31 mai 2006

Sugar temptation...


Cet évènement peut arriver à tout le monde, à n'importe quel moment. Une envie irrésistible et incontrôlable. Je ne parle pas d'un désir qui se manifeste par une érection quand vous voyez une magnifique créature au détour d'une rue mais plutôt par une attraction démesurée vers la nourriture et plus particulièrement à destination des mets sucrés. Macarons, glaces, bonbons, profiteroles, gâteaux, tartes, sirops, sorbets, guimauve et chocolat ont de beaux jours devant eux. Et pourtant le culte du corps vous tiraille : attention à cette fraise Tagada qui sitôt engloutie apparaîtra dès demain sur vos hanches ou non loin de votre nombril ! Mais parfois l'appel du coeur et des papilles se fait plus fort que votre raison : vous craquez. A chacun sa manière, à chacun son moment. Cela peut passer par un carré de chocolat discrètement dérobé dans la porte du réfrigérateur à la lumière de la Lune qui luit au dehors par cette nuit glaciale à l'engloutissement complet d'un paquet de biscuits devant votre téléviseur en moins de dix minutes devant une émission de télé-réalité inintérresante. Mais parfois la raison reprend le dessus quelques minutes ; la culpabilité vous inonde ; le remord vous tracasse. Pourtant il n'existe pas vraiment de solution miracle dans ce monde où la consommation est primordiale et où les King Size fleurissent sur les emballages de barres chocolatées ou dans les menus affichés par la restauration rapide...


La santé de la population ne s'améliore pas vraiment quand on sait qu'augmentent les cas de diabète, de choléstérol, de surpoids et bien sûr d'obésité. Et pourtant, même si les chiffres semblent démontrer une aggravation du phénomène, la santé de la "rue" ne semble pourtant pas avoir radicalement changée. Mais après tout, qu'avons-nous à toujours nous soucier des autres ? Continuons donc à approcher tout doucement ce macaron si délicieux de nos lèvres sans aucun scrupule, puis à le croquer délicatement afin de le laisser fondre dans notre bouche pour en sentir la délicatesse et la fraîcheur qui s'en échappent et au final profiter de cette abondance de saveurs : vanille, chocolat, framboise, cognac fine champagne, noix de coco, caramel beurre salé, thé bergamote, citron et tant d'autres parfums prêts à émoustiller notre palais. Bonheur des yeux et baume au coeur. L'espace d'un instant nous nous transportons dans un monde fait de sucreries, où cette boîte remplie de douceurs devient notre bien le plus précieux à protéger de tout individu hostile prêt à nous dérober ne serait-ce qu'une miette de notre chère propriété ! Mais consolons-nous et profitons-en tout en ingurgitant tout le sucre possible durant notre jeunesse, période pendant laquelle notre médecin ne jouera pas le rabat-joie en observant le résultat de notre dernière analyse de sang portant sur notre taux de sucres dans notre sang. Nous avons bien le temps d'être vieux, malades et de ressembler à des légumes perfusés sous insuline pour contrôler notre taux de glucides...


Ensuite, on ne peut pas vraiment dire que les médias nous aident véritablement dans notre combat contre le sucre. On bave devant notre téléviseur où une publicité nous rappelle le bonheur que procure un Twix et l'on en viendrait presque à lécher la vitre de l'abribus où Nestlé ose nous narguer ostensiblement en exposant une magnifique poire au sirop nappée de chocolat noir chaud. Comment résister dans ce monde où la tentation règne ? La réponse est toute simple : il est difficile de contredire notre bouche et notre cerveau, toujours à la recherche permanente du sucres. Les personnes minces et brûlants rapidement les calories font la jalousie des autres qui prennent le plus petit gramme à la moindre bouchée de nourriture absorbée. Comme si le monde n'était déjà pas assez imparfait, il faut en plus que l'injustice règne encore dans le monde de la diététique ! Cruelle société qui divise la population entre envie et frustration, abondance et manque, mais surtout entre plaisir assouvi et plaisir inassouvi. Bien entendu, cette recherche de sucre n'est pas la seule quête qui confronte les individus à des cruels dilemmes : le coeur ou la raison... la raison ou le coeur...

30 mai 2006

French bureaucracy...

La Suède ça sonne bien. Mais la bureaucratie beaucoup moins ! Ainsi depuis lundi je passe mes après-midis à courir entre secrétariat d'anglais, bâtiments modulaires et bureau de la scolarité, pour obtenir un tampon, une signature ou encore juste un formulaire d'admission. Bien évidemment tout ceci pourrait se dérouler assez rapidement. Le problème étant qu'en France, on adore les justificatifs et il faut surtout respecter l'ordre de la-dite procédure : cette signature est indispensable avant ce tampon. Alors ce qui semblait ne vous prendre qu'une heure sur le papier vous en prend en fait quatre. N'oublions pas non plus les multiples coups de téléphone à la Mairie, au Conseil Général, au Conseil Régional, au CROUS ou encore au Bureau des Relations Internationales pour des demandes d'aides financières en tout genre... Sans oublier le Tribunal d'Instance pour effectuer une demande de vote par procuration où l'on vous reçoit "fraîchement" voire même "glacialement" à l'accueil du Palais de Justice. Ajoutez à cela un standard téléphonique où l'on vous fait attendre pendant 10 minutes (à "seulement" 0,22 euro la minute) pour obtenir la carte européeenne d'assurance maladie, et vous comprendrez pourquoi je commence à saturer, que mon oreille droite est en surchauffe et que mes jambes n'arrivent plus à avancer correctement l'une après l'autre...


Et comme si le temps voulait mettre mon corps à l'épreuve du futur temps qui m'attend en Scandinavie, le thermomètre ne dépasse pas les 10 degrés depuis plus d'une semaine. Adieu tee-shirts, chemisettes, pantacourts et bermudas. Bienvenue pulls, polos, écharpes et bientôt manteaux qui sait ! Finalement le grand prévoyant que je suis, a, pour une fois, bien fait de ne pas se ruer sur la jolie paire de tongs repérée depuis plus d'un mois dans la vitrine d'un grand magasin rémois... Et puis commencent les listes inexorablement longues et diverses avec le récapitulatif des abonnements à résilier, des achats à effectuer, des affaires à emmener en Suède et des dossiers à retourner avant la date limite. Et parmi tout ça, il me faut quand même trouver du temps pour réviser et pour obtenir cette seconde année qui m'est si importante. Mais pour le moment, ça sera soirée tranquille devant la rediffusion des épisodes de Desperate Housewives sur M6 et peut-être un film une fois les deux épisodes hebdomadaires quotidiens. Cette série qui dégouline de libéralisme et de progressisme sous ses bonnes apparences mais qui cache une bonne dose de conservatisme le plus acerbe possible...


Vivement que ce marathon de courses entre bureaux soit fini ainsi que ma période d'examens. J'ai besoin de souffler, mais surtout grandement besoin de repos. J'aimerais pouvoir dormir 12 heures par nuit comme il m'en a toujours été nécessaire pour me sentir en forme. Je préfèrerais retrouver quelqu'un dans mon lit plutôt que de le trouver vide et froid, par ce temps glacial. Cette douleur au coeur quand vous vous réveillez en pleine nuit, ressentant de l'air frais sur votre peau et sentez qu'il n'y a aucun moyen de vous blottir contre quelqu'un qui vous protège. Il n'y a pas eu quelqu'un pour vous cette nuit précise plus qu'il n'y en a eu pour vous dans tous les moments de solitude que vous avez vécus. Au fond, votre vie sera probablement un océan de célibat, que vous le vouliez ou non. Tout simplement parce que personne ne semble vous remarquer dans la foule que vous croisez chaque jour et qu'elle vous regarde comme si vous débarquiez d'une planète lointaine. Personne non plus ne semble attiré par vous, alors vous vous faites une raison. Vous souffrez petit à peu par ce feu qui consume les émotions que vous ressentez à l'intérieur. Vous n'avez plus d'illusions sur le monde qui vous entoure. Pas plus que vous avez pu en avoir auparavant... Détruire rime justement avec survivre et ce rapprochement vous le connaissez depuis toujours et tant pis si personne n'est là pour vous, peut-être ne le méritez vous pas vraiment et vous devez faire avec... Est-ce le prix à payer pour obtenir potentiellement un jour, un bonheur que l'on vous refuse depuis toujours ?

