22 novembre 2009

Glamorous but hypocritical...


Il paraîtrait que je suis actuellement classé n°1 d'un site de rencontres gay... Après vérification, il s'avère que l'information était exacte : grand bien m'en fasse, car elle ne change absolument rien à ma vie quotidienne. Chemin faisant, j'essaye de ne pas dépasser les trois heures de présence dans les soirées gay de la capitale bruxelloise. En effet, on y trouve là tout ce que le fameux "milieu" a de beau - et surtout de moins beau - à offrir. Du cliché total jusqu'à ce qu'on n'imaginait pas être possible, chacun est servi. Bien évidemment, les rumeurs vont bon train : impossible de ne pas être au courant de qui couche avec qui - ou plutôt quoi selon les cas... Tous calqués sur le même moule, fiers d'arborer le petit élan, le joueur de polo, ou le rectangle rouge et blanc, après avoir passés plus de vingt minutes à fixer les quelques mèches rebelles de leur frange tout prête à faire pâlir celle d'un certain héros d'une comédie musicale signée Disney, la soirée peut ainsi commencer... Vous l'aurez compris, l'originalité n'est pas vraiment de mise. Encore moins quand les heures passent et les verres se vident, alors que le système de climatisation défectueux élimine sa condensation, goutte à goutte, sur des corps déjà complètement moites, et des vêtements complètement poisseux par les nombreux paquets de cigarette consommés sur la soirée. L'alcool aidant, les regards se croisent, les mains deviennent baladeuses, les "amis" s'embrassent, au rythme entêtant des remixes du moment...


Petit à petit, certains disparaissent avec leur nouveau grand amour tout fraîchement rencontré - qui aura malheureusement le privilège de ne plus avoir aucune nouvelle une fois le coup tiré... Quel coup ? Comme dirait une des mes collègues de travail lors d'une mémorable discussion sur les trottoirs de l'Avenue Louise : le fameux coup de bite. Eh oui, tu n'étais qu'un coup de bite, alors dégage, désolé ! Allons, allons, que de vulgarité, reprenons-nous... Les mêmes qui s'éclipsèrent la semaine passée, se retrouvent avec un nouvel homme la semaine suivante, mettant en pratique le très gay adage : à chaque semaine suffit son homme, parfois même à chaque soir suffit son homme. Et par un phénomène mystérieux encore inexpliqué à ce jour : ce sont bien souvent ces hommes qui finissent ivres morts avec un garçon différent à chacune de leur apparition publique, qui clament haut et fort, qu'ils attendent le prince charmant qui les rendra heureux pour toujours... Malheureusement, passé un certain âge, après s'être "amusé" pendant des années et à défaut de s'être donné la peine de faire quelques concessions et compromis nécessaires à la construction d'une belle histoire avec un prince charmant, le "milieu charmant" leur offre la possibilité de regarder l'étalage de chair fraîche de petits ephèbes ne connaissant rien à la vie, pour assouvir des pulsions que personne ne pourrait assouvir, face à leur corps, usé par la surconsommation en tout genre, et qui se traduit bien souvent par le tryptique gagnant suivant : cernes, surpoids, dépendance affective...


Heureusement, après avoir effectué un énorme tri sélectif - digne des méthodes les plus rigoureuses en la matière, directement copiées sur celles instaurées dans les pays scandinaves - il reste quelques personnes dignes de confiance, équilibrées, avec leurs hauts et leurs bas, mais prêtes à offrir leur sincérité et leur naturel à leur semblables. Bien souvent, ces quelques garçons deviennent bizarrement des amis, à croire que le côté sadomasochiste qui sommeille en nous tous, aime à nous faire nous aventurer en terrain amoureux avec les mauvaises personnes. Rien d'étonnant à ce qu'aucune histoire ne dure avec des gens qui cherchent à tout prix à oublier leurs soucis avec l'amour et l'affection d'un autre. Mais même lorsque l'amour s'installe, elles continuent à sortir constamment en boîte pour soi-disant "profiter" de la vie, sous couvert de la brûler par les deux bouts. Bien malheureuses doivent être les personnes qui réagissent de cette manière pour s'aveugler de leurs problèmes, au lieu d'y trouver une véritable solution, par elles-mêmes, ou avec l'aide de quelqu'un... Il existe pourtant tellement d'autres distractions, toutes aussi intéressantes et toutes aussi moins nocives pour la santé, que de passer la plus claire partie de ses loisirs dans un milieu superficiel au possible, où le bonheur et le plaisir ne sont qu'éphémères, situés à des années lumières de ce que recherchent la plupart des garçons qui s'y retrouvent pourtant. Gageons que certains continuent toujours à faire la part des choses...

04 novembre 2009

Langage des passions...


