19 novembre 2006

Swedish joie de vivre...


La neige n'est toujours pas tombée sur la sombre Suède et le temps libre qui s'offre aux étudiants internationaux leur offre des heures propices à la fête, aux voyages, à la découverte du monde, aux échanges verbaux - qui tournent parfois aux contacts physiques ! Nous fermerons les yeux sur cet Italien qui s'est enfermé pendant une quinzaine de minutes avec une Allemande dans les toilettes samedi soir dernier... Tout le monde sait qu'ils ont parlé architecture ou bien encore qu'ils ont pu jouer aux échecs ! Ne soyons pas mauvaise langue à ce point même si cette dernière finira la soirée dans la cuvette des toilettes, ironie du sort ou pûr hasard ? Quelques jours plus tard, il faut remonter le moral à une étudiante française qui vient de se rendre compte que le suédois avec qui elle avait commencé une relation, est en fait un mec libertin qui occupe l'espace libre de son lit avec une fille différente chaque jour de la semaine en plus de sa copine dite "officielle" ! Les Suédois seraient-ils plus libérés que les Français ; à savoir peut-on réellement coucher avec ses amis ? En Suède, la réponse serait plutôt oui... Le problème français de l'amitié masculine homosexuelle ou l'amitié hétérosexuelle entre un homme et une femme ne semble pas se poser en Suède. Vous êtes amis, vous êtes attirés l'un par l'autre ? Et bien couchez ensemble, ça ne pose pas de problème, et surtout pas au petit ami ou à la copine de l'intéressé(e)... Met-on les pieds dans un sujet sensible pour autant ?



A vrai dire nous en arrivons au douleureux problème français. Pour être amis, il faut une barrière de sexualité différente ou de physique repoussant. Si cette fille est votre amie, n'est-ce pas justement parce que vous êtes gay et que jamais elle ne pourra se glisser dans votre lit sauf en tout bien tout honneur ? Et votre ami n'a-t-il pas ce statut justement parce qu'il ne correspond pas au genre d'hommes que vous recherchez ? Ce sujet pourtant très souvent taboo dans les relations amicales mériterait néanmoins d'être développé... Nous connaissons tous l'histoire du beau parleur, qui ne se dit pas attiré par vous, qui ne cherche qu'à devenir que votre ami et qui finalement essaie à tort et à travers de vous embrasser une fois qu'il a descendu un petit verre de vodka de trop. Le pays d'Absolut Vodka ne semble pas connaître ce problème même si les Suédois sont un peuple grandement timide, très peu démonstratifs au niveau des sentiments et qui ne comprennent pas si facilement l'ironie... Point de couples qui se tiennent la main, point de gens qui s'embrassent à ne plus pouvoir respirer : la Suède semble être un pays où le froid n'encourage pas au contact humain ou bien tout simplement au contact physique. Le hug - sorte d'accolade - en est d'ailleurs le triste exemple face à la bise à la française, considérée comme malpolie étant donné sa pratique "très intime" voire carrément érotique ! Oui vous avez bien lu... D'un point de vue suédois, les Français seraient presque à deux doigts de copuler dans la rue sur un banc public !


Excepté lors des matchs de hockey sur glace où les Suédois deviennent un peuple subitement sanguin, parler d'accueil chaleureux et d'accolades amicales relève de l'utopie si l'on oublie d'y ajouter l'ingrédient miracle indispensable à la désinhibition suédoise : l'alcool. Introuvable dans un supermarché traditionnel et uniquement vendu dans des magasins gérés par un monopole d'Etat appelés Systembolaget où 20 ans sont requis même pour acheter une piquette en cubi de 3L provenant de la vallée du Rhin vendue à un prix exorbitant... Bref le Suédois boit surtout de la bière - enfin beaucoup de bière - étant donné que 3 ou 5 % d'alcool ne risquent pas de saouler rapidement. La descente est rapide, les cannettes s'accumulent sur les tables et la joie suédoise sort enfin des corps tristes et déprimés par l'obscurité quasiment continue et le froid ambiant. Problème est que les Suédois(es) boivent pour être saouls contrairement à la définition française du "buvez avec modération". Résultat, les soirées sont entrecoupées d'épisodes peu glorieux où quelques suédoises n'arrivent plus à marcher toutes seules, où des suédois ouvrent leur braguette tant bien que mal et urinent un peu partout parce que la queue aux toilettes est bien trop longue pour eux : les 5 L de bière descendus auparavant doivent bien trouver une sortie tôt ou tard ! Et certain(e)s peuvent être pris d'une soudaine envie de vomir et arrivent tant bien que mal jusqu'à la cuvette des toilettes en courant ; fort heureusement ils ont réussi à épargner vos chaussures en doublant la queue monstre qui s'était constituée pour accéder aux toilettes quelques instants plus tôt... Une fois l'alcool ingéré, le suédois devient donc un être chaleureux qui vous parle et vous enlace même s'il ne vous a jamais vu auparavant et la suédoise s'aggrippe à vous tout en vous marchant sur les pieds, ne sachant plus si elle réside toujours sur Terre ou si elle est déjà en partance vers Glouglouland où elle fera des beaux rêves jusqu'à la gueule de bois qui l'attend le lendemain matin quand elle se réveillera... Et tout ça pour mieux recommencer la même chose vendredi prochain !

