25 mars 2007

What should we do on Sundays ?

Le dimanche c'est le jour où tout être humain normalement constitué peut enfin prendre le temps de faire ce dont il a envie. Comme la plupart des magasins sont fermés, on ne peut généralement pas passer sa journée dehors, en dehors de quelques exceptions comme les Champs Elysées. Au mieux, on peut atterrir dans un cinéma à assister à la projection d'une bonne comédie romantique mielleuse ou d'un film de cinéma d'auteur qui vous donne envie de vous jeter dans la Seine en sortant de la salle... Et comme si le dimanche n'était pas un jour suffisamment chiant comme ça, la télévision n'aide en rien, que ça soit sur M6 qui nous propose sa saga étalée sur 15 semaines, France 2 et Michel Drucker, ou encore TF1 et Walker Texas Ranger... Heureusement quelques chaînes du satellite et du câble nous offrent des programmes relevant un peu le niveau du paysage audiovisuel français dominical ! Mis à part passer sa journée à glander devant la télévision, il ne nous reste pas plus d'options qui s'offrent à nous. A vrai dire avant, quand la France était un pays religieux, les fidèles passaient leur matinée à l'église et restaient assis à table tout l'après-midi à se remplir la panse : occuper son dimanche ne posait aucun problème. Disons qu'aujourd'hui se rendre à la messe est quelque chose que seules quelques grand-mères font encore, nous autres vaillants jeunes préféront récupérer de nos dures semaines d'études acharnées - ou tout simplement passer la matinée à dormir, histoire de raccourcir un jour où il n'y a rien à faire, et de glander encore plus que d'habitude...




Le seul dimanche qui a une saveur particulière, c'est celui que l'on passe à se réveiller doucement, où l'on somnole sur fond de câlins jusque midi, puis à ce que l'un décide de se lever, d'enfiler quelques vêtements vite fait, puis de ramener quelques viennoiseries à la maison. Ce n'est pas non plus une obligation mais disons que ça brise un peu la monotonie des matins ordinaires de la semaine... Enfin une chose est sûre, que l'on soit célibataire ou accompagné, on n'échappe pas à Michel et son invité du dimanche sur France 2. Heureusement, j'ai la chance d'y échapper depuis près de huit mois et je dois dire que je ne m'en porte pas plus mal ! Mais je commence à réaliser que ma vie en Suède ne ressemble à rien, mon week-end s'étend du jeudi soir au mardi midi, ce qui fait que je passe la plupart de mon temps à glander, à dormir, à boire - pas comme un trou non plus - et à manger, à être à droite et à gauche, à voyager, enfin bref à faire beaucoup de choses sauf à passer du temps dans une université... Croyez-moi si vous le voulez ou pas, mais depuis mon arrivée en Suède, j'ai pris près de 10 kilos. Quand j'ai raconté ça à mes semblables "Erasmusiens" francophones, on m'a souvent demandé : "Mais tu les as mis où ?". En fait, je me suis regardé dans un miroir à la recherche de ce qui avait changé, et c'est surtout au niveau de la taille que commencent à apparaître des jolies petites poignées d'amour. Au secours Maman, je deviens grosse ! Enfin même si ça ne peut que me faire du bien, je pense avoir toujours une large marge avant d'atteindre la surcharge pondérale...



