27 janvier 2008

Voyage dans le temps...


Au milieu du mois de décembre, la décision fut prise avec un de mes amis de partir ensemble à la découverte d'une capitale européenne. Le choix se porta sur la capitale des Pays-Bas : Amsterdam ! Un mois plus tard, et seules quelques heures à grande vitesse au départ de la Gare du Nord, nous séparent de notre destination finale. Bruxelles Midi, Anvers Central, Rotterdam Central, La Haye Central, Aéroport de Schipol et enfin s'annonce la gare d'Amsterdam à bord du Thalys. Train où le repos est d'ailleurs quasiment impossible face au flot ininterrompu d'annonces effectuées en français, en allemand, en néerlandais, et en anglais.... Amsterdam s'ouvre alors à nous, avec son architecture flamboyante, ses canaux interminables, ses effluves prenantes de cannabis, son quartier rouge, ses vélos par milliers, ses tramways qui ne manqueraient pas l'occasion de vous écraser sans pitié, ses musées... Cette excursion de quelques jours au pays de Vermeer, Van Dyck et autres, était surtout placée sous le signe de la culture avec la visite du Van Gogh Museum, du Diamond Museum, du Rijksmuseum, de la maison d'Anne Frank, de la maison de Rembrandt, du Stedelijk Museum, de l'Erotic Museum, du Museum Van Loon, de l'Amsterdams Historisch Museum, du Sex Museum, pour enfin finir par celle du Museum Willet-Holthuysen...


Malgré le mauvais temps qui fut relativement présent pendant cette petite semaine, Amsterdam s'impose comme une ville où il fait bon vivre, et où chacun s'occupe de ses propres affaires, sans regarder à celles de son voisin - du moins en apparence. Les rues offrent le spectacle d'un véritable esprit de tolérance par la densité des nombreux coffee-shop, par l'importance des vitrines illuminées en rouge où se dévoilent prostituées, par la fréquence de fenêtres de certains rez-de-chaussée où s'offrent à nos yeux les feuilles de plantes locales d'intérieur, par la présence considérable de rainbow flags... Mais aussi par des faits méconnus et éloignés des clichés notamment la quantité de restaurants argentins et indonésiens, ou encore la présence d'un mémorial, représentant un triangle de marbre rose sur le sol, rendant hommage aux homosexuels persécutés et déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale, à quelques pas de la maison d'Anne Frank. Reste qu'Amsterdam a réussi à conserver une atmosphère particulière de village figé dans le temps. Le spectacle est d'ailleurs saisissant quand on réalise qu'il ne faudrait qu'un soupçon de rêve pour imaginer qu'à n'importe quel moment, des bateaux remontant les canaux, pourraient encore rapporter leurs denrées exotiques ramenées d'Indonésie, de Curaçao, ou de Sint-Marteen, destinées à l'aristocratie et la bourgeoisie locales mais aussi à l'Europe toute entière...


Le temps semble s'être arrêté au détour d'un canal, face à l'originalité et à la singularité de son architecture, figeant la ville à l'époque du Siècle d'Or. Mais au détour d'une rue, le retour à la réalité est on ne peut plus cruel. Un long débat pourrait alors s'ouvrir entre les notions de tolérance et permissivité face à deux différences majeures entre les Pays-Bas et le reste de l'Union Européenne. Même si la plupart des gens restent dans un coffee-shop pour fumer, faut-il pour autant se permettre de fumer son joint sous le nez de ses enfants ou encore de se taire devant l'extension des vitrines et sex-shops bien au-delà des limites du Quartier Rouge ? Le gouvernement et la municipalité semblent divisés face à un constat amer : la légalisation de la prostitution n'a pas combattu les réseaux mafieux proxénètes et la dépénalisation des drogues douces a contribué à un essor des drogues dites dures. Face à un choix de société cornélien, les Pays-Bas adoptent la fameuse vertu protestante - si caractéristique de l'Europe du Nord et encore plus prononcée en Scandinavie - qui consiste, pour le moment, à fermer les yeux sur les vices des autres considérant que chacun a les siens... Maintenant que ces quelques jours à la découverte d'Amsterdam se sont écoulés à merveille, il me tarde de découvrir une autre capitale, bien plus proche encore mais où je n'ai jamais mis les pieds : Bruxelles ! Le Thalys n'a qu'à bien se tenir...

