfants sont heureux, les parents se reposent et évacuent le stress de leur vie quotidienne. Tout ceci ne vous arrive pas et ne sera jamais partie intégrante de votre vie car vous ne formerez jamais une "famille". Un famille commence à trois personnes et vous ne serez que deux. Vous laisserez les inconvénients de la progéniture aux couples hétérosexuels. Vous au moins, vous pourrez dormir le dimanche matin et vous n'aurez pas à jongler chaque soir pour aller récupérer le bambin à l'école ou l'emmener le mercredi à la piscine ou à la salle de danse ! Mais en attendant, le soleil vous épuise, vous fatigue et rend vos mains humides, dans ce bus bondé, coincé dans la circulation. Vous préfèreriez tenir la main mouillé de votre chéri plutôt que de tenir cette barre métallique mais la vie ne vous offre pas cette chance... Et en attendant, comme toujours, vous êtes seul, résolument dubitatif face à votre avenir professionel mais surtout sentimental car aucun domaine dans votre vie n'est réellement flamboyant...

18 juin 2006

Champagne, darlin' !

Symbole de fête et du raffinement extrême de l'art de vivre à la française sur toute la planète, le champagne est la boisson par excellence des grands évènements : mariages, anniversaires, baptêmes et cérémonies pompeuses en tout genre... Remercions donc Dom Perignon, moine d'une abbaye d'Ay qui réussit à tirer parti des défauts de ce vin au XVIIIème siècle pour en faire un breuvage unique au monde. Produit dans une région clairement délimitée dans la Marne et quelques parcelles dans la Seine-et-Marne et de l'Aube, le champagne bénéfie d'une d'appelation d'origine contrôlée, éloignant les menaces de vins pétillants et mousseux comme les crémants de la Loire ou encore l'Asti Spumante d'Italie. Ces excellents vins sont le fruit de trois cépages : le Pinot Meunier, le Pinot noir et le Chardonnay. Qu'ils soient millésimés, bruts, secs, demi-secs, rosés ou dans leur état le plus simple, ils désaltèrent et agissent bénéfiquement sur la santé grâce à leurs effets bénéfiques sur la digestion et à des propriétés détoxicantes et anti-inflammatoires. Le champagne agit aussi sur les rhumes, les allergies et les rhumatismes grâce à ses nombreux minéraux tel le zinc, le potassium, le calcium ou encore le magnésium. Alors faites un bon geste à Noël prochain, offrez une bouteille à votre grand-tante éloignée pour lutter contre son arthrose récurrente... Aidez la Sécurité Sociale à combler ses caisses et pour rester en bonne santé, buvez !

Unique production qui ne connait pas la crise dans une région vide démographiquement et morose économiquement, le champagne a sû se faire un nom sur les plus grandes tables du monde entier. Aujourd'hui des maisons de prestige bénéficiant de plusieurs siècles de savoir-faire, règnent sur la production du précieux liquide et se chargent de l'exporter de New York à Tokyo en passant par Moscou et Miami. Veuve Clicquot Ponsardin, Pommery, Piper-Heidsieck, Ruinart, Mümm Cordon Rouge, Bollinger et tant d'autres profitent de nombreuses crayères, où fraîcheur et obscurité feront arriver le vin à maturité en trois ans pour un vin élaborée à partir d'une récolte ordinaire, et de cinq à six ans pour un millésimé. Le champagne patiente dans ces caves géantes creusées par les gallo-romains deux millénaires plus tôt où règne une température de 8 à 9°C été comme hiver. Eh oui, à Reims nous n'avons pas de métro dans le sous-sol, mais des millions de bouteilles : c'est bien plus festif ! Et chez nous, point de Ricard ou de Porto à l'apéritif mais bel et bien du champagne. Dans notre région où l'ouverture de bouteille est en passe de devenir un sport régional, nous faisons sauter les bouchons de liège en toute occasion. Pas besoin d'occasions spéciales à vrai dire... Nous soutenons l'économie locale et ménageons notre santé, et tant pis pour les pauvresses qui se saoûlent à la piquette devant le Marché Plus de votre quartier !

Et même si je vais bientôt quitter ce paysage de vignes qui s'étend à perte de vue autour de Reims, je n'oublierai jamais d'où je viens. Cette terre où le climat est si hostile et venteux l'hiver, si humide au printemps et toujours lourd en été dès que le thermomètre dépasse les 25°C. Cette contrée qui nous offre pourtant un bien de luxe produit à partir de millions d'hectolitres de jus de raisin... Je n'y habiterai probablement plus après cette année en Suède car Paris m'accueillera pour réaliser la suite de mes études et peut-être même pour le restant de ma vie. Cette région de France où j'ai grandi, où j'ai ri et où j'ai pleuré. Juste quelques lignes pour dire que ce champagne, j'y ai presque pris mon bain en étant petit et ses délicates bulles ont emoustillé mon palais à de multiples reprises. J'y repasserai de temps en temps pour y rendre visite au peu de membres qui composent ma "famille" ainsi qu'à quelques amis c'est certain, mais Reims c'est aussi une page de la vie qui se tourne pour en écrire une autre, pas forcément différente, toujours seul mais dans un contexte différent. Reste à savoir si la vie me sourira ailleurs ou non...

15 juin 2006

The great story of babies...


