28 octobre 2006

Maman...


Rappelez-vous l'époque où nous étions tous innocents, l'époque où notre âge ne s'exprimait qu'avec un seul chiffre - ça remonte même à loin pour certain(e)s ! Ce fut l'âge des premières peurs. Tout d'abord la peur d'abandonner notre mère sur le trottoir de l'école lors de notre première rentrée, puis sont venues les peurs diverses et variées comme la peur du noir, la peur des araignées, la peur de l'eau ou encore la peur qu'un crocodile caché sous notre lit était prêt à croquer le plus petit orteil qui daignerait dépasser de votre matelas et de votre couette. Qui n'a jamais eu peur dès que la lumière s'éteignit, laissant alors place à notre imagination trompeuse qui recréait un monde où sorcières, ogres dévoreurs d'enfants et autres méchants en tout genre se dessinaient alors sur les murs de notre chambre. Cette peur irrationnelle s'exprimait aussi face au méchant loup, tout droit sorti du Moyen-Âge, prêt à venir vous croquer la jambe. Après l'avoir réveillée à trois heures dix-huit au beau milieu de la nuit, notre chère et tendre maman se précipitait tant bien que mal jusqu'à notre lit, se demandant une fois de plus pourquoi avait-elle décidée d'avoir des enfants, telle Diane déesse chasseresse, fusil à l'épaule, prête à tirer sur tout "vilain-pas-beau" qui menaçait la vie de son enfant alors en sanglots et nous consolait avec tout l'amour qu'une mère sait porter à sa progéniture... Là, elle attendait que nous nous rendormions pendant qu'elle allait devoir passer le restant de sa nuit devant la télévision, ne trouvant plus le sommeil après avoir été réveillée par l'enfant que nous étions...


Cette femme hors du commun nous a donné la vie, prête à renoncer à une partie de liberté pour deux décennies. Personne ne pourra contredire le fait que la seule promesse d'amour véritable pour la vie est celle qu'une mère a offerte à la naissance de son enfant. Notre mère a été celle qui a toujours répondu présente ; dès nos premiers instants, pour nous protéger de l'extérieur entre ses bras lors de notre arrivée dans ce monde ou encore pour atténuer notre chute lorsque nous essayions de faire nos premiers pas... Elle nous a servi d'abri au milieu de la tempête que constitue l'extérieur, de balise dans l'obscurité de la nuit et finalement, nous a fourni les ailes qui ont guidé notre envol hasardeux vers le monde adulte. En cherchant à éduquer son enfant dans la meilleure voie possible, sa patience et ses nerfs ont parfois été mis à rude épreuve mais elle nous a transmis son amour, cet amour qui durera toujours et sera éternel. Cherchant à nous offrir le meilleur possible, elle a souvent dépensé plus pour nous qu'elle ne dépensait pour elle-même, prête à se priver pour apprécier le sourire si particulier qui illimunait notre visage. Et la seule personne présente à longueurs de journées et de nuits lorsque nous étions malade ou à l'hôpital, c'était elle, toujours soucieuse de notre santé et de notre bien-être... Peu importe la bactérie, ce sont ses bras qui nous enlacés et ses yeux qui se sont posés sur nous pour s'assurer que tout allait bien.



Mais qu'est-ce qui unit tant un enfant et sa mère ? Quel est ce lien, cette chose indéfinissable qui les a rendu inséparables ? Son cordon ombilical a pourtant été coupé rapidement, quelques secondes à peine après sa première respiration... Ces deux êtres humains hors du commun ont avancé ensemble, côte à côte, au fil du temps et au gré du vent pendant de nombreuses années, jamais trop loin l'un de l'autre. Puis ayant accompli sa tâche avec succès, sa mère a pu se féliciter d'avoir remporté le challenge qu'elle s'était lancée il y a quelques décennies. Elle a regardé passer les jours en ne baissant jamais les bras, a laissé filer les semaines en le regardant s'amuser mais en gardant toujours un oeil sur son bien-être. Il a constitué sa force et sa faiblesse mais aussi sa loi et son droit. Mais désormais du début de l'hiver à la fin de l'automne, nous savons toutes et tous qu'à n'importe quel moment, notre mère sera la première à répondre présente si nous avons besoin d'elle. Peut-être parce qu'il n'y a tout simplement rien au monde ni personne qui pourrait remplacer une maman...

23 octobre 2006

Empreinte écologique...


