30 janvier 2007

Oui, je le veux...

Il y a encore peu de temps, la laïcité était brandie dans tout conflit, et plus particulièrement dans ceux opposant religion et Etat français. En effet, depuis 1905 l'Eglise et l'Etat français sont deux institutions séparées par la loi, où chacune ne peut - en théorie - ni contrôler, ni influencer l'autre. Encore récemment, l'Etat français a dû faire preuve de fermeté pour réussir à voter une loi interdisant le port de signes religieux dans tout établissement scolaire français et plus largement au sein de toute institution publique. Certains et certaines se sont alors élevés contre ce projet de loi "discriminatoire" qui selon eux briguaient leur liberté de religion et plus largement, leur liberté d'expression. Problème étant que la liberté reste justement quelque chose qui s'arrête à celle d'autrui. Mais la principale caractéristique que présente beaucoup de Français est leur capacité à râler et à se plaindre à chaque fois qu'une nouvelle loi quelque peu restrictive, pour quelle que population que ce soit, est sur le point d'être appliquée. On s'en prend au conseil municipal qui décide de supprimer des places de stationnement pour rendre une dimension humaine au centre-ville, on s'insurge contre l'Etat qui installe des radars automatiques sur le bord des routes pour mieux contrôler la vitesse et ainsi diminuer le nombre d'accidents sur les routes, et par-dessus on ne comprend pas pourquoi cet Etat français si puissant, ne laisse pas un peu tranquille ses citoyens, saperlipopette !



Cet Etat que rien ne semble arrêter, est pourtant curieusement influencé lorsque des évêques, des imams, des rabins, ou des pasteurs, viennent à se plaindre d'une critique ou d'une attaque envers leur religion. Des caricatures de Mahomet provoquent un scandale alors que le Pape avait eu le privilège d'avoir un représentant peu glorifiant dans une émission satirique de la chaîne cryptée française, sans que cela n'émeuve grand monde. Des évêques arrivent à faire interdire la publication d'une publicité reprenant la thème de la Cène pour une grande marque de vêtements... L'Etat français n'est-il pas uniquement laïque quand la chose l'arrange ? Qu'importe. Plus récemment, en lisant l'un des plus grands journaux quotidiens français, on pouvait y trouver que des représentants de toute religion confondue venaient de publier un rapport insistant sur la menace que représente le mariage homosexuel sur la société. Interviewé, l'un d'entre eux affirmait la nécessite de faire parvenir ce message aux électeurs avant l'élection présidentielle, afin de s'immiscer dans le débat actuel lié au choix de notre futur(e) président(e). Ce que peu de gens arrivent à comprendre dans cette question de législation sur le mariage ouvert à deux individus du même sexe est qu'il s'agit d'offrir un droit, et que, en aucun cas, tous les homosexuel(le)s de France ne vont se ruer dans les mairies afin de s'unir. Puisqu'on parle de liberté justement, chaque individu reste libre de faire ses propres choix. Si un homme et une femme ne veulent pas s'unir, ils en ont le droit. Si un homme et un autre homme, veulent ou ne veulent s'unir, ils ne peuvent pas : ils n'en ont ni la capacité, ni le choix...



Alors pourquoi la religion aurait-elle un rôle à jouer dans les affaires privées de l'Etat ? Cet Etat si orgueilleux et pourtant si faible, plie à la moindre occasion de peur de voir défiler des centaines de gens dans les rues de Paris. L'Eglise peut continuer à refuser le mariage homosexuel contraire à ses dogmes, mais l'Etat conformément à sa loi et à sa Constitution, prétend pourtant assurer à chaque personne qui naît sur le territoire français qu'elle demeure libre et égale en droit. Lorsque la décision fut prise de donner le droit de votes aux femmes, certains ont pensé que la société allait s'écrouler face à la prétendue incompétence politique féminine à élire de bons représentants. Qu'en est-il aujourd'hui dans les livres d'Histoire ? La France a été l'une des dernières démocraties modernes à accorder ce droit à ses citoyennes en 1945... Voilà ce qu'il reste du passé : la triste vérité. Ce pays des droits, qui prétend être une terre de liberté et d'égalite, conformément à sa devise nationale, a souvent fait preuve de beaucoup plus de conservatisme que de progressisme dans nombre de domaines. N'étant ni un défenseur, ni un détracteur du mariage homosexuel - si c'est ce terme qui "choque" et "fâche" tellement - qu'est-ce qui viendrait s'opposer à l'utilisation du terme union ? En attendant, le débat continue encore et toujours parmi nos chers candidats au poste de président(e) de la République française. Mais ce qui est sûr et certain, c'est qu'un mariage ou une union n'est pas obligatoire pour prouver son engagement, et il est encore moins nécessaire pour prouver son amour à celui ou celle qu'on aime...