Fruit de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule et des ébats "jouissifs" d'un futur papa et d'une future maman, la naissance d'un enfant est souvent acclamée comme l'un des plus grands bonheurs auquel nous pouvons être confronté dans notre vie. Arrivent alors tous les membres de la famille, de la belle-maman au petit-frère en passant par la tante éloignée, les bras chargés de cadeaux, pendant que la mère du nouveau-né n'aspire qu'à un peu de repos et de tranquillité après s'être épuisée à la "tâche". Cependant, les nuits calmes et les réveils dominicaux à midi ne seront bientôt plus que de lointains souvenirs pour les deux heureux géniteurs. Biberons à heures régulières, nuits perturbées, corvées de change, heure du bain, heure de ceci, heure de cela, les journées deviendront rythmées et harassantes. C'est ainsi que les deux parents, cernes et paupières lourdes apparentes, en arriveront au point de se réléguer mutuellement la tâche de devoir aller vérifier pourquoi le nouveau-né se réveille pour la quatrième fois cette nuit... Et pourtant on s'émerveille devant cette nouvelle chose avec ses deux petites mains, ses dix petits doigts de pieds, cette bouche édentée, cette frimousse jouflue et cette bedoche toute plissée...


Et puis viendront les "premières fois" avec le premier sourire, les premiers pas, le premier mot, la première fois sur le pot, la première rentrée à l'école... Mais en attendant qu'il grandisse, vous devez vous en occuper vingt-quatre heures sur vingt-quatre parce qu'un bébé il faut bien le reconnaître : ça braille, ça pue, ça vous vomit dessus après son biberon, et ça vous réveille quinze fois par nuit pendant trois mois. Et finalement les mois passants, lorsque vous serez vraiment à bout, la délivrance arrivera enfin lorsque le charmant bambin réussira à se déplacer tout seul, à manger plus ou moins par lui-même et finira peut-être par vous dessiner un soi-disant bonhomme qui ressemble beaucoup plus à une oeuvre de Picasso qu'à un bonhomme ! Alors vous aurez le droit à un "ada bada araba boudaba" de langage bébé qui, traduit en langage "adulte" voudra dire : "Mais enfin vous n'avez pas d'imagination ou quoi ?" Qu'importe la qualité, ne critiquez surtout pas le génie créatif de votre chérubin, sous prétexte de froisser durablement son égo et de vous retrouver avec le même dessin en 2 fois plus grand mais cette fois-ci sur le papier peint qui orne votre couloir, et là vous n'aurez plus que vos yeux pour pleurer. Mais heureusement à cet âge-là, un enfant reste encore assez docile, même si en plein milieu de votre séance de courses, vous aurez le droit à un "Maman je veux une sucette !" et la colère qui en découlera inévitablement lorsque vous refuserez ...


Et puis grandissant, vous aurez le droit au traditionnel "Papa mais tu crains ou quoi, t'aimes pas la techno ?" ou encore "Maman pourquoi t'as pas encore repassé ma chemise pour demain ?" Eh oui, les parents jadis chéris pour avoir mis au monde la plus mignonne des créatures, se retrouveront tôt ou tard avec un adolescent rebelle en quête de piercings ou de joints. Mais enfin parents ! De quoi vous plaignez-vous quand vous avez appris à parler, à marcher, à manger et à boire à votre enfant, et que plus tard vous lui sortez "Tiens-toi tranquille", "Mange pas ceci, ne bois pas cela", ou encore "Tais-toi donc !"... Troublant paradoxe, non ? Et puis finalement, votre chérubin qui tenait encore dans vos bras il n'y a pas si longtemps - celui que vous n'avez pas vu grandir mais qui vous a coûté cher - volera de ses propres ailes, quittera le doux foyer où vous l'avez toujours protégé, construira sa propre vie et trouvera peut-être lui aussi la même patience et le même engouement que vous aviez eu en vous offrant le titre de mamy ou celui de papy. Mais pour rien au monde, vous ne recommenceriez ce périple épuisant car à votre âge vous avez bel et bien passé l'époque où vous pouviez vous amuser à élever un enfant. Vous avez assuré la pérénnité de la race humaine, vous avez fait votre travail, maintenant vous réléguez cette tâche aux autres, parce que comme on a l'habitude de dire : il ne faudrait pas trop pousser mamy dans les orties...

03 juin 2006

It's just another day...


Aujourd'hui commença comme un jour ordinaire. Le réveil sonna vers 11h30, me tirant d'un sommeil solitaire peu réparateur ponctué de rêves étranges. S'en suivirent un petit-déjeuner rapidement avalé constitué de quelques biscuits avec un chocolat chaud et une douche prise à la va-vite. Quelques pages Internet consultées plus tard, vous vous rendez compte que cette journée sera tout aussi banale que celles qui s'écoulent depuis maintenant trop longtemps. Pas de grandes nouvelles dans votre boîte e-mail à part quelques spams vous vantant les mérites d'un achat à crédit ou encore d'un élargisseur de pénis ! Vous parcourez vos sites habituels, répondez aux sujets qui vous intéressent sur les forums où vous êtes devenu un fervent membre à force d'y passer la majeure partie de votre temps. Sans plus aucune conviction depuis longtemps, vous vous connectez sur le site de rencontres auquel vous êtes inscrit, en espérant que quelqu'un vous remarquera. Vous répondez aux quelques contacts qui daignent vous adresser la parole tout en faisant comme avec votre poubelle : on trie, on jete, on recycle parfois. Qu'allez-vous faire aujourd'hui ? Vous n'avez pas envie de réviser même si vos examens arrivent. Vous n'avez rien de prévu avec vos amis, eux-aussi ont le droit d'avoir leur vie tout de même. Après avoir jeté un oeil à votre compte en banque vous constatez qu'il ne vaut mieux pas que vous traîniez dans les magasins. Il ne vous reste plus qu'une solution : errer chez vous...

