24 avril 2007

Pauvre paysanne et noble chevalier...


Il était une fois, Mère Ségola qui nous avait promis le beurre et l'argent du beurre. Paysanne et mère de plusieurs enfants, originaire de la région Poitou-Charentes, cultivant le goût des choses simples, elle avait pourtant voulu se lancer dans la conquête des palais dorés de la capitale... De l'argent pour tous, de la croissance pour tous, du bonheur en tablettes de chocolat, de la bonne humeur dans les boîtes de camembert - pour ne pas dire de Vache qui rit - Mère Ségola se voulait généreuse, peut-être trop même. Eh oui, elle proposait que nous nous aimions les uns et les autres ou encore de voter en sa faveur pour aller courir dans les champs avec elle, tablier et pot de lait dans la main. Naïve, innocente, et sure d’elle, rien ne lui faisait peur. Portée par une vague populaire mais délaissée par les siens, notamment Dominique, Laurent, et François, Mère Ségola se dressa vaillamment contre ses détracteurs. Mais Frère Nico, preux chevalier, se dressa sur son chemin, prêt à livrer bataille contre tout ennemi, et prêt à bouter hors de notre Sainte Terre sacrée, la cohorte de méchants envahisseurs sans papiers - de préférence polonais ou maghrébin. Mais loin d’être seul, Frère Nico reçut le soutien de ses amis : Johnny, Mireille, Tina, David, et tous les autres. Ecumant la campagne française sur leurs fidèles destriers, cette joyeuse bande de copains fut bientôt rejointe par les ministres pressentis à la tête des ministères de la Culture, de l’Education, et des Finances : Squeervy, Dog Pétardo, et Bernard Flouzie...



La France, ce pays aux caisses vides, au prestige fragilisé, et à l'industrie disparue, devait retrouver l'espoir de nouveaux jours ensoleillés, grâce notamment au réchauffement climatique qui allait s'accentuer encore plus durant le prochain quinquennat. Mais entre socialisme vieillot et droite populaire décomplexée, le destin semblait inévitable... En voulant retrouver les jours de gloire de l'ex Nouvelle-France, elle appela à l'indépendance du peuple québécois. Môdit tabarnak, mé kessé ki t'as pris là Ségol' ? Puis dans les contrées d'Extrême-Orient, elle arbora la couleur du deuil sur la Grande Muraille pour mieux montrer sa joie de parler aux dirigeants de l'Empire du Milieu... Malheureusement, Frère Nico avait noué de solides liens d'amitié - et de portefeuille - avec ses grands amis financiers du royaume de France. Quelle chance inouïe d'avoir pu jouer à colin maillard avec les garçons qui allaient devenir les seigneurs à la tête de TR1, France 1, Lapardère, Bouigue, ou encore Le Beaumarchais. Pendant ce temps, Mère Ségola était bien seule, gardant la tête haute et son tailleur parfaitement coupé ! Le continent européen regardait attentivement le déroulement des évènements mais une fois de plus, Mère Ségola fut malchanceuse quand Tony, Georges, et Angela serrèrent la main de Frère Nico...



L'hymne national retentissait dans chaque carosse et salle de bal, les troubadours poussaient la chansonette encore plus souvent, et le drapeau national retrouvait un prestige inégalé depuis des décennies. Fini les scrupules sur la France morose et souffrante, le peuple était plus que jamais prêt à dire merde à Bruxelles, à creuser le déficit, à dépenser à crédit, à aimer le luxe, à travailler plus pour gagner plus : désormais la France retrouvait presque un nouveau souffle, prête à s'unir devant un nouveau chef, après douze années passées où les yeux étaient rivés sur l'opération Ecus Jaunes et la griffe de la bourse qu'arborait fièrement Bernadette à chacune de ses visites au sein du royaume... Plus le temps passait, et plus Mère Ségola faisait figure de perdante face avec ses envies de taxer les bourgeois pour redonner à la populace. Cependant nul ne doute qu'elle aura plus de chance une prochaine fois avec des solutions plus justes, en proposant une réponse économique adaptée à la situation actuelle de notre Royaume. En effet, beaucoup de ses amis, et des petits papiers portants son nom se sont échappés vers Frère Nico, ou sont devenus blancs, déçus des idées d'un socialisme ringard mais ne sont pas partis à droite pour autant ni pour toujours...

16 avril 2007

Impériale Russie...