17 janvier 2008

Wear sunscreen...


Si je pouvais vous offrir un seul conseil utile pour votre futur, je vous offrirais de la crème solaire. Les effets protecteurs et bénéfiques, à long terme, de l’écran total ont été scientifiquement prouvés depuis des décennies alors que les conseils que je vais vous prodiguer n’ont aucune fiabilité, ni valeur scientifique, si ce n’est pas ma propre expérience… Profitez du pouvoir que vous offre la beauté de votre jeunesse tant qu'il est encore temps. Vous ne comprendrez alors son pouvoir réel uniquement lorsqu’elle aura été terni par l’âge. Mais croyez-moi, quand vous vous replongerez dans un album de vieilles photos 20 ans plus tard, vous réaliserez alors le nombre d’opportunités que vous avez gâchées et à quel point vous étiez splendide... Vous n’êtes pas aussi gros que vous le pensez. N'essayez pas de chercher un sens à la vie, ou bien plutôt si, inquiétez vous, mais sachez que chercher un sens à la vie est aussi inefficace que mâcher du chewing-gum pour résoudre une équation d’algèbre. Les vrais problèmes prêts à débarquer dans votre vie sont ceux auxquels vous n’aurez jamais pensé une seconde. Affrontez vos peurs au moins une fois par jour. Chantez. Ne jouez pas avec le cœur des autres personnes, ne cherchez pas l’affront avec les personnes qui maltraitent le vôtre. Ne perdez pas votre temps avec la jalousie ; quelques fois vous aurez un train de retard, d'autres fois vous serez celui avec un train d'avance…. Le chemin est long, mais à la fin, vous l'aurez parcouru tout seul. Remémorez-vous les compliments qu’on vous a adressés, et oubliez par la même occasion toutes les insultes que vous avez reçues. Si vous y parvenez, dites moi comment. Jetez vos vieux relevés de compte inutiles, mais gardez précieusement vos anciennes lettres d’amour.



Étirez-vous. Ne vous sentez pas coupable de ne pas savoir quel sens donner à votre vie. La plupart des gens intéressants que j’ai connu ne l’ont su qu’autour de 22 ou 23 ans. D’autres arrivaient à 40 ans et ne le savaient toujours pas. Constituez votre capital calcium. Soyez doux avec vos genoux, leur jeunesse vous manquera quand ils peineront à vous supporter. Peut-être vous marierez-vous, ou bien ne vous marierez-vous pas. Peut-être aurez-vous des enfants, ou bien n’en aurez-vous pas. Peut-être divorcerez-vous de votre amour de toujours à 40 ans. Peut-être même danserez-vous encore en discothèque sur des rythmes techno lors de votre 75ème anniversaire… Mais quoique vous fassiez, ne vous félicitez pas trop tout en ne soyant pas trop dur avec vous-même… Vos choix reposent en grande partie sur de la chance, tout comme les choix des autres personnes qui vous entourent. Profitez de votre corps. Utilisez-le dans tous les mouvements possibles. N’ayez pas honte de vos formes et de ce que les autres pensent, il est le meilleur instrument que vous posséderez toute votre vie. Dansez. Même si ce n’est que tout seul dans votre salle à manger. Apprenez les pas même si au final vous trouverez votre propre style. Ne feuilletez en aucun cas les magazines de mode, ils ne serviront qu’à vous dégoûter de vous-même. Passez du temps avec vos parents. Personne ne sait dans combien de temps ils viendront à disparaître. Soyez gentil avec votre belle-famille. Ils constituent le meilleur lien vers votre passé et seront là pour vous dans le futur. Comprenez que les amis viennent et s’en vont avec le temps, mais qu'une poignée d'entre eux sera toujours là pour vous quoiqu’il arrive.