26 mai 2006

Au pays des mâles blonds...


Alors la nouvelle est tombée aussi rapidement qu'un chat chute d'un immeuble de douze étages... Pourquoi douze me direz-vous ? Euh ceux qui me connaissent bien sauront pourquoi ! Je continue... l'être humain qui écrit les quelques lignes de sa vie et les désormais nombreux articles que vous lisez régulièrement va abandonner sa petite vie rémoise qu'il menait depuis bientôt vingt ans pour partir dans un pays lointain, froid et rempli de conifères : la Suède. Alors remercions tout d'abord Jérôme Aan de Wiel, mon professeur de civilisation pour m'avoir choisi parmi les nombreux concurrents acharnés ! A croire que malgré ma tête et ma voix bizarre (paraît-il), j'arrive et surtout je réussis à me vendre... Suis-je passé sous le bureau ? Pour cette question, je vous laisse à vos cogitations personnelles afin d'y répondre par vous-même ! Toujours est-il que les choses s'accélèrent : constitution d'un programme d'études, brochure d'informations sur la faculté d'Örebro que je dois recevoir incessament sous peu et enfin lettre d'admission au programme Erasmus. Je vais passer d'une université qui a pour devise "L'excellence accessible à tous" à une université "Knowing is a delight" ; à première vue, les Suédois ont déjà donc nettement moins les chevilles qui enflent !



Sinon je remercie mon père pour son accueil plus ou moins glacial à la bonne nouvelle. La question serait plutôt : a-t-il vraiment compris de quoi lui parlais-je quand je lui ai passé un coup de téléphone mercredi après-midi ? Que certaines personnes soient tristes de me quitter pour 10 mois, je le comprends tout à fait mais de là à devenir complètement hermétique à ma vie ! Alors certains et certaines se demanderont pourquoi ai-je donc choisi de quitter la France pour une période assez longue. Sachez juste que plusieurs motifs ont motivé ma décision. D'abord il y a incontestablement une envie de quitter cette faculté de Reims où je me sens mal à l'aise le plus vite possible. Ensuite Reims tout court commence à m'ennuyer fermement, c'est une ville sympathique mais qui n'est malheureusement pas à ma "taille" : je veux de la grandeur, du monde, des magasins, un métro bondé et tout ce qui caractérise une grande ville ! Et puis au fond, une envie de voir un petit peu le monde qui m'entoure : après la Grande-Bretagne, l'Espagne, les Caraïbes, les Etats-Unis... la Suède ! Au fond, quand on dit "pays nordiques", on pense tout de suite à la forêt, aux bûcherons au milieu de nulle part à couper du bois, à la neige, au jour qui ne dure que 6 heures en hiver, mais après tout ce ne sont que des bons vieux clichés qui tomberont rapidement, je l'espère ! Juste quelques petits regrets comme ne pas pouvoir assister à la naissance de mon futur neveu ou de ma future nièce mi-décembre et aussi ne pas être présent à certaines grandes occasions comme les anniversaires des personnes proches.



Adieu donc grisaille rémoise, bulles de champagne, pavés qui glissent place Drouet d'Erlon, amis de toujours, et bonjour pays du grand air, du saumon et des harengs fumés, de la neige, d'ABBA (vous savez le groupe kitschissiment kitschissime qui dansait avec des superbes pantalons pailletés argentés sur des chorégraphies... élaborées !) de la vodka, du sauna et de toutes les futures connaissances composées de jolis suédois blonds ! Paraît-il que tous les hommes sont bruns là-bas... Je me chargerai de vérifier tout ça si j'en ai l'occasion, ne vous en faites pas. Mais ne vous inquiétez pas pour autant même si je pars loin, je n'oublierai pas les gens que j'aime et qui me manqueront très certainement tôt ou tard. Rien ni personne ne me fera oublier celles et ceux que j'aime, et je vous reviendrai en pleine forme même si je partirais très rapidement poursuivre mes études à Paris... Il n'y a pas de barreaux à la fenêtre de ma chambre, pas de chaînes à mes pieds et personne n'a encore pris la peine de glisser de l'or ou de l'argent autour de mon annulaire, alors autant partir à l'étranger tant qu'il m'en est possible et mettre cette "attente" à contribution ! Pour finir, je vous informe que j'accepterai tous les colis contenant champagne, cadeaux, bonbons, nourriture de survie, CD, DVD, photos, couvertures, et autres, pour me soutenir moralement et physiquement à affronter la rigueur du climat suédois ! Sur ce, à très bientôt pour vous narrer le récit de mes aventures suédoises...

25 mai 2006

Oh I wish I could be a princess !


Ah ! Qui n'a jamais été bercé par les films d'animation des studios Walt Disney ? Ces histoires adaptées de contes intemporels où tout est mignon et où les méchants sont punis ! Tout d'abord l'histoire de cette fille un peu cruche nommée Blanche-Neige... Voyez comment un studio cantonne la femme à son rôle de ménagère, tout juste bonne à faire la lessive et à cuisiner. Et par-dessus tout, une naïveté qui en déconcerterait plus d'un ! Diantre, même les enfants de cinq ans savent pertinement qu'il ne faut pas accepter quelque chose provenant des mains d'un inconnu ; quelle gourde cette Blanche-Neige ! Et ensuite que pouvait-elle bien faire, cette mijorée avec sept petits hommes une fois la nuit tombée ? Vous croyez encore innocemment qu'elle dormait à poings fermés, rêvant à son Prince Charmant ? Indubitablement la question se pose : la firme aux grandes oreilles est-elle vraiment si portée que ça à raconter des histoires pour enfants ? Rien n'en est moins sûr... Et que dire de la relation quelque peu rapprochée de Bambi et de Pan Pan ou encore de Jack et Gus Gus ? Et bien entendu que croyez-vous que Pinocchio faisait avec son nez, objet phallique par excellence ! Au fond, nous n'en comprenons que mieux le sourire d'extase que la Fée Bleue arborait quand elle rendait visite à son "petit protégé".


Mais Disney c'est aussi la machine à rêves (et à dollars...) qui nous a fait croire que ce bon vieux Prince Charmant allait nous rejoindre bientôt, qu'avec lui la vie ne serait que macarons à la framboise et crème glacée à la vanille sur fond de barbe à papa ! Vous savez ce gros niais qui apparaît rapidement dans le film, qui ne parle quasiment jamais mais chante toujours avec sa voix mélodieuse, au sourire Email Diamant, mais surtout au goût prononcé pour les combinaisons moulantes, toujours à chevaucher son fidèle destrier... Les Princes Charmants ne seraient-ils finalement pas gays ? Cette piste mérite réflexion : et si Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore allaient être trompées par leur Prince Charmant une fois parvenues dans leur château ? Mais franchement ceci vous étonne-t-il vraiment ? Ces trois femmes que la nature a comblé, ont quelque peu l'esprit candide... Quand une se charge de nettoyer la maisonnette, que l'autre nettoie la demeure de son horrible belle-mère et que la dernière se promène dans la nature pour cueillir des mûres, que font donc les trois autres Princes ? Mais pourtant Disney arrive à éloigner avec panache nos pensées perverses de toute dérive pornographico-érotico-X ! Et bien sûr, le summum est atteint dans l'irréalisme le plus total quand une superbe "belle" brune s'éprend d'une bête hideuse et qu'une gitane éprouve des sentiments pour un Bossu... Seul Disney arrive à nous faire gober tout ceci et pourtant... ça fonctionne !