23 janvier 2007

Strange fruit...


Le Sud des Etats-Unis, cette terre où le coton est roi. Les plantations de riches maîtres se font concurrence, par le blanc de leurs murs, par le noir de leurs esclaves. Sous l'insatiable soleil et l'insoutenable chaleur, le coton est ramassé à la main, depuis l'aube jusqu'à l'aurore. Après être entré dans le domaine, une large allée dominée par d'imposants chênes mène à l'habitation principale. Petit à petit, apparaît le domaine et ses colonnes blanches et son fronton d'inspiration néo-classique. A l'abri, la maîtresse de la plantation est confortablement assise à l'ombre avec ses amies ; toutes agitent frénétiquement leur éventail pour tenter d'échapper à la chaleur écrasante. Transpirant sous le poids de leur crinoline, elles laissent le temps s'écouler paisiblement au rythme de diverses discussions. Une domestique noire se tient à disposition pour leur servir de l'eau fraîche accomodée de zestes de citron. L'ensemble des habitants de la plantation ne vit qu'au rythme d'une seule et unique chose : le coton. Sous le soleil écrasant, il demande eau et soins, harassant encore et toujours plus les esclaves qui doivent s'en occuper. Certains meurent de soif, d'autres survivent pour mieux mourir le soir même des durs labeurs qu'on leur inflige. Mais la conversation tourne à un tout autre souci parmi ces Dames, membres de l'élite sudiste, pour qui importe peu la vie d'une marchandise achetée à bas prix et remplaçable par une autre. N'ont-elles pas été acheté parce qu'elles supportent mieux la chaleur que ces aristocrates au teint diaphane...



Sur la route qui mène à cette plantation, la barrière d'une parcelle est restée ouverte sur la gauche.. Et au regard, s'offre la végétation du Sud. Ces arbres portent pourtant d'étranges fruits. Ce ne sont pas des glands accrochés aux feuilles d'un chêne, ni même des samares qu'un érable aurait produit à la fin de l'été. Les feuilles de ces arbres sont teintées de sang. Leurs racines sont elles aussi teintées de sang. Un corps noir se balance dans la brise du Sud au bout d'une corde. Accroché à cet arbre, cet étrange fruit tangue, suspendu à la branche d'un peuplier. Scène pastorale de ce galant Sud aristocratique. Il reste là, yeux exhorbités et bouche déformée. Le parfum doux et frais du magnolia en fleurs flotte dans l'air. Puis en s'approchant, l'odeur de chair brûlée devient soudainement perceptible. Ce fruit patiente, prêt à être déchiqueté par les corbeaux déjà posés sur la branche d'un arbre proche. Il attend pour que tombe la pluie prête à le récolter, pour que souffle le vent prêt à l'assécher, pour que rayonne le soleil prêt à le faire mûrir, et pour que chute le fruit de son arbre. Si proche pourtant sont ses amis imperturbables effectuant leur tâche avec entrain. Ils savent que d'autres arbres sont prêts à offrir leurs branches et que leur maître n'éprouvera aucune compassion à leur égard ; ils n'ont pas le droit à l'erreur...



L'un après l'autre, ils savent que du rôle de spectateur, ils peuvent se retrouver rapidement à la place d'acteur de la scène qui se tient sous leurs yeux, à quelques pas de ce champ de coton. Pendant ce temps-là, le maître veille au bon déroulement du travail alors que l'après-midi touche à sa fin, les discussions de ces Dames se terminant aussi. Demain, le soleil éclairera à nouveau les fenêtres de la plantation pendant qu'il commencera à toucher le front des esclaves de Monsieur, déjà à la tâche depuis de longues heures pour profiter de la relative fraîcheur matinale. Madame se rendra chez une de ses amies pour débuter un nouvel après-midi de conversations mondaines, ajoutant celui-ci à l'interminable liste de ceux déjà écoulés. Et peut-être qu'autour de cette autre plantation à quelques lieues de son domaine, un étrange fruit sera lui aussi suspensu à la branche d'un autre arbre. De ce macadre spectacle, il ne reste que des récits ou des photographies de cette époque pas si lointaine encore. Le souvenir de ces effroyables moments de notre histoire reste quant à lui intact. Chaque minorité a souffert de discriminations et de persécutions, il appartient donc à chacune et chacun de réaliser à quel point ces évènements doivent désormais faire partie intégrante du passé. Et n'oublions jamais que beaucoup de personnes "différentes" ont terminé leur vie en étrange fruit...