En ce début du mois d'avril et après avoir passé quelques jours en Finlande, j'ai pris la route de la Russie pour me rendre à Saint-Pétersbourg et à Moscou pour près de deux semaines de vacances. Après avoir passé la frontière, visa russe en poche, ce qui frappe aux premiers abords c'est le peu d'importance laissée à l'environnement aux bords des routes russes : pneus usagés, anciens réfrigérateurs, bouteilles plastiques, et autres détritus en tout genre jonchent allègrement le bas côté... Passé le premier aperçu peu glorieux, la banlieue de Saint-Pétersbourg ressemble à une longue avenue où se dressent des immeubles d'une trentaine d'étages, souvenir d'une époque communiste pas si lointaine encore. Vient ensuite le coeur même de la ville, voulue par Pierre le Grand comme une ouverture sur l'Europe. C'est un fait Saint-Pétersbourg regorge d'Histoire. Par la quantité de monuments arborants des façades néo-classiques et des couleurs chatoyantes tout d'abord, et ensuite par la richesse et l'importance de ses musées - dont le célèbre Ermitage - où les oeuvres des plus grands artistes ont élu domicile, de Monet à Michel-Ange, en passant par Van Gogh, Picasso, Van Dyck, Poussin, et autres artistes non moins célèbres... S'en sont suivies des visites d'endroits non moins célèbres comme la Cathédrale Saint-Isaac, l'Eglise du Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, le Palais de Catherine II à Puskhine et sa célèbre Chambre recouverte entièrement de morceaux d'ambre...


Puis est venue Moscou, capitale de la Russie actuelle. Même si la neige a été de la partie pendant les moments passés dans cette ville, Moscou n'a pas le charme de Saint-Pétersbourg. Profondément communiste dans son architecture et incendiée en 1812 pour éviter le ravitaillement de Napoléon, la ville ne possède guère de monuments remarquables historiquement parlant. La Place Rouge et ses abords se sont transformés en zone ultra-sécurisée où l'on croise un policier tous les 20 mètres. Sans compter sur le métro où 4 policiers surveillent chaque station et où un homme en civil reste dans chaque wagon... Même à l'entrée d'un restaurant, d'un théâtre, ou d'un centre commercial se dressent portiques de sécurité et l'on effectue parfois même une fouille corporelle si par malheur vous avez fait biper l'alarme ! La tension est palpable, le régime de Vladimir Poutine n'oublie pas les récents attentats et prises d'otages... Là où le salaire moyen russe s'élève à 200 euros par mois, les traditionnelles galeries marchandes d'épiceries se sont transformées en avenues du luxe où Dior, Louis Vuitton, Hermès, et autres peuvent séduire la "clientèle". Résultat, ces galeries sont désertes, faute de clients fortunés... Etonnament, pour un régime supposé hautement anti-démocratique, jamais, à aucun moment, un policier n'a effectué un contrôle d'identité sur ma personne ! Enfin nous avions été prévenus que des policiers peu scrupuleux pouvaient nous contrôler et inventer un problème avec notre visa afin de vouloir nous emmener au commissariat, tout cela dans le but de nous extorquer quelques dollars si nous préférions rester tranquille... Dans ce cas là, il fallait tout simplement accepter de le suivre, ne pas se laisser intimider, et le menacer d'avoir l'immunité diplomatique et que nous devions contacter notre Ambassade au plus vite ! Système corrompu de partout quand tu nous tiens...



La Russie c'est aussi un pays où personne ne parle anglais - encore moins qu'en France, si, si, c'est possible - et commander un menu dans un restaurant, prendre le métro, comprendre le nom d'une rue, sont des challenges quotidiens ; l'alphabet cyrillique n'aidant pas vraiment ! Il n'empêche que ce voyage constitue des bons moments, des découvertes inouïes, et des expériences inédites. La soirée passée au théâtre Bolshoï à Moscou au son de la musique de Tchaïkovsky. La musique folklorique russe dans le palais Nikolaïevski de Saint-Pétersbourg. La forteresse Pierre-et-Paul et sa cathédrale où reposent tous les tsars de Russie, y compris Nicolas II et sa famille dont Anastasia, massacrés après la Révolution russe. Les hôtels où l'eau courante avait la couleur et la consistance d'une mousse au chocolat pendant 10 minutes avant de faire apparaître une eau à peu près "propre", du moins en apparence. La vodka servie comme boisson d'accompagnement dans les restaurants à la place de la traditionnelle eau - enfin quand on voit la qualité de l'eau du robinet, peut-être qu'il vaut mieux avoir de la vodka ! Mais aussi, par-dessus, ce qui a frappé la plupart d'entre nous, occidentaux de l'Ouest, c'est les visages tristes et creusés de la population, qui a vécu sous le joug communiste et totalitaire et qui connait encore aujourd'hui un régime répressif, hostile à toute "excès" populaire... On trouve de l'Evian, du chocolat Milka, des préservatifs Manix, mais à des prix hautement excessifs pour la population russe de base. Le changement brutal à l'économie de marché commence à être patiemment digéré même si le système reste grandement corrompu, bref vous l'aurez compris : en Russie, tout va bien... mais tout va mal !