Et enfin Disney, ce sont aussi des animateurs qui castrent volontairement tous les animaux mâles dans leurs productions. C'est aussi une maison sur la pente descendante qui a testé un peu tous les scénarios possibles et inimaginables et malgré tout, qui a du mal à se renouveler... Mais qui ne possède pas un DVD, une VHS ou encore un livre avec les célèbres héros qui ont bercé notre enfance ? Aladdin se sauvant des griffes du méchant Jafar, Peter Pan triomphant du crochet du non-moins célèbre Capitaine, Pocahontas repoussant les frontières de l'amour et de la haine avec le vaillant John Smith, et même Mulan transgressant les fondements même de la société afin de sauver son peuple. Alors finalement pourquoi aimons-nous tant ces histoires décousues de toute réalité ? Et bien justement parce qu'elles nous permettent de nous éloigner de nos tracas quotidiens, de maintenir notre espoir qu'un jour l'amour - le vrai, le bon - sonnera à notre porte, que tous les honnêtes gens seront un jour récompensés pour leurs bonnes actions et surtout de nous faire rêver ! Alors on pourra toujours critiquer les productions Disney pour leurs inévitables happy ends, ou encore pour le côté comédie musicale prononcé de certaines productions, ou encore leur aspect répétitif au fil du temps, mais le but premier de Walt Disney, était avant tout de nous faire rêver et de nous divertir. Et l'on peut clamer haut et fort, qu'il a bel et bien réussi son pari... Plus de 75 ans ont passé et Blanche-Neige et les sept nains n'a pas pris une ride mais surtout passionne toujours autant les jeunes générations ! Alors pour cet émerveillement continu de décennies en décennies : un grand merci au créateur d'une petite souris nommée Steamboat Willie... Alors construisez vos rêves de Prince Charmant, peut-être viendra-t-il vraiment un jour...

23 mai 2006

This, folk, is Versailles !


L'année 2006 sera Marie-Antoinette... ou ne sera pas ! Tout d'abord citons le film de Sofia Coppola qui sera projeté dès demain sur tous les écrans de France et de Navarre et en exclusivité mondiale s'il vous plaît, festival de Cannes oblige ! Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine, c'est l'histoire d'une femme - ou plutôt d'une jeune adolescente - arrachée à son pays pour sceller un traité de paix franco-autrichien. En 1770, cette demoiselle doit quitter son pays natal, abandonner sa famille et sa langue maternelle pour se rendre en France afin d'y épouser le futur roi : Louis XVI. Marie-Antoinette c'est aussi du glamour avant le strass et les paillettes d'Hollywood, une histoire à la Diana Spencer avant l'heure... Cette jeune enfant, déracinée avant même d'avoir pu se rendre compte qu'elle ne reverrait jamais sa terre natale, se retrouve couronnée du titre de Reine de France. Le conte de fées commence...


En arrivant en France, des milliers de parisiens l'adulent comme la Madonna des temps modernes. Le peuple crie à sa gloire et voit en elle une magnifique Reine qui aurait pu être l'égérie de la marque de cosmétiques de l'époque. Le temps passant et les pamphlets aidant, Marie-Antoinette tombe en disgrâce dans le coeur des Français. Bouc émissaire toute désignée d'une monarchie sur la pente raide pendant la Révolution, on l'accuse des pires maux. La mal-aimée du peuple français passe pour la fashion victim qui a dépensé sans compter pendant tant d'années. Marie-Antoinette a pourtant été prise au piège de la cour de Versailles, lieu de tous les excès et de la foule. L'étiquette l'étouffe. Les danses sont plus compliquées qu'à Vienne. Son mari le Roi la délaisse, préférant la chasse, la serrurerie et la géographie aux affaires conjuguales. Le Roi s'instruit et la Reine s'éclate dans ses parties pour tenter d'oublier le monde ennuyant dans lequel elle vit. Les calomnies fusent et l'on prétend même que la Reine aime à s'adonner passionément au jeu et aux orgies avec ses amants à Trianon... Pourtant, elle ne fait que fuir ce protocole si contraignant. Et pendant ce temps, le peuple a faim, il crie et gronde, mais on ne l'entend pas ! La gloire, puis la haine. En moins d'une vingtaine d'années, Marie-Antoinette perd sa place dans le coeur du peuple de France. La Reine des coeurs devient Madame Déficit. Et puis arrive le scandale en 1785, la goutte qui fait déborder le vase : l'Affaire du collier, sorte de Watergate personnel pour cette Reine que l'Histoire elle-même semble haïr...

Mais cette femme de caractère a su utiliser une force intérieure et un courage inouïs pour une Reine de France afin d'affronter un évènement de taille : la Révolution française. Cette Reine c'est la douleur d'une mère qui voit son premier fils mourir au début du mois de juin 1789. C'est aussi la bravoure pour affronter l'hostilité d'un peuple qui lui présente une corde et lui promet un réverbère pour la pendre quand elle est ramenée de force à Paris, aux Tuileries, avec sa famille. C'est le sang froid dont elle fait preuve quand on l'accuse de vouloir vendre la "patrie française" à l'Autriche. Mais aussi la vaillance lorsque son mari est guillotiné sur l'actuelle place de la Concorde le 21 janvier 1793. Et enfin l'héroïsme lorsque l'heure de se défendre devant un tribunal arrive. La Reine se défend brillamment. Peine perdue, l'accusateur public Fouquier-Tinville charge Marie-Antoinette du délit d'adultère sur le Dauphin. La mauvaise Reine passe pour celle qui initie son fils à la masturbation et l'entraîne dans des jeux sexuels. La Reine déconcertée par le coup bas qu'on lui porte en appelle à toutes les mères. Mais tout est déjà fini. La Reine qui fut aimée par le peuple, est jugée coupable de haute-trahison le 16 octobre 1793. A midi et quart, le couperet tombe... Destin tragique pour cette femme à qui l'avenir avait souri avant de la faire sombrer dans la déchéance. Le comble étant qu'on ne la blâma pas pour ses dépenses mais bel et bien pour avoir entretenu une correspondance avec des nations étrangères visant à comploter contre la patrie. Alors au fond, Marie-Antoinette, as-tu bien mérité ton surnom de mal-aimée des Français ? Pas vraiment... Alors redonnons-lui aujourd'hui la place qu'elle mérite dans notre Histoire. La place d'une femme hors-du-commun qui a affronté les évènements sans jamais baisser la tête et endurer les chocs les uns après les autres jusqu'au coup(eret) fatal...

22 mai 2006

Born to lose ?


Aujourd'hui, je me suis réveillé vers midi comme à l'accoutumée lorsque je n'ai pas cours. La journée ne s'annonçait pas pire qu'une autre, mais ne serait nullement supérieure à une autre. Il y a des jours comme ça où on préfèrerait rester caché sous sa couette plutôt que de devoir se lever, passer du temps dans la salle de bain puis s'habiller et voir des gens dans la rue qui, sitôt vous aurons aperçu, vous oublierons. Ces instants où même la mélodie qui vous plaisait tant hier vous énerve, où le jus d'orange que vous buvez n'a aucune saveur particulière et où l'on mange sans trop savoir pourquoi, plus pour combler un manque que par réelle sensation de faim. Des moments comme ceux-ci, je les collectionne quasiment au point de pouvoir en tapisser les murs de ma chambre. L'impression que personne ne vous comprend réellement dans ce monde où tout nous échappe, où tout bouge tellement vite... trop vite même. Et pourtant il faut survivre, se faire une place tant bien que mal, mais en a-t-on vraiment la force et le courage ? Est-il bien nécessaire de se comporter comme des rouleaux compresseurs insensibles prêts à écraser tout ce qui entrave leur chemin ?