La télévision vous propose toujours autant son lot de programmes hautement intellectuels. Alors vous la laissez en fond sonore pour fuir cette solitude qui vous écrase pendant la journée et vous poursuit pendant la nuit. Mais il y a toujours cet ordinateur, trouble illusion de lien social. Vous avez appris à parler à tout le monde et à n'importe qui depuis les trois années où votre mère a souscrit un abonnement illimité à Internet. Ce qui s'était annoncé comme un bonheur s'est retourné contre vous au fil du temps après vous avoir donné l'illusion d'être quelqu'un. Vous avez cru que vous pourriez vous faire des amis plus facilement, et surtout rencontrer le Prince de vos rêves. Rien de tout cela n'est venu à vous. Vous vous êtes fait zappé des centaines de fois, on vous a bloqué et vous avez fait de même, on vous a répété indéfiniment que vous étiez moche mais que vous finiriez par trouver (bah tiens !). Le miracle annoncé par l'ère Internet vous a surtout détruit lentement mais sûrement. Mais vous continuez malgré tout... même si vous avez appris à vivre avec la souffrance que vous vivez plus ou moins bien au quotidien. Une part de vous ne cède pas et espère toujours, peut-être à tort, que le Prince que vous avez croisé une fois sur votre chemin, ne vous a pas totalement oublié...


Au rythme entêtant des échanges de balles de joueurs de Roland-Garros, l'après-midi s'est écoulé. Une journée où vous avez surtout médité, imaginé, rêvé, et espéré. Vous vous êtes laissé bercer par la mélodie d'une partie de l'intégrale de Mozart. Ces notes et cette perfection vous bercent. Ce génie concentré entre les mains d'un seul homme vous submerge et vous interpelle. Vous auriez aimé posséder un don : le chant, la musique, l'intelligence, le charisme ou encore la beauté mais vous n'en avez reçu aucun. Vous n'êtes aucunement différent des autres et vous vous avez finalement compris pourquoi personne ne semble intéressé par vous. Vous l'acceptez : après tout personne n'est indispensable et pourquoi devriez-vous absolument vivre avec quelqu'un ? Juste parce que cet objectif représente le seul véritable but dans votre vie dans toute cette abondance et cette surenchère sur cette planète où vous ne vous sentez pas à votre place, tout simplement. Un être à serrer dans vos bras, un homme qui sache vous protéger et vous réchauffer quand vous frissonnez le soir... Internet était venu à votre secours, accompagné de son lot de rêves, cette "innovation" technologique a occupé vos soirées à renforcer vos espoirs, mais ce qui fit votre bonheur provisoire fait désormais votre malheur. Et pourtant vous n'êtes sans doute pas prêt de passer vos soirées ailleurs que sur votre ordinateur et pendant ce temps, la journée se termine comme elle avait commencé : par des rayons de soleil...

30 mai 2006

French bureaucracy...

La Suède ça sonne bien. Mais la bureaucratie beaucoup moins ! Ainsi depuis lundi je passe mes après-midis à courir entre secrétariat d'anglais, bâtiments modulaires et bureau de la scolarité, pour obtenir un tampon, une signature ou encore juste un formulaire d'admission. Bien évidemment tout ceci pourrait se dérouler assez rapidement. Le problème étant qu'en France, on adore les justificatifs et il faut surtout respecter l'ordre de la-dite procédure : cette signature est indispensable avant ce tampon. Alors ce qui semblait ne vous prendre qu'une heure sur le papier vous en prend en fait quatre. N'oublions pas non plus les multiples coups de téléphone à la Mairie, au Conseil Général, au Conseil Régional, au CROUS ou encore au Bureau des Relations Internationales pour des demandes d'aides financières en tout genre... Sans oublier le Tribunal d'Instance pour effectuer une demande de vote par procuration où l'on vous reçoit "fraîchement" voire même "glacialement" à l'accueil du Palais de Justice. Ajoutez à cela un standard téléphonique où l'on vous fait attendre pendant 10 minutes (à "seulement" 0,22 euro la minute) pour obtenir la carte européeenne d'assurance maladie, et vous comprendrez pourquoi je commence à saturer, que mon oreille droite est en surchauffe et que mes jambes n'arrivent plus à avancer correctement l'une après l'autre...


Et comme si le temps voulait mettre mon corps à l'épreuve du futur temps qui m'attend en Scandinavie, le thermomètre ne dépasse pas les 10 degrés depuis plus d'une semaine. Adieu tee-shirts, chemisettes, pantacourts et bermudas. Bienvenue pulls, polos, écharpes et bientôt manteaux qui sait ! Finalement le grand prévoyant que je suis, a, pour une fois, bien fait de ne pas se ruer sur la jolie paire de tongs repérée depuis plus d'un mois dans la vitrine d'un grand magasin rémois... Et puis commencent les listes inexorablement longues et diverses avec le récapitulatif des abonnements à résilier, des achats à effectuer, des affaires à emmener en Suède et des dossiers à retourner avant la date limite. Et parmi tout ça, il me faut quand même trouver du temps pour réviser et pour obtenir cette seconde année qui m'est si importante. Mais pour le moment, ça sera soirée tranquille devant la rediffusion des épisodes de Desperate Housewives sur M6 et peut-être un film une fois les deux épisodes hebdomadaires quotidiens. Cette série qui dégouline de libéralisme et de progressisme sous ses bonnes apparences mais qui cache une bonne dose de conservatisme le plus acerbe possible...