A part ça, je commence à être un peu à l'étroit dans certains pantalons ou sous-vêtements de taille S. Entre Zhu, une étudiante chinoise, qui m'a fait gentiment remarquer que j'avais "such a big ass" en Laponie, et Penelopi, une étudiante grecque qui m'a mis la main aux fesses accompagné d'un "Wow nice ass !", j'ai juste l'impression qu'une sphère inter-galactique de gens bien décidés à me faire complexer gravite autour de moi. Bien destiné à dire Zut - je sais plus personne n'utilise ce mot - aux gens qui me font ce genre de remarques, j'ai entamé un régime 100 % sucre, dans lequel j'intervertis Häagen-Dazs avec Ben & Jerry's : on nous répète de diversifier son alimentation, donc j'alterne ! Trève de plaisanterie, je pense que je suis vraiment sur le point d'atteindre l'âge où il va falloir que je fasse attention à ce que je mange, enfin c'est-à-dire à surtout éliminer radicalement des marques comme Haribo, Lindt de mon régime alimentaire quotidien. Mais voilà que tombe à pic un voyage destiné à briser mon train-train suédois qui me mènera à Helsinki en Finlande, puis à Saint-Pétersbourg et Moscou en Russie du 2 au 11 avril prochain. A moi le pays des tsars, d'Anastasia et de la vodka. Je compte bien profiter de mon voyage dans le plus grand pays du monde, peut-être pas le plus grand du point de vue économique et défense des droits de l'homme mais je n'en dirais pas plus pour le moment, je ne tiens pas à rester à vie dans une prison russe. Je vous raconterai donc mon expérience russe à mon retour avec nombre de photos à la clé ! En attendant je vous dis До свидания et vous abandonne pour quelques semaines...

24 mars 2007

Lappland memories...













16 mars 2007

That's hot !


Il paraît que le sexe fait vendre. Ne soyons pas si vague, affirmons-le : c'est une certitude. Mais là où nos bonnes mentalités acceptent volontiers que leur esprit - voire autre chose - soit gentiment stimulé par des publicités tendancieuses, des propos un peu osés, voire même par des films pornographiques, il ne faut faire qu'un pas pour que certaines limites soi-disant morales viennent mettre un frein à la libéralisation des moeurs... Fraîchement arrivé en Suède au mois d'août, en train de zapper entre deux chaînes, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un documentaire sur les relations sadomasochistes en plein dîner à une heure de grande écoute ! J'entends déjà certains ragots qui murmurent "Mais voyons on sait que t'aimes te faire dominer espèce de salope". Bon d'accord, je n'ai eu le réflexe de changer de chaîne - on va dire que la télécommande avait dû soudainement disparaître... Bien loin de moi l'idée de condamner ce genre de programmes où le ludique veut se mêler à l'éducatif, mais dans le cas présent, je dois bien avouer que ce sujet traité au tout début de la soirée m'a fait quelque peu avalé mon repas de travers. Aucune censure dans les paroles, ni dans les images, si bien que je dois presque avouer que j'ai été choqué par tant de liberté d'expression. Mais que fait le gouvernement suédois ? Apparemment pas grand chose contre la vision de sexes en érection, de toisons pubiennes, de pénétrations en folie, de langage cru - j'en passe et des meilleurs. A vrai dire le documentaire allait grandissant - j'ai dit le documentaire ! - pour finir sur un majestueux bouquet final où un couple d'hommes tout habillé de cuir finissait le reportage par une scène - allez n'ayons pas peur des mots - d'éjaculation faciale...


Faut-il pour autant aller aussi loin pour frôler les sommets de l'audimat ? Force est de constater que la télévision suédoise aime à sombrer dans le trash, le limite pornographique, ou même carrément le pornographique complet comme démontré en quelques lignes précédemment ! Plus récemment, la même chaîne nous a offert la diffusion d'un reportage sur la pratique du nudisme. Disons que voir cachalots et baleines échoués sur les plages de Suède (tiens d'ailleurs elles sont où les plages en Suède ?) complètement nus de 20 à 80 ans au beau milieu d'un repas font difficilement avaler son assiette de pâtes qui reste finalement quelque peu en travers de la gorge ! Je me demande d'ailleurs comment les Suédois ont-ils pris la polémique américaine lors de l'exhibition inopinée du téton de Ms. Janet Jackson... Et dire que Paris Hilton se promène avec des jupes pour le moins très courtes - pour ne pas dire à ras-la-touffe - et que l'Amérique puritaine ne semble pas s'en offusquer ! A vrai dire je pense que tout ce que Ms. Hilton touche, les Mormons s'empressent de le bannir. Mais là où la France est quelque fois sur la voie de suivre la Suède, elle reste un pays extrêmement conservateur, dominé par ses idées rétrogrades où chacun d'entre nous devrait (feindre de ?) préserver ses pulsions pour mieux donner l'apparence d'une société composée de saintes-nitouches...