16 janvier 2007

La mort du glamour...


A de nombreuses reprises, on constate que le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus orienté sur le sexe. Bonne ou mauvaise chose, peu importe. Mais à quoi pense la majorité des hommes voyant une femme manger une banane ? Existe-t-il encore un film produit à Hollywood n'incorporant pas une scène de sexe torride ? Loin est le temps où une épaule dénudée ou un baiser volé affolaient et scandalisaient des salles entières de cinéma ! Mais aujourd'hui il faut bien se rendre à l'évidence, la surenchère a poussé la plupart de nos amis hétérosexuels à la consommation de chair fraîche - ou avariée dans certains cas - au sens propre comme au sens figuré. Et tout ceci à cause de plusieurs idées reçues. Qu'adviendra-t-il d'un homme qui ne propose pas directement à une femme de coucher avec lui ? Beaucoup répondront à la question : "il est gay"... Et ensuite ce même homme, aussi romantique veut-il être, sera catégorisé comme "gay" s'il fait preuve de patience pour "consommer" la-dite femme. Si bien qu'aucun effort ne parvient d'un côté comme de l'autre. Mais désormais, les femmes ne sont plus soumises aux hommes : elles peuvent réussir une carrière, s'entourer d'ami(e)s, être indépendante, et gagner honorablement leur vie. Vient alors un constat regrettable : le romantisme et le glamour sont bel et bien morts dans la société hétérosexuelle d'aujourd'hui ! Par peur d'être considéré comme ringard ou gay, l'homme du XXIème siècle préfère tout simplement coucher pour coucher et abandonne ses rêves de relation amoureuse...



La première différence qui frappe entre une boîte de nuit hétérosexuelle et une boîte de nuit gay réside dans ce qui s'y passe à l'intérieur. Attention, le chapitre traitant ce qui se passe dans les toilettes, ne fait pas l'objet de cet article. Dans la première boîte de nuit, le contact est tabou, le regard est omniprésent, le prédateur traque sa proie, et chaque geste laisse présager une approche sexuelle sous forme de mystérieux rite vaudou. Dans la deuxième, sitôt entré, nombre de personnes vous embrassent, commencent une conversation avec vous, aiment à rire en votre compagnie, et il n'est pas rare de voir un baise-main se balader par-ci par-là. Chaque personne qui s'y trouve est accueillie à bras ouverts, dans cette "famille" où chaque membre rencontre vraisemblablement les mêmes difficultés à un moment ou à un autre de sa vie. Si bien que nombre de filles hétérosexuelles aiment à s'entourer d'amis gays car ils leur procurent le rire et une part d'affection qui manquent tellement à leur vie de tous les jours. Et plus l'on regarde la société, plus on en arrive à la conclusion suivante : la communauté gay est un des derniers endroits où résident encore l'amour et le romantisme, voire même le glamour. Entendons par amour, juste une amitié cultivée avec passion et extravagance. De son côté, l'amour hétéro n'ose plus s'avouer, on le cache ou bien on l'a tout simplement asphyxié au fil des siècles. Où sont donc passés Roméo et Juliette, amants meurtris par un tourbillon infini de sentiments, finalement fatal à leur destinée ?



Pourtant le déclic se produit lorsqu'arrivé à 30 ans, l'hétérosexuel prend conscience que deux choses manquent à sa vie : l'amour, et une descendance. Mais sitôt qu'apparaît une candidate potentielle au titre de "Madame X", il commence à se demander si cette même demoiselle ne va pas trop bouleverser la petite vie paisible et bien organisée de célibataire qu'il menait jusqu'à présent. Résultat, il préfère la laisser de côté après l'avoir préalablement "consommée". Ce qui surprend certaines, correspond au fait que, bien souvent, même au début d'une relation, un gay aura plus tendance à s'occuper de l'autre s'il vient à tomber malade. Dans une relation hétérosexuelle, l'un ou l'autre va prendre cette excuse comme un moyen de s'introduire trop rapidement dans la vie de l'autre et se mettra à courir à toutes jambes. Bien sûr tout ce qui est décrit précédemment est généralisé - peut-être même un peu trop - mais reflète une grande partie de ce qui se déroule sous nos yeux. La surenchère de consommation a poussé la plupart de la société à être capable d'avoir ce qu'elle désire, quand elle veut, et où elle veut. Par conséquent, le glamour a disparu petit à petit. Le monde hétérosexuel a oublié que le sexe ne correspondait pas à l'amour et que des efforts et du courage étaient nécessaires pour obtenir ce quelque chose dénommé "amour". Glamour ne rime-t-il d'ailleurs pas avec amour...