Vivement que ce marathon de courses entre bureaux soit fini ainsi que ma période d'examens. J'ai besoin de souffler, mais surtout grandement besoin de repos. J'aimerais pouvoir dormir 12 heures par nuit comme il m'en a toujours été nécessaire pour me sentir en forme. Je préfèrerais retrouver quelqu'un dans mon lit plutôt que de le trouver vide et froid, par ce temps glacial. Cette douleur au coeur quand vous vous réveillez en pleine nuit, ressentant de l'air frais sur votre peau et sentez qu'il n'y a aucun moyen de vous blottir contre quelqu'un qui vous protège. Il n'y a pas eu quelqu'un pour vous cette nuit précise plus qu'il n'y en a eu pour vous dans tous les moments de solitude que vous avez vécus. Au fond, votre vie sera probablement un océan de célibat, que vous le vouliez ou non. Tout simplement parce que personne ne semble vous remarquer dans la foule que vous croisez chaque jour et qu'elle vous regarde comme si vous débarquiez d'une planète lointaine. Personne non plus ne semble attiré par vous, alors vous vous faites une raison. Vous souffrez petit à peu par ce feu qui consume les émotions que vous ressentez à l'intérieur. Vous n'avez plus d'illusions sur le monde qui vous entoure. Pas plus que vous avez pu en avoir auparavant... Détruire rime justement avec survivre et ce rapprochement vous le connaissez depuis toujours et tant pis si personne n'est là pour vous, peut-être ne le méritez vous pas vraiment et vous devez faire avec... Est-ce le prix à payer pour obtenir potentiellement un jour, un bonheur que l'on vous refuse depuis toujours ?

25 mai 2006

Oh I wish I could be a princess !


Ah ! Qui n'a jamais été bercé par les films d'animation des studios Walt Disney ? Ces histoires adaptées de contes intemporels où tout est mignon et où les méchants sont punis ! Tout d'abord l'histoire de cette fille un peu cruche nommée Blanche-Neige... Voyez comment un studio cantonne la femme à son rôle de ménagère, tout juste bonne à faire la lessive et à cuisiner. Et par-dessus tout, une naïveté qui en déconcerterait plus d'un ! Diantre, même les enfants de cinq ans savent pertinement qu'il ne faut pas accepter quelque chose provenant des mains d'un inconnu ; quelle gourde cette Blanche-Neige ! Et ensuite que pouvait-elle bien faire, cette mijorée avec sept petits hommes une fois la nuit tombée ? Vous croyez encore innocemment qu'elle dormait à poings fermés, rêvant à son Prince Charmant ? Indubitablement la question se pose : la firme aux grandes oreilles est-elle vraiment si portée que ça à raconter des histoires pour enfants ? Rien n'en est moins sûr... Et que dire de la relation quelque peu rapprochée de Bambi et de Pan Pan ou encore de Jack et Gus Gus ? Et bien entendu que croyez-vous que Pinocchio faisait avec son nez, objet phallique par excellence ! Au fond, nous n'en comprenons que mieux le sourire d'extase que la Fée Bleue arborait quand elle rendait visite à son "petit protégé".


Mais Disney c'est aussi la machine à rêves (et à dollars...) qui nous a fait croire que ce bon vieux Prince Charmant allait nous rejoindre bientôt, qu'avec lui la vie ne serait que macarons à la framboise et crème glacée à la vanille sur fond de barbe à papa ! Vous savez ce gros niais qui apparaît rapidement dans le film, qui ne parle quasiment jamais mais chante toujours avec sa voix mélodieuse, au sourire Email Diamant, mais surtout au goût prononcé pour les combinaisons moulantes, toujours à chevaucher son fidèle destrier... Les Princes Charmants ne seraient-ils finalement pas gays ? Cette piste mérite réflexion : et si Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore allaient être trompées par leur Prince Charmant une fois parvenues dans leur château ? Mais franchement ceci vous étonne-t-il vraiment ? Ces trois femmes que la nature a comblé, ont quelque peu l'esprit candide... Quand une se charge de nettoyer la maisonnette, que l'autre nettoie la demeure de son horrible belle-mère et que la dernière se promène dans la nature pour cueillir des mûres, que font donc les trois autres Princes ? Mais pourtant Disney arrive à éloigner avec panache nos pensées perverses de toute dérive pornographico-érotico-X ! Et bien sûr, le summum est atteint dans l'irréalisme le plus total quand une superbe "belle" brune s'éprend d'une bête hideuse et qu'une gitane éprouve des sentiments pour un Bossu... Seul Disney arrive à nous faire gober tout ceci et pourtant... ça fonctionne !


Et enfin Disney, ce sont aussi des animateurs qui castrent volontairement tous les animaux mâles dans leurs productions. C'est aussi une maison sur la pente descendante qui a testé un peu tous les scénarios possibles et inimaginables et malgré tout, qui a du mal à se renouveler... Mais qui ne possède pas un DVD, une VHS ou encore un livre avec les célèbres héros qui ont bercé notre enfance ? Aladdin se sauvant des griffes du méchant Jafar, Peter Pan triomphant du crochet du non-moins célèbre Capitaine, Pocahontas repoussant les frontières de l'amour et de la haine avec le vaillant John Smith, et même Mulan transgressant les fondements même de la société afin de sauver son peuple. Alors finalement pourquoi aimons-nous tant ces histoires décousues de toute réalité ? Et bien justement parce qu'elles nous permettent de nous éloigner de nos tracas quotidiens, de maintenir notre espoir qu'un jour l'amour - le vrai, le bon - sonnera à notre porte, que tous les honnêtes gens seront un jour récompensés pour leurs bonnes actions et surtout de nous faire rêver ! Alors on pourra toujours critiquer les productions Disney pour leurs inévitables happy ends, ou encore pour le côté comédie musicale prononcé de certaines productions, ou encore leur aspect répétitif au fil du temps, mais le but premier de Walt Disney, était avant tout de nous faire rêver et de nous divertir. Et l'on peut clamer haut et fort, qu'il a bel et bien réussi son pari... Plus de 75 ans ont passé et Blanche-Neige et les sept nains n'a pas pris une ride mais surtout passionne toujours autant les jeunes générations ! Alors pour cet émerveillement continu de décennies en décennies : un grand merci au créateur d'une petite souris nommée Steamboat Willie... Alors construisez vos rêves de Prince Charmant, peut-être viendra-t-il vraiment un jour...

