31 octobre 2007

Would you like a cup of tea ?


Après avoir eu un entretien dans une prestigieuse maison de thé parisienne, j'ai enfin obtenu une réponse de leur part aujourd'hui, en milieu d'après-midi. Je pensais que le téléphone vibrant près d'un jour après la date butoir fixée lors de l'entretien pour me donner leur avis définitif était un mauvais signe. Il n'en fut rien... Je commence donc à travailler vendredi à Paris au poste de vendeur au comptoir. Il me semblait pourtant en repensant à l'entretien qui s'était écoulé jeudi, que mes chances d'obtenir le poste étaient quand même grandement compromises. N'ayant aucune expérience professionnelle, encore moins dans le domaine de la vente, face à un homme particulièrement dynamique prêt à tester ma réelle motivation par des questions auxquelles je n'avais vraiment aucune réponse à apporter, je me suis pourtant senti prêt à me battre, car ce poste me faisait envie. Reste à savoir si cette nouvelle expérience m'aidera à trouver ma voie professionnelle... Je n'espère cependant pas rester à 1.500 € par mois toute ma vie mais je trouve le salaire honorable pour un début de contrat ! A moi maintenant de vendre un service, un produit, l'envie de revenir, une histoire, un sourire, du rêve, de l'exotisme... Je dois aussi avouer que l'idée de revêtir une tenue imposée, signe d'attachement fort à un groupe de personnes, le tout contribuant à l'image de la même maison, me donne envie de trouver ma place au sein des autres.


Comme lorsque je suis parti en Suède, il y a dans mon entourage, des individus qui restent sceptiques à l'idée de prendre une année sabatique alors que je n'ai toujours aucun autre diplôme que le baccalauréat. Puis, il y a ceux qui trouvent qu'il s'agit d'une bonne idée, forcément enrichissante pour moi dans un sens comme dans un autre. Une chose est sûre, je n'ai plus envie de m'asseoir sur les bancs d'une faculté à écouter des cours qui ne m'intéressent pas, à remplir les effectifs d'une université qui tombe en ruines, à devoir me battre contre une administration et des secrétaires qui ne connaissent jamais l'aimabilité. Je n'abandonne pas pour autant l'idée de continuer mes études à l'université de Paris IV Sorbonne afin d'obtenir une licence de commerce international. Je me suis déjà renseigné et les dossiers seront disponibles en avril. Pour ce qui est de mon tout premier vrai travail, je dois dire qu'il alterne entre le très calme et le très bondé, en fonction des vagues de clients arrivant dans la boutique - qui est d'ailleurs située entre l'Arc de Triomphe et le Parc Monceau, dans le très chic 8ème arrondissement de Paris. La clientèle est majoritairement à l'image du quartier et n'hésite pas à payer le prix fort pour obtenir le thé le plus cher, quitte à ce qu'elle ne l'aime finalement pas... C'est ainsi que défilent à longueur de journée les sous-totaux de 100, 200, 400, voire 500 euros à régler en caisse ! Mais il y a aussi, et fort heureusement, une clientèle plus modeste et souvent plus aimable, qui se rend à la boutique pour retrouver le plaisir d'acheter son thé parfumé...


Je ne sais pas encore si je resterais plus longtemps que la durée de mon contrat à ce poste mais je dois dire que c'est loin d'être le pire métier du monde. Le soir venu, je peux même remporter chez moi une partie des pâtisseries et viennoiseries qui n'ont pas été consommées pendant la journée au salon de thé... Mes journées sont donc bien remplies mais il y a quelqu'un à qui je pense souvent malgré tout ; quelqu'un que je n'ai pas oublié. Même s'il ne m'adresse plus la parole depuis plus d'un mois, je ne l'ai pas effacé. Je voudrais tant connaître à nouveau son étreinte brûlante en ces jours où les feuilles mortes s'accumulent sur les trottoirs des avenues parisiennes et où le vent glacé d'hiver s'engouffre rapidement dans les couloirs du métro... Je reste silencieux, je ne sais pas si je dois te parler, mais mon coeur te reste fidèle. Je t'ai laissé partir tout doucement, sans faire de bruit, à contrecoeur, mais je pense que ni toi, ni moi, n'avons mérité ce silence assourdissant entre nous... Récemment on m'a dit que j'étais adorable, attentionné, débordant d'amour mais que j'avais justement trop de choses à offrir. Je commence à croire qu'il s'agit peut-être de la vérité. Alors, avant que mon esprit ne s'évade et je m'occupe de mon travail : accueillir, sourire, conseiller, servir, empaqueter, préparer, et remercier... Si tu savais ô combien tu manques à ma vie, mais malheureusement tu sembles m'avoir déjà oublié et rayé de ta vie comme une honteuse expérience du passé qu'il fallait rapidement effacer...

