04 juin 2009

Lointaines étoiles...


La première fois que j'ai dû entendre parler de l'Union Européenne, je devais être à l'école primaire en classe de CM1... Et pour cause, c'était l'année où l'Autriche, la Suède, et la Finlande rejoignaient les douze autres pays qui avaient décidé de s'unir pour être plus fort. Près de dix ans plus tard, après la mise en place d'une monnaie unique, et l'adhésion de 12 nations supplémentaires, je m'apprête à voter pour la première fois aux élections du Parlement Européen... Néanmoins, dans un contexte de crise et d'actualités peu réjouissantes, avec notamment la récente disparition de nombreuses personnes à bord d'un avion de la compagnie Air France au large du Brésil, l'Union Européenne semble être la dernière préoccupation de ses citoyens... à tort ou à raison. Et pour cause ! Les hommes et femmes politiques nationaux ont bien trop souvent fait reposer sur les épaules de la Commission ou du Parlement, les erreurs et les inefficacités de leurs politiques nationales. Récemment, notre "bien-aimé" président nous expliquait que les quotas de pêche et de production de lait avaient été fixé par Bruxelles, et que rien ne pourrait donc être changé... Sachez Monsieur Sarkozy que ces quotas sont le fruit de négociations entre tous les pays de l'Union Européenne au cours des fameux Conseils des Ministres, et que notre Ministre de la Pêche et de l'Agriculture les a négociés, mais surtout, et bel et bien, acceptés ! Il est donc totalement hypocrite d'aller à la rencontre des producteurs de lait pour faire mine de comprendre leur désarroi, face à la gravité de leur situation...



Même si l'on cherche à s'y intéresser, il apparaît très rapidement à n'importe quel individu que l'Europe est à la solde - tout du moins une partie - d'un libéralisme acerbe, notamment sur des dossiers récents comme la libéralisation des services postaux, ou encore la récente dérégularisation des normes de vente de produits aussi basiques que le lait, la farine, ou le beurre... Rien ne vous empêche aujourd'hui de croiser un paquet de 946 grammes, ou une bouteille de 89 centilitres. Faites vos courses et prêtez-y un peu attention, une marque célèbre de jus de fruits vient tout juste de réduire ses contenus, sans en diminuer toutefois le prix ! Résultat, on ne baisse pas le prix, mais la quantité est moindre. Ou comment masquer une inflation cachée... Où repose alors l'intérêt du consommateur et la notion de développement durable qui devrait, en théorie, faire la guerre à la multiplication des petits conditionnements ? Certains diront que les industriels sont les grands gagnants de ce système, d'autres citeront la grande distribution, mais le tout est orchestré et rendu légal par l'Union Européenne. Difficile dès lors de vanter les mérites d'une Union dont on ne connaît que vaguement, voire pas du tout les organes exécutif et législatif, sans oublier non plus que les députés européens mènent une vie royale pendant quelques années... sans avoir à rendre vraiment de compte à la fin de leur mandat !



C'est un constat : l'Europe ne fait plus rêver. La faute à qui ? La faute à quoi ? Peu importe les réponses que l'on pourrait y apporter, l'Europe est dans une impasse, car elle n'a tout simplement pas réussi à se vendre à ses citoyens au fur et à mesure de la construction européenne. Faute de pouvoir inspirer la sécurité, elle suggère la peur. Au lieu d'évoquer la richesse, elle est synonyme d'appauvrissement. A défaut de vouloir être un organisme de progrès social, elle s'impose comme une structure responsable de régression. Et pour finir, faute d'une communication simple et efficace, à la portée de tous ses citoyens, elle s'érige en structure technocrate et élitiste... Dans un autre domaine, même si l'Euro nous a apporté un confort certain lors de nos voyages dans une partie de l'Europe, il a été et est toujours synonyme d'inflation et de perte de pouvoir d'achat dans l'esprit de la plupart des habitants de la zone euro, la faute à de nombreux indépendants, industriels, et autres, qui en ont profité pour arrondir à la hausse leurs prix, avec une large marge. Les 15,24 € et les 5,81 € ont laissé la place aux 15,50 € et aux 5,85 €... C'est dans ce contexte que l'on demande aux électeurs de voter pour changer l'Europe, mais n'est-il pas tout simplement trop tard dans la tête des électeurs français, déjà déçus et lassés des promesses, pour ainsi dire jamais tenues des derniers présidents et ministres qui se sont succédés au pouvoir pendant les dix dernières années ? Il semble que cette nouvelle déception apportée par l'illusion d'une Europe salvatrice constitue la goutte de trop d'un vase malheureusement déjà trop plein...