28 juillet 2007

Le Marais...


Quartier aristocratique de Paris au XVIIème siècle puis déserté totalement par ses habitants lorsque la Révolution française éclata, le Marais est souvent considéré comme l'un des plus beaux arrondissements de la capitale. Après avoir été rénové dans sa plus grande partie, ses innombrables ruelles laissent apercevoir de charmants immeubles ayant gardé le cachet d'un Paris non modernisé par le Baron Hausmann et ses larges percées. Ici et là se croisent ruelles et passages dévoilant leurs zones piétonnières et leurs artisans : oui, le temps semble bel et bien s'être arrêté dans ce quartier de Paris... Siècle après siècle, il a vu défiler des populations juives, chinoises, pour finalement se transformer en havre de paix pour la population homosexuelle notamment aux alentours de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Néanmoins, les hôtels particuliers alternent avec les galeries d'art qui commencent à s'ouvrir à chaque coin de rue, et le quartier si apprécié des touristes semble effectuer une certaine mutation grâce à son ouverture - pour le moment modérée - sur le reste de la ville. Mais si Paris est reconnaissable aux quatre coins du monde grâce à sa Tour Eiffel, à son Arc de Triomphe, à son musée et ses pyramides du Louvre, le quartier du Marais peine à se vendre à l'international, faute d'un bâtiment symbolique et facilement identifiable... Lui reste alors le siège de batailles électorales féroces passées et futures : l'Hôtel de Ville de Paris !




Pour revenir à la présence homosexuelle dans ce quartier, les nombreux rainbow flags tapissant les vitrines et devantures des magasins et bars du quartier n'échapperont à personne, même dès le premier coup d'oeil... Certains ne jurent que par ce quartier, le présentant comme un havre de tranquillité où se tenir la main et s'embrasser n'offusque personne. D'autres crient à la ghettoïsation galopante du quartier où superficialité et rencontres faciles d'un soir contribuent à entretenir une image volatile et clichée des homosexuels... Certes, de nombreux bars et clubs proposent dans leur sous-sol des pièces obscures où se déroulent des choses destinées aux moeurs les plus libérées, mais il existe aussi des personnes à la recherche de relations sérieuses. Il est aussi difficile de nier que l'apparence et le regard sont primordiaux dans un monde "à part" où chacun regarde et dévisage son voisin, tel un prédateur féroce prêt à bondir sur sa proie sans défense. Le Marais c'est aussi l'occasion de payer plus cher qu'ailleurs un verre ou un service, juste pour le plaisir d'avoir affaire à un serveur, un coiffeur, un agent immobilier ou même un esthéticien gay : ah communauté quand tu nous tiens... Il est d'ailleurs ironique de penser que l'on peut "aider son prochain" même si l'on n'en oubliera pas l'éventuelle possibilité de se taper le vendeur dans l'arrière boutique. Enfin n'oubliez pas de lui demander son consentement tout de même !


Et alors que TF1 nous ressort pour la énième fois le concept de son émission phare de l'été - mais si vous savez bien, ces quelques dizaines de minutes où l'appel de la chair se révèlera destructeur pour les quatre malheureux couples ayant voulu participer à ce jeu - nous sommes en droit de nous demander si le sexe est désormais un produit à part entière dans notre société de consommation... "Le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder" affirmait même l'auteur célèbre du Portrait de Dorian Gray, il y a près d'un siècle ! A l'heure on l'on nous vante les propriétés d'un préservatif qui s'essaye, juste après le journal de vingt heures, comme un pantalon dans un magasin de vêtements, y a-t-il encore une place pour quelque chose de plus subtil que cette recherche inonterrompue du plaisir ? A regarder de plus près les couvertures de magazines et revues de n'importe quel marchand de journaux, il semble pourtant que non... Entre le supplément érotique proposé par l'un, la couverture affichant en gros titre les spéculations sur la taille des pénis de stars, et la publication people nous gratifiant des histoires de coucheries du tout Hollywood, le tour d"horizon semble vite achevé ! Et pour ne rien arranger, le titre phare du top 50 est l'oeuvre d'un illustre DJ vantant la désertion de l'amour : vous l'aurez bien compris, l'amour n'est pas au goût du jour, et la surenchère de sexe en laisse beaucoup d'entre nous perplexes...

19 juillet 2007

Life and nothing else...