Juste ces instants que l'on connaît trop bien et qui se répètent à l'infini depuis plusieurs longues années. Même si l'on s'arrange pour sortir au cinéma voir le tout dernier film avec ses amis, ils ne restent que des amis, aussi bénéfiques soient-ils pour votre moral. Vous ne pouvez leur en demander plus. Ils ne seront pas ceux présents à vos côtés quand vous vous retrouverez seul chez vous, à dîner face à une télévision ou un ordinateur. Ils ne pourront pas non plus vous prendre dans leurs bras au fond de votre lit si grand et pourtant si vide pour vous dire à quel point ils tiennent à vous avant de vous embrasser pour adoucir vos rêves... Ces précieux moments dont personne ne réalise la portée importante qu'ils peuvent avoir quand vous ne les connaissez pas. La vie est plus facile à deux et le bonheur semble moins fragile. Même les larmes qui vous étaient si familières n'arrivent même plus à couler tellement vous les avez versées. Vous n'espérez plus rien de la vie ni de personne et le tableau où vous aviez inscrit toute une liste de rêves s'est effacé de par lui-même. Petit à petit vous vous êtes résigné. La vie vous a donné le confort matériel et vous a protégé des agressions extérieures, mais comme le proverbe le dit si bien nous ne pouvons pas tout avoir...

Le Prince Charmant sur son fidèle cheval blanc n'existe pas plus que le Père Noël en qui vous avez cru si longtemps, par candeur ou par naïveté. Cette enfance où vous a chéri et adoré, cette période où on vous a comblé avec tout ce que vous demandiez, tout ceci ne vous a pas aidé à vous construire mais plutôt à vous détruire lentement. Aujourd'hui vous ne vous reconnaissez pas dans l'instruction et l'éducation que l'on vous a inculquées. Vous ne serez jamais le propriétaire d'une maison en banlieue pavillonaire, avec votre femme, trois enfants et un dalmatien. Aucune descendance ne viendra vous rendre visite quand vous aurez atteint l'âge où Polident sera votre plus précieux allié. Vous n'aurez jamais la vie facile mais au fond, vous ne l'avez jamais vraiment eûe ; toujours à vous demander pourquoi vous n'étiez pas comme tout le monde... Et même si vous n'y croyez plus vraiment, someday your prince may come... Ne pas me brusquer, me cueillir comme on détache la pêche mûre à point de sa branche et me montrer que l'on me désire vraiment, qu'il ne s'agit pas d'une relation ordinaire car je ne suis justement pas quelqu'un comparable à tous ces autres. Je suis prêt à construire quelque chose qui pourrait durer dans le temps mais pas avec n'importe qui ; il est plus facile de se droguer que d'affronter la vie ou encore de battre ses enfants plutôt que de les élever mais l'amour, lui, demande des efforts, du courage et de la volonté. Des notions que beaucoup de gens ont abandonné. Il me reste juste de la volonté pour me battre et faire des concessions afin de construire quelque chose de beau avec l'homme que je choisirai. Faire que chaque jour avec lui soit un cadeau et un moment unique. Alors peut-être qu'à cette condition ce coeur de glace fondra aussi vite que neige au soleil...

21 mai 2006

Une histoire de poils...


De tout temps, jamais un élément n'aura jamais autant été traqué que de nos jours. Non je ne parle pas de Ben Laden, ni même de Jake Gyllenhaal, je veux vous parler... du poil ! Ce pauvre survivant de l'époque où nous ressemblions tous à un cousin éloigné de Cheetah a pourtant la vie difficile. Servant autrefois à nous protéger des aggressions extérieures et à nous réchauffer par temps frais, il ne nous est plus d'aucune utilité aujourd'hui, et pourtant ce bougre, aussi inoffensif soit-il, résiste. Les femmes ont commencé à le raser, à l'arracher, à l'épiler, à grand renfort de coups de pince, de bandelettes de cire et de crèmes dépilatoires en tout genre. Puis les hommes, via l'imagerie gay qui se diffuse au travers des magazines et des publicités s'affichant dans n'importe quel abribus de nos contrées, se sont sentis touchés par ce nouvel élan glorifiant les jambes ou le torse imberbe. Les cyclistes et les nageurs ont été les précurseurs ; la mode et la publicité ont fait le travail restant. Et il n'en fallut guère plus pour faire réfléchir le mâle sur sa pilosité. Et pourtant les années 1900 où les femmes arboraient leurs aisselles velues sans aucun complexe n'est pas si éloigné de nous que ça ! Mais si les femmes ont été soumises au diktat de la mode et se sont infligées un certain nombre de tortures pour plaire à leur mari, les hommes, eux, résistent...

Les hommes se divisent donc désormais en trois catégories : les imberbes, les traqueurs de poils et les bears. Le combat fait rage et s'organise dans notre société ; le poil étant synonyme de virilité mais aussi - ne l'oublions pas - de machisme. On le glorifie, on l'idolâtre ou bien au contraire on le traque et on l'extermine. Des centres d'épilation spécialisés pour hommes ont même vu le jour, permettant à certains de se débarrasser des "disgracieux" ayant pris place sur leur dos, sous leurs bras ou même entre leurs fesses ! Autrefois recherché dans le milieu gay, les imberbes sont aujourd'hui old-fashioned et les bears ont vu leur popularité frôler les sommets. Mais au fond que reproche-t-on à ce survivant de l'âge du feu ? Rien à vrai dire. Il s'agit là tout simplement d'une question d'esthétique, d'hygiène et de propreté. Les femmes y voient même l'occasion d'une certaine vengeance après tant d'années passées cloîtrées dans leur salle de bain. Elles ont saisi l'opportunité de voir les hommes souffrir pour être beau, et se réjouissent via un plaisir et une satisfaction plus ou moins sadomasochistes : "Viens que j'épile ton torse et que je brûle tes tétons avec mes bandelettes de cire brûlante..." L'homme tremble, sa position de mâle dominant est bel et bien remise en question...

Mais cette quête perpétuelle de l'imberbe ne cache-t-elle pas une envie de retour à l'enfance ? Cette période où nous étions tous jeunes, sans aucune ride, la tête pleine de rêves et de candeur, mais aussi et surtout ces quelques années de notre vie où les poils nous avaient laissé un soupçon de répit avant d'envahir la moindre parcelle de notre peau ? Ah la quête vaine de la jeunesse éternelle ! Au final, que vaut-il mieux être ? Autant la destruction du poil par le pouvoir des images fut chose aisée chez les femmes, autant les hommes résistent fermement. Alors imberbe ? Poilu ? Entretenu ? Et bien rien de tout celà ! Chaque homme a ses propres préférences pour l'autre et entretient son intimité comme il le désire. Un corps dépourvu de pilosité peut être tout aussi joli ou répulsant qu'un corps recouvert de poils. Chaque être trouvera son bonheur, sachant juste que l'homme préfère généralement ce que l'autre ne possède pas... Pour conclure, ne cachons pas non plus qu'un juste milieu est, en toute connaissance de cause, le meilleur des compromis possible ! Alors messieurs, faites de vos poils ce que l'envie vous dit...

20 mai 2006

Money, money, money...