Mais si l'on cherche à mieux comprendre une attitude que l'on pourrait qualifier de laxiste sous nos contrées franco-françaises, le gouvernement suédois semble tout simplement démontrer ce qui "existe" ! Et par la même occasion appeler à la tolérance face aux comportements de chacun. Car si l'on y regarde de plus près, ces documentaires insistent sur un point important à mes yeux : certains ont des voies variées pour arriver à des plaisirs différents mais tout ceci se fait dans le respect des autres et avec le consentement du ou de la partenaire... Bon c'est sûr qu'après la dernière question est inévitable : est-il vraiment nécessaire de nous faire partager tant de détails, pour ne pas dire gros plans ? On nous impose bien des images d'hommes, de femmes, et d'enfants se faisant tuer tous les jours sous les caméras de journalistes du monde entier. Le sexe sera-t-il la nouvelle hémoglobine de demain, prêt à envahir nos écrans, si ce n'est déjà fait ? Une chose est sûre ; après avoir vu tant de seins tombants, de fesses mollassonnes et d'hommes ventrus, l'égo-baromètre est remonté à bloc, ravi d'avoir pu constater qu'il existe bien pire que soi-même ! Conclusion hautement superficielle je vous l'accorde...

13 mars 2007

Peace regained...

Le soleil et le ciel bleu reviennent sur la Suède ; bien que le thermomètre affiche difficilement 5°C, la lumière est revenue après tant de mois d'obscurité où l'astre roi se couchait à 14 heures... Les fenêtes grandes ouvertes, le ménage de printemps a eu lieu. Les meubles ont changé de place, l'ordinateur s'est retrouvé face à la fenêtre, symbole de cette clarté devenue presque inhabituelle et étrangère. Une comparaison s'installe dans l'esprit : les saisons suédoises ressemblent à ce qui s'est passé dans ma vie depuis quelques années. Petit à petit, en grandissant, le pessimisme s'est évacué pour faire place à une relative lumière. Le grand épisode noir est laissé derrière pour acquérir une plus grande sérénité, une plus grande confiance en moi, des nouveaux projets, des envies, des sourires, des rires, qui ont transformé ma vision de la vie et peut-être aussi la façon dont les gens me perçoivent... Le proverbe français dit que les voyages forment la jeunesse. Les idées de nos ancêtres ayant traversé les années ne sont pas de vulgaires paroles dénuées de sens, elles en ont un justement. En partant à l'étranger, on apprend à se débrouiller par soi-même, à se connaître un peu plus, à réaliser ce que l'on souhaite dans sa vie dans des domaines divers et variés, et surtout on découvre le monde qui nous entoure. Notre planète est riche par sa diversité, par sa multiplicité de peuples, mais aussi par la capacité qu'elle nous offre à comprendre que nous sommes avant tous des êtres humains ayant tous les mêmes aspirations futures...


Pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir véritablement changé, je suis toujours le même garçon aux yeux bleus qui essaye de donner un sens à sa vie. J'ai trop souvent oublié que certaines personnes m'aimaient d'amitié sincère, d'amour véritable, de sentiments vrais. Aujourd'hui, loin du pays où je suis né il a plus de 20 ans, je réalise à quel point certaines personnes me manquent véritablement... Bien décidé à profiter du peu de temps qu'il me reste ici, j'ai pourtant dû acheter mon billet d'avion pour revenir en France, le 17 juin. Ce soleil qui revient annonce la renaissance de la vie mais accentue aussi le fait que mon expérience suédoise touche bientôt à sa fin. D'une certaine façon, je sais déjà que lors de mon retour, je passerai un temps énorme à jouer avec ma plus grande nièce et à découvrir sa petite soeur, à raconter longuement toutes mes histoires à ma maman, à enlacer pendant de longues minutes le garçon que j'aime pour lui faire sentir à quel point je suis heureux de le retrouver. Je me précipiterai dans une boulangerie pour engloutir les viennoiseries qui manquent à ma vie. Résumons plus simplement : je me jetterai sur tout ce qui m'a manqué pendant ces longs mois à l'étranger... Nourriture ou personnes physiques, préparez-vous grandement à assouvir mon appétit féroce et ma soif d'amour !