11 janvier 2007

A long time ago, it used to snow...


Alors que les cerisiers de Central Park sont actuellement en période de floraison sous les cieux ensoleillés de New York où règne une température de plus de vingt degrés, la neige fait son apparition en Suède. Après avoir passé un semestre à se demander où était passé le cliché traditionnel de l'hiver scandinave et ses dizaines de centimètres de neige, le froid a finalement réussi à atteindre le sud du pays. Et pourtant, peu de Suédois croyaient encore possible des éventuelles chutes de neige. Le mois de décembre a succédé au mois de novembre mais la neige n'était toujours pas au rendez-vous. Face à la déception des plus jeunes suédois pour qui Noël rime inévitablement avec neige, ce qui n'étaient que des obsvervations auparavant, sont désormais des faits réels. L'Australie affronte la pire sécheresse de son époque, et les joueurs de tennis disputants des matchs à l'Open d'Australie en viennent à vomir sur les courts, tellement la chaleur suffocante les étouffe. Quelques jours plus tard, une vague de froid touche les Etats-Unis, recouvrant les orangers de Californie d'épaisses couches de pluie verglassante, et le Canada connaît des records de froid avec des températures avoisinant les - 35 degrés Celsius. Anomalies inhabituelles ou bien tendance générale, le monde scientifique et les habitants de la planète s'accordent au moins sur une chose : la répétition des évènements dits "exceptionnels" ne ressemble plus à quelque chose ancré dans la normalité...


Mais laissons là les problèmes de réchauffement climatique, la neige a bel et bien fini par tomber. Et que pourrait-il arriver de mieux que voir cette poudre blanche recouvrir chaque parcelle de végétation le jour de votre anniversaire ? Pour ce jour où vous avez toujours souhaité de la neige depuis votre enfance, il vous a fallu attendre vingt ans et vous exiler à deux mille kilomètres afin de voir enfin ce "souhait" exaucé. Alors que trois Allemandes et une Française étaient venues vous souhaiter votre anniversaire à l'improviste, un rapide coup d'oeil par la fenêtre a révélé l'inimaginable : il neigeait, enfin ! Rejoints par un Français, vous descendez alors dans la rue et là, un incroyable silence y règne : des flocons tombent en grand nombre, des gens marchent devant vous, des voitures continuent de rouler, et pourtant la neige absorde le bruit pour le transformer en un silence inouï et presque stressant. Pendant quelques instants, vous profitez de cet instant où chacun pensait avoir perdu ses capacités auditives. Mais le meilleur restait à venir, à trop traîner lascivement ou à former des boules de neige, le bus apparaissait à l'horizon... S'en suivit alors une course périlleuse sur une centaine de mètres où vous vous rendez compte que vos chaussures aux semelles lisses ne sont vraiment pas adaptées aux caprices de la météo hivernale. Après avoir réalisé des prouesses magistrales sur la neige, dignes d'une compétition de patinage artistique de haut niveau une petite dizaine de fois, vous arrivez finalement à monter dans le bus, pour rejoindre Strömpis où la soirée ne fait que commencer...


Aujourd'hui vous avez vingt ans. Rien qu'une année de plus accumulée par-dessus d'autre et pourtant, elle vous afflige d'une décennie de plus. Dans les nombreuses cartes que vous avez reçues, on vous a répété maintes fois que vingt ans est une des plus belle année de la vie. Vous avez déjà vécu un cinquième de siècle, et vous espérez que le meilleur reste à venir. Vous en avez profité pour vous déhancher sur le dancefloor en écoulant les Cosmopolitains jusqu'à deux heures du matin, date à laquelle tout lieu de loisir ferme en Suède. Mais même si cet anniversaire était placé sous le signe de la fête, quelque chose de nouveau à commencer à se faire ressentir. Certaines personnes vous manquent, vous repensez à certains endroits où vous aimiez aller, certaines activités font cruellement défaut, telles le cinéma ou les après-midis passés dans un salon de thé ou dans une pâtisserie... Cependant, il suffit de quelques évènements "ordinaires" pour vous faire passer une journée extraordinaire, telle cette neige qui continue de tomber du ciel et de recouvrir le sol et les arbres de son épais manteau blanc. En espérant que ce ne soit que le début d'un hiver particulièrement enneigé...