Le grand défi de l'été a commencé : trouver une entreprise qui voudrait bien me prendre en contrat d'apprentissage pendant douze mois pour un poste tourné à trente pour cent vers l'international, rien que ça je sais ! Les lettres, les emails, et le téléphone fonctionnent à plein régime depuis presque trois semaines pour un résultat plutôt mitigé... L'Occitane et Givenchy Parfums m'ont gentiment répondu en s'adressant à moi par "Mademoiselle" ce qui montre à quel point ils ont porté attention à ma candidature. Mes deux autres réponses - négatives certes mais polies - concernent Lacoste et Ladurée qui semblaient intéressées mais ces deux entreprises n'ont actuellement pas de poste à pourvoir pour moi. Viennent ensuite des dizaines de lettres sans réponse pour le moment : Alstom, Arthur Nash Consulting, AstraZeneca, Auchan, Berluti, Cacharel, Chanel Parfums, Christian Dior Parfums, Clarins, Danone, Ella Baché, Fauchon, Gucci, H&M, Hédiard, Hermès, Hewlett Packard, Kenzo Parfums, Krug, JCDecaux, La Brioche Dorée, Lindt & Sprüngli, Mariage Frères, Marnier Lapostolle, Metro France, Pearson Education France, Pernod Ricard, Petit Bateau, Piper Heidsieck, Rémy Cointreau, Sephora, Sothys, Thalès, YSL Parfums ... Sachant que je dois trouver ce contrat avant la mi-octobre, si un lecteur dispose de pistons dans une grande boîte, qu'il n'hésite pas à me contacter ! Je suis prêt à trouver un arrangement en échange de n'importe quelle aide...



Mes différentes réunions dans le XIVème arrondissement de Paris n'ont pas servi à grand chose si ce n'est à faire un point sur notre recherche d'entreprises et une étude approfondie de notre C.V et des lettres de motivation que nous avons envoyées... Il en ressort que mes nombreux voyages à l'étranger, mon séjour d'un an en Suède et ma connaissance de la langue suédoise sont des atouts majeurs qui ne devraient pas trop me compliquer la tâche dans ma recherche d'entreprise. Néanmoins, le résultat est là, je n'ai toujours pas réussi à décrocher d'entretien... Même s'il me reste plus de deux mois avant la date limite et que la saison estivale n'aide pas forcément, je dois avouer que je m'inquiète à l'idée que pratiquement personne ne me réponde ! La moindre des politesses serait tout de même de répondre à une lettre que l'on reçoit même pour envoyer une réponse négative. La coordinatrice de la formation nous a même rapporté qu'un étudiant avait été embauché chez Sodexho il y a deux ans pour finalement être détaché à l'étranger en Angola pour servir l'armée américaine, encadré par des soldats armés au cas où une milice viendrait s'en prendre aux troupes américaines... Même si le côté exotique de l'Angola peut être attirant, je tiens quand même à conserver la vie à la fin de cette formation et j'éviterai donc de postuler chez Sodexho... Si d'autres idées d'entreprises à contacter vous viennent à l'esprit, n'hésitez pas à me les faire parvenir !



A part ça pas grand chose, je partage mes vacances entre Reims, Paris, et Nancy. Le temps s'écoule entre les rames du tout nouveau TGV Est et les lignes 1 et 4 du métro parisien. Il est désormais bizarre de monter à bord d'un train, de s'assoupir quelque peu et d'arriver rapidement à Paris... Une heure et vingt minutes plus tard après mon départ de Reims, je me retrouve rue Lacaze à côté du Parc Montsouris, à deux pas du périphérique ! De l'autre côté de la ligne, en Lorraine, j'ai enfin pu voir mes deux nièces, l'aînée que je n'avais pas vue depuis un an, et la plus petite que je n'avais tout simplement jamais vue. Passer quelques jours en compagnie de jeunes enfants remplit ma tête de questions bizarres auxquelles je ne peux apporter de réponses malheureusement. Parfois je me demande ce qu'il adviendra de ma vie, sans descendance, sans valeurs à perpétuer, sans héritage à transmettre... Pourtant je pense avoir passé cette crise existencielle que chaque homosexuel connaît tôt ou tard, à savoir qu'il n'aura jamais la vie stéréotypée que chaque personne "normale" connaît. Mais cette phase s'est terminée pour laisser place à une autre pleine d'interrogations sur ma vie professionnelle et amoureuse. L'avantage de cette recherche effrenée d' entreprise est de m'occuper l'esprit pendant cette période de grandes vacances généralement si propice aux questionnements infiniment inutiles, surtout par ce temps maussade, gris, et pluvieux qui semble régner sur notre saison estivale...

02 juillet 2007

Dream a little dream...