Poussée à son paroxysme, la société de consommation nous autorise à acheter bon nombre de produits en tout genre. Quelque soit l'endroit, et ce même si votre compte est débiteur, vous pouvez payer avec votre Visa, votre Eurocard Mastercard ou encore votre American Express, que vous soyez à Manhattan ou à Shibuya ! Magnifique invention de l'homme que fut la création de la monnaie par les premiers peuples grecs, n'est-ce pas ? Désormais les hommes allaient être divisés en deux catégories : les personnes possédant de l'argent et celles qui n'en ont pas. Et depuis, les multiples conflits mondiaux et nationaux ont une part de leur origine dans cette quête de possession de tout ce qui peut être assimilé à de la richesse : billets, pièces, or, argent, diamants, saphirs, rubis, émeraudes, platine et tant d'autres termes qui font scintiller nos yeux rien qu'à la vue de ces mots. L'avidité de la nature humaine pousse tout individu à s'enrichir, à dépenser, à acheter, à consommer, encore et toujours plus... Ce vice qui a motivé tant de vengeances, de trahisons et de complots à travers les âges est arrivé jusqu'à nous, à un niveau encore jamais atteint.


C'est ainsi que l'on s'étale une dizaine de produits de beauté sur la peau chaque matin et que l'on consomme des cerises chiliennes, du vin d'Afrique du Sud et des pamplemousses de Floride. L'argent nous a permis une chose impensable il y a encore quelques décennies : avoir la Terre entière présente à nos pieds, chez nous, à un prix considérablement réduit. Le monde est à nos pieds... mais il faudrait plutôt dire : le monde est aux pieds de l'Occident, terre de richesse, et les pauvres du Tiers-Monde bavent devant l'euro, le dollar et le yen ! Mais n'oublions pas non plus que l'on achète aussi des services avec l'argent : garde du corps, majordome, femme de ménage, jardinier, précepteur et même pourquoi pas son coup du soir. C'est ainsi qu'on se rend sans conviction dans une boîte quelconque sans aucune motivation, à moitié déprimé. On discute avec deux ou trois personnes, on commence à en avoir vraiment marre que ces pauvres mecs nous racontent leur vie et puis on se retrouve à boire un dernier verre chez un homme, qui nous emmerde plus qu'il ne nous intéresse. Et là, il faut profiter, tu as une envie énorme alors consommons-le comme si l'on achetait la dernière paire de Gucci à la mode. Utilisons-le comme de la marchandise puisqu'il est là... Eh oui, le monde gay c'est ça aussi ! A défaut de trouver le Prince Charmant, on a réussi à trouver l'espace d'un instant, l'élu de ses fesses... Pathétique n'est-ce pas ?

Dans ce monde où tout est devenu relation d'achat, de transaction, d'échange et de vente, l'être humain aurait-il été pris à son propre jeu et serait-il devenu lui aussi une simple marchandise comme une autre ? Un corps que l'on achète et dont on se débarasse aussi rapidement que possible une fois qu'il a été consommé. Le "mari jetable" est-il un nouveau concept de produits tendance telles les innovantes lingettes dépoussiérantes que l'on jete sitôt après les avoir utilisées ? Cependant, même si consommer permet d'acquérir un confort matériel et de remplir son lit chaque soir en toute évidence, il est assez rare qu'elle arrive à acheter quelque chose d'unique et de magique : le coup de foudre et l'amour véritable qui en découle...

18 mai 2006

America the beautiful...


Il y a un peu moins d'an, je me suis rendu chez une amie américaine en Floride. Mon expérience de l'American way of life ne fera pas l'objet de cet article, aussi intéressante pourrait-elle l'être. J'entends déjà les commentaires qui hurlent de toute part, scandant que les Américains ne savent rien sur le monde extérieur, qu'ils ne prennent pas la peine de cuisiner et gobent leur nourriture pré-mâchée remplie d'O.G.M et d'hormones, qu'ils profitent de leur puissance économique pour étendre leur emprise capitaliste sur la planète ou encore que leur pays est jonché d'armes, and so on, and so on... Tellement de clichés pathétiques qui ont la peau dure. Certaines personnes vont même jusqu'à crier au boycott de tout ce qui peut provenir directement ou indirectement des Etats-Unis. Sachez juste que Coca Cola par exemple, emploie des ouvriers français dans une usine bien française ! Il me reste à ajouter certains clichés que les Américains portent sur les Français : nous ne nous lavons qu'une fois par mois, les femmes françaises ne s'épilent pas les aisselles, nous sommes vulgaires et mal-élevés et par-dessus tout nous finissons tous nos soirées complètement ivres sur la voie publique... Alors bien évidemment ces clichés correspondent à une infime minorité de la population, le reste est comme vous et moi, et ne demandent qu'à être amis. On ne manque pas l'occasion de tirer à bout portant sur les défauts de la société américaine avant même de voir que cette société est parfois bien plus avancée que nous sur certains sujets. Alors au fond, la France et les Etats-Unis, est-ce une histoire d'amour ponctuée d'une pointe de sadomasochisme où l'on se lance des Je t'aime moi non plus ?


Tout a commencé il y a bien longtemps lors de la guerre d'indépendance américaine. Louis XVI, aussi brave homme pouvait-il être, n'envoya des soldats et des armes aux treize colonies rebelles dans un seul et unique but : prendre sa revanche sur les Britanniques qui avaient battu la France quelques années auparavant durant la Guerre de Sept Ans. Grâce à l'aide du Marquis de La Fayette, les Etats-Unis d'Amérique ont bel et bien été, la première nation indépendante du monde, un pays où chaque homme était libre dans une société dénuée de système féodal. Finalement la France est-elle vraiment le pays de la liberté ? Ce pays où la Révolution fut ensanglantée et où l'hymne national appelle à la guerre et aux meurtres sanguinaires, est-il si égalitaire et fraternel que ça ? S'en sont suivies de nombreuses querelles et réconciliations, mais au final, la France et les Etats-Unis ne peuvent se passer l'une de l'autre : une cargaison de cosmétiques l'Oréal contre un Boeing, une caisse d'eau minérale Evian contre six bouteilles de vin californien ; l'argument économique reprend vite le dessus... Les Etats-Unis restent associés dans l'esprit des Français au cinéma, à la puissance économique : à Nike, à Mac Donald's, à Microsoft, à IBM, à Apple, à Starbucks Coffee, à Motorola ; aux villes qui véhiculent l'image de l'American dream comme New York City, Los Angeles, San Francisco, Miami, La Nouvelle-Orléans, Chicago. De l'autre côté de l'Atlantique, la France est perçue comme le pays de la richesse gastronomique, du vin, de la haute-couture et du luxe : Dior, Chanel, Louis Vuitton, Cartier, Hermès ; des parfums, de l'abondance de monuments historiques et d'un passé glorieux, le pays qui abrite Paris "the romantic city par excellence" et surtout comme un pays possédant une grande diversité de paysages pour un si petit territoire comparativement aux Etats-Unis.


La Floride elle, est remplie d'hommes et de femmes préoccupés par l'image de leur corps et l'on ne peut pas vraiment dire qu'elle soit conservatrice dans sa partie Sud contrairement à sa partie Nord plus ancrée dans le "Vieux Sud" beaucoup plus raciste et conservateur. Toutes les ethnies y sont brasées : Blancs , Noirs, Latinos, Asiatiques et l'impression que le melting-pot fonctionne à merveille pourrait être trompeuse. La société floridienne est sectaire, pas forcément raciste, mais libérale : les individus se mêlent de ce qui les regardent. Chacun a sa vie et l'on ne s'immisce pas dans celle de son voisin sans y avoir été convié. C'est ainsi que les clubs privés, les discothèques, les restaurants, les bars et les boutiques qui arborent le fameux rainbow flag abondent sur les plages de Miami Beach jusqu'à Key West... tout en restant discrets. L'Amérique autorise grâce à la mentalité libérale de la moitié du pays certes, mais tout en maintenant un équilibre précaire et difficile avec les remontrances et protestations de sa partie conservatrice, profondément accrochée à des valeurs religieuses pour le moins contestables. Au fond, il y a toujours le même problème entre les gens qui acceptent la différence d'orientation sexuelle telle qu'elle soit et ceux qui la rejettent, et ce quelque soit le pays...