Concentrez vos efforts à relier les distances à votre mode de vie car plus vous serez vieillirez, plus vous ressentirez le besoin de fréquenter les gens que vous avez connu en étant plus jeune. Habitez une fois à Paris, mais quittez la avant de devenir trop amer et individualiste. Vivez une fois à la campagne, mais quittez la avant qu’elle ne vous ait rendu trop mou et solitaire. Voyagez. Acceptez certaines vérités indéniables. Au cours de votre vie, les prix augmenteront, les politiciens brasseront du vent, et vous aussi, à votre tour, deviendrez vieux. Et lorsque tout ceci arrivera, vous fantasmerez sur le fait que lorsque vous étiez jeune, les prix étaient plus abordables, les politiciens étaient honnêtes, et les enfants respectaient les personnes âgées. Respectez vos grands-parents. N’attendez aucun soutien de personne. Vous êtes peut-être à la tête d'une héritage collosal et êtes marié à un homme ou une femme riche ; mais attention, l’un comme l’autre peuvent disparaître du jour au lendemain. N'utilisez pas trop de gel pour vos cheveux, ou bien vous arriverez à 40 ans en présentant une calvitie digne d'un homme de 85 ans. Faites attention aux conseils que l’on vous adresse, mais soyez prudent et réfléchissez avant de donner les vôtres. Les conseils sont une forme de nostalgie, les donner ressemble à écumer son passé à la recherche des moments ratés, pour éviter que les autres ne commettent les mêmes erreurs que nous. Rien ne sert de vouloir peindre par-dessus les parties les plus honteuses pour essayer de les recycler et au final, leur donner plus de valeur que nécessaire. Mais croyez moi sur la crème solaire…

Adapté et traduit d'un essai de de Mary Schmich, publié dans le Chicago Tribune en 1997.

12 janvier 2008

Suis-je séropositif ?


Là où nos parents avaient le plaisir et la joie, pour ne pas dire la jouissance, de s'envoyer en l'air sans se soucier de grand chose, sous l'influence de substances plus ou moins illicites, au beau milieu des années 70, notre génération a été celle du préservatif. Principalement parce qu'entre temps, un "cancer gay" fit son apparition sur la planète, tout droit sorti de nulle part, décimant des dizaines de milliers de personnes sur la planète jusqu'à causer encore aujourd'hui le décès de millions de personnes par an... Le virus de l'immunodéficience humaine, plus connu sous le nom de VIH - HIV chez nos confrères anglophones - continue de faire ses ravages, pendant que la recherche d'un éventuel traitement, curatif ou préventif, patine... Saluons néanmoins les efforts que fournissent, sans relâche, des milliers de chercheurs aux quatre coins de la planète. Il n'en reste pas moins que chaque partenaire reste un contaminant potentiel, et qu'au fil des années, se protéger est devenu un réflexe acquis par la plus grande majorité d'entre nous. Certains choisissent néanmoins le risque... A la fin d'une soirée trop arrosée. En guise de preuve de confiance et d'amour. Par simple déni de l'existence du virus. Abandon de la réalité au coeur d'une dépression... J'ai fait parti de ses personnes qui ont abandonné certains principes auxquels elles avaient toujours crû l'espace d'un instant, cet instant qui aurait pu changer ma vie à jamais. Quatre garçons, de Suède et de France, que j'ai aimés.


