30 juin 2012

Ce rêve bleu...


En cette période morose qui n'en finit pas, je continue d'avoir un rêve ancré au fond de moi qui traverse les mois et les années. Ce rêve, il s'écrirait tout d'abord au pluriel. On pourrait d'ailleurs le comparer à un Disney d'une nouvelle génération dont le début serait marqué par l'ouverture inhabituelle d'un livre sur l'histoire de deux princes, pas forcément copiés sur des mannequins, mais ayant leur charme et la tête bien sur les épaules, conscients des réalités de la vie. Ils pourraient aussi bien se promener tranquillement pour aller au restaurant, au cinéma ou à l'opéra, s'affronter sur la qualité de la production ou s'entendre sur la nullité de celle-ci. Faire des courses et affronter le monde infernal des magasins pour finalement préparer sagemment un dîner. Passer un jour férié entier à regarder la télévision sans avoir envie de rien faire. Partir en vacances au soleil au bord de mer ou à la montagne. Et aux jours ensoleillés succèderaient des jours de pluie et d'orage où les disputes éclateraient pour un caleçon, des chaussettes sales qui traînent, un malentendu ou bien encore pour un brin de jalousie... Le plus important serait de pouvoir passer, de temps à autre, des heures à se regarder les yeux dans les yeux, enlacés, à ne plus avoir conscience du temps qui passe, à ne pas parler, juste se sentir bien... Retrouver pour seul bruit les battements entêtants d'un coeur, ressentir la chaleur d'un souffle qui chemine sur la joue ou la nuque, laisser deux mains retrouver la douceur de la peau de l'autre, s'échanger quelques baisers esquimaux, se laisser bercer par la douceur des lèvres, pour finalement revenir à la réalité quand le téléphone sonne...




Du pluriel, l'histoire passerait alors au singulier... Me rappeler tout ce temps que j'ai passé à attendre quelqu'un comme toi. Le moment où je t'ai vu pour la première fois et les jours suivants qui ont fait se lever la brume dans laquelle mon coeur se trouvait. En parler avec toi, constater l'évolution et voir que tu gardes cette même étincelle dans les yeux. Te faire profiter d'un massage aux huiles essentielles avant de se coucher sur toutes ces bonnes paroles. Se rendre finalement compte que je n'arrive pas à trouver le sommeil et pouvoir te regarder dormir lors de mes insomnies. Le dimanche matin, réussir à m'extirper du lit sans que tu n'aies pu l'entendre, filer en douce à la boulangerie pour finalement te réveiller grâce à l'odeur du pain grillé, des croissants encore chauds et du thé. Te laisser le choix entre les 4 miniatures de la confiture au célèbre damier, quitte à te laisser l'exclusivité de celle que je préfère. Garder une part de sale caractère et d'obstination pour finalement revenir avec l'air triste et penaud, auprès de toi, après une dispute. Me creuser la tête pour dénicher ton cadeau d'anniversaire ou de Noël. Te faire gentiment la morale une fois de temps à autre si tu es fumeur en ne pensant qu'à ton bien, même si je risque de passer pour ta mère. Discuter de nos journées de labeur et admirer le plaisir que tu as au travail ou te soutenir dans les difficultés que tu y rencontres. Que tu connaisses où se situe l'endroit le plus chatouilleux de mon corps et te laisser en abuser à outrance, mais pas trop quand même. Ne pas être d'accord quand je joue avec le tien pour te réveiller. Essayer de résister tant bien que mal et finalement terminer cette fausse lutte par la fusion de nos deux corps afin de continuer à écrire l'histoire au pluriel...



D'autres chapitres pourraient s'en suivre même si j'en oublie certainement... Être capable de garder une âme d'enfant, de chanter à tue-tête les génériques des classiques Disney et des dessins-animés que nous avons connus en étant petits. S'adonner à une bataille d'oreillers en plein hiver ou de pistolets à eau quand arrive le mois de juin. Venir me frotter sur toi avec le visage plein de mousse à raser.  Raconter quelques blagues qui ne feront rire que toi et moi. Participer à une soirée, se retrouver soûl et te trouver encore plus beau que jamais. Rester nous-mêmes tout en étant capable d'établir des compromis. Veiller sur l'autre, malade, toute la nuit alors que la fatigue se fait sentir. Profiter de nos familles respectives tant que les membres qui nous sont chers sont encore de ce monde. S'énerver à deux sur les notices de montage des meubles suédois. Rendre visite à nos amis tout proches ou du bout du monde le temps d'un weekend ou d'une semaine. Parler d'histoire, de littérature, d'économie, de tout et de rien, mais surtout ne jamais oublier de faire en sorte que le bonheur soit toujours présent entre nous, chaque jour, à un moment ou à un autre... J'ai souvenir d'une citation qui disait qu'il était plus facile de voler que d'acheter avec un salaire décemment gagné, de se droguer que d'affronter les difficultés de la vie, mais surtout plus facile d'être volontairement seul que de construire une histoire à deux, car elle demande des efforts, des remises en question. Cependant, avec toi, le défi en vaudrait largement la peine... Je terminerai juste sur ces quelques mots : aujourd'hui, j'aimerais pouvoir mettre un nom sur toi...

3 commentaires:

Marie et Xavier a dit…

quel beau reve - que nous partageons tous - une fois encore si bien décrit ;-)

Nicolas a dit…

Wahou. Magnifique

inconnupassiinconnu a dit…

"Je sais que c'était lui.
Y'en aura sûrement jamais d'autres que je vais aimer autant, mais c'est pas grave...
J'assume.
Je sais que ça arrive généralement tard dans la vie des gens de rencontrer l'âme soeur,
Mais moi c'est plat, c'est là, à 25 ans,
C'est même pas une question de baisage, j'm'en fous de baiser, c'est pas ça le principal,
L'important c'est de se réveiller avec quelqu'un.
C'est de dormir en cuillère,
C'est ça l'important la cuillère,
Savoir qu'si y'a un méchant qui débarque, y'a quelqu'un.
C'est une métaphore, y'a jamais de méchant qui débarque.
Tu te réveille avec le vent, pis tu sens le ventre chaud de la personne que t'aime qui respire dans le creux de ton dos,
C'est ça, la cuillère."
Xavier Dolan (bonne nuit petit rémois secouriste ;-)