16 avril 2009

Visite en Champagne...


Il existe parfois, des richesses historiques insoupçonnées qu'une restauration ou qu'une exposition vient révéler au grand public. Parmi elles, la villa Demoiselle, située boulevard Henry Vasnier à Reims, juste en face des caves Pommery. Inaugurée en 1909 par l'architecte Louis Sorel, cette magnifique demeure, symbiose entre l'Art Déco et l'Art Nouveau, est extrêmement novatrice pour l'époque : murs en béton armé, charpente métallique, eau courante, chauffage central, éclairage électrique, mais aussi un ascenseur ! Malgré les ravages de la Première Guerre Mondiale sur l'immobilier rémois, la villa résiste assez bien à l'épreuve et traverse les décennies jusqu'aux années 1970 où elle est laissée à l'abandon... C'est ainsi qu'au fur et à mesure du temps et des différents squattages, les lambris et parquets sont arrachés, le marbre et le mobilier disparaissent, les murs sont tagués, jusqu'au début des années 1990 où l'on décide de murer tout simplement les fenêtres et les portes du bâtiment. Le coup de grâce est apporté par la tempête de 1999 qui arrache une large partie de la toiture et laisse la villa en proie aux infiltrations d'eau pendant quelques années encore... Fort heureusement l'année 2004 marque le souhait de la compagnie Vranken de racheter et de réhabiliter la villa afin de lui rendre son lustre d'antan. Les 22 corps de métiers nécessaires à la restauration travaillent sans relâche pendant quatre longues années, depuis les menuisiers et les peintres, jusqu'aux maîtres verriers en passant par les tailleurs de pierre et les marbriers. Le résultat est tout simplement époustouflant !


Le lieu a retrouvé une splendeur qui semble tout droit sorti des années fastes du début du siècle. Le déroulement de la visite vous apprendra qu'il a fallu près de 42 000 heures de travail rien qu'en menuiserie intérieure pour faire renaître la beauté de la villa. Par ailleurs, les nombreux symboles réalisés au pochoir font honneur à la flore et à la faune de la région, comme en témoignent les feuilles de vigne ou encore les nombreux papillons et libellules... Pour de nombreuses personnes originaires de Reims, cette villa n'a été connue que dans un état délabré, sans savoir quel joyau se trouvait véritablement sous leurs yeux. Cette restauration permet d'offrir à la ville un atout non négligeable pour attirer les touristes, qu'ils viennent de l'étranger, de France, ou même de la région Champagne-Ardenne... Certes excentrée, perchée sur les hauteurs extérieures de la ville, avec une vue prenante sur la cathédrale, la Villa Demoiselle a désormais de beaux jours devant elle. Néanmoins, il semble que le succès des visites ne soit pas - encore ? - au rendez-vous car peu de curieux daignent s'intéresser à la visite de ce chef-d'oeuvre retrouvé, et préfèrent se tourner de l'autre côté du boulevard afin de visiter les crayères gallo-romaines de la maison Pommery, où reposent des centaines de milliers de bouteilles de champagne, attendant leur étiquetage et leur commercialisation... Prenez pourtant le temps de découvrir l'imposante bâtisse si vous disposez du temps nécessaire, je pense que vous n'en serez que ravis !



Que les éventuels intéressés s'arment également de patience face aux perturbations dantesques que la ville de Reims connaît depuis déjà à peu près un an à cause de travaux nécessaires à la réalisation de la première ligne de tramway de la métropole. Tout au long du tracé, si l'envie vous prend de venir en voiture, préparez vous à affronter des embouteillages et des déviations, sans compter les nombreuses voies devenues à sens unique : inutile de vous dire que le GPS devient très rapidement inutile... Si comme moi, vous êtes plutôt adeptes du TER ou du TGV, ne vous affolez pas en sortant de la gare et prenez votre mal en patience pour vous frayer un chemin à travers les différents tracés du labyrinthe qui permet de s'extirper de la gare. De nombreux panneaux vous annoncent tout de même qu'avec le tramway "Reims prend des couleurs" et vous proposent de voir l'état de la ville une fois les travaux terminés... Les projets s'accumulent depuis quelques années et il semble que "la Belle Endormie" - comme l'avait surnommé un célèbre quotidien français - se réveille depuis l'arrivée du TGV qui a mis la ville à seulement 45 minutes de Paris. Par ailleurs, on annonce l'ouverture d'un magasin IKEA en 2011 et l'arrivée d'une filière de la prestigieuse formation de Sciences-Po Paris dans l'ancien Collège des Jésuites à la rentrée 2010. Reste à savoir si Reims s'imposera sur la scène nationale, voire européenne, avec le temps...

11 avril 2009

Gratuité culturelle parisienne...