18 octobre 2007

Lonely existence...


Il y a des jours comme ça où tout semble ne pas sourire. Le ciel est gris, l'air est humide, la morosité vous envahit. Le téléphone portable présent sur le bureau reste désespérément muet et malgré vos appels, aucun de vos amis ne répond présent. Finalement, dans l'esprit de vous changer les idées, vous prenez votre courage à deux, ouvrez votre parapluie, et vous rendez au cinéma... Le cinéma, un des rares endroits où le rêve et le romantisme existent encore - à la sauce Hollywoodienne bien sûr. Qui n'a jamais rêvé de vivre des moments tels que Jack Dawson et Rose DeWitt Bukater, tous deux insouciants, brisant les interdits de l'époque, alors que leur paquebot s'apprête à couler ? Qui n'a pas frémi devant l'amour impossible auquel se livraient Roméo Montaigu et Juliette Capulet et qui se termina de manière si tragique ? Cette fois-ci, je décidais de me rendre à la séance d'un film semi-biographique sur la vie de Jane Austen et d'une présupposée romance qui dura pendant sa vie entière... Et même si tout ceci ne reste que pure fiction portée à l'écran, il n'en demeure pas moins que l'amour qu'elle portait à cet homme, nommé Tom Lefroy, était magnifique par son authenticité, singulier par sa forme, et véritable par la passion que Jane Austen semble connu pendant le reste de sa vie. Il en serait même paradoxal de penser que cette femme, insoumise aux moralités et à la bienséance de son époque, soit finalement restée abaissée à un amour qu'elle ne pouvait que garder dans son coeur...



"The greatest love stories are the ones we keep in our heart because they last forever". A bien y réfléchir, il semble réaliste de dire qu'en effet, les plus belles histoires d'amour restent celles que l'on garde pour toujours dans son coeur. Peut-être est-ce dû à une certaine idéalisation de ce qui n'a jamais éclos au fil du temps ou bien à un sentiment universel que chacun d'entre nous a éprouvé au moins une fois dans sa vie... Je n'ai jamais eu la chance de pouvoir vivre une véritable histoire avec quelqu'un et il m'arrive souvent de repenser à ces garçons dont je suis tombé amoureux mais chez qui je n'ai rien provoqué d'autre qu'une sorte d'indifférence. Leur arrive-t-il de repenser parfois à moi, aux moments que nous avons passés ensemble ? Subsiste-t-il un doute dans leur esprit d'avoir peut-être fait le mauvais choix ? Non pas que je pense être un modèle de perfection, indispensable à n'importe quel homme - loin de là - mais suis-je vraiment fait pour apporter une part de bonheur à quelqu'un ? Tel Jane Austen passerais-je ma vie seul, fidèle à une romance qui ne semble pas pouvoir partir de mon coeur ? Au fur et à mesure que le temps a passé, que les jours se sont écoulés, que les semaines ont défilé, ce sentiment de solitude amoureuse s'est renforcé en moi, et ce, depuis déjà quatre ans maintenant. Être seul est-il le prix à payer pour avoir toujours été comblé par les bienfaits de la vie, depuis les Noëls croulants de cadeaux jusqu'aux voyages au bout du monde ?


J'aimerais pouvoir partager les années ma jeunesse aux côtés de quelqu'un qui m'aimerait. Découvrir Bruxelles et Amsterdam, le Japon, la Louisiane, la Californie, ou encore le Québec, main dans la main avec un homme qui n'aurait pas peur de s'engager. Est-il si difficile de nos jours de pouvoir entendre un "Je t'aime" ou même ne serait-ce qu'un "Je tiens à toi" ? Après tout, il est indéniable d'affirmer que baiser sauvagement dans le sous-sol d'un bar glauque semble être plus en vogue parmi la population homosexuelle... Il me prend parfois l'envie de répandre un virus d'un type nouveau, nommé Love.exe, de manière à ce que le monde arrête de se complaire dans la consommation de rencontres, nouvelles ou non, amicales ou sexuelles, le tout à outrance, sans jamais trop savoir pourquoi. L'amour demande du temps, des efforts, des compromis, et il constitue ce que Mademoiselle Austen avait décrit, au tout début du XIXème siècle, comme un bouton de rose fragile à qui il faut offrir patience et soins pour qu'il puisse finalement éclore et libérer toute sa splendeur et son enivrant parfum... Le problème actuel reste que chez n'importe quel fleuriste, la rose se fait de moins en moins sublime, et son parfum de plus en plus éphémère, pour ne pas dire totalement absent...