29 mars 2009

Leçon de vie belge...


Tout bon Français qui se respecte devrait connaître quelques rudiments de belge avant de mettre le pied en Belgique afin de lui éviter bien des tracas... Premier constat, adoptez le tutoiement car bien peu de personnes s'adresseront à vous avec le vouvoiement ! Il est fréquent de croiser une personne dans la rue qui vous demande directement "Bonjour tu n'as pas l'heure s'il te plaît ?" Disons qu'en première approche, il est facile et normal d'être choqué par tant de familiarité de la part de nos cousins wallons... Nous n'avons pas élevé les cochons ensemble non mais ! Après les traditionnels septante et nonante pour soixante-dix et quatre-vingt dix, il est possible d'être rapidement perdu par une bête phrase comme "Pardon est-ce que tu sais ramasser ma latte qui vient de tomber de ma farde ?" Kézako ? Tout d'abord le Belge ne sait pas vraiment faire la différence entre les verbes pouvoir et savoir ce qui donne souvent lieu à des sonorités bizarres de phrases même si le sens global est compris. A leur décharge, il paraît que le problème vient de l'influence du néerlandais en ce qui concerne cette distinction entre les deux verbes. Quant aux deux autres termes de la phrase, il s'agit de notre traditionnelle règle qui nous sert à tracer des traits, et du classeur... Pas trop perdu pour le moment j'espère ?



Au moment venu de faire des courses, n'oubliez pas qu'acheter des timbres est un véritable parcours du combattant : à part les bureaux de Poste remplis de monde et quelques supermarchés, il est très difficile de s'en procurer. Dans la même optique, oubliez les hypermarchés français proposant produits laitiers sur des dizaines de mètres, avec de la Danette vanille, praliné, chocolat extra noir, chocolat au lait, brownie, petit-beurre, pistache, chocolat blanc, etc. En Belgique un "grand" supermarché fait la taille moyenne d'un Monoprix sans son rayon vêtements et soins du corps, ce qui n'est tout de même pas bien grand pour des standards français. Difficile dès lors que l'on a été habitué à un vaste choix de produits de trouver quelque chose de bien précis dans une gamme de produits beaucoup plus réduite... Oubliez aussi l'idée que le rayon fruits et légumes vous propose des cerises au mois de décembre et des litchis en plein été ! Quant à l'alcool, les champagnes et alcools forts ne sont pas en vente libre, et vous devrez faire la queue (ou la file selon l'expression belge) à une caisse bien précise pour montrer patte blanche... Pour les intoxiqués, vous pourrez également acheter vos cigarettes dans un supermarché, chose impensable en France. En bref, la Belgique est un petit pays, certes tout proche et partageant la même langue que nous - ou presque - mais la consommation de masse à l'américaine n'a pas encore trop gagné les rayons du plat pays !



Puis vient l'heure de passer à table, un Belge déjeune au petit-déjeuner, dîne le midi, et soupe le soir... Un peu compliqué à comprendre, non ? Par ailleurs, tout bon Français aura bien du mal à trouver une boulangerie en Belgique, et quand bien même vous l'aurez trouvé, difficile de trouver une bonne baguette et des bonnes viennoiseries. Les pains au chocolat, croissants, et autres "couques" sont beaucoup trop denses et secs à mon goût. Reste la solution la moins pire qui connaît un succès croissant en Belgique comme en témoigne l'ouverture récente de 3 magasins : la chaîne de boulangeries Paul qui ne vous infligera pas d'utiliser des noms inconnus, étant donné que les viennoiseries ont gardé leurs noms habituels français... N'oubliez pas non plus le petit crime de lèse-majesté final dans les boulangeries traditionnelles : les éclairs au chocolat ou au café sont fourrés... à la crème pâtissière ! Dans un autre domaine, n'ayez pas peur si l'on vous parle de pistolet et de mitraillette, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une petite miche de pain et d'un sandwich où s'accumulent frites, mayonnaise, salade, et viande. Et sachez que bon nombre de Belges n'apprécient pas l'idée de manger deux plats chauds par jour, et recourrent au sandwich ou à la "boîte à tartines" pour se nourrir le midi... Il faut quand même bien avouer que le Français a forte réputation, tout du moins à l'étranger, de passer quasiment toute sa journée assis à table, ce qui est bien mal compris par nos amis belges...

17 mars 2009

Bruxelles la crasseuse...