18 mai 2006

America the beautiful...


Il y a un peu moins d'an, je me suis rendu chez une amie américaine en Floride. Mon expérience de l'American way of life ne fera pas l'objet de cet article, aussi intéressante pourrait-elle l'être. J'entends déjà les commentaires qui hurlent de toute part, scandant que les Américains ne savent rien sur le monde extérieur, qu'ils ne prennent pas la peine de cuisiner et gobent leur nourriture pré-mâchée remplie d'O.G.M et d'hormones, qu'ils profitent de leur puissance économique pour étendre leur emprise capitaliste sur la planète ou encore que leur pays est jonché d'armes, and so on, and so on... Tellement de clichés pathétiques qui ont la peau dure. Certaines personnes vont même jusqu'à crier au boycott de tout ce qui peut provenir directement ou indirectement des Etats-Unis. Sachez juste que Coca Cola par exemple, emploie des ouvriers français dans une usine bien française ! Il me reste à ajouter certains clichés que les Américains portent sur les Français : nous ne nous lavons qu'une fois par mois, les femmes françaises ne s'épilent pas les aisselles, nous sommes vulgaires et mal-élevés et par-dessus tout nous finissons tous nos soirées complètement ivres sur la voie publique... Alors bien évidemment ces clichés correspondent à une infime minorité de la population, le reste est comme vous et moi, et ne demandent qu'à être amis. On ne manque pas l'occasion de tirer à bout portant sur les défauts de la société américaine avant même de voir que cette société est parfois bien plus avancée que nous sur certains sujets. Alors au fond, la France et les Etats-Unis, est-ce une histoire d'amour ponctuée d'une pointe de sadomasochisme où l'on se lance des Je t'aime moi non plus ?


Tout a commencé il y a bien longtemps lors de la guerre d'indépendance américaine. Louis XVI, aussi brave homme pouvait-il être, n'envoya des soldats et des armes aux treize colonies rebelles dans un seul et unique but : prendre sa revanche sur les Britanniques qui avaient battu la France quelques années auparavant durant la Guerre de Sept Ans. Grâce à l'aide du Marquis de La Fayette, les Etats-Unis d'Amérique ont bel et bien été, la première nation indépendante du monde, un pays où chaque homme était libre dans une société dénuée de système féodal. Finalement la France est-elle vraiment le pays de la liberté ? Ce pays où la Révolution fut ensanglantée et où l'hymne national appelle à la guerre et aux meurtres sanguinaires, est-il si égalitaire et fraternel que ça ? S'en sont suivies de nombreuses querelles et réconciliations, mais au final, la France et les Etats-Unis ne peuvent se passer l'une de l'autre : une cargaison de cosmétiques l'Oréal contre un Boeing, une caisse d'eau minérale Evian contre six bouteilles de vin californien ; l'argument économique reprend vite le dessus... Les Etats-Unis restent associés dans l'esprit des Français au cinéma, à la puissance économique : à Nike, à Mac Donald's, à Microsoft, à IBM, à Apple, à Starbucks Coffee, à Motorola ; aux villes qui véhiculent l'image de l'American dream comme New York City, Los Angeles, San Francisco, Miami, La Nouvelle-Orléans, Chicago. De l'autre côté de l'Atlantique, la France est perçue comme le pays de la richesse gastronomique, du vin, de la haute-couture et du luxe : Dior, Chanel, Louis Vuitton, Cartier, Hermès ; des parfums, de l'abondance de monuments historiques et d'un passé glorieux, le pays qui abrite Paris "the romantic city par excellence" et surtout comme un pays possédant une grande diversité de paysages pour un si petit territoire comparativement aux Etats-Unis.


La Floride elle, est remplie d'hommes et de femmes préoccupés par l'image de leur corps et l'on ne peut pas vraiment dire qu'elle soit conservatrice dans sa partie Sud contrairement à sa partie Nord plus ancrée dans le "Vieux Sud" beaucoup plus raciste et conservateur. Toutes les ethnies y sont brasées : Blancs , Noirs, Latinos, Asiatiques et l'impression que le melting-pot fonctionne à merveille pourrait être trompeuse. La société floridienne est sectaire, pas forcément raciste, mais libérale : les individus se mêlent de ce qui les regardent. Chacun a sa vie et l'on ne s'immisce pas dans celle de son voisin sans y avoir été convié. C'est ainsi que les clubs privés, les discothèques, les restaurants, les bars et les boutiques qui arborent le fameux rainbow flag abondent sur les plages de Miami Beach jusqu'à Key West... tout en restant discrets. L'Amérique autorise grâce à la mentalité libérale de la moitié du pays certes, mais tout en maintenant un équilibre précaire et difficile avec les remontrances et protestations de sa partie conservatrice, profondément accrochée à des valeurs religieuses pour le moins contestables. Au fond, il y a toujours le même problème entre les gens qui acceptent la différence d'orientation sexuelle telle qu'elle soit et ceux qui la rejettent, et ce quelque soit le pays...

13 mai 2006

Il y a un an...