Cependant, je n'ai pas grandi. La petite plante fragile et frêle a juste poussé un petit peu en l'espace de quelques mois. Juste le temps de réussir à ancrer plus solidement ses nouvelles racines dans le sol de cette planète que l'on appelle Terre. Les plus belles feuilles se sont agrandies ; elle n'a pas délaissé les valeurs premières en lesquelles elle croyait auparavant. Quand aux autres feuilles brûnies, celles qui asphyxiaient la plante et l'empêchaient de respirer, elles sont presque toutes tombées au fil des saisons... Cette plante a traversé des mers et des océans, elle sait les hivers et le froid, elle connait les tropiques et la chaleur, et elle sait désormais se défendre. Elle a appris que certains êtres humains pouvaient ne pas être tendres et elle s'est dotée d'épines. Malgré tout, même sans tuteur, cette plante garde à l'esprit qu'elle reste différente des gens qui l'entourent, en grande partie à cause d'une sensibilité particulière et de preuves d'amour véritable... Ce qui m'apparaissait auparavant comme une faiblesse est aujourd'hui l'occasion d'en faire une force de caractère afin de me battre. Faire le bonheur du garçon que j'aime, produire et admirer le sourire sur le visage des personnes de ma famille, et pouvoir partager de précieux moments avec mes amis sont désormais les choses qui comptent le plus dans ma vie quotidienne...

07 mars 2007

Extraordinaire Laponie...


La Laponie, terre de tous les extrêmes que peut présenter la Terre. Juste quelques minutes de jour en plein hiver et juste quelques minutes de nuit en plein été. Des températures atteignant facilement les -15°C en plein soleil en hiver... Et pourtant, après avoir passé près de 22 heures dans un train, à partager mon compartiment couchette avec deux Allemands, Mattias et Joachim, deux Néerlandais, Bart et Dany, ainsi qu'un Suédois nommé Erik, nous sommes finalement tous arrivés à Kiruna. Ici nous attendait à Jukkasjärvi, l'Ice Hotel construit chaque hiver, réalisé entièrement de neige et de glace, où la température intérieure atteint tout de même 5°C quelque soit le temps extérieur ! Après avoir déambulé dans les nombreuses suites et chambres que propose l'hôtel - moyennant environ 300 € la nuit si vous souhaitez vraiment passer une nuit à vous geler les fesses - l'Ice Bar s'est offert à nous avec la particularité de boire des cocktails - composés entre autre de vodka Absolut - dans des verres sculptés dans la glace eux-aussi. Vous l'aurez compris en Laponie, il est question de froid et de glace... Après un petit détour par la boutique de souvenirs, nous revenons à Kiruna où nous passons une partie de la nuit à chasser les aurores boréales, mais le temps couvert et venteux ne laisse rien apercevoir de ce spectacle supposé magnifique ! Une petite excursion dans la neige au milieu des arbres nous a aussi permis de se retrouver avec de la neige jusqu'à la taille : on comprend mieux l'utilité du pantalon de ski, des deux paires de chaussettes, des gants, et des chaussures de randonnée dans des moments pareils !