06 janvier 2007

Just a few lines...


Ecrire peut sembler quelque chose de rébarbatif. Pour d'autres, écrire est un plaisir. Simples débutants ou grands écrivains reconnus, chaque a eu, à un moment ou à un autre de sa vie, à écrire. Il y a tout d'abord eu les premières lettres tracées difficilement au crayon à papier sur le cahier que la maîtresse corrigeait inlassablement, traquant la moindre déformation commise par l'élève de cours préparatoire. Puis est venu le temps des devoirs, des dissertations, des commentaires de texte, et des interrogations écrites qui ont fait coulé des litres d'encre sur des centaines de copies. Enfin est apparu le moment où le stylo a été remplacé par le clavier. Internet permet de se confier, à un proche comme à un inconnu. Mais surtout Internet a rendu possible la lecture de petits bijoux d'écriture par ce que l'on pourrait appeler des "amateurs". Francophones ou anglophones, canadiens ou australiens, des milliers d'inconnus ont alors commencé à rédiger leurs pensées personnelles. Si certains de ces journaux intimes virtuels sont juste bons à jeter à la poubelle par leur manque d'intérêt, souvent lié à une maîtrise de la langue française plus qu'aléatoire, d'autres laissent apparaître de véritables perles. Des ragots peu passionants du village de Lucette à Saint-Jean-sur-Loire aux passionants récits de personnes de tout âge, Internet a donné l'occasion à tous une chance d'exposer une partie de sa vie, aussi banale soit elle.



Mais ce qui ne constitue que quelques lignes perdues au milieu de milliards de pages recensés par des moteurs de recherche, peut aussi aider une personne à exposer ses problèmes, ses envies, ses désirs. Et par le même biais, cette même personne peut aussi y trouver un certain réconfort à lire les commentaires de visiteurs - connus ou inconnus - réagissant à chaque article ou presque. Qu'ils soient d'assidus lecteurs ou simplement de passage, certains apportent leur contribution à ce qui ne constitue que quelques articles. Néanmoins, la plupart des avis postés sur ce blog y reconnaissent une qualité particulière d'écriture de son auteur et la facilité avec laquelle chaque article peut être lu. Ces deux constats le poussent à écrire, parfois sur un sujet d'actualité, ou d'autres fois sur un état d'âme. Depuis qu'il est arrivé en Suède, il aurait pu abandonner l'écriture et se consacrer à autre chose. Mais il a continué à décrire la manière dont il voyait la vie. Et depuis près de huit mois, il a réussi à écrire semaine après semaine, sur des sujets divers et variés. Ce premier défi qu'il s'était imposé à lui même s'est transformé il y a peu en un nouveau défi...



Si la Suède a tellement changé de choses dans ma vision de la vie, je souhaite pouvoir en conserver une trace écrite : une comparaison entre le passé que j'ai souvent rendu coupable de mon présent, et ce qui est désormais le futur qui s'ouvre à moi. Parce que trop souvent spectateur et fataliste, j'ai réalisé que je devais prendre mon avenir entre mes mains. Ma mauvaise compréhension des relations amicales et amoureuses m'ont souvent valu des problèmes, mais désormais les choses ont changé. Enfant naïf et innocent, puis adolescent rêveur et trop idéaliste, je grandis sur le chemin de l'âge adulte, tout en gardant une âme d'enfant. Par conséquent, j'ai commencé à écrire quelque chose qui pourra s'apparenter à une autobiographie. Des pages entières destinées à lier passé et présent. Parce que j'ai souvent rêvé de pouvoir écrire et d'en vivre, j'aimerais me donner une chance. Une opportunité d'avoir l'opinion future de plusieurs personnes, et pourquoi pas essayer de trouver un éditeur intéressé par la publication de ce qui constituerait un livre au final. Et si cela devait ne pas arriver, j'aurais au moins essayé et n'aurais pas de regrets à avoir. Car bien entendu, il existe d'autres personnes au talent bien plus grand...

01 janvier 2007

Au revoir 2006...