Surfant sur la mode du "gratuit", à savoir les journaux gratuits, les produits gratuits, et bien d'autres encore, le gouvernement français a récemment décidé de rendre gratuit l'accès aux collections permanentes des principaux musées nationaux, du moins pour les personnes âgées de moins de 26 ans et ressortissantes de l'Union Européenne... La mesure, honorable certes, me laisse quelque peu dubitatif sur le manque à gagner pour l'entretien, le fonctionnement, les restaurations, et bien entendu les nouvelles acquisitions des musées français. Tout d'abord, je trouve quelque peu anormal d'accorder cette gratuité à des jeunes dont les parents ne s'acquittent pas de leurs impôts en France. Dans une toute autre optique, bon nombre de pays pratiquent la gratuité pour les jeunes, voire toutes les personnes possédant la nationalité du pays en question, mais font contribuer plus fortement les touristes à l'effort de préservation et d'enrichissement des principaux lieux culturels... Les musées russes, dont le célèbre Ermitage à Saint-Pétersbourg, sont totalement gratuits pour les ressortissants russes alors que les touristes étrangers participent plus fortement, notamment par un billet d'entrée vendu autour de 12 euros, ce qui est extrêmement cher par rapport au niveau de vie moyen russe ! Pourquoi n'avoir pas proposé un tarif gratuit pour les Français, un tarif préférentiel pour les jeunes européens et un tarif beaucoup plus élevés pour la masse de touristes américains, chinois, et japonais qui envahissent quotidiennement les différentes salles du Louvre ?


"Offrir" la culture aux étudiants et aux jeunes salariés part d'un bon principe mais je trouve qu'il aurait été plus adapté de proposer la visite moyennant un euro symbolique plutôt que de la rendre totalement gratuite. Ironiquement le ticket du musée d'Orsay nous informe toujours que le prix de notre visite contribue à l'enrichissement des collections du musée... Cependant, la situation financière des musées français est critique depuis quelques années, les fonds manquent, de gros travaux de rénovation et de restauration sont nécessaires aux quatre coins de notre pays et pourtant, de l'argent va disparaître de leur budget annuel ! Parti de Bruxelles pour les vacances de Pâques et de passage à Paris pour quelques jours, je me suis pourtant pris au jeu et ai décidé de visiter le Musée d'Orsay, où je n'avais jamais mis les pieds malgré de nombreux séjours dans la capitale. Le cadre, pourtant bien connu, n'a rien d'extraordinaire hormis la clarté offerte par la verrière de l'ancienne gare. Cependant, ce musée regorge d'oeuvres magnifiques, notamment des très célèbres tableaux impressionnistes, parmi lesquels se trouvent des peintures de Gauguin ou de Van Gogh... Une fois ma visite terminée, j'ai récupéré la ligne 12 de l'inoubliable Métropolitain parisien à la station Solférino pour deux stations afin de me rendre au Bon Marché et à la Grande Épicerie, où je n'avais pas mis les pieds depuis près de quatre ans. A vrai dire rien n'a changé : la flopée de bourgeoises prêtes à payer près de 8 euros la barquette de fraises de 500 grammes - certes apétissantes à souhait - est toujours la même. Une chose est sûre : le 7ème ne connaît pas la crise !


Le lendemain, mon objectif était de visiter le Louvre car il me restait peu de souvenirs de ma dernière escapade dans l'un des plus célèbres musées du monde... Après avoir patienté pendant près de 30 minutes sous la célèbre pyramide de verre et d'acier et sous un ciel bleu azur, j'ai enfin réussi à décrocher le précieux ticket gratuit qui me donnait accès aux collections extraordinairement riches et nombreuses de ce musée parisien. Je me suis promené entre la Joconde, la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, ou encore la Liberté guidant le peuple, pendant près de 4 heures, sans vraiment voir le temps passer, devant la diversité des oeuvres d'art exposées dans ce musée... A la sortie, direction Saint-Germain-des-Prés, et plus particulièrement la rue Bonaparte afin d'apporter une touche de réconfort nécessaire pour cause de pieds bien douloureux suite à la visite des deux plus grands musées parisiens en moins de 24 heures. La boutique de Ladurée et de ses célèbres macarons est encore plus petite que celle de la rue Royale, non loin de la place de la Madeleine, et il faut s'armer de patience pour pouvoir déguster le précieux Graal de toute escapade mondaine à Paris qui se respecte ! Voilà à quoi servent les quelques euros épargnés lors de la visite désormais gratuite des musées nationaux français. Mais déjà s'annonce un programme alléchant pour cet été afin de profiter au maximum de cette gratuité : Beaubourg, le Château de Versailles, l'Arc de Triomphe, et le Musée du Quai Branly sont d'ores et déjà sur la liste des monuments incontournables à visiter...