Abandonnons l'espace d'un instant nos réflexions sur le monde gay... Aujourd'hui il n'a pas fait très beau puis il s'est mis à pleuvoir mais aujourd'hui n'est pas un jour de pluie, d'orage et d'éclairs comme un autre. Un jour sur lequel j'aurais pu écrire comme il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui est un jour particulier. Il y a tout juste un an, un certain vendredi 13 mai 2005 à 19h04, j'entrais en gare de l'Est à Paris, après avoir pris mon courage à deux mains. J'y ai fait la connaissance d'un homme qui m'est toujours très cher et à qui je porte beaucoup d'amour et d'estime. J'ai re-découvert la capitale française, ses rues, ses avenues, ses monuments - ville où je n'avais pas mis les pieds depuis presque 10 ans. Qui aurait pu rêver mieux que de découvrir l'amour dans ce que les étrangers surnomment "the city of Love" ?

Il n'a fallu que l'espace d'une soirée, le temps d'une invitation dans un restaurant du 1er arrondissement, pour que les coeurs battent à l'unisson, pour que les yeux se croisent, et que Cupidon décoche ses flèches. Damien, un prénom pourtant ordinaire, cachait des qualités énormes derrière une personnalité fragile et un coeur trahi. Il a su prendre soin de moi comme personne ne l'avait fait auparavant, me faisant découvrir des lieux inconnus - Montorgueil, Centre Pompidou, Marais, Halles, Tour Eiffel, Trocadéro, Palais Royal, Champs Elysées et tant d'autres. Ironie du sort ou pas, ce soir, un an plus tard, le temps est le même : frais et humide. Je pense souvent à lui et je dois bien l'avouer. Peut-être parce que les nuits me paraissent longues quand je rêve de lui et que chaque jour, un détail, un film, une chanson ou même un moment de solitude, me rappelle à lui.

Depuis ce vendredi de mai 2005, les choses ont évolué, peut-être dans un sens que je n'imaginais pas, mais même si le temps passe et si je m'occupe le plus possible, je pense toujours à lui. Il a posé ses mains sur mon corps et touché mon coeur, il a changé ma vie et m'a donné des rêves. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai caressé sa peau, j'ai partagé son lit et me suis endormi au creux de ses bras. Je connais la douceur et l'odeur de son corps et le parfum qu'il porte. Il pense à moi ; je le sais. Il est venu me reparler récemment même si je ne sais où je suis quelque part dans sa vie. Est-ce que je compte vraiment pour lui et quelle place tiens-je dans son coeur ? Je dois aussi reconnaître une faiblesse de ma part : je n'ai pas appris à me passer de lui ; chose que vous avez dû percevoir au cours de ces quelques lignes. Mais il ne semble pas savoir m'oublier lui aussi. Peut-être que deux personnes qui ne savent pas se passer l'une de l'autre, sont au final faites pour vivre quelque chose ensemble. L'amour ou l'amitié ? L'avenir nous le dira. En attendant j'aimerais juste écrire quelques derniers mots empruntés à une chanson d'un célèbre compositeur francophone : Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai... Et ce, peu importe la place que tu auras dans ma vie, tu auras toujours la plus belle place dans mon coeur, quoiqu'il arrive.

10 mai 2006

Les rencontres...

Pour les rares personnes qui croient encore pouvoir rencontrer l'âme-soeur (ou plutôt âme-frère) et non pas le plan fesse d'un soir, il existe des méthodes dont certaines sont aussi vieilles que le monde : se rendre dans un bar et constater que quelqu'un vous fixe d'une manière plus ou moins prononcée puis engager la conversation, ensuite il y a des prétendus lieux de drague gay comme des parcs ou des quartiers gay dans certaines villes - citons ici le non-moins célèbre quartier du Marais dans le 4ème arrondissement de Paris - mais surtout est apparue la technologie avec d'abord le téléphone, le Minitel puis enfin Internet. Même si ces trois derniers moyens de communications sont assez différents, ils ont tous un point commun qui peut fonctionner selon l'occasion : vous soustraire de multiples euros de votre compte bancaire en vous faisant miroiter la rencontre inévitable de l'âme-frère. On ne va pas vous faire rencontrer votre futur gratuitement non mais !


On se retrouve donc à errer sur un site gay de rencontres qui dissimule aussi une partie pour trouver son coup du soir, ne le cachons pas. On remplit son profil : aspect physique, âge, taille, poids, pilosité, look général, couleur des cheveux, couleur des yeux, profession, revenus, etc. et on se rend bien compte de la beauté du milieu gay quand arrivent les questions : taille du sexe, largeur du sexe, particularités, trips et fantasmes. Bah oui que voulez-vous déjà un homme hétérosexuel n'est pas réputé pour être fidèle et pense toujours au sexe alors imaginez ce que donnent deux hommes ensemble ! Alors bien sûr, il y a des exceptions à la règle, ne mettons pas tout le monde dans le même panier s'il vous plaît ! Ensuite le moment du supplice, il faut ajouter deux ou trois photos et accepter que l'on vous juge sur votre physique. Vous essayez de sympathiser avec quelques charmants jeunes hommes et la nouvelle tombe : on vous zappe illico-presto par le message "X est trop occupé pour vous répondre" à interpréter par "X ne vous trouve pas du tout assez bien pour lui". En fait, ce site constitue un peu le supermarché de la chair fraîche (ou avariée dans certains cas extrêmes) où des centaines d'hommes attendent désespérement un message, un geste, une marque d'intérêt quelconque. Finalement on ne sait pas trop pourquoi on continue à venir sur ce site où tout ou presque est insipide, où on se fait zapper et où on zappe autant, où les conversations meurent rapidement. Tout simplement pour la phrase : "Et si jamais..."