En ce premier jour de l'année où se cumulent théoriquement bonnes résolutions et réception conséquente de voeux divers et variés, il est tant de réaliser le bilan de l'année écoulée. Globalement 2006 aura été une année sans saveur particulière, sans grands évènements, excepté quelques rares moments privilégiés notamment sur la fin du mois de décembre. Le passage à l'année 2007 aura lui aussi été en demi-teinte après que quatre étudiants internationaux eurent réalisés que leur appareil photo avait été volé durant la soirée du Réveillon. Viennent ensuite une Canadienne, un Italien et un Espagnol qui n'ont toujours pas appris par eux-même la limite à leur propre consommation d'alcool et qui en sont donc arrivés à vomir un peu partout. A leur décharge, ils ont réussi à éviter les autres étudiants même si des banquettes y ont laissé un peu de leur propreté au passage... Résultat la fête a tourné court étant donné l'odeur insoutenable qui règnait dans la pièce... Pauvre organisateur polonais de cette fête qui a dû nettoyer la salle après utilisation bien entendu. Et pendant ce temps là, deux personnes enfermées dans les toilettes ne donnaient aucun signe de vie depuis plus de 45 minutes. En voilà certain(e)s qui commencent bien la nouvelle année qui vient à peine d'être célébrée... On pourra toujours critiquer le fait que tout ceci peut apparaître comme un jugement rapide sur les gens complètement bourrés mais faut-il nécessairement en arriver à être complètement raide mort pour profiter d'un évènement tel qu'il soit ?


Non seulement il ne vous reste qu'un souvenir évasif de ce que vous avez véçu, mais en plus, beaucoup de personnes se rendent compte qu'elles ont tenu des propos stupides ou fait des choses déplacées aux personnes qui les entouraient. Il semble pourtant beaucoup plus agréable de garder les idées claires, pour conserver un bon souvenir du bonheur que l'on a partagé avec les gens qui étaient présents autour de nous. Mais la mentalité suédoise est bien là : buvons, mais buvons pour être bourré ! Les bouteilles de vodka, Passoa, et Malibu s'alignent une à une sur les tables, au fur et à mesure que les participants à la fête arrivent. Ces mêmes bouteilles finissent par rejoindre les canettes de bière en tout genre, apportées elles aussi pour l'occasion. Mais attention, la bière suédoise n'atteint que 2 à 5 % d'alcool ! Résultat, les nombreuses canettes se vident rapidement afin d'être saoul plus vite... Et enfin, le Suédois rejoint un monde intermédiaire obscur avant d'atteindre le paradis dyonisiaque de l'ivresse. Ne connaissant pas ses limites et n'ayant aucun savoir-vivre, il erre entre deux pièces, ne sachant où aller ou partir, pour finalement vomir par la fenêtre ou, s'il en a eu le temps, dans les toilettes. L'option galette sur canapé reste pourtant la plus probable à envisager lorsque l'état végétatif dans lequel il se trouve en est déjà à un stade trop avancé : se mouvoir devient vraiment impossible pour lui. Cependant, le suédois bourré trouve un reste d'énergie assez suffisant pour s'enfuir avec une ou deux bouteilles d'alcool dérobées quelques secondes plus tôt... Pathétique !



Malgré tous ces rebondissements, la nouvelle année a commencé par un feu d'artifice à 360 degrés, tradition suédoise oblige. Si ce fut l'occasion pour certains de bien finir l'année précédente ou pour d'autres de mal commencer celle qui s'ouvrait à peine à nous, je profite de l'occasion pour vous souhaiter à toutes et à tous le meilleur pour ces 365 jours qui s'offrent à vous. Même si 2006 a été une année avec des bons et des mauvais moments pour tout le monde, gageons que 2007 puisse vous offrir encore plus de bonheur et d'amour. Rajoutons aussi que si 2006 avait été l'année de mon départ, 2007 est l'année de mon retour en France parmi ma famille, et plus généralement les gens que j'aime. Ces quelques mois qui se sont écoulés depuis le mois d'août m'auront servi à comprendre que certaines choses étaient erronées dans ma vision de la vie auparavant. Alors maintenant ouvrons la nouvelle année en beauté : préparons la sono, lançons la musique, parons nous de pailettes et de nos plus beaux atouts, dansons au rythme endiablé de l'affreuse musique techno suédoise, amusons nous encore plus, rions aux éclats, sortons les bouteilles - tout en buvant avec modération - et faisons de 2007 l'année de la fête !