15 mai 2006

La cité des sacres...


Présentons donc la ville où je suis né et où je réside depuis maintenant plus de 19 ans : Reims. J'en vois déjà certains et certaines qui se demandent "Mais c'est où ça, Reims ?". Alors Reims se situe dans la région Champagne-Ardenne, au nord-ouest du département de la Marne, à environ 120 kilomètres de Paris. Le peuple Rème la fonda bien avant la naissance de Jésus, et elle fut ensuite la capitale de la Gaule Belgique à l'époque romaine sous le nom de Durocorturum. C'est aussi à Reims que le premier roi des Francs - Clovis - fut baptisé par l'évêque Saint-Rémi en 496, instituant une longue tradition de sacres des Rois de France jusqu'au dernier roi du peuple français : Charles X. En 1789, Reims fut maltraitée pour son passé et ses favoritismes royalistes : il en résulte qu'elle n'est pas préfecture de département, contrairement à ce que l'on pourrait penser si facilement. Un comble pour la seule ville qui dépasse les 100 000 habitants dans toute la région et qui réunit aujourd'hui le centre hospitalier régional universitaire, l'université de la région, la cour d'appel, le tribunal de grande instance, ou encore le centre commercial régional. Cependant je ne vous cacherai pas qu'en dehors de Reims, la région n'est que calme et volupté. Des champs de blés, des vignes d'où provient ce précieux vin pétillant connu dans le monde entier, des forêts, des vestiges de la Première Guerre Mondiale et rien d'autre. Un conseil, vérifiez vos vaccins, prenez votre passeport et vos masques hygiéniques, les Ardennais et les Axonnais sont voraces... Leurs contrées sont hostiles et pensez même à vous munir de quelques francs pour vous sortir de situations difficiles. Un rappel : en dehors de Reims, les téléphones portables n'ont du réseau qu'une fois sur dix : prudence donc !

Autrefois surnommé la Belle Endormie, "Reims la hautaine" qui se targue d'avoir pour devise Dieu en soit garde, se réveille depuis quelques années par une opportunité qu'elle a su saisir à pleines mains : l'arrivée du T.G.V Est en juin 2007. Depuis les projets phares se multiplient pour attirer la bourgeoisie parisienne : Gare de l'Est - Reims en 45 minutes, voilà qui laisse rêveur, non ? La mairie veut charmer : ouverture de médiathèques, réfection du centre-ville et du parvis de la cathédrale, mise en chantier d'un tramway, développement de liaisons aériennes avec Toulouse, Nice ou encore Londres, extension des zones piétonnes et des espaces verts, rénovation des anciennes Halles, etc. La ville des sacres veut séduire la population parisienne en misant sur la "qualité" de vie, mais au fond qu'y a-t-il vraiment à Reims ? Eh bien une fois que vous aurez visité la cathédrale véritable chef-d'oeuvre de l'art gothique flamboyant, fait un petit tour en centre-ville et visité une des nombreuses caves de champagne, il faut bien l'avouer, il ne reste pas grand chose... Vous aurez le choix de vous promener sur la fameuse place Drouet d'Erlon remplie de restaurants et bars en tout genre mais complètement déserte dès que la nuit est tombée ou bien encore de visiter le cryptoportique romain, conservé quasiment intact depuis 2 000 ans. Finissons par une citation de Jean de La Fontaine : " Il n'est de cité que je préfère à Reims : c'est l'ornement et l'honneur de la France"... Séduira-t-elle l'élite parisienne ?


Alors oui, vivre à Reims est déjà mieux que vivre à Bagnères-de-Bigorre au fin fond de la France. Mais qu'y a-t-il vraiment pour un gay en manque de loisirs ? Pas grand chose, à part deux-trois discothèques à l'ambiance mortuaire remplies de quinquagénaires prêts à sauter sur la moindre portion de viande fraîche. On pourra aussi citer le parc de la Comédie ou le parc Léo Lagrange, véritables endroits glauques par excellence où les homosexuels se font passer à tabac lorsqu'on les surprend à essayer de tirer leur coup dans les buissons avec leurs confrères une fois la nuit tombée. A part ça, la population rémoise semble résolument muette sur le sujet ; "Reims la bourgeoise" semble se figer derrière ses murs de pierres solides d'hôtels particuliers lorsque viennent les questions de changement moral. Non pas que je veuille que Reims devienne la ville gay du monde, non pas que je veuille trémousser mon arrière-train sur les dancefloor locaux tous les samedis soirs et aussi mais surtout je préfère faire l'amour dans un lit bien douillet que par -10°C dehors derrière un bosquet, mais j'aimerais vivre dans une ville où on prônerait la tolérance, où les gens se mêleraient de ce qui les regardent. Une ville à la mentalité évoluée, une grande ville en générale : Paris, Londres ou encore Bruxelles. En espérant avoir la chance d'y vivre un jour, pour pouvoir tenir la main de celui que j'aime et l'embrasser quand je le souhaite et ce, n'importe où, sans jugement de la part des gens, même si ce n'est qu'en apparence...

13 mai 2006

Il y a un an...

Abandonnons l'espace d'un instant nos réflexions sur le monde gay... Aujourd'hui il n'a pas fait très beau puis il s'est mis à pleuvoir mais aujourd'hui n'est pas un jour de pluie, d'orage et d'éclairs comme un autre. Un jour sur lequel j'aurais pu écrire comme il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui est un jour particulier. Il y a tout juste un an, un certain vendredi 13 mai 2005 à 19h04, j'entrais en gare de l'Est à Paris, après avoir pris mon courage à deux mains. J'y ai fait la connaissance d'un homme qui m'est toujours très cher et à qui je porte beaucoup d'amour et d'estime. J'ai re-découvert la capitale française, ses rues, ses avenues, ses monuments - ville où je n'avais pas mis les pieds depuis presque 10 ans. Qui aurait pu rêver mieux que de découvrir l'amour dans ce que les étrangers surnomment "the city of Love" ?

Il n'a fallu que l'espace d'une soirée, le temps d'une invitation dans un restaurant du 1er arrondissement, pour que les coeurs battent à l'unisson, pour que les yeux se croisent, et que Cupidon décoche ses flèches. Damien, un prénom pourtant ordinaire, cachait des qualités énormes derrière une personnalité fragile et un coeur trahi. Il a su prendre soin de moi comme personne ne l'avait fait auparavant, me faisant découvrir des lieux inconnus - Montorgueil, Centre Pompidou, Marais, Halles, Tour Eiffel, Trocadéro, Palais Royal, Champs Elysées et tant d'autres. Ironie du sort ou pas, ce soir, un an plus tard, le temps est le même : frais et humide. Je pense souvent à lui et je dois bien l'avouer. Peut-être parce que les nuits me paraissent longues quand je rêve de lui et que chaque jour, un détail, un film, une chanson ou même un moment de solitude, me rappelle à lui.