10 novembre 2006

Smelly French...

Il y a peu un grand quotidien britannique révélait les résultats d'une étude sur l'image donnée par le peuple français aux autres peuples européens. Après avoir reçu les réponses de plusieurs pays, The Daily Telegraph en a tiré une conclusion peu glorieuse : aucun adjectif mélioratif ne vient décrire le peuple français à travers toute l'Europe ! Le traditionnel cliché veut que le véritable Français soit un malade au volant, obsédé par le sexe, mangeant à longueur de journée et surtout dénué de tout sens de l'humour. Mais le vocabulaire péjoratif n'en reste pas à ce stade... il va même bien plus loin ! Les Britanniques définissent les Français comme chauvinistes et entêtés tandis que les Allemands les qualifient de frivoles et prétentieux. Aux Pays-Bas, les sondés ont donné des adjectifs tels que stressés et bavards et les Espagnols les ont décrit comme des personnes froides, distantes et impolies. Les Italiens n'ont pas hésité à les affubler de snobs, arrogants et aimant la "chair" - sous-entendu passant leur temps à la recherche de nouvelles conquêtes même si l'imaginaire français veut que ce soient plutôt les Italiens qui soient réputés pour leur tendance à courir de jupon en jupon... Les Grecs restent modestes comparés aux autres en voyant les Français comme des bons-vivants égocentriques. Et pour finir les Suédois pensent que les Français sont immoraux, désobéissants, désorganisés, néo-colonialistes et sales. Comme nous pouvons le constater, le résultat final n'est pas vraiment glorieux !



Mais derrière ces clichés sur les habitants, la France reste associée à une image prestigieuse à travers le monde. Il suffit de franchir les frontières pour s'en rendre compte... La France c'est avant tout la nation de la cuisine et de la gastronomie, la République où la crème fraîche et le beurre sont ajoutés à la louche dans les plats et où la Béarnaise et la Béchamel coulent à flots sans modération ! Ensuite viennent les domaines traditionnels : haute-couture, TGV, Airbus, cosmétiques et compagnie... Mais le plus important reste la journée internationale qui se tient à l'Université d'Örebro le jeudi 30 novembre pour laquelle les étudiants étrangers sont mis à grande contribution afin de présenter leur université, leur ville et leur pays d'origine. Promouvoir l'image de la France à l'étranger et faire autant de "marketing" que possible pour son pays, voilà qui est intéressant, surtout après voir vu le résultat catastrophique sur l'image des Français en Europe. Redorons donc l'image du pays par TOUS les moyens... A vrai dire pas si facile que ça ! Nous passerons rapidement sur l'université d'où je viens étant donné que la moitié de la faculté s'écroule - si l'autre moitié ne s'est déjà encore écroulée au moment où je vous parle - et que les nouveaux amphithéâtres sont des dortoirs où l'on continue sa nuit plutôt que des endroits voués à l'envie d'apprendre... Pour la préparation de cette journée, je remercie la ville de Reims qui m'a fait parvenir rapidement un nombre impressionnant de brochures en anglais. Je salue bien bas les maisons de champagne Veuve Clicquot Ponsardin ainsi que Pommery pour leurs envois respectifs et je me permets de vous dire que Piper-Heidsieck m'a gentiment envoyé sur les roses comme toute réponse... Ma conclusion personnelle ? Buvez les deux premières marques, laissez tomber la dernière !



C'est ainsi que pris d'un moment de folie - ou de désespoir selon le point de vue - je me suis lancé dans la réalisation d'une vidéo à partir d'extraits sonores, de photographies, tout en y ajoutant des sous-titres, des titres, des fonds, des polices de caractères différentes, de la couleur, des transitions et tout un tas d'autres choses diverses et variées mais surtout compliquées à coordonner l'une avec l'autre... Une première tranche a été effectuée de 1h à 6h du matin à grand renfort de Pepsi et de Tropicana tandis que l'autre moitié a été achevée de 14h à 18h la journée suivante. Jonglant entre les clichés, la beauté des paysages et le "patriotisme" dégoulinant à souhait, il était temps de montrer le résultat et de le soumettre à l'avis d'Hanna, colocataire de mon corridor. Cinq longues minutes où vous ne savez pas trop ce qui va ressortir de cette projection, si ce "film" donnera envie à des étudiants suédois de venir étudier en France pendant un semestre ou une année et pourquoi pas s'y installer à vie... Un seul mot sort de sa bouche "Impressive" : le pari est gagné ! Mes débuts de réalisateur en herbe sont au moins appréciés par une personne. L'expérience continue avec une projection à deux autres suédois qui en redemandent et souhaitent regarder le film une deuxième et même une troisième fois. Reste à savoir l'accueil que me réserveront les Suédois(es) lors de cette journée internationale : bide ou succès ?