S'il y a quelque chose qui m'a interpellé en retrouvant ma terre natale c'est bien le nombre de fois où chacun d'entre nous peut entendre des sirènes - de police, de pompiers, d'ambulance - se déclencher dans la journée... Ce bruit si strident qui symbolise la souffrance d'une personne en détresse, physique ou morale, qui n'a d'autres moyens pour s'en sortir que d'en appeler à une force armée ou à des soins médicaux urgents. Mais dans notre société où tout repose sur l'individualisme, nous arrive-t-il une seule fois de penser à tous ses gens qui nous entourent - proches ou parfaits inconnus - qui souffrent à leur manière, chaque jour, en silence ? Ennuis de santé, problèmes financiers, mais aussi disputes ou peines de coeur semblent rythmer notre vie hebdomadaire. Et puis finalement, il existe cette quête que chacun cherche à accomplir pour remplir son existence. Pour certains il s'agit de la recherche d'un métier, ou bien encore l'envie de recréer une famille que nous n'avons jamais eûe. Pour d'autres, c'est la poursuite de l'amour, entre sourires, trahisons et déceptions... Mais bien souvent ouvrir son coeur se transforme en véritable danger : peur de s'engager, crainte de souffrir à nouveau, ou bien tout simplement inquiétude d'être pris dans un tourbillon d'émotions fatal au bonheur final. Nombre d'hommes et de femmes fuient en pensant que leur liberté et leur indépendance seront irrémédiablement réduites comme peau de chagrin face à l'arrivée d'une autre personne dans leur vie...



Qu'y a-t-il tout simplement à espérer quand on a 20 ans, que l'on est gay, et que l'on rentre chez soi après avoir visité cinq pays différents, tout autant de capitales, et que l'on retrouve la vie que l'on avait toujours voulu fuir après avoir passé près d'un an en Suède ? Si j'avais une réponse à apporter ce serait que la seule chose qui manque à ma vie repose justement dans quelques mots doux qui feraient vibrer mon téléphone portable, des balades dominicales qui se termineraient autour d'un chocolat chaud, et quelqu'un qui n'aurait pas peur de prononcer les mots "Je t'aime"... Parfois j'aimerais aussi ne pas avoir de coeur à recoller, à rebriser, puis à retrouver une nouvelle fois en dizaines de morceaux. Mais finalement aujourd'hui il me faut réintégrer des passe-temps et des loisirs qui s'étaient substitués naturellement à d'autres. Retrouver l'envie d'aller au cinéma, de flâner dans les rues de ma ville natale, de discuter avec ma meilleure amie de tout et de rien ou bien tout simplement d'accepter ma vie telle qu'elle est. Et tout ceci a quelque chose d'effrayant quand on en arrive à la conclusion par moment que l'on a réussi à faire des choses que la plus grande majorité n'arrive à faire en une existence... Désormais je peux le dire et le crier haut et fort et pardonnez-moi l'expression : j'ai eu les couilles de partir un an et de tout laisser ! Jamais je n'aurais imaginé quelques années auparavant ce qui allait m'arriver et aucun mot n'existe pour décrire tout ce que j'ai vu, les amis que je me suis fait, les rires que j'ai laissé éclater, et les souvenirs inoubliables qu'une année Erasmus laisse en vous...


Cependant, nous pensons tous être maître de notre destin mais un jour, notre vie d'enfant si paisible a été bouleversée. La vie a cessé d'être drôle pour devenir effrayante. Les couleurs pastel sont devenues ponctuées de gris jusqu'à devenir noires. Mais petit à petit, nous avons appris à recouvrir de peinture pastel le noir lorsqu'il le fallait. Tout compte fait nous avons aussi appris à grandir et vivre avec cette peur, nous l'avons laissé nous envahir au début, puis nous avons su comment la dominer... Et parfois le destin nous réserve de bonnes surprises comme aujourd'hui en apprenant que l'université de Paris IV Sorbonne m'a finalement accepté pour accomplir la dernière année de mes études. Trouver une entreprise, dénicher un logement, déménager, et m'habituer à un nouvel environnement... De nouveaux challenges s'ouvrent à moi même si pour le moment je peine à réaliser ce qui s'est passé. En à peine une année, j'ai réussi à convaincre deux jurys, une première fois pour partir en Suède, et maintenant pour m'offrir une formation en licence professionnelle. Je n'irais pas jusqu'à dire que mes chevilles gonflent à vue d'oeil mais ces deux réussites m'apportent une certaine satisfaction personnelle et l'impression d'être sur une pente ascendante où se trouve une réussite professionnelle à la clé. Et pour finir, j'essaye aussi de conjuguer ces succès dans le domaine sentimental et amoureux où une rencontre est peut-être en train de changer ma vie de célibataire endurci, mais tout ceci sera peut-être dévoilé prochainement...