Le lendemain, direction Björkliden où nous arrivons après deux nouvelles heures passées dans un train. Après un repas pris au restaurant panoramique de la station et avoir admiré le paysage magnifique qui s'offre à mes yeux, ma première réelle activité du séjour commence : course de chiens de traîneaux sur un kilomètre dans la forêt. Après avoir failli me ramasser en beauté lors du premier virage, j'ai réussi à finir le trajet sans encombre... Le plus dûr consiste en fait à trouver son point d'équilibre lors des virages, entre le pied prenant appui sur le traîneau et l'autre sur le frein. Le lendemain, un merveilleux lever de soleil sur ce panorama de rêve sonne la deuxième activité de mon séjour : randonnée de trois kilomètres en raquettes dans la montagne pour atteindre une série de galeries dans la roche où j'ai parfois dû jouer les hommes guimauves pour pouvoir réaliser le périple que nous avait concocté la guide. Finalement, le plus dûr reste la randonnée en raquettes sur des pentes parfois à 40° où l'on se retrouve à s'arrêter toutes les 10 minutes, essouflé comme jamais ! L'après-midi, quelques uns d'entre nous ont arboré chaussures de ski, skis, et bâtons, pendant que d'autres étaient à l'intérieure d'un énorme tank ressemblant à un chasse-neige pour monter à 1.220 mètres d'altitude au refuge de Låktatjåkko, une maison perdue à 10 kilomètres de toute vie humaine, offrant quelques chambres, un restaurant-bar, un sauna, et surtout des fameuses gaufres à la confiture d'airelles accompagnées de crème fouetté : un pûr délice ! Après être resté 15 minutes dans le sauna, certains d'entre nous sont allés se rouler dans la neige avant de mieux rentrer au chaud. Le moins que l'on puisse dire est que tout cela est relativement... tonique ! Il paraît que ça raffermit les seins et les fesses, on laissera l'intéresse juger par lui-même plus tard...



Après avoir posté quelques cartes dans la plus haute boîte aux lettres de Suède, les deux suédois travaillant ici nous ont appris qu'apporter l'eau courante et l'électricité jusqu'ici coûtait 3 couronnes suédoises par minute... Un rapide calcul nous donne 4.320 couronnes par jour, soit la modique somme de 460 € par jour ! On peut dire que l'Etat suédois a véritablement défié la nature dans l'établissement de cette maison, sans regarder à la dépense... Mais on comprend mieux la nécessité de maintenir un refuge comme celui-ci dans la montagne étant donné l'hostilité dont peut être capable la Nature dans cette région arctique. Après être rentré à la nuit tombée, nous avons passé la soirée à la recherche des aurores boréales par un soir de pleine Lune, et enfin, le miracle s'est produit : des vagues vertes lumineuses sont apparues dans le ciel pour mieux disparaître quelques secondes plus tard, et l'aurore boréale la plus impressionnante s'est étalée comme une bande sur environ les 3/5 de la voûte céleste. Unique et magnifique, tels sont les mots qui viennent à l'esprit devant pareil spectacle... Finalement, le dernier matin a été l'occasion d'arborer à nouveau des chaussures de ski mais parées de crampons à glace, un casque et des pics à glace dans chaque main, pour escalader une cascade d'eau gelée dans un canyon à côté d'Abisko. Expérience unique mais surtout éreintante : arrivé à la moitié de l'ascension, la douleur et la fatigue s'installent dans les bras et les jambes, si bien que sur cinq personnes présentes avec moi, seule une a réussi à escalader la paroi jusqu'en haut... Quelques heures plus tard, il a fallu abandonner ce paysage montagneux et arrêter ces jours de découverte ininterrompue pour rejoindre à nouveau Örebro. Un peu de nostalgie devant tous ses merveilleux instants et la tête pleine de souvenirs impérissables, la Laponie est le premier endroit qui m'a vraiment donné envie d'y revenir et j'espère pouvoir retourner un jour à Björkliden pour pouvoir revoir ce paysage de rêve... La Suédoise qui travaillait à la réception nous a même raconté qu'elle avait passé près de 25 ans à Malmö dans le Sud de la Suède et qu'en venant ici pour la première fois, elle avait tout abandonné pour s'installer ici : devant la beauté du paysage, on la comprend facilement...


01 mars 2007

C'est pas moi, c'est lui... ou elle !