Il m'est de plus en plus insupportable de sortir dans les rues de la capitale belge à cause d'un facteur important à mes yeux : la propreté, ou plutôt son contraire. Il est quasiment impossible de faire 100 mètres sans rencontrer une dizaine de détritus jonchant les trottoirs ou les caniveaux, et non pas de simples papiers, mais aussi des bouteilles plastique, des canettes, des journaux, ou même plus récemment des sacs poubelles qui restent pendant près d'une semaine sur la voie publique... Triste constat pour la prétendue capitale d'une Europe qui se vante de mettre la protection de l'environnement dans ses principales priorités. N'oublions pas non plus, les déchets qui s'accumulent sur les poubelles scellées du métro, pour d'évidentes raisons de sécurité, lors des sommets européens ou de réunions de ministres des différents pays de l'Union... Est-ce que les gens qui aiment à mettre leur bouteille de soda vide sur une poubelle fermée ne peuvent pas attendre de sortir du métro et de la jeter dans une poubelle vide ? Et quand bien même une poubelle serait pleine, quel est l'intérêt de constituer une sorte de château de cartes qui s'envolera dès la première brise, et polluera une fois de plus les trottoirs déjà bien peu entrenus de Bruxelles ? Promenez-vous également dans les bosquets surplombant la gare du Luxembourg, juste devant le Parlement Européen : des dizaines de papiers, de bouteilles en plastique, de canettes vides, de bouteilles en verre, de paquets de chips : constat accablant et surtout affligeant...


Vient ensuite un élément bien plus subjectif : il me semble particulièrement dommage de raser des anciennes maisons bourgeoises de caractère pour y construire des immeubles sans aucune âme, comme par exemple dans le prolongement de la rue Belliard, juste avant de rejoindre le parc du Cinquantenaire. Le quartier européen est pour moi l'exemple type de raté magistral de politique urbaine : cet ensemble n'a aucun charme, et se résume à un défilé d'immeubles de bureaux tout plus gris les uns que les autres, où aucun arbre n'a été planté dans les rues, où les commerces ne fonctionnent que pendant le temps de midi, et qui est tout bonnement un quartier désert après 18 heures... Petit point positif cependant, l'immeuble d'une célèbre compagnie française d'assurances qui arbore une façade claire aux vitres colorées apporte un peu de clarté dans ce quartier si monotone, preuve qu'on peut allier modernité et esthétisme ! A plus d'un titre, Bruxelles apparaît comme une ville froide à tout visiteur qui débarque par la Gare du Midi grâce à son Eurostar, son Thalys, ou encore son TGV, dans une gare mais aussi un quartier sombre, gris, et poussiéreux. Sans oublier les milliers de tags qui s'accumulent sur les bâtiments publics comme privés de la ville, et qui enlaidissent particulièrement le paysage urbain. A plus d'un titre, je me demande si un renforcement des équipes de police ne serait pas bénéfique pour lutter contre les incivilités vis-à-vis de l'environnement, des personnes, mais aussi à celles commises contre les bâtiments !


Ces deux éléments se retrouvent conjugués à deux endroits pour moi : l'Avenue de la Toison d'Or et la Rue Neuve où des églises centenaires côtoient d'affreux conceptions dignes des pires architectures communistes ou soi-disant "modernistes". Baladez vous un samedi après-midi sur ces deux artères et vous devrez éviter soigneusement les nombreux résidus en tout genre qui jonchent le sol, sans oublier les déjections canines... Promenez-vous dans le Parc du Cinquantenaire en ce moment : les bourgeons éclosent, la pelouse reverdit, les oiseaux roucoulent allègrement, le soleil réchauffe une nature endormie. En un mot, le printemps refait son apparition... sur fond d'un "sublime" arc-en-ciel composé de rouge Cola et Jupiler, d'orange Minute Maid, de bleu Pepsi, de jaune Cécémel si endémique de Belgique, de doré ou de noir de célèbres barres chocolatées, de vert foncé Metro, de blanc cornets de frites bien huileux, sans oublier parfois le translucide des préservatifs usagés qui s'accumulent par endroit... On pourrait presque recréer toute la palette d'un artiste impressionniste ! Ne soyons pas si négatifs pour autant et levons un peu la tête : admirons le magnifique ciel et les branches d'arbres transformées en "oeuvres d'art" par des sacs plastiques gonflés par le vent ! Il s'agit d'un bilan peu glorieux pour la capitale de la Belgique ! A quand une véritable politique répressive face à ces incivilités quotidiennes ? Est-ce un problème d'éducation de toute une population ou bien un manque de moyens financiers de la part des communes de la région de Bruxelles Capitale ? En attendant, la crasse s'accumule un peu partout...