En fait, on pourrait résumer ces sites à un casting d'émission de télé-réalité. Parmi les allées de ces supermarchés de la viande gay vous retrouverez les stéréotypes : la pétasse fashion superficielle au plus au point qui passe ses soirées dans le monde VIP des boîtes gays de la capitale, le mari homosexuel refoulé et insatisfait en quête d'un amant discret mais disponible pour tromper sa pauvre femme à la moindre ocassion, le psycho-dépressif qui n'arrive pas à assumer son orientation sexuelle, le petit minet dont les hormones monte un peu trop à la tête et qui vous propose de faire par l'amour par webcam (je sais bien que la technologie progresse chaque jour, mais j'ai du mal à concevoir comment faire l'amour au travers d'une webcam...), le membre du troisième âge en quête d'un peu de chair fraîche, le mec en couple libre à cause de sa libido démesurée - incontrôlée plutôt - prêt à sauter sur le premier qui s'offre à lui, l'organisateur de partouzes hebdomadaires chaque samedi soir dans son hôtel particulier parisien, l'inconnu qui ne remplit pas son profil et n'affiche aucune photo, etc. Ah oui j'allais oublier de rajouter les mecs surnommés boulets qui reviennent régulièrement à la charge même si on s'en débarasse rapidement. Il y a aussi les mecs amateurs de sadomasochisme ou de plans cam qui vous emmerdent à intervalles précis. Ah qu'est-ce que c'est beau Internet n'est-ce pas ? Heureusement l'hypocrisie règnait déjà dans l'esprit du webmaster du site qui a même prévu une option de blocage des profils insistants. Eh oui ! C'est comme ça sur ce genre de site, on ne dit rien, on bloque et c'est comme ça. Encore une fois le proverbe : Sois belle et ferme ta gueule s'applique à merveille. On pourrait continuer la liste des phénomènes rencontrés tellement elle est longue et diversifiée ; sachez juste qu'au milieu de tous ces clichés, il y a beaucoup plus d'individus normaux à la recherche de stabilité, de protection, de fidélité, de tendresse et d'une vie paisible ; des hommes qui souhaiteraient que la passion de l'amour les transportent dans d'autres mondes. Des hommes un peu comme moi au fond à vrai dire...

09 mai 2006

Il y a des jours comme ça...

On approche de la fin de l'année universitaire qui rime obligatoirement avec examens et on se rapproche à petits pas de la période estivale ; l'été n'est pas si loin et pourtant, il pleut. Les gouttes tombent une à une, s'éclatant sur le sol pour former des flaques. Pourtant il ne pleut pas plus à Reims qu'à Marseille. Il n'en reste pas moins que le climat rémois laisse parfois à désirer. Ainsi il peut pleuvoir pendant toute une journée de manière ininterrompue, des filets d'eau qui s'écoulent sur les vitres, des ruissellements sur les pavés, des nuages gris et des températures ne dépassant guère les quinze degrés. Tous ces éléments sont propices à une certaine mélancolie, un temps qui correspond aux flots de pensées qui envahissent mon esprit et aux sentiments présents dans mon coeur.


Aujourd'hui est donc une journée qui a commencé par la pluie et qui se finira probablement avec. Il faut donc partir avec un parapluie pour ne pas tremper sa veste et encore moins détruire la coupe hyper-structurée que vous avez mis 10 minutes à réaliser devant votre miroir ce matin et surtout pour montrer que l'on prend soin de soi, bref que l'on est gay, après un passage de trente minutes minimum dans la salle de bain, et ce, même si vous êtes retard ! Alors on réalise que l'on est aussi le seul "homme" qui a un parapluie une fois dans le bus. Un parapluie est-il si féminisant que ça ? Suivent quelques cours de phonétique et de littérature dans une université glaciale : on apprend à prononcer correctement des mots imprononçables, on dissèque la vie d'Oscar Wilde pour comprendre ce qui se reflète de sa vie dans le non moins célèbre Portrait de Dorian Gray et finalement on rentre chez soi. On remarque ce joli garçon dans le bus mais qui lui, ne vous donne aucun signe d'attention ou de "gayté" quelconque. Et puis au fond, on se rend compte que l'on a raison quand on tend l'oreille et qu'on entend ce jeune homme parler de football (qu'est-ce donc que ce mot ?) avec un langage pour le moins fleuri. Certains devraient garder la bouche fermée à tout jamais, ils n'en resteraient que plus mignons.


Et puis on n'a pas vraiment envie de rentrer directement chez soi, pas envie de retrouver son cher ordinateur portable et le logiciel miracle de messagerie instantané qui nous fait passer le temps. On effectue donc un petit tour habituel dans les rares magasins du centre-ville, histoire de tuer un peu le temps. On se dit qu'on doit tous en être réduit au même point, à errer sans trop savoir quoi faire ou aller et on se secoue un peu pour arriver à la conclusion que c'est le problème de notre génération : on fait le tour du monde en vingt-quatre heures, on peut acheter tout ce que l'on veut et se le faire livrer en trois jours grâce à Internet, mais au fond est-ce que tout cela a révolutionné notre vie et fait de nous des stars de la télé ou de la chanson ? La société nous a fait croire que l'on pourrait obtenir célébrité, argent et pouvoir tout en partant de rien. Vous rêvez ou quoi ? Les Etats-Unis sont de l'autre côté de l'Atlantique ! Et pendant ce temps là, au détour d'une rue, on s'entraperçoit dans une flaque tel Narcisse troublé par la beauté de son reflet - court moment d'orgueil et d'exaspération - et on se laisse espérer qu'il finira peut-être bien par y avoir quelqu'un qui saura vous apprécier à votre juste valeur...


08 mai 2006

Superficialité quand tu nous tiens...