Chacun reste maître de sa vie et mesure les risques mais je ne me suis jamais permis de jouer avec la vie des autres. On entend malheureusement beaucoup trop d'histoires extraordinaires qui ont rapidement tourné à la tragédie. Deux garçons. Un couple qui s'aimait. L'un a été infidèle et ne s'est pas protégé. Il s'est contaminé et a, par la même occasion, transmis le virus à son petit ami. Des histoires comme celle-ci, il en existe des dizaines, des centaines, sûrement des milliers... Mon premier amour était parisien, il était beau, il était mien. Il avait lui aussi entendu parler de cette histoire, sauf qu'il y avait tenu la place d'acteur ; le second rôle. Je l'ai aimé comme il était, nous avons fait l'amour, nous nous sommes protégés. Je me suis parfois demandé s'il lui arrivait de souffrir sa condition, d'avoir accordé sa confiance à un homme qui ne la méritait pas, un homme qui faisait rimer petit ami avec tromperie. Je ne pouvais pourtant pas lire dans ses pensées, même si nous dormions l'un contre l'autre, et je ne pouvais savoir ce qu'éprouvait son coeur que j'entendais battre. Alors oui, un être humain peut vivre avec le virus de l'immunodéficience humaine, mais aussi avec le syndrome de l'immunodéfience acquise. Des hommes et des femmes continueront de vous aimer pour ce que vous êtes. Cependant la vie sera sans doute plus difficile à vivre chaque jour... J'ai recroisé ce garçon récemment à Paris, place de l'Etoile, juste devant l'Arc de Triomphe alors que la nuit tombait sur la capitale française. Nous avons discuté quelques instants. Et à travers son regard et ses paroles, je me suis rappelé que j'avais aimé cet homme, et que je le porte toujours dans mon coeur, à ma manière, comme ces quatre autres garçons dont je vous parlais...


Parce que l'amour peut être beau en toute circonstance, il peut aussi être plus facile à vivre en se protégeant. Certes, le "feu de l'action" se retrouve freiné pour dérouler le précieux morceau de latex, mais lorsque le doute subsiste, quelques minutes de jambes en l'air valent-elles la peine de mettre en danger sa santé et celle de son partenaire, peut-être jusqu'à la fin de sa vie ? On a parfois aussi trop tendance à croire que les trithérapies permettent de mener une vie normale or ce sont des traitements lourds qui causent parfois de sérieux troubles et amènent leur lot d'effets secondaires... Rappelez vous qu'il suffit d'une seule fois, pour ensuite douter par moments, puis par douter en permanence, se poser "LA" question, effectuer une prise de sang, et attendre le verdict final... Cette question je me la suis posée quelques fois. Jusqu'à présent mes tests sont toujours revenus négatifs et je pourrais remercier ces quatre garçons que j'ai aimés et porte toujours dans mon coeur. A vrai dire "remercier" ne serait pas vraiment le mot approprié. Mes résultats de tests témoignent du respect et de l'amour qu'ils m'avaient porté, pour ne pas avoir joué avec ma vie si un doute subsistait sur leur sérologie. Ainsi, si vous n'êtes pas sûr et certain de votre sérologie ou que vous ne faites que profitez du bon temps, ne jouez pas avec votre vie et celle de votre partenaire, protégez-vous... Et lorsque vous aurez établi une relation de confiance avec quelqu'un, s'il vous prenait l'envie par un commun accord de ne plus utiliser de préservatifs, n'oubliez pas que le risque zéro n'existe nulle part...

06 janvier 2008

Ère de changements...