Il est des sujets d'actualité passagers et d'autres récurrents. Certains plus intéressants que d'autres selon les affinités personnelles. Néanmoins celui qui semble faire souvent les manchettes de journaux et gros titres des journaux télévisés en ce moment n'est non pas l'élection présidentielle française de mai 2007 mais plutôt le réchauffement climatique et tous les pseudo-remèdes à notre disposition - ou à venir - pour lutter contrer ce changement. Fonte de la calotte glaciaire par-ci, extinctions végétales et animales par là, sans compter les centaines de tonnes d'émissions de CO² relâchées dans l'atmosphère au moment même où je vous parle... Rien de bien nouveau dans le discours volontairement un peu trop alarmiste que nous rapportent les médias. Mais la nouveauté réside dans le fait que le problème devient réellement un sujet tendance voire même un peu fashion ! A vrai dire, Terre nous fait juste une petite pointe de température ce qui oblige les pauvres cellules qui la constituent à limiter leur activité. Mais comment ? Personne ne souhaite vraiment se passer de l'air conditionné quand il fait 40°C pendant quinze jours, de même qu'une douche ne procurera jamais plus de bien-être qu'un bain. Et puis après tout, le dioxyde de carbone dans l'atmoshpère est là depuis la Révolution Industrielle pour sa plus grande partie alors qu'est-ce qu'on peut bien y faire ? Arrivent donc des scientifiques avec leurs solutions qui se veulent miracles comme les biocarburants ou les sacs plastiques produits à partir de fécule de pomme de terre. Voyons les choses du bon côté, nous consommons moins de textile étant donné que l'air se réchauffe. Tout ceci est bien joli mais qu'est-ce qui va réduire nos émissions de CO² dans l'atmosphère ?



Ainsi, je ne vous recommanderai pas de suivre le mode de vie que j'ai pris depuis quelque temps en Suède qui se résume à deux douches quotidiennes de vingt minutes, parfois même trois (douches... pas minutes, je ne suis pas encore en Afrique !), sans oublier les deux ou trois minutes nécessaires à la mise à jour du statut MSN pendant que l'eau coule gentiment. Rajoutez à celà la vaisselle qui se fait à la main en laissant couler l'eau, l'ordinateur qui reste branché 24 heures sur 24 et l'éclairage puis la musique nécessaires à mon dancefloor hebdomadaire. Vous obtiendrez donc ma consommation d'eau et d'électricité, qui a été vraisemblablement triplée depuis mon arrivée en Suède. Sans oublier l'avion que j'ai pris pour venir jusqu'ici... En bref je suis devenu un cauchemar ambulant pour l'environnement, sans oublier que le tri sélectif suédois à sept poubelles est passé à la trappe depuis bien longtemps dans mon corridor car la tâche de descendre les poubelles n'en est que plus facilitée avec un seul sac à chaque fois pour la personne qui s'en charge ! Seul point positif au tableau, je n'utilise que mes petites jambes et mon vélo pour me déplacer ! Ah si, j'allais aussi oublier que je ne bois que l'eau du robinet étant donné que les Suédois voient le désastre environnemental de l'eau en bouteille et n'en ont tout simplement pas dans leurs supermarchés à part des bouteilles d'1,5 L d'Evian à plus de deux euros et quelques rares fois de la Vittel encore plus chère... Finalement serais-je devenu moins catastrophique pour l'environnement tout compte fait ? A part ma consommation d'eau qui a grimpé en flèche, le bilan du reste est pour le moins positif... D'ailleurs je viens tout juste de changer mes ampoules pour des autres à économie d'énergie !


Reste que le protocole de Kyoto - pauvre ville japonaise qui n'avait rien demandé à personne soit dit par ailleurs - est une vaste entourloupe mondiale qui veut que les pays occidentaux se donnent bonne conscience pendant que des géants industriels comme le Mexique, le Brésil, l'Inde mais surtout la Chine ont le droit de polluer à outrance air et eau sous prétexte de ne pas nuire à leur développement. Alors dans ce contexte le moindre abattage d'un arbre devient polémique comme à Paris lorsque l'équipe municipale veut faire abattre un platane pour faire gagner 8 secondes à un bus... Mais planter des arbres, boycotter les sacs en plastique ou encore aller à Carrefour à pied ne changera rien au problème de l'accroissement des émissions de CO² dont la courbe ne cesse d'atteindre de nouveaux sommets d'année en année. Les ressources de la mer s'épuisent, la pêche extensive raréfie les prises de poissons, les récifs coralliens cuisent à petit feu à cause de l'augmentation de la température de l'eau, les dépenses de climatisation remplacent celles de chauffage, les espèces animales sont un peu plus menacées chaque jour, les catastrophes naturelles sont de plus en plus spectaculaires et pourtant il faut bien vivre avec... Le réchauffement climatique devient un peu similaire au terrorisme : les gens ont appris à vivre avec et n'en ont plus vraiment peur même si ils s'en soucient. "Si tout le monde vivait comme vous, il faudrait 3,87 planètes pour subvenir à vos besoins.." Au fond qu'est-ce que ça change si mon résultat frôle les 4 ou les 10 planètes ? Alors soyons clair, tout le monde s'accorde à dire qu'il faut trouver une solution mais personne ne veut réellement renoncer à son petit confort quotidien personnel...

11 octobre 2006

Week-end culturel...