On peut facilement assister à de très belles réalisations cinématographiques, qu'elles soient généreusement aidées par des millions de dollars ou une cascade d'effets spéciaux. Cependant délicate serait alors la tâche de dresser une liste exhaustive des meilleurs films réalisés depuis les tous premiers débuts de cette merveilleuse invention des frères Lumière. En effet, sur quels critères faudrait-il se baser ? Les entrées au box-office ? Les récompenses telles que Palme d'Or, Oscar, César, Ours d'or, Golden Globe, et bien d'autres encore ? Même si le cinéma mérite amplement son titre de Septième Art, il n'en reste pas moins qu'un constat s'impose : un film, aussi bon soit-il, ne parviendra jamais à procurer autant de sensations qu'un livre... Chacun d'entre nous a au moins éprouvé ce sentiment une fois dans sa vie de lecteur ; celui d'être saisi par la qualité de l'écriture d'une oeuvre littéraire, et en oublier le temps qui passe... S'abandonner au fil des pages. Allant parfois même jusqu'à renoncer à de longues heures de sommeil pour enfin connaître le dénouement de cette tragédie classique, de ce roman d'aventures, ou tout simplement de cette banale histoire d'amour intemporelle... Là où quasiment tous les éléments sont apportés sur un plateau au spectateur d'un film, un livre fait appel à l'imagination du lecteur pour construire l'aspect "visuel" de l'oeuvre. Et c'est bien là sa grande richesse. La description d'un paysage ou d'un personnage, aussi précise soit-elle dans un paragraphe, donnera lieu à une multitude de possibilités si l'on en venait à demander aux lecteurs de représenter ce qu'ils ont lu...


S'il existe une autre expérience culturelle sans doute inoubliable, il s'agit d'assister à une représentation d'un opéra. Malheureusement, l'opéra continue, à tort, d'être catégorisé comme une distraction élitiste, où beaucoup se rendent uniquement pour se montrer parés de leurs plus beaux atours, et non pas par un goût réel pour la musique ou une oeuvre musicale particulière... Il m'a été donné hier soir la possibilité d'expérimenter la qualité de la programmation du Théâtre Royal de la Monnaie, aussi connu sous le nom de Koninklijke Muntschouwburg, grâce à des places obtenues pour The Rake's Progress, opéra composé par Igor Stravinsky. D'une manière générale, les meilleures représentations d'opéra atteignent des summums en ce qui concerne la qualité de la musique, liée à la maîtrise de l'orchestre et l'acoustique de la salle, aux prouesses vocales des sopranos, ténors, contraltos et basses, et pour finir, à la richesse des costumes et l'originalité de la mise en scène... Qui se donne l'occasion d'aller à l'opéra pour la première fois doit abandonner ses préjugés, et ne doit pas avoir peur d'en franchir les portes, afin de profiter d'un spectacle inouï où, dès que la lumière s'éteint et les musiciens se mettent à frotter les cordes de leurs archets, l'émerveillement est au rendez-vous... Bien que la plupart des opéras mettent en scène des tragédies, quiconque sort de la salle, se retrouve dans un état de subjugation totale, et il est simplement difficile de trouver le juste mot pour décrire les quelques trois heures que l'on vient de vivre...



Non content d'avoir retrouvé les chemins d'une salle prestigieuse et renommée, j'ai pu faire profiter un nouvel ami d'une place gratuite, et par la même occasion tenter le pari risqué de lui faire apprécier un domaine culturel qui ne demande qu'à s'ouvrir au jeune public... Non content, d'avoir été littéralement fasciné, subjugué, et finalement conquis, par ma récente soirée, j'ai d'ores et déjà décidé de profiter pleinement de la saison 2009-2010, en ayant réservé des places en décembre pour la représentation d'Iphigénie en Aulide, opéra composé par Gluck. Gageons que notre plaisir reste intact devant une oeuvre totalement différente, avec pour trame de fond les prémices de la guerre de Troie, quand Agamemnon dut sacrifier sa fille Iphigénie à la déesse chasseresse Diane, alors que celle-ci était promise à Achille... En dehors de l'opéra, je vais enfin profiter d'une semaine de congés bien mérités, après avoir travaillé pendant plus d'un mois. Mon premier rapport de stage est extrêmement positif, tant sur la qualité que sur la quantité de travail que j'effectue, mais aussi sur mon intégration à l'équipe. Néanmoins, il reste quelques petits points à améliorer afin de donner encore plus le meilleur de moi-même. Le retour à la modeste vie d'étudiant en troisième année de bachelier en traduction et interprétation risque d'être difficile en février mais il reste encore trois bons mois pour profiter encore pleinement de cette expérience qui est déjà inoubliable...