Depuis ce vendredi de mai 2005, les choses ont évolué, peut-être dans un sens que je n'imaginais pas, mais même si le temps passe et si je m'occupe le plus possible, je pense toujours à lui. Il a posé ses mains sur mon corps et touché mon coeur, il a changé ma vie et m'a donné des rêves. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai caressé sa peau, j'ai partagé son lit et me suis endormi au creux de ses bras. Je connais la douceur et l'odeur de son corps et le parfum qu'il porte. Il pense à moi ; je le sais. Il est venu me reparler récemment même si je ne sais où je suis quelque part dans sa vie. Est-ce que je compte vraiment pour lui et quelle place tiens-je dans son coeur ? Je dois aussi reconnaître une faiblesse de ma part : je n'ai pas appris à me passer de lui ; chose que vous avez dû percevoir au cours de ces quelques lignes. Mais il ne semble pas savoir m'oublier lui aussi. Peut-être que deux personnes qui ne savent pas se passer l'une de l'autre, sont au final faites pour vivre quelque chose ensemble. L'amour ou l'amitié ? L'avenir nous le dira. En attendant j'aimerais juste écrire quelques derniers mots empruntés à une chanson d'un célèbre compositeur francophone : Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai... Et ce, peu importe la place que tu auras dans ma vie, tu auras toujours la plus belle place dans mon coeur, quoiqu'il arrive.

10 mai 2006

Les rencontres...

Pour les rares personnes qui croient encore pouvoir rencontrer l'âme-soeur (ou plutôt âme-frère) et non pas le plan fesse d'un soir, il existe des méthodes dont certaines sont aussi vieilles que le monde : se rendre dans un bar et constater que quelqu'un vous fixe d'une manière plus ou moins prononcée puis engager la conversation, ensuite il y a des prétendus lieux de drague gay comme des parcs ou des quartiers gay dans certaines villes - citons ici le non-moins célèbre quartier du Marais dans le 4ème arrondissement de Paris - mais surtout est apparue la technologie avec d'abord le téléphone, le Minitel puis enfin Internet. Même si ces trois derniers moyens de communications sont assez différents, ils ont tous un point commun qui peut fonctionner selon l'occasion : vous soustraire de multiples euros de votre compte bancaire en vous faisant miroiter la rencontre inévitable de l'âme-frère. On ne va pas vous faire rencontrer votre futur gratuitement non mais !


On se retrouve donc à errer sur un site gay de rencontres qui dissimule aussi une partie pour trouver son coup du soir, ne le cachons pas. On remplit son profil : aspect physique, âge, taille, poids, pilosité, look général, couleur des cheveux, couleur des yeux, profession, revenus, etc. et on se rend bien compte de la beauté du milieu gay quand arrivent les questions : taille du sexe, largeur du sexe, particularités, trips et fantasmes. Bah oui que voulez-vous déjà un homme hétérosexuel n'est pas réputé pour être fidèle et pense toujours au sexe alors imaginez ce que donnent deux hommes ensemble ! Alors bien sûr, il y a des exceptions à la règle, ne mettons pas tout le monde dans le même panier s'il vous plaît ! Ensuite le moment du supplice, il faut ajouter deux ou trois photos et accepter que l'on vous juge sur votre physique. Vous essayez de sympathiser avec quelques charmants jeunes hommes et la nouvelle tombe : on vous zappe illico-presto par le message "X est trop occupé pour vous répondre" à interpréter par "X ne vous trouve pas du tout assez bien pour lui". En fait, ce site constitue un peu le supermarché de la chair fraîche (ou avariée dans certains cas extrêmes) où des centaines d'hommes attendent désespérement un message, un geste, une marque d'intérêt quelconque. Finalement on ne sait pas trop pourquoi on continue à venir sur ce site où tout ou presque est insipide, où on se fait zapper et où on zappe autant, où les conversations meurent rapidement. Tout simplement pour la phrase : "Et si jamais..."


En fait, on pourrait résumer ces sites à un casting d'émission de télé-réalité. Parmi les allées de ces supermarchés de la viande gay vous retrouverez les stéréotypes : la pétasse fashion superficielle au plus au point qui passe ses soirées dans le monde VIP des boîtes gays de la capitale, le mari homosexuel refoulé et insatisfait en quête d'un amant discret mais disponible pour tromper sa pauvre femme à la moindre ocassion, le psycho-dépressif qui n'arrive pas à assumer son orientation sexuelle, le petit minet dont les hormones monte un peu trop à la tête et qui vous propose de faire par l'amour par webcam (je sais bien que la technologie progresse chaque jour, mais j'ai du mal à concevoir comment faire l'amour au travers d'une webcam...), le membre du troisième âge en quête d'un peu de chair fraîche, le mec en couple libre à cause de sa libido démesurée - incontrôlée plutôt - prêt à sauter sur le premier qui s'offre à lui, l'organisateur de partouzes hebdomadaires chaque samedi soir dans son hôtel particulier parisien, l'inconnu qui ne remplit pas son profil et n'affiche aucune photo, etc. Ah oui j'allais oublier de rajouter les mecs surnommés boulets qui reviennent régulièrement à la charge même si on s'en débarasse rapidement. Il y a aussi les mecs amateurs de sadomasochisme ou de plans cam qui vous emmerdent à intervalles précis. Ah qu'est-ce que c'est beau Internet n'est-ce pas ? Heureusement l'hypocrisie règnait déjà dans l'esprit du webmaster du site qui a même prévu une option de blocage des profils insistants. Eh oui ! C'est comme ça sur ce genre de site, on ne dit rien, on bloque et c'est comme ça. Encore une fois le proverbe : Sois belle et ferme ta gueule s'applique à merveille. On pourrait continuer la liste des phénomènes rencontrés tellement elle est longue et diversifiée ; sachez juste qu'au milieu de tous ces clichés, il y a beaucoup plus d'individus normaux à la recherche de stabilité, de protection, de fidélité, de tendresse et d'une vie paisible ; des hommes qui souhaiteraient que la passion de l'amour les transportent dans d'autres mondes. Des hommes un peu comme moi au fond à vrai dire...

09 mai 2006

Il y a des jours comme ça...

On approche de la fin de l'année universitaire qui rime obligatoirement avec examens et on se rapproche à petits pas de la période estivale ; l'été n'est pas si loin et pourtant, il pleut. Les gouttes tombent une à une, s'éclatant sur le sol pour former des flaques. Pourtant il ne pleut pas plus à Reims qu'à Marseille. Il n'en reste pas moins que le climat rémois laisse parfois à désirer. Ainsi il peut pleuvoir pendant toute une journée de manière ininterrompue, des filets d'eau qui s'écoulent sur les vitres, des ruissellements sur les pavés, des nuages gris et des températures ne dépassant guère les quinze degrés. Tous ces éléments sont propices à une certaine mélancolie, un temps qui correspond aux flots de pensées qui envahissent mon esprit et aux sentiments présents dans mon coeur.


Aujourd'hui est donc une journée qui a commencé par la pluie et qui se finira probablement avec. Il faut donc partir avec un parapluie pour ne pas tremper sa veste et encore moins détruire la coupe hyper-structurée que vous avez mis 10 minutes à réaliser devant votre miroir ce matin et surtout pour montrer que l'on prend soin de soi, bref que l'on est gay, après un passage de trente minutes minimum dans la salle de bain, et ce, même si vous êtes retard ! Alors on réalise que l'on est aussi le seul "homme" qui a un parapluie une fois dans le bus. Un parapluie est-il si féminisant que ça ? Suivent quelques cours de phonétique et de littérature dans une université glaciale : on apprend à prononcer correctement des mots imprononçables, on dissèque la vie d'Oscar Wilde pour comprendre ce qui se reflète de sa vie dans le non moins célèbre Portrait de Dorian Gray et finalement on rentre chez soi. On remarque ce joli garçon dans le bus mais qui lui, ne vous donne aucun signe d'attention ou de "gayté" quelconque. Et puis au fond, on se rend compte que l'on a raison quand on tend l'oreille et qu'on entend ce jeune homme parler de football (qu'est-ce donc que ce mot ?) avec un langage pour le moins fleuri. Certains devraient garder la bouche fermée à tout jamais, ils n'en resteraient que plus mignons.