Réforme sur réforme, la nouvelle présidence et son gouvernement enchaînent les lois votées à l'Assemblée Nationale et au Sénat depuis le printemps dernier. Qu'elles modifient visiblement ou non notre vie de tous les jours, certaines étaient vitales notamment vis-à-vis des retraites et de l'assurance maladie, véritables gouffres financiers qui ne finiront jamais de se creuser toujours un peu plus... Si les modalités de ces réformes sont discutables, il n'en demeure pas moi que la France ne semble pas aller mieux. La faute du gouvernement ou la faute des gouvernements précédents ? L'une des choses qui me frappe le plus reste la pauvreté qui me donne l'impression de grandir dans notre pays. Reste à savoir si étant plus jeune, je ne la voyais pas ou ne la perçevais pas, ou bien si celle-ci était vraiment beaucoup moins visible. Par ailleurs, les Français ont de plus en plus de mal à boucler un budget qui semblait pourtant encore extensible il y a quelques années. La faute à l'euro, à la flambée des cours du pétrole et du gaz, à la hausse du prix des matières premières agricoles, à la stagnation des salaires, ou que sais-je encore ! Le constat est pourtant tout aussi difficile à dresser : les années où consommer était signe de progrès, où le crédit était aisément contractable auprès des banques, où faire ses courses au supermarché ne constituait pas une ruine hebdomadaire, tout ceci semble désormais bien derrière nous...



Mais j'irai jusqu'à dire que l'homme s'est retrouvé pris à son piège de la société de consommation qu'il a lui même créé. Certes le côté pratique de nombre de produits a été totalement repensé. Bouteilles de 33 cL d'eau minérale, biscuits emballés individuellement dans un film plastique, tube de dentifrice prisonnier de sa boîte en carton, et toute la série de plats cuisinés, gâteaux, surgelés, viennoiseries, destinés à une seule personne et nécessitant toujours plus d'emballages... Sans oublier les multiples innovations nutritives et nutritionnelles rendues possibles par les laboratoires de recherche-développement des firmes multinationales... Viennent donc les yaourts enrichis pour lutter contre le cholestérol, les jus de fruits frais mélangeant cerises du Chili, litchis de Madagascar, et goyaves du Kenya. Certes ces opérations ont été le fruit d'une demande des consommateurs mais leur coût financier s'est inévitablement répercuté sur le prix du produit fini, sans compter sur l'impact écologique sur la planète. Pour se donner un soupçon de bonne conscience, le recyclage d'une partie des ordures ménagères a vu le jour, avec l'apparition de poubelles jaunes sur nos trottoirs. Quant à l'individualisation galopante des portions alimentaires, il existe toujours dans ma mémoire un temps, dans mon enfance, où la crème dessert Danette était vendue dans un pot de 1 kilogramme... Certes le côté pratique n'existait pas vraiment. Pourtant ce conditionnement reste d'actualité et demeure le seul disponible dans les pays scandinaves.


Il me semble pourtant possible de limiter au maximum l'impact de notre consommation sur les ressources de notre planète sans pour autant retourner à l'âge de pierre... La prise de conscience a été longue à se mettre en place et à être reconnue. Est-il déjà trop tard ? La Chine, l'Inde et le Brésil, ont adopté notre modèle de consommation et l'augmentation de leurs classes moyennes accroît un peu plus la pression qui règne sur la répartition des ressources mondiales. Récemment le baril de pétrole a atteint les cent dollars à la bourse de New York : l'ère de l'énergie chère semble commencer... Deviendra-t-elle aussi rare comme sont en train de le devenir certaines commodités comme l'eau potable ? Et pendant ce temps là, dans les bureaux des ministères français, on se préoccupe de savoir s'il faut ouvrir les magasins le dimanche ou encore s'il est nécessaire de supprimer les périodes légales des soldes d'hiver et d'été pour qu'elles puissent avoir lieu tout au long de l'année... Je ne dirais pas que ces questions ne sont pas importantes et qu'elles ne m'intéressent pas mais n'y a-t-il pas plus urgent en la matière à traiter en ce moment précis ? Récemment, on m'a complimenté sur le fait que je refusais d'être terre à terre et que je faisais de ma vie un rêve, toujours un peu perdu sur mon nuage. Et je dois dire que s'il fallait redescendre des hauteurs où je me suis installé, le quotidien serait encore plus sombre en voyant le monde tel qu'il est, sans ces yeux d'enfants que tout idéalise et adoucit ; ces yeux que nous avons tous eu un jour, et qu'un beau matin, nous avons perdus...