Première fois que vous quittiez réellement Örebro et l'université où vous avez élu domicile depuis un bout de temps, ce week-end organisé par Fadderiet a été une succession de réussites dans tous les domaines. Tout d'abord, vous avez eu la chance de partager votre maisonnette suédoise avec Sofia - présidente de Fadderiet - et Susie, autre membre de Fadderiet qui, à elles deux n'engendrent pas vraiment la mélancholie... Partis d'Örebro vendredi en minibus, notre premier arrêt a lieu à Falun, où 22 étudiants issus de trois continents sont descendus à 60 mètres sous Terre, à la découverture de la mine de cuivre classée Patrimoine Mondial de l'UNESCO qui produisit jusqu'à 35 % de la production mondiale de cuivre au XVIIIème siècle. Symbole de l'industrie suédoise pendant de nombreux siècles avant sa fermeture en 1992, la mine de Falun produit toujours le "rouge de Falun", couleur emblématique de peinture qui donne toujours aux maisons suédoises traditionnelles leur aspect si particulier . Pendant plus d'une heure, nous arpentons des galeries suintantes et découvrons l'enfer dans lequel nombre de mineurs ont perdu la vie au cours de la période d'exploitation de la mine. Afin de pousser l'expérience à son maximum, le guide nous fait expérimenter la mise hors-service du système moderne électrique pour découvrir l'univers angoissant d'une mine comme elle existait auparavant, avec pour seuls bruits, la mélodie d'une cloche informant les mineurs que le système de pompage fonctionnait bien, l'écoulement des gouttes d'eau sur le sol et le rythme entêtant des coups de marteau sur le burin...



La soirée se déroule autour de la cuisine, puis vient l'idée de faire un feu et par la même occasion de déclencher l'alarme-incendie de la maisonnette, problème qui sera vite résolu à coups de balai par Susie pour faire tomber du plafond la maudite boîte en plastique afin d'en retirer la pile ! Qui a dit que les Suédois étaient un peuple pacifique ? Le lendemain matin, visite de la fabrique des Dalahästen, figure emblématique de la Suède depuis plus de 300 ans. Les petits chevaux en bois, sont toujours peints à la main par une seule et unique femme qui doit vraiment s'éclater à peindre ces petits machins toute la journée depuis près de 25 ans... Vient ensuite la visite de la ville de Mora, qui évolue en tout et pour tout autour d'une grande rue commerçante ! Mais le plus intéressant arrive un peu plus loin avec la visite du musée du peintre Zorn, peintre suédois le plus connu au niveau international parait-îl... Finalement nous n'avons pas le temps de souffler et direction Orsa Björnpark, parc naturel suédois où des clotûres ont juste été installées sur une montagne sans toucher à l'habitat naturel afin de faire évoluer les animaux sauvages dans leur espace habituel. Le temps n'est pas vraiment au rendez-vous avec ce vent glacial, cette pluie et cette température qui frôle les 10 degrés mais les évènements semblent se calmer et notre visite se déroule sans une goutte d'eau... mais écharpe et gants sont fièrement arborés ! C'est ainsi que pendant près de deux heures nous nous promenons dans le parc à la rencontre d'ours suédois, d'ours russes, de loups, de gloutons, de renards polaires et de lynx. Et comble du bonheur, des bébés lynx et des louveteaux sont nés cet été ainsi, sans oublier les oursons nés au printemps dernier... Néanmoins le guide n'a toujours pas apprécié votre humour "occidental" quand vous avez voulu lui demander si l'on pouvait faire un manteau complet avec la peau d'un ours...



De retour à nos maisonnettes et le froid ayant transi nos pieds et nos mains, nous décidons d'expérimenter le jacuzzi où une température de 35° dans l'air comme dans l'eau nous réconforte véritablement. Le sauna est aussi disponible pour les âmes courageuses prêtes à affronter une température de 80° pendant une dizaine de minutes... La soirée se déroule autour d'un repas traditionnel suédois où la reine "Airelle" reste la maîtresse de la cuisine suédoise : en purée, en confiture, en gelée, en jus, bref dans toutes les formes possibles et inimaginables ! Vient enfin la période des jeux stupides où le Twister décroche la palme des positions loufoques ; après tout c'est assez sympathique de se retrouver nez à nez avec les fesses de votre partenaire de jeu pendant qu'un autre a la tête entre vos jambes. Il semblerait que ça soit même plus drôle à regarder que d'y participer : on en vient à se demander pourquoi ! L'ambiance est bon enfant et le Canada, la Suède, l'Allemagne, la France, la Chine et les Etats-Unis se livrent à une compétition acharnée pour savoir qui remportera le trophée du meilleur joueur au Twister. Podium final ? Première place pour la Suède, deuxième pour la France et troisième pour le Canada... Le lendemain, visite panoramique d'un lac suédois, arrêt minute pour admirer le plus grand Dalahästen qui culmine à près de dix mètres et rencontre avec la maman de Sofia qui nous fait découvrir la reconstitution d'une tribu médiévale suédoise. Finalement la petite troupe internationale rentre à Örebro en fin de journée, les yeux qui scintillent encore de par ce qu'ils ont vu et l'esprit plein de souvenirs inoubliables lors de ce merveilleux week-end... Un remerciement à la française s'imposait et les bisous ont été de sortie avec Sofia et Susie mais surtout un énorme Tack så mycket aux deux meilleures suédoises tant pour leur humour que pour leur sympathie et les moments chaleureux que nous avons passé en leur compagnie.