Et puis on n'a pas vraiment envie de rentrer directement chez soi, pas envie de retrouver son cher ordinateur portable et le logiciel miracle de messagerie instantané qui nous fait passer le temps. On effectue donc un petit tour habituel dans les rares magasins du centre-ville, histoire de tuer un peu le temps. On se dit qu'on doit tous en être réduit au même point, à errer sans trop savoir quoi faire ou aller et on se secoue un peu pour arriver à la conclusion que c'est le problème de notre génération : on fait le tour du monde en vingt-quatre heures, on peut acheter tout ce que l'on veut et se le faire livrer en trois jours grâce à Internet, mais au fond est-ce que tout cela a révolutionné notre vie et fait de nous des stars de la télé ou de la chanson ? La société nous a fait croire que l'on pourrait obtenir célébrité, argent et pouvoir tout en partant de rien. Vous rêvez ou quoi ? Les Etats-Unis sont de l'autre côté de l'Atlantique ! Et pendant ce temps là, au détour d'une rue, on s'entraperçoit dans une flaque tel Narcisse troublé par la beauté de son reflet - court moment d'orgueil et d'exaspération - et on se laisse espérer qu'il finira peut-être bien par y avoir quelqu'un qui saura vous apprécier à votre juste valeur...


08 mai 2006

Superficialité quand tu nous tiens...

Alors oui j'aime être superficiel par moment, me dire que plus je possède des choses chères, mieux c'est ! Ne vous inquiétez pas, il m'arrive d'avoir des remords parfois. Enfin pas très souvent je dois bien l'avouer. Alors ça passe de l'achat compulsif de cosmétiques en tout genre à l'achat de bouteilles de champagne ou encore se balader avec un Ipod même si je n'ai pas rechargé la batterie, tout simplement parce que c'est tendance ! Eh oui, il faut bien survivre dans ce monde hostile alors on essaye de ne pas être trop moche, de se balader avec un brin de luxe sur le dos (même s'il ne sert à rien) et de posséder la dernière technologie à la maison... Et tant pis pour la pauvresse qui trime dix heures par jour pour se payer une place de cinéma une fois par mois et qui mange des pâtes tous les soirs ou la racaille qui ne peut que lécher les vitrines à défaut d'acheter ce qu'il y a dans les magasins. On ne choisit pas sa famille et les moyens qu'on a, tant pis pour les autres, c'est ça la gay-attitude ! Sois belle, sois pouffe, et tais-toi...



Alors le jeu consiste à être entouré des bonnes personnes (à comprendre celles que tout le monde veut se taper), d'avoir été dans "ZE" dernière destination à la mode (en général Key West ou Ibiza), d'être bronzé comme un toast qui sort du grille-pain, de porter du Dior ou du Chanel parce qu'on s'en fout de ce qu'il y a dans la tête des gens : comme dirait l'autre ce n'est pas la tête qu'on suce ! Ensuite il faut avoir le loft redécoré tous les ans par le designer en vue de la capitale, avoir le mobilier moderne et le IMac 20" parce qu'on sait tous que Microsoft est une grosse merde. Le must consiste à inviter régulièrement le tout Paris gay dans des fêtes où musiques house et techno pulsent à 100 mètres, où le fond de teint se retrouve sur toutes les faces et le gel dans tous les cheveux - ou même ailleurs - où tout le monde embrasse tout le monde, où le champagne coule à flots, voire même d'autres substances plus ou moins liquides... Ah qu'il est beau le monde gay !



Au final, on se demande s'il faut nécessairement baiser avec le premier venu et dépenser sans compter pour être heureux. Et enfin en étant un petit brun aux yeux bleus et au teint diaphane, suis-je véritablement un gay comme les autres ? M'est-il nécessaire d'avoir le must de chaque chose pour être en phase avec moi-même ? D'un côté, la tentation de répondre oui serait évidente : j'aime le superflu, j'aime le luxe, j'aime la gastronomie (surtout les plats sucrés), j'aime les choses chères mais au fond qui n'aime pas ça ? Tout compte fait, je ne suis pas aussi superficiel que certains car je possède quelque chose qui se fait rare et que d'autres ont oublié : un coeur et des sentiments. Alors je terminerai juste sur une question, l'homme qui cumule le must dans tous les domaines et qui est adulé par la capitale toute entière, tout en disposant de ce que j'ai énuméré précédemment ; lui, est-il vraiment heureux au fond, s'il n'a pas trouvé l'amour et se contente d'aventures sans lendemain ?

Etre gay...


Alors on pourra toujours argumenter sur le fait que je ne suis pas la personne la plus malheureuse sur Terre. Je suis tout à fait d'accord sur ce point. J'aimerais juste dire des choses que je n'ai jamais dites auparavant. Même si ceci semble tout à fait normal aujourd'hui, je suis un enfant né hors-mariage, chose qui était quasiment impensable il y a une vingtaine d'années et mes grand-parents maternels n'ont jamais accepté. Ensuite, mes parents se sont séparés alors que je n'avais que 8 mois, évènement qui dans un sens ne m'a pas fait souffrir vu qu'il ne m'en reste aucun souvenir, mais qui m'a fait passé pour un anormal quand je racontais que mes parents ne vivaient pas ensemble... Ajouter à celà, un père qui ne m'a jamais vraiment parlé, qui ne m'a jamais pris dans ses bras, et bien vous aurez un joli cocktail explosif de "gayté"...


Alors certes la société évolue mais elle ne m'a pas épargné. Peu de temps après, j'ai découvert l'école et son flot de bonheurs : apprendre à écrire, à lire, à compter, découvrir le monde, une soif de connaissance qui a perduré jusqu'en classe de 4ème. Je suis aussi gaucher, ce qui laissait présager à ma grand-mère que j'étais un suppot de Satan, et encore moins de chance pour elle, je suis gay. Eh oui, j'aime les garçons. Ce qui m'a valu un flot d'insultes plus ou moins continues contre lesquelles je suis désormais immunisé, de "sale pédé" à "espèce de tapette"... Heureusement pour moi, il y a eu des gens qui ont su m'apprécier plus ou moins tel que je suis, il y a eu Pierre en CM2, Pauline en CM2, en 4ème, en 3ème et avec qui je suis resté en contact, Amandine du CM2 à la 5ème. Entre temps il y a eu le collège et son flot de répulsions de la part des garçons, même si Bérénice, Claire et Stéphanie ont été là. Et depuis le lycée, il y a les amis de toujours à savoir Julie, Antoine, Emilie, Amandine, Adeline, et enfin à l'université où il y a Christine. Alors je voudrais leur dire "merci", juste une fois pour avoir été / être toujours là.


Alors au fond, moi qui aurait été considéré comme un malade mental et qu'il aurait fallu enfermer à tout prix il y a une vingtaine d'années, je ne suis pas un pédophile, je ne pense pas être une folle, je ne suis pas responsable de l'épidémie de SIDA qui touche la planète, je ne suis pas un pervers sexuel adepte des orgies de sexe chaque samedi soir. A bon entendeur hein ! Qu'est-ce que je suis ? Un garçon, qui fait jeune voire très jeune, paraît-il, aux yeux bleus, aux cheveux châtains, d'un mètre soizante-quatorze, en quête d'amour, de bonheur, d'une vie paisible à Paris, d'un avenir qui me sourit, de week-ends en amoureux...