Alors oui j'aime être superficiel par moment, me dire que plus je possède des choses chères, mieux c'est ! Ne vous inquiétez pas, il m'arrive d'avoir des remords parfois. Enfin pas très souvent je dois bien l'avouer. Alors ça passe de l'achat compulsif de cosmétiques en tout genre à l'achat de bouteilles de champagne ou encore se balader avec un Ipod même si je n'ai pas rechargé la batterie, tout simplement parce que c'est tendance ! Eh oui, il faut bien survivre dans ce monde hostile alors on essaye de ne pas être trop moche, de se balader avec un brin de luxe sur le dos (même s'il ne sert à rien) et de posséder la dernière technologie à la maison... Et tant pis pour la pauvresse qui trime dix heures par jour pour se payer une place de cinéma une fois par mois et qui mange des pâtes tous les soirs ou la racaille qui ne peut que lécher les vitrines à défaut d'acheter ce qu'il y a dans les magasins. On ne choisit pas sa famille et les moyens qu'on a, tant pis pour les autres, c'est ça la gay-attitude ! Sois belle, sois pouffe, et tais-toi...



Alors le jeu consiste à être entouré des bonnes personnes (à comprendre celles que tout le monde veut se taper), d'avoir été dans "ZE" dernière destination à la mode (en général Key West ou Ibiza), d'être bronzé comme un toast qui sort du grille-pain, de porter du Dior ou du Chanel parce qu'on s'en fout de ce qu'il y a dans la tête des gens : comme dirait l'autre ce n'est pas la tête qu'on suce ! Ensuite il faut avoir le loft redécoré tous les ans par le designer en vue de la capitale, avoir le mobilier moderne et le IMac 20" parce qu'on sait tous que Microsoft est une grosse merde. Le must consiste à inviter régulièrement le tout Paris gay dans des fêtes où musiques house et techno pulsent à 100 mètres, où le fond de teint se retrouve sur toutes les faces et le gel dans tous les cheveux - ou même ailleurs - où tout le monde embrasse tout le monde, où le champagne coule à flots, voire même d'autres substances plus ou moins liquides... Ah qu'il est beau le monde gay !



Au final, on se demande s'il faut nécessairement baiser avec le premier venu et dépenser sans compter pour être heureux. Et enfin en étant un petit brun aux yeux bleus et au teint diaphane, suis-je véritablement un gay comme les autres ? M'est-il nécessaire d'avoir le must de chaque chose pour être en phase avec moi-même ? D'un côté, la tentation de répondre oui serait évidente : j'aime le superflu, j'aime le luxe, j'aime la gastronomie (surtout les plats sucrés), j'aime les choses chères mais au fond qui n'aime pas ça ? Tout compte fait, je ne suis pas aussi superficiel que certains car je possède quelque chose qui se fait rare et que d'autres ont oublié : un coeur et des sentiments. Alors je terminerai juste sur une question, l'homme qui cumule le must dans tous les domaines et qui est adulé par la capitale toute entière, tout en disposant de ce que j'ai énuméré précédemment ; lui, est-il vraiment heureux au fond, s'il n'a pas trouvé l'amour et se contente d'aventures sans lendemain ?

Etre gay...


Alors on pourra toujours argumenter sur le fait que je ne suis pas la personne la plus malheureuse sur Terre. Je suis tout à fait d'accord sur ce point. J'aimerais juste dire des choses que je n'ai jamais dites auparavant. Même si ceci semble tout à fait normal aujourd'hui, je suis un enfant né hors-mariage, chose qui était quasiment impensable il y a une vingtaine d'années et mes grand-parents maternels n'ont jamais accepté. Ensuite, mes parents se sont séparés alors que je n'avais que 8 mois, évènement qui dans un sens ne m'a pas fait souffrir vu qu'il ne m'en reste aucun souvenir, mais qui m'a fait passé pour un anormal quand je racontais que mes parents ne vivaient pas ensemble... Ajouter à celà, un père qui ne m'a jamais vraiment parlé, qui ne m'a jamais pris dans ses bras, et bien vous aurez un joli cocktail explosif de "gayté"...


Alors certes la société évolue mais elle ne m'a pas épargné. Peu de temps après, j'ai découvert l'école et son flot de bonheurs : apprendre à écrire, à lire, à compter, découvrir le monde, une soif de connaissance qui a perduré jusqu'en classe de 4ème. Je suis aussi gaucher, ce qui laissait présager à ma grand-mère que j'étais un suppot de Satan, et encore moins de chance pour elle, je suis gay. Eh oui, j'aime les garçons. Ce qui m'a valu un flot d'insultes plus ou moins continues contre lesquelles je suis désormais immunisé, de "sale pédé" à "espèce de tapette"... Heureusement pour moi, il y a eu des gens qui ont su m'apprécier plus ou moins tel que je suis, il y a eu Pierre en CM2, Pauline en CM2, en 4ème, en 3ème et avec qui je suis resté en contact, Amandine du CM2 à la 5ème. Entre temps il y a eu le collège et son flot de répulsions de la part des garçons, même si Bérénice, Claire et Stéphanie ont été là. Et depuis le lycée, il y a les amis de toujours à savoir Julie, Antoine, Emilie, Amandine, Adeline, et enfin à l'université où il y a Christine. Alors je voudrais leur dire "merci", juste une fois pour avoir été / être toujours là.


Alors au fond, moi qui aurait été considéré comme un malade mental et qu'il aurait fallu enfermer à tout prix il y a une vingtaine d'années, je ne suis pas un pédophile, je ne pense pas être une folle, je ne suis pas responsable de l'épidémie de SIDA qui touche la planète, je ne suis pas un pervers sexuel adepte des orgies de sexe chaque samedi soir. A bon entendeur hein ! Qu'est-ce que je suis ? Un garçon, qui fait jeune voire très jeune, paraît-il, aux yeux bleus, aux cheveux châtains, d'un mètre soizante-quatorze, en quête d'amour, de bonheur, d'une vie paisible à Paris, d'un avenir qui me sourit, de week-ends en amoureux...