Le constat est inévitable : en pleine période de campagne électorale, la politique inonde les médias français. Et même depuis les contrées lointaines où je me situe, on nous parle d'une femme, puis d'un homme, mais surtout de ce "couple" mythique qui incarne une sorte de renouveau dans le paysage politique français. Pour la première fois, ce ne sont pas des hommes septuagénaires souhaitant finir leur carrière dans une petite maison accommodée de sa vaste "prairie" située rue du Faubourg Saint-Honoré dans le VIIIème arrondissement mais bel et bien deux personnes dont l'âge se situe autour de la cinquantaine... Et ce qui surprend, c'est surtout que la France, vantant tellement les droits de l'Homme comme son fer de lance - sous-entendu qui en a oublié les droits de la Femme - soit le théâtre d'une éventuelle élection menant à l'accession d'une femme au prestigieux poste de Président de la République française ! Le sujet intéresse, fait parler de lui, mais ce qui ressort surtout des médias suédois est le besoin urgent de réformes nécessaires à débloquer la machine française, paralysée par sa bureaucratie... Un code du travail trop strict et incompréhensible, des universités délabrées formant des futurs chômeurs, un Etat englué par trop de fonctionnaires, et tant d'autres difficultés font partie des nombreux problèmes qui retiennent l'attention des journalistes et des rédacteurs...


Mais l'incompréhension règne quand ces deux mêmes opposants passent la majeure partie de leur temps à chercher la révélation scandaleuse qui fera couler l'autre, depuis un éventuel patrimoine trop important jusqu'à des travaux personnels facturés aux frais d'un Ministère... Où est donc l'intérêt du pays dans cette véritable cour de récréation où le garçon agresse la fille en lui tirant les cheveux et lorsque la fille réplique en griffant son attaquant ? Pathétique est le premier mot qui vient à l'esprit... Dans ce pays nordique où chaque couronne suédoise qui sort des poches de l'Etat doit être justifiée et où chaque Ministère doit rendre compte de chacune de ses dépenses, on ne comprend pas vraiment l'engouement des Français(es) pour élire des dirigeants qui finalement seraient les dignes successeurs de leurs prédécesseurs. Sous des façades différentes, arborant sourire éclatant, tailleur ou costume, les deux prétendants s'affrontent inlassablement entre eux. Mais s'ils n'ont pas réussi à se lasser eux-mêmes de leurs querelles et de leurs coups bas répétitifs, ils ont du moins réussi à fatiguer une personne voire même un certain nombre de Français(es)... A regarder les journaux télévisés du 20 heures sur trois chaînes différentes, l'actualité internationale depuis Los Angeles jusqu'à Tokyo passe à la trappe, le plus "important" reste soi-disant cette campagne présidentielle. Alors on assiste aux demandes des pauvres petits retraités lors de la visite d'un candidat, et le lendemain à l'appel à l'aide des banlieues lorsque débarque la candidate... Une chose est sûre, si la chasse aux parrainages est ouverte depuis un moment, celle aux voix est déjà bien lancée !



On a souvent critiqué l'élection du président américain comme étant une véritable compétition se résumant à un affrontement féroce entre deux candidats, un Républicain et un Démocrate, débattant longuement lors de duels télévisés sur les problèmes de politique intérieure ou extérieure. Et que se passe-t-il actuellement en France ? Chaque candidat se voit désormais confronté à un panel de cent Français représentant soi-disant les différentes opinions du pays... Alors évidemment on nous sort les grands moyens : plateau de télévision à l'américaine avec l'invité du jour en position d'accusé face à son jury, enfin surtout face à la caméra, diffusion en LIVE pendant près de deux heures... En LIVE, parce que "en direct" sonne bien trop français vous comprenez. Ainsi, on a remanié la forme - mais pas le fond - pour faire passer l'idée d'une politique d'jeuns... Et pour essayer de ne pas trop lasser les Français d'ici le mois de mai, les instituts de sondages créent des rebondissements, le candidat dépasse la candidate, qui reprend elle-même l'avantage deux semaines plus tard... Ah et attention au troisième candidat qui vient semer la panique parmi les deux premiers ! Bref, les Français ont devant eux un véritable show à l'américaine qu'ils le veulent ou non... Espérons qu'ils ne soient pas trop déçus si un(e) George(tte) W. Bush national(e) venait à être élu(e) !